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 Demain [PV ♪]

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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Demain [PV ♪]   Dim 29 Nov - 18:13

[ PV Akane & Kyohei ]


    La lune se levait lentement sur le Royaume de Sable. Elle apparaissait, pâle et lointaine, au dessus des pics escarpés qui déchiraient l'horizon. L'atmosphère se rafraichissait doucement, paradoxe du désert : torride le jour, glacial une fois la nuit tombée. Une soirée plus qu'agréable en perspective. Sauf que.. sauf que Kaoru n'allait pas pouvoir la passer à flâner au grand air, à respirer la nuit en rêvant de changer ce monde.
    Aiji et Seiichi étaient partis à l'aube, refermant la porte avec précaution derrière eux. Ils allaient de nouveau à Myridia, pour la première fois depuis l'enlèvement. Ce voyage était nécessaire, car les vivres commençaient à manquer sérieusement dans leur cabane au fond du désert. Mais le but de cette virée en ville était sans doute de vérifier la propagation de la nouvelle : le Prince Héritier de Stonefolm avait disparu. Paumés dans leur planque, les kidnappeurs en question ignoraient totalement la réaction du roi. Si réaction il y avait, cependant. Car après tout, rien ne certifiait que Kyoya Matsuda aie eu vent de l'affaire. Peut être pensait-il à une fugue d'enfant pourri gâté, à un caprice de sa mini-majesté. Bref, un aller retour à la cité était indispensable, au grand dam de Kaoru.
    Comme d'habitude, il était laissé en arrière. Quoi de plus normal ? Pas question de gambader jusqu'à Myridia en plein soleil. Alors pour qui la corvée de babysitting ? Pour Kaoooo. A lui la journée solitaire dans cette maison trop petite, avec pour seule compagnie celle de Kyohei. Sentir le regard du prisonnier peser sur lui durant la journée avait été plus dur encore qu'attendre la nuit. Kaoru le sentait, le prince saisirait la moindre négligence de sa part pour tenter quelque chose. Il lui semblait que le jeune homme guettait la moindre opportunité, le moindre faux pas... La première précaution à prendre avait été d'éteindre le feu ; pas question de reproduire l'incident de l'autre jour. Dans cette demeure plongée dans le noir, le jeune Kyoujin se sentait plutôt à son aise. Mais il appréhendait les gestes de leur captif imprévisible, et avait hâte que ses camarades reviennent.
    Le soleil disparut, et Kao put enfin ouvrir la vieille et unique porte du refuge, qui émit un bruit peu rassurant. L'air frais du crépuscule envahit la pièce, apportant un renouveau bienvenu. Le jeune homme sortit avec précaution, étira ses muscles endoloris par une trop longue journée passée à attendre. Il n'accorda pas un regard à Kyohei. Le mieux à faire était de l'ignorer, tout se passerait bien. Il trouvait un brin pathétique de se sentir ainsi menacé par un gamin ligoté s'étant fait poignardé quelques jours plus tôt mais... mais c'était ainsi, il n'y pouvait rien. Passant une main lasse dans ses cheveux pâles, il soupira. Il s'inquiétait réellement pour Seiichi et Aiji. Bien sûr, ses compagnons ne pouvaient pas être de retour avant le crépuscule, et ne feraient pas le trajet de nuit. Mais attendre la nouvelle aube pour les savoir saufs était bien trop long... Attendre l'aube avec impatience ? C'était tellement ironique qu'un sourire triste se dessina sur les lèvres minces du jeune homme.
    Lorsqu'il rentra à nouveau dans son refuge, il prit soin de ne pas regarder à sa gauche, sachant parfaitement ce qu'il y verrait. Il contempla longuement la pièce obscure, et jugea qu'un peu de rangement ne serait pas de trop. De toute façon, il avait besoin de s'occuper à quelque chose d'utile, puisqu'il devait rester entre ces murs... Il ramassa ce qui traînait sur le sol, entassa tout ça dans un coin. Question rangement, on pouvait faire mieux. Il s'attaqua ensuite à l'amas de couverture en tout genre qui constituait son lit. Luttant en silence contre ce fouillis de tissus, son regard fut attiré par un morceau de papier légèrement froissé. Le jeune homme s'assit lentement, sachant très bien ce qu'il allait voir en défroissant cette feuille. Quelques traits tracés d'une main sûre, simple esquisse de silhouette agréablement féminine, portrait d'une jeune fille. Kaoru ferma les yeux un instant. Elle.
    Il ne savait plus de quand datait ce dessin. Ce visage qui le hantait, il l'avait tracé une nuit alors que les autres dormaient. Elle, l'inconnue du port. Cette frêle demoiselle sortie de la brume, à l'innocence tâchée de sang. La mémoire développée du jeune homme lui avait permis de reproduire le visage de cette fille avec précision. Droite dans son habit clair, regard pénétrant... Seiichi et Aiji l'auraient reconnue sans mal. Kyohei aussi, pour peu qu'il l'ait vue. C'était bien pour cela qu'il avait planqué cette esquisse. Quand vous dessinez l'inconnue qui vous a trucidé la main, vous passez rapidement pour un fétichiste dérangé, voire pour un sado-maso à enfermer. Or, aux dernières nouvelles, Kaoru n'était rien de tout cela. Juste un jeune homme fasciné par une apparition...
    Il glissa son griffonnage dans une de ses poches, décidé à s'en débarrasser à la première occasion. Pas question que ses compagnons se fassent des idées à cause de ce stupide dessin. Reprenant son pseudo-rangement, il tâcha de donner à la pièce une allure plus... enfin, moins foutoir. Certes il aurait pu faire son ptit ménage le jour, mais avait préféré ne pas prendre de risque et veiller sur le captif depuis le fond de la grotte. Il se demanda si sa majesté le prisonnier avait remarqué son mode de vie quelque peu "décalé". Le contraire aurait de toute façon été étonnant : en quatre jours, Kyohei avait forcément eut le temps de cogiter sur ses agresseurs. Le prenait-il pour un illuminé ? Pour un fou ? Avait-il deviné que quelque chose "clochait", pour reprendre les mots exacts ? Kaoru aurait aimé s'en moquer, ne pas se soucier du regard de l'autre. Il n'y arrivait pas.

    Le silence parfait de la nuit fut soudain interrompu par un doux fracas. Des centaines de paires d'ailes battant en chœur vers une même direction. Le Kyoujin releva la tête et fit quelques pas vers l'extérieur. Le ciel nocturne était empli d'oiseaux de petite taille, véritable barrière vivante traversant les nues. L'hiver arrivait à grands pas, la migration avait commencé pour bien des espèces. Les yeux rivés vers le ciel, Kao tâcha d'identifier les volatiles qui avaient envahi la nuit. Il ne tarda pas à comprendre que quelque chose clochait sérieusement. Ces oiseaux volaient à tire d'ailes vers le Nord. On fait rarement moins logique, question migration. Quelque chose de pas net du tout était en train de se produire. Quelque chose arrivait.
    Poussé par un sale pressentiment, le jeune homme rentra dans sa demeure, et chercha des yeux de quoi se défendre. Il évalua du regard un tabouret qui traînait par là, et s'imagina luttant contre l'envahisseur à grands coups de meuble. Cette pensée plutôt lamentable le détendit légèrement. Kaoru dénicha enfin ce qu'il cherchait : une vieille lame en assez mauvais état, qui constituait son unique mode d'attaque possible. Il s'en empara avec une fermeté qui l'étonna. Certes, l'arme comme le manieur auraient fait hurler de rire n'importe quel guerrier expérimenté, mais le jeune homme était empli de détermination. Son rôle était de garder Kyohei, donc personne ne s'en approcherait. Le tout était de s'en persuader...
    Alors que le Kyoujin s'avançait de nouveau vers l'entrée, armé de sa ptite épée, il croisa le regard de son prisonnier. Il n'y décela rien d'autre qu'une haine froide et pure, peut être teintée d'un brin d'ironie. Kao se détourna. Inutile de se laisser déconcentrer par ce pseudo-prince. Le silence était revenu sur le Royaume de Sable, et pourtant le jeune homme n'en était pas rassuré. Au contraire.
    Être effrayé par un simple vol d'oiseaux dans le mauvais sens, cela pouvait paraître superstitieux. Mais un sentiment on ne peut plus désagréable s'était emparé de lui : il allait passer une très, très mauvaise nuit...

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    ┼ Kaoru Hinoiri

    *wall*



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Akane Shibata
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Mer 9 Déc - 19:04


Akane, les yeux mi-clos, contemplait une tranche de ciel qui s’ouvrait entre deux gouttières au dessus d’elle. Le soleil se levait, il devait être entre 6h et 7h du matin. La jeune fille était à peine réveillée, sa vision était floue et sa mémoire trouble. Elle n’était qu’à demi consciente et ne se demandait même pas ce qu’elle faisait à 7h du matin allongée dans une ruelle.

- Ma … Mademoiselle ?

L’espionne ouvrit un peu plus les yeux, son regard fatigué se porta sur un jeune homme au regard inquiet juste au dessus d’elle.

- Mademoiselle ? Vous allez bien ?

Akane se redressa un peu, ses membres enquilosés lui faisaient mal. Elle tremblait et sentit quelque chose s’écouler le long de sa joue. Des larmes ? Mais pourquoi pleurait-elle ? Au fond elle le savait mais sa conscience engourdie lui faisait défaut. Le jeune homme lui tendit une main hésitante.

- Je m’appelle Hirokichi Kawagane. Je … Que faites vous à un endroit pareil ? Ce n’est pas un endroit pour s’endormir, il a fait rudement froid cette nuit.

Le jeune homme lui tendit une main hésitante, invitant Akane à se relever. Elle prit appui dessus avec lenteur. Hiro poussa un cri.

- Seigneur ! Qu … Que vous est-il arrivé ?!

La jouvencelle jeta un coup d’œil épuisé à la main qu’elle venait de confier et ses yeux s’ouvrirent grand. Sa paume ensanglantée saignait abondamment. Le sol près d’elle était couvert de rouge, elle avait saignée toute la nuit ? Ses idées s’éclairèrent d’un coup, tout lui revenait comme un choc trop brutal. Le prince, une fléchette, une lame rouge … Combien de temps s’était écoulé ? Plusieurs heures déjà sans aucun doute, ils avaient du filer.

- Kawagane …

- Euh … Oui Mademoiselle ?

- Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre là-bas ?

- Sur le port ? Non personne, dit-il en se retournant sans lacher la jeune fille, Satori ! Apporte moi ma trousse de premiers secours !

Personne ? Ils n’avaient pas laissé Kyohei sur place ? Ils s’en étaient débarrassés ? Akane s’affola. Ils l’auraient jeté à l’eau ? Ou alors ils l’auraient emmenés avec eux … Des mots lui revinrent subitement.

Aiji, tu prendras le prince avec toi.

Qui avait dit ça ? Un des types de l’autre soir. Prince ? Alors ils étaient au courant ? Prendre, ça voulait dire qu’il ne l’avaient pas jeté à l’eau, ils ne s’en étaient sans doute pas débarrassés autrement, ils ne se seraient pas compliqués la tache. Mais alors c’était un enlèvement ? À côté d’elle il y avait un papier empourpré par le sang ce qui donnait à ses mots une expression bien plus glauque qu’ils ne l’avaient :

Kyoujins : 1

Stonefolm : 0

Emporté donc. Ce coup de couteau ne devait pas l’avoir tué, que feraient-ils d’un corps ? À moins qu’ils ne comptaient envoyer le corps au roi avec un mot au même contenu, ça tenait la route … Akane mit sa main intacte sur son front, l’autre étant déjà prise, inutile de passer dans ce genre d’idées. Ce message n’était pas destiné qu’à elle. C’était à elle de se rendre au château, il fallait prévenir le roi. Prévenir le roi, prévenir le roi, prévenir le roi, toujours ces mots. À quand remontait la dernière fois ? Ah oui, au bal du Hanami avec l’enlèvement de Dame Aruka.
Sortant de ses pensées elle vit Hiro qui lui bandait la main. Sa plaie la faisait souffrir d’une manière atroce mais elle resta muette et attendit qu’il ai finit. Une fois cela fait elle se contenta de le remercier et se dressa sur ses jambes, vacillant un instant. Malgré les protestations de Hirokichi elle lui passait devant et se retrouva au ventre du port. Il état déjà très animé.

- Au fait, lui dit le jeune homme en la rattrapant, vous êtes restée là toute la nuit ? Vous avez eu de la chance qu’on ne vous trouve pas ! Vous devriez prendre compte des affiches !

Étonnée par cette mise en garde Akane se retourna vers lui.

- Des affiches ?

Ils parvinrent à l’embouchure d’une rue, Akane reconnue celle où elle s’était cachée la veille.

- En voilà une.

La jeune fille lu. Ses yeux suivirent les lettres écrites avec application typique des annonces militaires pendant quelques secondes, et, à la fois surprise et emplie d’horreur, elle lu les derniers mots à haute voix. Elle relu l’affiche plusieurs fois. Pourquoi bloquer un accès au port pendant toute une soirée ? En tous cas ça expliquait l’absence de vie dans le port la veille. Le pêcheur qui lui portait compagnie vint éclairer sa lanterne de façon brutale.

- Hier soir j’ai essayé d’entrer au port mais un type qui avait pas l’air de rire souvent était en train de coller un papier au mur. Il m’a dit que le roi de Stonefolm et son fils étaient en train de parler pas loin. J’avais un bateau à prendre moi. Ils pouvaient pas aller papoter ailleurs ?! Que des conneries moi j’dis ! Parce qu’ils sont nés avec des plumes dans le dos ils se permettent de tout ! J’vous jure ! C’est pour ça que mon grand-père a quitté Pallengad ! Parce qu’on leur demandait tout et n’importe quoi juste pour les intérêts d’un seul homme ! Ici c’est cent fois mieux. Et eux ils viennent imposer les envies comme ça, clac.

Je crois que vous aurez tôt fais de le remarquer, cet homme était bavard. Mais Akane ne l’écoutait plus, ses yeux figés sur la pancarte. Une discussion officielle ? Mais elle était avec le prince la veille. C’était tout simplement impossible … C’est alors qu’elle remarqua que le gouverneur n’avait pas apposé son seau. Ce papier était un faux. C’était eux.
La jeune espionne mit ses mains sur ses tempes. Pourquoi tout ça ? Ils avaient mis ce plan au point sans aucune faute, sauf peut-être avaient-ils négligés la théorie affirmant que le prince pu être surveillé, rien n’avait été laissé au hasard, c’était très fort … Son mal de tête la reprit et le monologue de Hirokichi, qui semblait ne jamais pouvoir s’estomper un jour, commençait à lui taper sur le système. Elle se contenta de se taire, feignant d’être intéressée par son débat à la première personne, il l’avait bien aidé.
Ceci dit elle n’avait pas tout son temps devant elle, c’était un enlèvement qui avait été longuement prémédité, de toute évidence ils avaient su que Kyohei viendrait au port ce soir là et à cette heure là à en croire les affiches plaquées partout. Il fallait atteindre Stonefolm au plus vite.
Le port se remplissait au fur et à mesure et il serait bientôt submergé. Elle avait besoin d’une monture sans quoi son voyage lui prendrait autant de temps qu’à l’allée et à l’allée ils avaient mis deux jours. Il était hors de question d’attendre deux jours. Il lui fallait une monture donc, de préférence un cheval car un mulet l’encombrerait plus qu’autre chose. Elle n’avait pas d’argent, aucune connaissance dans cette ville, aucun moyen concret d’obtenir ce qu’elle voulait.

- Vous n’êtes pas d’accord ? lui demanda le pêcheur révolté contre tout ce qui touchait à la monarchie.

Akane ne pu qu’approuver, elle avait autre chose à faire que de se lancer dans un débat dans lequel on la poussait comme dans un trou. En attendant sa tête lui faisait mal, sa main la brûlait, le bandage se faisait la malle et pour rajouter une petite touche rigolote le fils de son supérieur s’était fait enlevé pendant qu’elle roupillait dans un coin pas plus tard que la veille. Trois fois rien. Les marchand s’installaient, c’était le moment. Non en fait, il fallait peut-être attendre encore un peu. Il ne s’agissait pas de rater sa chance …
La jeune fille fit ses adieux à Hiro et s’avança près d’un groupe de vignerons qui déchargeaient une charrette où s’empilaient plusieurs tonneaux. Elle n’eut pas le privilège d’attirer leur attention et c’était la dernière chose qu’elle cherchait à faire. Elle s’adossa à la façade d’une échoppe. Bien à l’ombre elle observait le port se remplir de minute en minute. Il devait être 7h, marchand, pêcheurs, clientèle variée, bateaux, marins, tant de monde qui arrivait en même temps ... La charrette se vidait petit à petit sous l’œil sévère du vigneron en chef.
Malheureusement pour lui la clientèle arrivait plus vite que les tonneaux qui ne daignaient guère sortir de leur véhicule c’est pourquoi il du abandonner la place du cocher pour porter main forte à la jeunesse. Il ne restait plus que six tonneaux. Akane sortit de son coin d’ombre, approchant le véhicule. Cinq. Elle vint se placer juste à côté des hommes qui transportaient le vin, dansant à moitié, tournant sur elle même. Quatre. Tout en tournant sur elle même elle passa de l’arrière de la charrette à sa tête. Trois. Qui se méfiait de cette jeune fille si innocente, dansante, qui aimait la vie ? Deux. Elle attrapa la rampe qui se trouvait juste derrière les deux étalons. Continuant à danser, souriante, le visage candide et rafraîchissant.

Un

Akane prit un élan sur la rampe et sauta à l’avant du véhicule. Elle se laissa tomber sur la banquette et saisit les rênes d’un geste ferme, déterminé. Et c’est avec un grand « Yaa ! » emplit de confiance qu’elle les fit voler au dessus de sa tête et les abattit violemment sur le dos des chevaux qui réagirent au quart de tour. La charrette traversa le port et s’engouffra dans une rue adjacente sous les yeux médusés du vigneron en chef. Elle n'eu aucun mal à quitter la ville et à retourner sur le chemin d'où elle était venue.
Elle fit claquer les rênes sur le flanc des bêtes qui accélérèrent la cadence. Avec un peu de chance elle pourrait atteindre Stonefolm avant le lendemain, Akane freina un peu les étalons dans leur course, inutile de les épuiser.

Serrant les rênes de son mieux elle parvenait à faire tenir les morceaux du bandage dont elle bénéficiait jusqu’à lors. En revanche il était tout particulièrement inconfortable, il était imbibé de sang séché, et un liquide rouge écarlate s’en écoulait au compte-goutte. Sa plaie lui faisait souffrir le martyre et une faim féroce lui labourait le ventre. Elle avait passé un jour et une nuit sur sa banquette et son dos commençait à lui faire mal aussi, elle avait du faire une halte pour la nuit mais elle avait déjà parcouru une bonne partie du chemin. L’après-midi s’était annoncée il y avait plusieurs heures déjà, elle devait garder les yeux ouvert et la tête en état jusqu’à la fin de la journée.
Tout s’était très bien passé depuis le début du voyage. Heureusement elle avait une bonne mémoire et se souvenait plus ou moins de l’itinéraire emprunté la fois précédente. Elle luttait malgré tout pour rester éveillée, ne pouvait se permettre une seconde halte.
D’un coup une masse brûlante tombant du ciel surgit et atterrit juste devant elle avait un fracas assourdissant. Les chevaux prirent peur et se cabrèrent comme un ; le véhicule se stoppa net projetant Akane à terre qui si réceptionna dans les herbe sèche avec un cri. Les bêtes, dans leur affolement, tentèrent de faire reculer la charrette afin de prendre la fuite mais l’objet qui s’était écrasé devant eux se redressa, déployant une paire d’ailes rouges. L’espionne, figée de surprise, observait la scène de loin, impuissante et terrorisée. C’était un oiseau, un très grand oiseau mais dont il était impossible d’évaluer la taille. Et pas un oiseau « banal », non rien que sa taille n’avait rien d’ordinaire, il semblait littéralement en feu. C’était un phoenix. Mais qu’est-ce que venait faire une créature comme celle là au dessus d’une plaine, et pourquoi attaquer un chariot ? La créature en question s’éleva encore et vint se placer juste devant elle, laissant les chevaux et la calèche filer à travers champs. Le seul autre phoenix qu’elle avait vu auparavant était celui qui tournait autour du château ces temps ci. D’ailleurs celui ci lui ressemblait trait pour trait. Et puis elle avait aussi vu Kyohei en sa compagnie du temps où il n’était pas encore prince. Ces deux là ils avaient l’air de très bien s’entendre. Cette intervention était-elle en rapport avec l’enlèvement. Akane n’en savait trop rien … tous deux demeurèrent là à se considérer mutuellement dans un silence interrogateur. Il sembla à la jeune fille qu’on lui envoyait des signaux, quelque chose lu disait qu’il fallait qu’elle le suive. On avait rarement vu plus bête, elle avait d’autres choses à faire sur le moment, mais elle sentit l’atmosphère s’alourdir d’un coup comme une menace. Il fallait qu’elle le suive.
Elle recula, sur la défensive. Elle pouvait toujours prendre la fuite mais ça ne servirait pas à grand chose. Et puis elle n’avait même plus son chariot pour rejoindre Stonefolm maintenant. Elle n’avait plus le temps … Une aura de mise en garde semblait se former autour du Phoenix, c’était bel et bien une menace. Ce dernier s’affaissa, lui présentant son dos. Et ça, qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle était sensée monter dessus ? Tiens donc … Et comment expliquer son retard ? Un oiseau enflammé qui aurait pu faire deux fois sa taille lui avait ordonné de le suivre et elle lui avait docilement obéit. Des explications pleines d’humour qui ne manqueraient pas de plaire.
La créature s’envola d’un battement d’ailes, la saisit par les épaules et la traîna sur plusieurs mètres, ignorant ses protestations de panique.

- D’accord ! cria-t-elle, Je vais monter ! Je promet !

Le volatile la lâcha d’un coup et ré-atterit, lui présentant son dos une seconde fois. Avait-elle vraiment le choix ? Son hésitation lui coûta un regard froid qui signifiait très clairement : « Tu préfère l’autre option peut-être ? » Akane s’assied donc sur l’échine de l’animal d’un geste mal assuré, ne pouvant étouffer un cri lorsqu’ils s’élevèrent et s’élancèrent dans une direction qui aurait pu être aléatoire pour l’espionne qui se comprenait toujours pas ce qu’on lui voulait.
Ils voyagèrent quelques heures jusqu’à ce que la nuit tombe. La lune se levait, petit à petit, sans se presser et Akane se questionnait sérieusement quand est-ce qu’elle allait être reposée à terre. Ceci dit si on la déposait là elle serait coincée en plein désert la nuit sans rien à se mettre … La nuit était réputée pour être glaciale dans la région. Mais la créature qui l’hébergeait lui tenait chaud et les flammes qui en émanait ne la brûlaient pas. Pratique, d’autant plus qu’une fois de plus la tenue choisie n’était pas de rigueur.
Ils se posèrent doucement, dérangeant un groupe d’oiseaux qui s’élevèrent en nuée et se dirigèrent vers un lieu plus tranquille. Quelques seconde après Akane était à terre devant une falaise qui ne semblait finir ni à droite ni à gauche. Il faisait froid, il faisait nuit et surtout il n’y avait personne à des kilomètres à la ronde. Elle lança un regard interrogateur au Phoenix, après tout maintenant qu’elle était là autant jouer le jeu. Ce dernier lui indiqua d’un mouvement de la tête une partie du haut mur de pierre. L’espionne s’en approcha, y passa sa main, et bien non, c’était juste une falaise. Avançant à tâtons Akane continua sa recherche. Ah, tiens, un gros cailloux, un autre gros cailloux, encore un cailloux, mais quelle soirée mes amis ! Poussant un soupir de découragement elle se retourna vers son guide qui la regardait avec mécontentement.

- D’accord …

Ses mains se baladaient sans discontinuer sur la paroi jusqu’à ce que l’une d’elle s’enfonce dans le vide. Un passage ? Apparemment. Un magnifique chemin caché par deux grosses pierres. Après un nouvel échange de regards ambigus avec la créature qui la surveillait elle s’avança sur le sentier à la lumière de la lune. Enfin, on y voyait presque rien là dedans. Aussi, une ou deux fois elle percuta un mur, trébucha sur une bête pierre qui dépassait du sol, manqua de faire demi-tour par inattention, passa devant une grotte sans se poser de questions … Au bout de la troisième chute elle se fit la réflexion que ce jeu commençait à lui taper sur les nerfs. Elle se releva et regarda autour d’elle. Rien. C’était pas bientôt finit ?! Mais en observant bien à quelques mètres derrière elle à gauche la lumière ne s’arrêtait pas et plongeait dans un trou. Elle était déjà passée devant quelques secondes avant et ne l’avait même pas vu, décidément il était l’heure d’aller se coucher. D’un pas lasse et fatigué elle chemina jusqu’à l’entrée et regarda à l’intérieur d’un œil distrait.
La lumière passait étonnamment bien à l’intérieur et Akane pu percevoir l’équivalent d’un milieu habité par l’homme. Étrange. Akane passa plusieurs secondes à se demander ce qu’on lui voulait, pensant qu’elle devrait être dans son lit dénuée de toute responsabilité. Était-il vraiment prudent de pénétrer là dedans ? Ca valait sa minute de réflexion. Mais la jeune fille n’était pas d’humeur à réfléchir et elle fit quelques pas à l’intérieur, hésitant presque à appeler quelqu’un. Elle aperçu une silhouette assise près de l’entrée, des cheveux courts, foncés, un visage fins … Ca lui rappelait Kyohei.

*Tu délires ma pauvre … Il me manquait plus que ça …*

Elle regarda plus attentivement, et bien non, c’était lui. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise, que faisait-il là ?
Et puis elle aperçu une silhouette se tenant droite non loin, l’espionne ne chercha pas à en percevoir les traits mais elle semblait sur ses gardes et était équipé d’un objet luisant et pointu qui ne servait sans doute pas à éplucher les légumes. Son affolement parvint à lui remettre les idées en place. Si Kyohei était bien Kyohei l’autre personne était forcément un Kyoujin. Et la suite du plan ? Deux possibilités lui vinrent spontanément :

- La première fut d’engager une négociation.

- La seconde, plus réaliste, était de prendre la fuite.

Elle choisit d’appliquer la troisième qui consistait à demeurer debout au milieu de la pièce à hésiter entre les deux premières, pesant le pour et le contre : Elle avait un petit faible pour la seconde mais la première était une occasion inespérée.


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Akane Shibata




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Dernière édition par Akane Shibata le Jeu 13 Mai - 12:57, édité 2 fois
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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Mer 16 Déc - 22:13

    Une fois l'adrénaline retombée à son niveau normal (autant dire pas très haut), Kaoru sentit le doute pointer en lui. Après tout, personne ne pouvait avoir trouvé leur demeure. Les traces de leurs montures avaient été effacées par les nombreuses tempêtes de sable, et de toute façon il était tout bonnement impossible de faire le lien entre cette baraque paumée dans un coin du désert et l'enlèvement du prince héritier de Stonefolm. Ce vol d'oiseaux... ce n'était sans doute qu'un incident provoqué par un animal quelconque. Pas besoin de hurler à l'assaut massif et de sortir les fourches contre cet ennemi imaginaire. Il fallait avant tout garder la tête froide et se montrer un peu plus vigilant qu'à l'habitude.
    Le jeune homme fit quelques pas sans but précis, ayant vaguement l'impression d'être un de ces gardes qui restent des heures à faire des allers-retours devant une porte. Sauf que lui, il ne savait pas se servir de ce bout de ferraille qu'il avait entre les mains. Il avait lu pas mal de livres où les personnages virevoltaient en tranchant bras et têtes à grands coups de sabre, véritables armes humaines. Il voyait à ce moment une large différence entre ces histoires et la réalité. Impossible de trancher quoi que ce soit avec cette arme grotesque. Il risquait d'avantage de se blesser lui même plutôt que d'inquiéter quelqu'un. Kaoru ne lâcha pas prise pour autant, décidant que c'était l'occasion ou jamais de voir s'il valait quelque chose arme à la main ou s'il valait mieux pour lui qu'il prenne ses jambes à son cou en cas de problème la prochaine fois (si prochaine fois il y avait). Avec un peu de chance, il n'aurait pas besoin de se foutre la honte devant son prisonnier en jouant les héros, car tout semblait redevenu parfaitement normal. S'il ne se passait rien d'ici cinq minutes, il irait reposer ce machin pointu. La pression quelque peu excessive qu'il exerçait sur le manche raviva la douleur de sa main blessée, souvenir impérissable de cette "super soirée". Opter pour un superbe style de combat à une main lui semblant risqué, Kao se résolut à prendre son mal en patience. Il n'avait qu'une hâte : cesser de faire le guignol avec les objets dangereux.
    Un léger bruit de pas, discret et léger. L'ombre furtive d'une silhouette près de l'entrée. Il y avait bien quelqu'un. L'attention du jeune homme se reconcentra immédiatement, il aspira un peu d'air et décida de ne pas traîner. Cet intrus n'était ni Aiji, ni Seiichi. Par conséquent, il était son ennemi. Il devait donc s'en débarrasser vite, et sa veille nocturne pourrait reprendre. Raisonnement fort logique, mais sa mise en action était moins évidente. S'avançant prudemment vers la personne qui se tenait près de l'entrée, Kaoru constata avec un infime soulagement que niveau taille, il avait le dessus. Il ne cessa pas de se méfier pour autant, mais c'était tout de même rassurant d'avoir avantage sur l'adversaire. Détendre ses épaules, respirer profondément... Si ça se trouve, l'ennemi allait prendre la fuite quand il verrait l'arme (bah oui, on sait jamais). Il avait beau être déterminé à accomplir son devoir auprès des siens, l'idée de trucider quelqu'un n'avait rien de réjouissant à ses yeux. C'est donc à pas lents et avec une motivation de plus en plus approximative que le Kyoujin s'approcha de sa proie.
    La lumière de la lune suffisait largement à la guider, mais présentait l'intrus à "contre jour" (techniquement, c'est un contre-nuit, d'ailleurs...). Impossible de distinguer son visage, mais le cœur de Kao se serra en devinant une allure absolument pas guerrière. Une silhouette fine, élancée. Pas vraiment celle du barbare qu'il s'était préparé à affronter. Sans lâcher son arme de fortune, le jeune homme renonça à frapper avant discussion. Révolté oui, mais meurtrier, non.
    Apparemment, l'intrus semblait hésiter sur la conduite à tenir. Ce fut ce qui poussa Kaoru à franchir les derniers mètres le séparant de cette apparition importune. Sans baisser sa garde, serrant toujours son épée dans sa main gauche, il la saisit par le bras et l'attira à lui. Il était temps de mettre un visage à cette intrusion.
    Pas une bonne idée, en fait. Au fond, il aurait pu s'en douter. Cheveux longs, robe pâle sous la lueur lunaire, silhouette élancée mais pleine de droiture. Il avait osé espérer qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre. Mais au fond de lui, peut être l'avait-il tout de suite su ; c'était Elle.

    Ironie du sort, Kaoru avait une idée très précise des réactions de ses camarades. Reconnaissant cette fille, Seiichi aurait abattu son arme. Si elle était venue ici, elle n'avait de toute évidence pas fait son boulot, ce pourquoi elle avait été laissée en vie. Pas de raison à la laisser vadrouiller librement, du coup. Aiji aurait sans doute jaugé la demoiselle de ses yeux experts et séducteurs. Ensuite... l'aurait-il tuée ? Impossible de le dire. Sayuki... qu'aurait-elle fait ? Au fond, ils ne se connaissaient pas réellement. Mais Kao était certain d'une chose : elle ne serait pas restée plantée là, immobile, à fixer cette fille en silence. Il faillit desserrer son étreinte, mais fut incapable d'esquisser le moindre geste. La quiétude paisible des lieux était devenue un silence parfait à la tension presque palpable.
    Agir, il fallait agir. Faire un truc, et vite. N'importe quoi.
    Le jeune homme lâcha son arme, qui tomba bruyamment sur le sol de pierre. Le silence nocturne fut enfin rompu par ce fracas métallique. Raffermissant sa prise sur le bras de la demoiselle, il la plaqua contre la paroi. Pas spécialement sympa, comme accueil, mais quelque chose lui disait que cette fille ne venait prendre de ses nouvelles à lui. Sa présence était d'ailleurs plus qu'inquiétante. Comment avait-elle réussi à les retrouver ? Aux dernières nouvelles, elle était entre deux poubelles sur le port, avec un sympathique trou dans la main. Et bam, elle débarquait comme une fleur dans leur repaire secret en plein Royaume de Sable. Elle devait être acharnée et avoir beaucoup, beaucoup d'instinct pour arriver jusqu'ici. Pas possible autrement.
    Bon, c'était pas tout ça, mais il fallait songer à faire autre chose qu'écraser à moitié l'invitée surprise contre le mur. Comme celle-ci elle n'opposait pas de véritable résistance, ou du moins qu'elle semblait pouvoir être contenue sans trop de mal, Kaoru fit preuve de moins de fermeté. Il se contenta de passer un bras autour de ses épaules de façon à l'immobiliser, et remarqua alors le bandage de fortune qui entourait la main de la demoiselle. Comme le sien, en version encore moins bien. Il grimaça légèrement à la vue du tissu imbibé de sang séché, qui par on ne sait quel miracle continuait d'entourer la fine main de la jeune fille. Il ne savait que trop bien la douleur diffuse et continue qu'elle ressentait. Miroir de sa propre souffrance.
    Essayant tant bien que mal de garder un œil sur chaque geste de l'intruse, Kao l'entraîna vers le cœur de leur demeure. Il avait hésité, craignant que la vue d'une éventuelle alliée ne ravive chez le prince des forces cachées, mais avait jugé préférable de ne pas rester en vue de l'extérieur. La fille pouvait avoir des complices, et voir leur camarade aux prises avec lui aurait pu lancer un assaut massif (comment ça, c'est de la paranoïa ?). Il aurait pu faire ce court trajet les yeux fermés sans trébucher contre les aspérités qu'offrait le sol. Il entraîna l'Apparition à sa suite, le cœur battant. Et, pour la seconde fois de sa vie, il lui adressa la parole :

    - T'es venue seule ?

    Le jeune homme fut plutôt satisfait de la fermeté de sa voix, qui résonna, légèrement rauque, dans le silence relatif de la grotte. Question primordiale, était-elle venue accompagnée. Si oui, il était réellement mal barré. Face à la mamzelle en robe blanche, il ne se sentait pas réellement menacé, même s'il n'était absolument pas à son aise. Confronté à plusieurs adversaires, ça risquait de changer de niveau radicalement. Mais la nuit dernière, elle avait agi seule (ce qui n'avait pas vraiment porté ses fruits, par ailleurs). Kaoru attendait donc avec une certaine anxiété la réponse à cette première question, et se surprit donc lui même lorsqu'une seconde interrogation franchit ses lèvres :

    - Qui es-tu ?

    Sentant peser sur eux le regard de Kyo, le Kyoujin s'efforça de rester concentrer sur l'inconnue qu'il étreignait toujours. Elle ne semblait pas dangereuse, peut être pouvait-il la lâcher... Quoique, arme à la main, elle était plutôt du genre vicieux. Il la tenait donc toujours contre lui, dans une sorte de prise de catch ridicule, attendant ses réponses sous l'oeil qu'il imaginait critique de son prisonnier, avec potentiellement une armée dans le buisson voisin, prête à charger. Il la sentait pas, cette nuit.

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Jeu 17 Déc - 23:38

Que pouvait-il faire à part attendre ? Observer, peut être. Le temps passait si lentement… Les seuls indices que Kyo’ avait pour savoir à quel moment de la journée (ou de la nuit) on se situait étaient la très légère lumière de l’extérieur qui arrivait à franchir l’entrée étroite, et les allées et venues de trois rebelles. Rebelles… Mignon sobriquet… Ce surnom ne leur allait pas vraiment. A vrai dire, il les aurait plutôt baptisé ‘’Curieux énergumènes frileux’’, à voir leur acharnement à faire du feu au milieu d’un désert, ou peut-être ‘’Silencieuses taupes errantes’’. Effectivement, il n’arrivait pas à savoir où ils voulaient en venir : voilà qu’il se faisait enlever, amener ici, dans une grotte paumée dans un no man’s land, vaguement soigner avec une eau pas très très transparente (disons qu’on faisait mieux en matière de pureté… il n’est pas vraiment conseillé de verser de l’eau croupie sur une blessure humhum…), survivait à une infection imminente (dommage pour eux), et se retrouvait à attendre sagement je-ne-sais-quoi, poings et pieds liés dans un coin sombre, en se voyant renverser un seau d’eau sur la tête dès qu’il faisait mine de vouloir allumer un feu de joie. Quelle douce attention. La première fois qu’il avait tenté une attaque, la surprise opérée chez ses ravisseurs s’était muée en une espèce de panique, mais hélas cela n’avait pas fais long feu. Ah, super le jeu de mot. Donc non, impossible de s’échapper grâce à son pouvoir : maintenant qu’il l’avait dévoilé, aucune chance de s’en servir. Même ce précieux jour où deux des pseudos rebelles étaient partis se promener, on lui avait collé l’autre là, le troisième, le dernier. Kyohei ne pouvait s’empêcher de penser à lui ainsi, car il était toujours le dernier à prendre la parole, quand il la prenait, et se tenait souvent en retrait. Oui, on pouvait dire que c’était comme le petit dernier, le cadet, à la personnalité plutôt effacé. Le blond, le prisonnier l’avait tout de suite cerné : pas difficile, il imposait sa personnalité à la fois bavarde et extravagante. Le chef lui, avait aussi été facile à déterminer : il parlait fort, assuré et persuasif comme personne, et semblait cacher un jeu de sans-cœur. Pas dur d’y croire, vu la façon radicale dont il avait éliminé la Menace-Kyohei. D’un coup, sans hésiter. Direct et efficace. Redoutable. Mais Kaoru, lui… Oui, le prince avait repéré son nom. Beaucoup d’ordres et de directives lui étaient donnés, il lui avait suffit de rester vigilant et d’attendre qu’un nom s’échappe de lèvres gaffeuses pour l’attraper en vol. Pas de chance, s’était tombé sur son gardien du jour. Kaoru, donc, semblait comme soumis à celui qui était à la tête de ce minuscule rassemblement dont-il-ne-savait-l’origine-ou-le-but. C’était comme le serviteur de son maître, qu’il semblait même admirer. Ri-di-cule. Mais enfin, le simple fait de passer le balais, abandonné par ses deux compère, en évitant le regard furieux de celui qu’il était censé surveillé était ridicule.

Car Kyo’ était en colère, bien évidement. Et il ne manquait pas d’en faire baver ce pathétique trop sensible en faisant peser sur lui son regard haineux. Sa seule arme pour l’instant à vrai dire… Qui sait, peut-être que Kao’ craquerait et le jetterait dehors en hurlant de terreur. Hum, non. Il avait sans doute encore plus peur de son chef que de son prisonnier. C’était pitoyable, vraiment… Mais ce qui l’était encore plus, il fallait l’avouer, et ce qui alimentait sans cesse le courroux du jeune prisonnier c’était sa propre bêtise. En effet, quelle folie lui était passée par la tête quand il avait fait appel à son feu intérieur ? Tout de suite, sans attendre, dès son réveil avec ses membres engourdis par un poison encore présent ? C’était une certitude à présent, mais cette fichue évidence ne lui avait pas traversé l’esprit au moment fatidique : il aurait du attendre. Imbécile. Mais enfin, ce qui était fais était fais et au jour d’aujourd’hui la machine à remonter le temps n’avait pas encore été inventée. Quelle négligence… Il ne pouvait alors que se morfondre, avec un goût de remord acide et de fureur brûlante sur la langue. Et fixer l’unique restant avec tout le mépris dont il était capable, c'est-à-dire beaucoup. En même temps, cela lui faisait oublier la douleur qui lui dévorait le dos. Peut-être avait-il été trop optimiste en pensant échapper à l’infection… Heureusement qu’il pouvait se concentrer sur autre chose, c'est-à-dire l’observation analytique de ce curieux groupe à la fois organisé et totalement débraillé, à la fois futile et assez inquiétant pour avoir réussi à obtenir les informations utiles pour l’enlever. Malheureusement, toute la préparation au départ de Kyohei était basé sur ça : le secret. Ils avaient trouvé la faille, s’y étaient engouffrés, et le voilà à regarder Kaoru jouer à la ménagère en attendant le retour de ses deux papas. Pitoyable, vraiment.

Soudain, l’Apparition fut de retour. Inconsciemment, Kyo’ le savait. Il savait qu’il ne finirait pas ici, pas comme ça, pas maintenant. Il savait que Zeed ne le laisserait pas ainsi, qu’il se démènerait, qu’importe par quel moyen et à quel prix, pour lui venir en aide. Il savait qu’il était quasi-impossible de trouver cette planque mais que le précieux phénix était capable de le retrouver, lui. Et surtout, il savait que ce n’était pas son destin. Et en effet, cela ne l’était pas. Voilà donc le secours que lui envoyait son compagnon de feu : celle qui avait précédemment échoué. L’oiseau lui avait offert une nouvelle chance, espérons qu’elle y parvienne cette fois… Elle arriva en silence, désarmée, toujours vêtue de cette fameuse robe blanche qui avait quelques nuits plus tôt blêmi au clair de lune. Mais cette fois-ci, Kyohei put distinguer ses traits, et non seulement la silhouette élancée qu’il avait entrevu dans le brouillard crée par le poison qui lui rongeait les veines, ce soir là. A vrai dire, lorsqu’il vit son visage, le détenu fut frappé de stupeur. Mais il reprit vite une mine froide, ne voulant laisser percevoir son trouble. Heureusement, Kaoru était trop occupé à offrir un accueil à la nouvelle venue, l’agrippant par sa manche en tenant fermement une épée dans son autre main. Cette vision avait de quoi faire rire, car il ne semblait pas vraiment un combattant né… Mais passons. Celle qui venait de franchir l’entrée n’était pas inconnu à Kyo’. Du moins, elle ne le fut pas. Son ravisseur avait bien vite lâché son épée. Lâche ? Sous le charme ? Peu importait. Lui ne semblait pas le connaître. Il l’interrogea alors… Et Kyohei connaissait les réponses.

- T'es venue seule ?
Non et oui. Non car elle n’avait aucune armée à sa suite, pas plus qu’une arme cachée dans sa chevelure. Mais oui, elle était accompagnée. Par Zeed.
- Qui es-tu ?
C’était Akane Shibata. La voisine de Kyohei, hier. Celle qui l’avait vu découvrir son pouvoir alors abominable, qui l’avait vu brûler son chien, puis s’enivrer de ce feu s’éveillant. Cela lui faisait presque étrange de savoir qu’elle l’avait aussi vu sourire. Ce sourire nié et innocent de l’enfance. On peut dire que ce n’est pas demain la veille qu’une telle grimace honteuse s’afficherait sur le visage du prince… Et aujourd’hui, qui était-elle devenue ? Une espionne. Une fidèle alliée de Stonefolm, au service de son féroce roi. Discrète, efficace, étonnante à vrai dire. Pourtant, Kyo’ ne se souvenait pas vraiment l’avoir croisé au château. C’était simple : si elle ne voulait pas qu’on la repère, impossible d’y remédier. Si le prince savait sa présence, c’était par les rapports qu’elle faisait de ses missions. Lorsqu’il avait lu son nom sur l’un d’eux pour la première fois, sa surprise avait été totale. Son subconscient c’était efforcé d’effacer le terrible souvenir de leur rencontre, qui s’était mué en un cauchemar, et la voilà de retour pour le lui rappeler. Son premier réflexe avait alors été de la fuir… Heureusement, il n’eut pas à le faire : même s’il le voulait, sans convocation officielle la croiser par hasard lui était irréalisable. La discrétion de la jeune fille était sans pareille. Peut-être le fuyait-elle aussi, au fond… Pas étonnant après ce qu’elle avait vécu les quelques minutes qu’ils avaient passé ensemble, étant enfant. Kyohei avait alors fermement cru que la page était tournée une fois pour toute, qu’il n’aurait pas à affronter ce souvenir. Mais à en voir le présent, le destin en avait décidé autrement. Voilà qui elle était : Akane Shibata, sa sauveuse et sa crainte.

Mais l’heure n’était pas à la réticence. Normalement, elle était même à la réjouissance : on venait le sauver, youpiiiii ! Seulement… elle semblait aussi naïve qu’à l’époque. La voilà sans même un stupide bâton pour se défendre, totalement vulnérable, dans l’antre de l’ennemi : c’était une espionne, et non une guerrière. Et en robe de surcroît. A quoi pensait-elle, arrivant ainsi les mains vides (blessée pour l’une d’entre elles), frappant tranquillement à la porte du grand méchant loup ? Bon, d’accord, ce loup là n’avait rien d’effrayant, mais ceux qui risquaient de revenir à tout moment c’était une autre histoire… Peut-être devait-il réagir à son tour. Mais comment ? En se tortillant sur le sol, il réussirait peut-être à se lever. Et après ? Devait-il bondir à cloche-pied pour filer un coup de boule à notre cher Kaoru ? Un vrai super héro en action. Ou pas. Heureusement, la brume qui lui voilait encore l’esprit la veille s’était dissipée, et il pouvait réfléchir à nouveau. Ce qu’il fit activement. Et c’est Zeed qui lui offrit la première note. Son cri mélodieux couru le long de la paroi, jusqu’à se nicher dans les oreilles de Kyohei. Celui-ci releva vivement la tête, mais les deux autres ne paraissaient pas avoir entendu. Puis les parois de l’entrée qu’il apercevait à peine se mirent à rougeoyer, renvoyant l’image éblouissante de flammes pures. Le phénix avait décidé de se joindre à la fête, mais hésitait encore. L’enfermement le faisait totalement paniquer, alors évidement qu’une grotte n’était pas le lieu rêvé pour lui. Kyo’ était à présent assez proche pour ressentir son aura. Ce n’était pas donné à tout le monde, mais pour lui une simple formalité. Là, Zeed luttait contre son instinct qui lui hurlait de faire demi tour, pour revenir à l’air libre. Puis, dans un élan de volonté, il surgit subitement dans la pièce. Tant de lumière, après de nombreuses heures passées dans la semi obscurité, éblouit Kyohei qui plissa les yeux. Le phénix se tourna vers le rebelle et lui lança un regard flamboyant.

Le message était on ne peut plus clair.
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Akane Shibata
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Dim 20 Déc - 1:03


Akane, oppressée contre la paroi, se sentait légèrement malvenue.
Négocie Akane, parles, dis n’importe quoi ça passe ! Si seulement tout était aussi simple … C’est là qu’elle se rendit compte du déséquilibre des forces. Il y avait trois Kyoujins, du moins elle en avait vu trois la dernière fois. Là il n’y en avait qu’un mais au moins, lui, il était armé. Et avec ça il était plus grand. Il était plus grand et mieux équipé. Alors ? On fait quoi ?
Hem
Bon
Bon bon bon
Bien
D’accord, va pour la fuite.
Mais prendre la fuite allait être plus compliqué que ça, elle était un peu coincée entre un mur et un Kyoujin … Ok, on recommence, un Kyoujin armé, mais le couteau avait été abandonné donc pouvait-on vraiment le considérer comme armé ? Avec un meilleurs gabarit bien sur la question ne se posait même p … Quoique … Euh, si, meilleur, peut-être. De pas beaucoup mais enfin, euh, peu importe. Armé, si on pouvait l’estimer ainsi, plus grand et qui avait l’initiative à présent. C’était quoi la première idée ? Ah oui, le négoce. Ca aussi, mauvais plan, on ne négocie pas sans appui, il lui manquait l’arme qui allait avec.

- T'es venue seule ?

Akane ne su que répondre, elle avait un Phoenix qui l’attendait à l’entrée donc elle aurait pu se sentir plus seule.

- P … Plus ou moins …

Elle se surprit à prendre un ton intimidé. Pour l’instant autant jouer sur la sécurité. Elle jugea son adversaire d’un coup d’œil et un détail la frappa : La main droite était soigneusement bandée. C’était celui à qui elle avait détruit la main un certain soir ? Apparemment … Étrangement elle sentit monter en elle une superbe fierté et prit de la confiance. L'homme qui l'étreignait lui sembla d'un coup beaucoup plus vulnérable et un peu moins grand aussi.

- Qui es-tu ?

Excellente question, très pertinente vraiment. Mais Akane ne voyait pas bien quoi répondre. Quelle question aussi …
Les yeux de l’espionne s’agrandir d’un coup en apercevant une tête étincelante passer la porte derrière le jeune homme. Le Phoenix de tout à l’heure avait réussit à entrer ? Tant mieux, avec un peu de chance ça allait la faire passer à côté des problèmes.
Le Kyoujin la lâcha subitement et recula. Ca ne pouvait pas tomber mieux. Akane se précipita vers l’arme délaissée tout à l’heure et la pointa sur celui qui la gardait à l’instant. Tout allait bien, le Phoenix saurait le dissuader de bouger. D’ailleurs, qu’est-ce qu’il faisait là lui ? Lentement, sans lâcher son adversaire des yeux elle se dirigea vers Kyohei, se baissa et tenta de défaire les liens à l’aide de la lame qu’elle avait ramassé. Moins facile que prévu : la lame, qui aurait pu être en meilleurs état rappelons le, glissait sur la corde humide qui ne se laissait pas couper. Mais comment pouvait-elle être imbibée d’eau en plein désert ?! Elle resta trente longues secondes à démener le couteau dans tous les sens jusqu’à ce que la moitié de la corde ne soit plus qu’un amas de petits fils rebelles et rayonnants de bonne santé. Elle faillit jeter le prétendu poignard à terre de rage mais préféra s’obstiner à tempêter contre le nœud. Mais quelle plaie ! Les liens finir par céder avec un craquement, arrachant à Akane un soupir d’achèvement. Elle l’aurait mérité sa nuit de sommeil. Pour la seconde fois le poignard chuta sur le sol de pierre et la jeune fille, à genoux, se retourna afin de prendre des nouvelles de « L’autre ».

[RP terminé à 11h et à relu en coup de vent, à modifier]

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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Lun 21 Déc - 18:54

    "Plus ou moins".
    Elle avait répondu "plus ou moins". On fait difficilement plus stupide, comme réponse. Comment pouvait-on être plus ou moins seul ? On l'est ou on ne l'est pas, point barre. Kaoru faillit lui reposer la question d'un ton plus ferme, histoire qu'elle s'exprime plus clairement. Il garda le silence, jugeant inutile de jouer aux tortionnaires ultra-violents avec cette fille qui semblait déjà intimidée. Voire carrément pas rassurée, ce qui était logique. En cet instant elle ne représentait plus une menace immédiate, autant lui laisser le temps de répondre à la seconde interrogation. Et lui aurait ainsi le temps de plancher sur le déchiffrage de ce maudit "plus ou moins".
    Qu'entendait-elle par là ? Choisissant l'hypothèse du "plus", le jeune homme tacha d'envisager les différents cas de figure. Pas seule et pas accompagnée, donc. Logique. La demoiselle était peut être venue à cheval. C'était peut être ça, la solution. Un peu tordu. Si cette fille s'attendait à ce que son canasson vienne la sauver, elle était décidément encore plus naïve qu'au premier abord. Ou alors peut être avait-elle réellement des alliés potentiels au dehors, mais qui ne semblaient pas réagir outre mesure. Il fallait éclaircir tout ça, et vite. Mais si on résumait la situation, il tenait l'intruse et Kyo était toujours dans son coin. Pas trop de problème pour l'instant.
    Les évènements se précipitèrent dans les quelques secondes qui suivirent, alors qu'il attendait patiemment le nom de sa nouvelle captive. L'univers explosa sans bruit lorsqu'une espèce de boule de feu fit son apparition. Et Kaoru n'y vit soudain plus rien. Ses yeux habitués à la douce lueur de la lune eurent bien du mal à s'habituer à l'éclat cruel de cette lumière. Un bref instant, il crut que le le soleil s'était levé, voire même qu'il était entré dire bonjour. Mais il distingua rapidement la silhouette majestueuse d'un oiseau, et ne mit pas longtemps à placer un nom à cette nouvelle apparition surprise. Il avait passé plus de dix ans de sa vie dans sa bibliothèque, et n'avait pas perdu son temps. Alors comme ça, on lui montrait ce machin emplumé enflammé, il ne mettait pas longtemps à relier la créature aux mythes et légendes du Phénix.
    "Oiseau roi parmi les rois", "souverain des flammes célestes", patati patata... Pour une fois, le Kyoujin s'attarda sur la pratique et non sur ses connaissances en matière de volatile pyromane : pourquoi un animal mythique débarquait-il chez lui ? On est en droit de se poser la question. Était-il seulement possible que la demoiselle soit arrivée avec l'oiseau ? Le jeune homme aurait aimé croire à une simple coïncidence... Il fit un pas un arrière, réflexe bien normal. Oubliée, sa majesté ligotée dans un coin. Oubliée, la jeune fille qu'il tenait toujours. Il y avait un Phénix, juste là, devant lui. Un vrai, horriblement réel. Condamné à vivre dans l'ombre jusqu'à la fin de ses jours, il avait forcément entretenu crainte et admiration envers ces éternels faiseurs de lumière. Il avait longtemps espéré avoir la chance d'en apercevoir un, un jour. C'était réussi, mais il se serait volontiers contenté d'une silhouette furtive dans le ciel un soir, pas besoin d'inviter la bestiole chez lui.
    Lorsque le volatile fut entièrement entré dans la pièce, il plongea son regard étincelant dans celui de Kao, qui ne put que reculer de nouveau devant tant de puissance contenue. Apparemment il lâcha la demoiselle, puisqu'elle se précipita soudainement vers un machin par terre. Tant pis, il n'avait pas le temps de la rattraper. L'important pour l'instant, c'était cette énorme masse de plumes enflammée. Il lui fallait son arme. Il se souvint qu'il l'avait lâchée quelques minutes plus tôt, et salua cette extraordinaire preuve d'intelligence de sa part. Cherchant son épée des yeux, il la trouva en bonne compagnie : la jeune fille l'avait empoignée avec fermeté, et la pointait à présent vers lui. Décidément, il avait tout réussi avec ce bout de ferraille : au final, la gamine désarmée avait récupéré de quoi lui refaire le portrait à grand coup de lame. Mais le plus inquiétant aux yeux du jeune Kyoujin restait le Phénix, qui semblait sacrément remonté contre lui. Plus vraiment de doute possible, cette créature n'était pas de son côté, elle était venue pour libérer l'héritier du trône. Drôle de combinaison, mais le duo "demoiselle sortie de nul part" et "oiseau mythologique" semblait fonctionner de façon étonnante.
    L'oiseau ne semblait pas à son aise, ce qui était plutôt logique. Il devait se sentir à l'étroit, dans cette grotte. Il n'en restait pas moins fort inquiétant, d'autant plus qu'il se montrait de plus en plus entreprenant, faisant barrage entre lui et le captif. Kaoru avisa la bassine initialement prévue pour les caprices de sa majesté, envisageant un instant un superbe lancer à la tête de l'oiseau. L'idée lui paraissant à la fois ridicule et désespérée, il la mit de côté en attendant d'avoir vraiment rien d'autre à faire. Fuir ne le tenait que très vaguement, d'une part car c'était tout bonnement suicidaire puisque le Phénix se trouvait sur le passage, d'autre part parce que ses amis lui avaient confié une mission, et qu'il n'allait pas prendre ses jambes à son cou pour quelques soucis mineurs. Il lui restait l'option tabouret, qui ne valait pas beaucoup mieux que celle de la bassine. Kao fit quelques pas en arrière tout en imaginant plusieurs stratégies mettant en scène les objets les plus incongrus à sa disposition. Des coussins, des couvertures (trop mous), un vase (pas assez gros), une table (trop lourd), rien n'était susceptible de l'aider à faire face à ses problèmes du moment.
    Le jeune homme frémit en sentant la paroi dans son dos. Il avait un peu trop reculé. Mais bon, de cette façon, le piaf semblait un peu plus serein. Kaoru tenta quelques pas sur le côté, histoire de voir ce que fabriquait la demoiselle avec l'arme qu'elle avait récupérée. Évidemment, elle continuait son opération commando et entreprenait à présent de trancher les liens du prisonnier. Et ça c'était absolument pas une bonne idée. Il fallait tenter un truc avant que Kyohei ne soit libre, ou sinon... Quelque chose lui disait qu'il allait passer un sale quart d'heure. Et surtout, ce pourquoi Seiichi s'était battu pendant si longtemps tomberait à l'eau. Déterminé à empêcher cela, le jeune homme prit son courage à deux mains et s'avança vers l'autre côté de la pièce, celui où se tenait toujours le captif à présent rejoint par sa sauveuse du moment. Le problème étant toujours le machin brillant couvert de plumes entre les deux qui, en voyant le Kyoujin bouger, étendit ses ailes impressionnantes en poussant un léger cri d'avertissement. On faisait difficilement plus clair, comme menace : ne pas s'approcher sous peine d'être cramé jusqu'à la moelle.
    Kao s'approcha.
    Aussitôt l'oiseau passa à la vitesse supérieur. Avec une vivacité insoupçonnée dans ce lieu exigu, le phénix fondit sur son adversaire. Enfin, fondit.... Toujours est-il que que Kaoru eut à peine le temps de se jeter à terre pour échapper aux serres redoutables de la bestiole. Il se mangea donc le sol au passage, et dû par la suite rouler de côté avant d'éviter de finir en grillade. Il se releva tant bien que mal, et mit une distance respectable entre lui et l'espèce de gardien flamboyant qui l'empêchait d'atteindre son but. D'après ce qu'il pouvait voir, la demoiselle avait quelques difficultés à libérer son prince. Un bon point pour lui : avec un peu de chance, il trouverait un moyen de contourner le problème et d'interrompre cette tentative de libération. Avec un peu de chance....
    Le jeune homme considérait à présent un balais avec attention, se demandant rapidement s'il pouvait en tirer quelque chose, lorsque le pire arriva. Kao le sut avant même de se tourner vers ses envahisseurs. La corde tomba sur le sol après avoir cédé, l'arme heurta la pierre avec l'habituel tintement métallique. Il était libre. Le prisonnier n'était plus prisonnier. Plus que le phénix toujours menaçant, plus que la vicieuse demoiselle du port, il craignait maintenant les représailles de l'héritier de stone'. Vengeance serait d'ailleurs le mot plus exact. Pour peu qu'il ne réagisse pas, le Kyoujin sentait qu'il allait s'en prendre plein la gueule, c'était l'expression qui convenait.
    La fille se tourna de nouveau vers lui, plantant son regard émeraude dans le sien. C'était à cause d'elle. Si elle n'avait pas été là, tout se serait bien passé. Si elle n'avait pas été là, Seiichi n'aurait pas découvert la grotte vide à son retour. La simple image de l'expression qu'adopterait le leader des Kyoujins en apprenant les faits suffit à faire bouillir Kao se rage. Hors de question, pas à cause de lui, pas à cause d'elle. Il allait régler ça. Seul, mais il réglerait ce problème. Jamais il ne décevrait cet homme comme il avait déçu les autres.
    Le jeune homme n'hésita pas longtemps. Porté d'avantage par une détermination pleine de rage que par une idée de plan génial, il s'avança pour la seconde fois. Les yeux perçants du Phénix le suivaient avec attention, prêt à réagir. Kaoru ne défia pas le regard de l'animal, concentré sur les deux autres. Il serrait un vase dans la main. D'où il sortait, d'ailleurs, ce vase ? Aussi loin qu'il put se rappeler, à chaque fois qu'il était venu ce bibelot avait été là. Dommage de briser un aussi joli machin... Avec toute la force dont il était capable (...) il lança son arme improvisée à la tête de l'oiseau. Pas une attaque, une diversion. Il fallait qu'il récupère son arme, posée près de la demoiselle et de son protégé royal. Ensuite.... ensuite il aviserait.
    Ce fut le Phénix qui attaqua le vase plutôt que l'inverse. Toutefois, cette action plus ou moins pitoyable offrit à Kao le temps qu'il lui fallait pour se précipiter vers l'objet de ses désirs. Tout se passa ensuite très vite : à l'instant où sa main toucha l'arme, il agrippa la demoiselle et leva les yeux, croisant le regard du prince. Il sentit dans sa nuque le souffle brûlant du phénix.

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Mar 22 Déc - 17:59

Zeed parut plus majestueux que jamais aux yeux de Kyohei tant il était ravi de sa venue, malgré son dégoût de l'enfermement qui ternissait quelque peu sa flamme. Le splendide volatile avait réussi à effrayer le jeune gardien, mais en même temps cela n'avait rien d'étonnant au vu de son regard flamboyant de haine pure. L'allié volant se plaça entre le fameux rebelle et la jeune fille en robe clair qui, après s'être emparée du bout de ferraille tenant lieu d'épée, accourut vers le prisonnier. Celui-ci détourna la tête, occupé à observer avec un certain amusement sadique son ex-ravisseur à la recherche d’une échappatoire inexistante. Kaoru tenta une approche mais l'animal mythique répliqua avec hargne, un cri perçant franchissant son bec acéré. Il attaqua, fermement décidé à éloigner à nouveau ce pitoyable humain. Celui-ci dut se jeter à terre pour éviter que les tranchantes serres de son agresseurs ne lui entaille son pâle visage apeuré. Un rictus mauvais apparut sur le visage du prince. Que pouvait-on face à un Phénix? Rien, absolument rien. Surtout quand on n'était bon qu'à ramper. Kyohei chassa ces pensées amères de son esprit. Il ne devait pas se laisser emporter par sa colère. Le moment était grave, autant garder la tête froide, même si fatigue, douleur et toutes autres sortes de désagréments venaient altérer sa lucidité. Bientôt, il serait de nouveau libre. Bientôt... maintenant. On ne peut pas dire qu'Akane était venue à bout des cordes facilement, mais vu la qualité de son couteau... Une reconnaissance apaisante l’envahit en pensant à tout le trajet qu’elle avait du faire pour arriver jusqu’ici. Zeed ne l’avait pas forcément invité avec une gentillesse sans borne à le chevaucher… L’animal était plutôt du genre antipathique quand il était de mauvaise humeur.

Les liens humides touchèrent le sol dans un bruit qui fut comme une première délivrance pour Kyo'. Il dénoua ses poignets endoloris, toujours muet, et fit mine de se relever. C'est ce moment que choisit le rebelle pour essayer sa redoutable méthode d'attaque... en lançant un vase sur Zeed. Réellement, qui s'attendait à une telle démonstration de pathétisme? Imaginez vous une seconde la scène, et vous aurez alors l'air qu'afficha le prisonnier libéré. C'est ce même air qui marque généralement la fin d'une mauvaise blague.

Hélas, cela n’était pas aussi nul qu’en apparence… L’effet voulu eut lieu. Zeed dut oublier un moment son rôle pour contrer le vase et cette courte distraction permit à son artisan de filer. Il s’empara de la lame abandonnée depuis peu et, dans un même mouvement, bondit sur Akane. Kyohei avait eu le temps de se lever en titubant, agacé par cette attaque surprise, et le toisa avec dédain. Ses vêtements étaient encore mouillés, l’empêchant d’user de son pouvoir avec efficacité, mais il ne se faisait aucun doute que lui et sa libératrice, si les deux autres rebelles ne se pointaient pas, s’en sortiraient vainqueur. Après tout, le feu de Zeed était de leur côté… L’oiseau furieux n’était plus qu’à quelques centimètres du dos du rebelle. Celui-ci faisait mine de menacer la jeune fille, mais sans en paraître convaincu lui-même. Franchement, à quoi pensait-il ? Kyohei doutait sérieusement qu’il puisse trouver le courage de blesser l’espionne. Le prince mettrait cela de son côté. Zeed émit un sifflement irrité, et au même instant il lança son pied à hauteur de la main qui tenait l’arme. Il y eut un craquement et la lame valdingua, allant tinter plus loin sur le sol froid. Voilà, à présent les rôles étaient inversés. C’est ce qu’il voulut lui faire comprendre en parlant ainsi, avec une voix rauque de n’avoir pas été utilisée depuis longtemps :

- On t’enlève.

Doux étaient ces mots. Kyohei les savoura le temps qu’il fallait pour étouffer sa frustration, puis souffla sur sa main droite, encore très légèrement humide. La flamme qui y apparu par la suite était un mauvais présage pour Kaoru… Il ne pouvait à présent plus faire un geste, sous peine de finir aussi grillé qu’un certain Oak. De plus, Akane se tenait à ses côtés. Kyo’ n’avait pas encore osé poser son regard sur elle, de peur qu’elle le reconnaisse peut-être. Ce qui était totalement idiot : il était certain qu’elle l’avait reconnu ou alors qu’elle ne le reconnaîtrait pas. Il ne se faisait pas d’illusion, elle avait assez eut l’occasion de l’observer avant et pendant l’épisode du port, même s’il ne s’en était pas rendu compte. C’était une espionne après tout. Mais il avait tant changé depuis le jour maudit de leur rencontre… Peut-être suffirait-il d’un regard croisé pour qu’elle s’en rende compte… Il chassa ce questionnement qui n’avait pas lieu d’être dans une situation pareille et reprit son aplomb en s’adressant à nouveau à Kaoru :

- Deux options se présentent à toi. Soit tu te laisses faire, sachant que tu as perdu, sois tu tente pitoyablement quelque chose et je serai dans l’obligation de t’arrêter, avec les moyens que tu connais…

Là au moins il savait ce qui lui restait à faire. La flamme luit d’une lueur inquiétante. De sa main libre, il ramassa les cordes à terre, encore assez longues pour nouer les mains du futur prisonnier. Puis lui présenta ses deux paumes à son interlocuteur : dans l’une d’elle, si Kao’ restait sage, sa captivité, sur l’autre, pour s’il se rebellait,… Kyohei avait bien l’intention de démanteler cette lamentable pseudo organisation secrète. Peut-être qu’ils n’étaient apparemment que trois, mais il n’en restaient pas moins gênants… Et puis, après avoir passé quelques heures sous leur joug, une envie froide de vengeance poussait Kyo’ à faire subir ce même châtiment à Kaoru. Ca tombait sur lui, dommage, car disons que c’était le moins abominable du clan… Clan qui ne serait bientôt plus, soit dis en passant.

A son tour de faire le ménage. Mais pas avec un balais.
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Jeu 24 Déc - 18:24

    Dire qu'il aurait pu être tailleur... C'est vrai quoi, il aurait pu rester planqué chez lui, reprendre le commerce familial. Il aurait pu continuer à vivre avec ceux qu'il appelait jadis "papa" et "maman". Mais non, il avait voulu faire le malin, et voilà qu'il se retrouvait dans cette situation plutôt épineuse. Ce prince, il n'aurait jamais dû le voir de sa vie ; en entendre parler, sûrement. Ça lui aurait amplement suffit, il ne demandait pas plus question prince et royauté. Il aurait certes fallut rectifier un peu sa non-existence auprès de ses parents, mais c'était un détail. Une vie sans soucis, sans psychopathe pyromane. Aussi loin qu'il cherchât cependant, il ne trouvait rien qui puisse le pousser à regretter d'avoir cessé d'être cette ombre tapie dans une chambre vide. Il ne regretterait jamais d'avoir suivi Seiichi.

    Mais à quoi pensait-il ? C'était carrément stupide de se précipiter sur cette arme. Il avait perdu à l'instant où le Phénix était entré. Pourquoi s'était-il acharné ? Décidément, il avait tout raté niveau organisation. La preuve, même avec l'épée en main, il n'avait plus rien à faire. Il tenait l'épaule de la demoiselle d'une poigne presque convulsive, mais se crut de retour au port, cette nuit-là. Encore une fois, il ne savait que faire avec cette fille. Qu'est ce qui lui permettait de lui trancher la gorge ? Elle avait agi par pure fidélité, apparemment. Elle n'avait rien fait de plus que ce que lui aurait fait pour les siens (à un phénix près). Non, franchement, il ne pouvait pas. La prendre en otage suffirait sans doute. Kyohei ne souhaitait évidement pas qu'on abîme sa jolie sauveuse.
    Un instant, le silence régna sur la grotte. Puis, comme guidés par le même esprit, le prince et le volatile rompirent l'atmosphère pesante des lieux. Entendant le sifflement excédé de l'animal, Kaoru faillit se retourner. La créature était bien trop proche de lui, c'était insupportable. Sans ce machin plumeux, la fille n'aurait jamais rien réussi. Accompagnée d'une arme de destruction massive volante, n'importe qui aurait pu libérer tous les prisonniers du monde. Mais le jeune homme n'eut même pas l'occasion d'esquisser le moindre geste pour vérifier les occupations du phénix, car quelque chose percuta son poignet avec force et fit voler en éclat son dernier espoir, à savoir une rapière émoussée. L'arme alla atterrir plus loin, avec le bruit désormais habituel qui accompagnait ses multiples voltiges de la soirée.
    Kao serra les dents, surpris par la douleur soudaine qui envahit son poignet. Ce malade mental de prince aurait pu lui demander gentiment de lâcher son arme avant de lui dégommer le bras à coups de pied... Bon, il l'aurait sans doute pas fait, mais bon. Ce début de violence n'annonçait rien de bon pour la suite, et le Kyoujin décida qu'il valait mieux éviter de trop jouer les malins avec Kyohei. Il lâcha la demoiselle à regret, sachant qu'il s'agissait donc là d'un début d'abandon radical. Mais à quoi bon raffermir sa prise sur la fille alors qu'il était désarmé ? Il n'allait pas menacer de lui tirer les cheveux jusqu'à ce que mort s'en suive ou de la mordre à la gorge. Pas la peine de se ridiculiser plus encore.
    Curieusement, le jeune homme se rendit compte qu'il ne paniquait pas autant qu'il l'aurait imaginé. Il arrivait à garder la tête froide, et inspira profondément. On t’enlève. Ben voyons. Kao ferma les yeux. Il découvrait maintenant pleinement l'envergure de l'expression "retournement de situation."

    Kaoru écouta sagement les "options" qui s'offraient à lui. Son esprit tournait à cent à l'heure tandis qu'il serrait machinalement contre lui son poignet ayant émis un craquement plutôt pas naturel. Aussi étrange que cela puisse paraître, il hésitait. Il répugnait à abandonner si facilement. C'était indigne des siens. Mais résister était une réaction totalement vaine ; Kyohei lui même l'avait plutôt bien exprimé : il serait pitoyable s'il tentait quoi que ce soit. Seulement, s'il était pris, il était vraiment mal.
    En imaginant qu'il survive au voyage, ce qui n'était pas une évidence, il serait livré aux autorités pour rébellion contre le pouvoir royal. Là, on lui poserait sans doute un tas de questions sur les Kyoujins, sur Seiichi. Et quelque chose lui disait qu'il n'aurait pas le droit de garder le silence. Bien sûr, il préférait mourir que vendre ses frères d'arme, mais... il ignorait s'il tiendrait sa langue bien longtemps. Il avait honte de ce doute, mais il fallait le prendre en compte. Ne rien laisser de côté.
    Sa seule véritable chance était de se rendre gentiment, et de trouver un moyen de s'échapper durant le trajet. S'échapper ou tuer ces deux-là, au choix. Et s'il n'y parvenait pas... Kao préféra ne pas envisager ce cas de figure. Il ne pouvait pas échouer. Il fallait qu'il soit plus fort que ce prince fou furieux, plus fort que cette fille qui le suivait comme une ombre. Il avait lui même des atouts, il pouvait le faire. Il le ferait, il s'en tirerait ou mourrait, mais ne parlerait pas. Se persuader de cela était déjà un pas vers la victoire.
    Le jeune homme contempla sans trop les voir les cordes que lui offrait le nouveau maître des lieux. Il jeta un rapide coup d'œil à la main droite de sa majesté, sans trop s'attarder sur les minces flammes qui ondulaient avec un éclat plein de malveillance. C'était beau, le feu. Kao n'avait jamais autant détesté ça qu'à cet instant. Kyohei était un tricheur de première classe : entre ces flammes qui lui obéissaient et cette créature tout droit sortie d'un récit fantastique, c'était totalement injuste. Lui, il n'avait rien d'autre que sa dévotion et une arme en état de décomposition avancée (d'ailleurs non, ça, il avait plus). C'était tombé sur lui, mais n'importe qui aurait échoué, c'était pas vraiment de sa faute. A lui maintenant de s'en tirer le mieux possible, en préservant ses secrets et sa vie.
    Enfin, pas tous ses secrets. Y'en avait un qu'il allait devoir leur dire, de toute façon, s'il voulait revoir la lune se lever au dessus du désert. Ça n'allait pas être facile. D'ailleurs, même si le Kyoujin connaissait par cœur ce qu'il allait dire, il n'y parvenait pas. Il pouvait bien attendre un peu. Pour le moment, avant de commencer les aveux, il fallait répondre au prince et à la demoiselle qui patientait à côté.
    Il ne l'avait même pas remerciée. Kyohei et sa sauveuse n'avaient pas échangé le moindre mot, à peine un regard. Étrange. De toute évidence, leur relation n'avait rien d'affectif, comme il l'avait cru au premier abord. Une jeune fille risquant sa vie pour sauver son aimé, ça aurait été si larmoyant et baveux comme retrouvailles. Là, c'était plutôt froid. Voire même glacial. Sans doute quelque chose de professionnel, même si on faisait difficilement moins qualifié qu'une gamine en robe pour ce genre de boulot. Kao retint l'attitude réservée des deux jeunes gens, toute pseudo-faille étant bonne à connaître. Et peut être y avait-il un truc à creuser, là.

    Inutile de jouer les héros en faisant mariner Kyo' trop longtemps. Kaoru leva une nouvelle fois les yeux vers lui en se relevant lentement. Il avait presque oublié qu'il était avait toujours un genou à terre. Le jeune homme constata qu'il n'avait que quelques centimètres de plus que le prince. Pas grand chose. De toute façon, il aurait tout aussi bien pu faire deux mètres, ça n'aurait pas arrangé la situation.
    Il leva les mains avec précaution, parce que son poignet le lançait douloureusement mais aussi parce qu'il craignait les réactions excessives de Kyohei. Qui sait, un geste brusque et il pouvait jouer les torches humaines...

    - C'est bon.

    Deux mots qui lui coutèrent. Il était prisonnier, voilà. Il avait foiré son babysitting, et en beauté. Quand Aiji et Seiichi reviendraient, il n'y aurait personne. S'inquièteraient-ils pour lui ? Ou pour eux ? Ils seraient déçus, sans doute. Il avait fait de son mieux, ça n'avait pas suffit. La prochaine fois il les préviendrait, il ne fallait pas lui confier des choses importantes. La prochaine fois...
    Sa voix mûre ne dissimulait qu'à moitié son trouble, mais il décida de passer outre. Un léger coup d'œil vers l'extérieur ne lui apporta pas d'informations précises, il ne voyait pas assez bien le ciel pour savoir si la nuit était bien avancée ou non. Il avait quelque peu perdu la notion du temps depuis ce fameux vol d'oiseaux. Or le temps était précieux. L'angoisse qui s'emparait de lui à l'approche de l'aube le rongeait déjà, alors que le ciel était encore d'encre. Il fallait qu'il leur dise...

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Dim 27 Déc - 1:20


[C'est nuuuuuul !]

Pour la troisième fois elle sentit une main saisissant son épaule fermement. Encore. C’était une maladie ! Et le couteau, là, sur elle. Un très court instant son visage se figea, ses yeux grandirent d’effroi et elle sentit sa gorge se nouer d’un coup. Être tout seul face à un Phoenix et un feu de camp ambulant ne le décourageait même pas, ce geste avait le mérite d’être téméraire. Mais il n’était pas seul, non, il avait encore ses sales idées avec lui. Alors elle était un otage ? Akane le jaugea du coin de l’oeil, était-il seulement près à prendre les dispositions dont il la menaçait ? Si il l’était il n’en avait pas l’air. Au contraire, il paraissait incertain et tenait son arme d’une main hésitante. Visiblement cette intimidation avait du mal à se prendre au sérieux et encore plus de mal à être prise au sérieux.
Un pied apparu soudainement et fit voler l'arme quelques mètres plus loin, suivit bien sûr de l’habituel rebond métallique qui allait avec.

- On t’enlève.

Excellente idée.
Estimant qu’elle ne risquait plus rien la jeune femme prit un peu de recul et s’éloigna du Kyoujin sans le lâcher des yeux. Mais tout allait bien, il répondit sagement, plus de raisons de s'en faire.
Lentement elle se leva et regarda aux alentours, chouette soirée vraiment. Elle s’étira les bras en soupirant, faisant le tour de la grotte. C’était bien meublé, vivable oui, confortable pourquoi pas ? Les étagères étaient jonchées de papier, l’une d’elles avait autrefois porté un vase qui lui-même devait se trouver à de multiples emplacements quelque part à l’opposé de la pièce ... Il y avait des noms sur ces parchemins. Des noms, des tonnes de noms. Absorbée dans ses pensées elle se permit de passer sa main sur les manuscrits couverts d’encre noire et fut frappée par l’un deux. Kyohei. Elle s’en saisit d’une main tremblante et lu le titre à haute voix.

- Enlèvement Kyohei, Myridia.

Elle déplia soigneusement le papier, ne prenant pas le temps d’en lire le contenu. Mais, dans un élan d’ironie amusée elle saisit la plume qui demeurait dans un encrier sur le coin de la table et nota pen dessous du titre en souriant :

Kyoujin : 1
Stonefolm : 1


Après quoi elle prit beaucoup de plaisir à le déposer sur le tas de draps qui devaient servir de fauteuil à ses heures perdues en prenant soin de ne pas le laisser se replier. Voilà un message qui ne manquerait pas de plaire. Satisfaite, toujours souriante, elle se retourna vers les deux hommes. En route maintenant.

Comme voulu son regard croisa celui du prince mais elle y vit quelque chose d’inespéré. Kyohei ? Pour peu elle se serait giflée. Il contrôlait le feu, déjà ça c’était parlant, elle n’avait connu que deux Kyohei dans sa vie et ils avaient tous les deux une affinité particulière avec le feu. Et c’était le même visage, presque. Il avait beaucoup changé, maintenant il était nettement plus grand, mais c’était le même visage. Elle l’avait suivit partout pendant deux jours et l’idée que ce pu être le Kyohei qui lui avait rendu visite petit ne l’avait même pas effleuré ... C’était le même visage mais ce n’était pas le même, attends ça veut rien dire ça, on le reconnaissait facilement mais ce n’était pas le même visage. Comme se faisait-il qu’elle ne l’ai pas reconnu tout de suite ? Deux jours c’est long et elle les avait passé à le regarder. Comment se faisait-il que ... L’espionne compara ses souvenirs avec le jeune homme qu’elle avait sous les yeux. Ca ne faisait aucun doute. Il manquait quelque chose pourtant ...
Ton sourire Kyohei.

Qu’est-il arrivé à ton sourire ?

Troublée, Akane s'avança vers lui d'un air perdu, n'osant parler mais un nom lui échappa malgré elle.

- Kyohei ?

Stop, on se calme. Elle plongea sa tête dans ses mains, ce qui ne fut pas sans douleur vu l’état de la seconde, et changea de direction. Donc en fait elle se dirigeait à l’aveuglette vers un emplacement aléatoire en se brouillant volontairement la vue. Elle devait avoir l’air fin comme ça.
Bon, Kyohei était prince, enfin ça elle le savait déjà mais l’autre là, le petit nabot pyroman qui se faisait appeler Kyohei. Nabot … Hem, c’était peut-être un peu dur comme appellation. Enfin bref, il allait accéder au trône bientôt (bientôt ?!) mais ça ne changeait rien. Elle allait retourner à Stonefolm avec lui et le Kyoujin. Elle ne l’avait jamais vu avant cette foutue mission. Elle allait faire comme si elle n’avait rien remarqué et finir tranquillement sa journée. La seule chose à espérer c’est de ne pas encore s’être fait reconnaître, et même de ne pas se faire reconnaître du tout. Si jamais par malheur cela arrivait elle risquait d’avoir quelques problèmes d’entente avec ce qui serait son prochain employeur. Akane tenait à son travail, hors de question de le perdre pour trois fois rien. Avec un peu de chance elle avait été oubliée, d’ailleurs à la réflexion c’était le plus probable. Oui, il avait dû se dépêcher de l’oublier.
Le hasard fit, et nous le remercierons gentiment, que lorsque l’espionne retira ses mains elle se trouvait devant le Phoenix. Au moins elle avait probablement eu l’air de savoir où elle allait … L’air de rien Akane, na-tu-relle. Elle se permit de caresser le dos du volatile puis se retourna et adressa la parole au prince histoire de ne pas l’avoir interpellé pour rien à l’instant.

- À trois dessus ça va être compliqué, non ?

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Mar 29 Déc - 19:15

L’ex-ravisseur sembla en proie à un long combat intérieur. Pas vraiment étonnant, au vu de la situation. Il se releva avec lenteur, sans mouvement brusque, et c’était tant mieux car Kyohei était si à cran qu’il aurait pu lui envoyer son feu dans la figure au moindre geste trop vif à son goût ou parole déplacée. Mais non, il resta plutôt sage, un peu grimaçant à la douleur causée par son poignet. Le prince n’était pas sadique mais il avait tant subis ces derniers jour que voir l’un de ses ravisseur sous son joug terrible, à faire une tête pas possible après qu’il lui ai violement shooté dans le bras… c’était assez plaisant. Ce qui le fut moins était de voir que Kaoru le dépassait en taille. Kyo’ n’en perdit pas moins son attitude menaçante, sa flamme vivace dans la paume. Son interlocuteur abdiqua, ne pouvant cependant cacher un trouble dans son ton qui se voulait léger. Le voilà officiellement prisonnier. Il ne semblait pas vraiment désespéré, ou s’il l’était, alors sa nervosité le cachait bien. Ses coups d’oeils inquiets vers l’extérieur n’échappèrent pas au jeune homme.

Kyohei se souvint alors que, si les deux autres sortaient assez souvent de la grotte pour se dégourdir les jambes, celui-ci ne mettait jamais le nez dehors. Ou si, il le faisait, mais que très tard, lorsque lui-même était trop épuisé pour garder les yeux ouverts. C’était simple, Kao’ ne sortait apparemment que de nuit. Peut-être était-ce cela qui l’angoissait : il ne voulait pas brunir son teint. Avait-il simplement peur de bronzer, ou quelque chose de plus grave le faisait fuir ? Le prince suggéra que ce n’était qu’un caprice qui voulait que son ancien gardien détestait se rendre à l’extérieur lorsqu’il faisait trop chaud… Il ne pouvait pas trop imaginer plus car ne savait à vrai dire absolument pas où il se trouvait. La planque avait un peu l’aspect d’une grotte, et il y faisait souvent une chaleur abominable. Le désert ? Pourquoi pas. C’était un lieu reculé, parfait pour s’y cacher, et les quelques grains de sable vers l’entrée en était une preuve tangible.

Akane, qui s’était éloignée pour fouiller dans les documents (très bonne initiative celons Kyo’), lu l’un des titres à voix haute. Quelle ironie. ‘’ Enlèvement Kyohei, Myridia.’’. Il en aurait presque ri, s’il en était encore capable. Son regard parcouru la salle, mais toujours attentif à ce que faisait son ennemi. Zeed attendait patiemment, calmé par le déroulement des événements qui tournait largement à leur avantage. Le prince se re-concentra sur Kaoru et lui lia les poignets sans délicatesse, trop heureux de faire mine de ne pas voir que son poignet droit, qui virait pratiquement au bleu violacé, le faisait abominablement souffrir. Il en vain même à se dégoûter lui-même de ce plaisir malsain, et recula d’un pas une fois la tâche achevée. Sa raison l’aurait poussé à s’excuser de cet acte stupide si sa voix n’avait été si altérée par une trop longue inactivité. Secouant la tête pour se remettre les idées en place, il chassa par la même occasion la pensée qui faisait barrière à la persistante de la douleur qui lui paralysait le dos. Jusque là il avait réussi tant bien que mal à ignorer l’état dans lequel il se trouvait, mais rien que le fait d’être debout lui donnait un léger tournis. Tant pis. Ce n’était qu’une vulgaire blessure quasiment soignée et ce n’est pas ça qui l’empêcherait de tenir sur Zeed. Parce que effectivement, il comptait bel et bien retourner au château sur son dos. Il avait même déjà une idée du placement des deux invités à son bord, et plus particulièrement du dernier venu…

La jeune espionne croisa son regard, alors qu’il menait Kao vers le phénix. Il y échappa immédiatement, mais vit bien que le comportement d’Akane changea aussitôt. C’était comme si elle s’était prise une gifle, ou avait vu un fantôme, au choix. Ca y est, elle l’avait reconnu. C’était une quasi-certitude qui ajouta un taux d’angoisse à Kyo’, menaçant même le bon déroulement de la suite de l’enlèvement-libération. Figé, il l’a vit s’approcher en prononçant son nom d’un air si perturbée qu’il en eut mal au cœur. Peur, pitié, haine de soi-même, ou autre sentiment désagréable ? Heureusement, elle se détourna de lui pour se rendre auprès de Zeed, le visage caché dans ses mains. Décidément, elle avait l’air d’avoir du mal à accuser le coup. Même sa question, bien que pertinente, ne cacha pas son malaise. Kyohei lui-même devait avoir blêmi, malgré sa parfaite maîtrise de l’impassibilité. Il n’avait été que rarement confronté à des situations… ‘’sentimentales’’, dans le genre, et c’était tant mieux. Il aurait payé cher pour éviter la jeune fille le temps qu’elle reprenne ses esprits, mais le voilà dans l’obligation de faire le trajet avec elle.

Ignorant ce désagrément, ou du moins tentant de garder son sang froid, il répondit d’un ton qui se voulait posé :
- Pas de problème.
Kyo’ maudit sa voix qui se cassa sur le dernier mot, et alla jeter un coup d’œil à son tour sur les rouleaux qui s’entassaient. Voilà une bibliothèque tout à fais intéressante et bien remplie… Il s’empara d’une sacoche de cuir qui traînait dans un coin et y fourra les documents relatifs à Stonefolm. Heureusement, tout cela était parfaitement classé et il n’eut pas à s’y attarder trop longtemps. Le message laissé par Akane lui arrache un sourire narquois. Il pouvait enfin partir à présent. Il passa le sac en bandoulière puis conduisit son prisonnier à l’extérieur. Il faisait encore nuit. Devant eux s’étendait une infinité de sable clair surmonté de sa couronne d’étoiles, parsemant le voile sombre des cieux. Une brise étonnement glaciale fit frémir Kyohei, trop heureux d’être à nouveau libre. Zeed était sorti avant eux, attendant assis sur le sol friable. Il les accueilli d’un sifflement impatient. Kyo’ frôla son feu du bout des doigts, comme pour se convaincre pas ce contact délicieux que tout cela n’était pas seulement un rêve. Puis il se tourna vers Kaoru et s’éclaircit la gorge, histoire de parler cette fois ci avec plus d’assurance :
- Toi tu bouge pas de là ou tu sais ce qu’il t’attend.
Assez fier de son ton calme mais agressif, il grimpa ensuite sur l’oiseau flamboyant dans la nuit, serrant son précieux empaquetage de cuir contre lui. Bien, à présent, inviter Akane à faire de même. Etait-il censé savoir son nom… ? Sûrement pas. Il se contenta alors de lui lancer un regard appuyé pour qu’elle sache à qui il s’adressait.
- Viens derrière moi…
C’était plus un ordre qu’autre chose mais il se sentait trop maladroit pour dire ça autrement. Elle obtempéra sans faire d’histoires.

Kyohei baissa ensuite la tête vers l’oreille de sa monture et lui souffla deux ou trois mots. Le majestueux animal étendit ses ailes rougeoyantes puis, en un coup puissant s’éleva dans les airs. Ainsi, il se plaça au-dessus du rebelle immobile, encore à terre. Ses serres démesurées étaient prêtes à l’accueillir, pour un voyage qui promettait d’être tout sauf confortable…
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Dim 3 Jan - 19:09

    Intéressante, cette couleur. Kaoru n'aurait jamais pensé observer si tôt ces nuances subtiles et ce dégradé "rouge-bleu sombre-mauve" sur son poignet. Impossible de nier que quelque chose n'allait pas là dedans, d'autant plus que ce fameux bleu violacé contrastait vraiment avec son teint naturellement pâle. Le jeune homme s'attarda un moment dans la contemplation de ce phénomène fascinant, et ne releva la tête que lorsque la voix de la jeune fille résonna dans la grotte. Enlèvement Kyohei, Myridia. Elle fouillait dans les papiers... pas très poli de sa part, mais c'était de toute évidence la preuve d'un esprit plutôt curieux et ingénieux. Du moment qu'elle s'arrêtait au plan de l'enlèvement, tout irait bien.
    Évidemment, Kyohei lui lia les mains. Kao s'y attendait, bien sûr, tout comme il savait que le prince ne lui ferait pas de cadeau, trop heureux d'avoir sa revanche. Il ne put toutefois retenir une grimace de douleur lorsque les liens furent serrés autour de son poignet blessé, et lança un regard noir à l'ex-prisonnier, qui ne semblait pas particulièrement au courant du fait qu'il soit en train de réduire en bouillie les poignets de son camarade. Il affichait l'air détaché et faussement innocent qu'arborent les gens qui vous écrasent le pied sciemment sans toutefois s'excuser. Il le faisait exprès.
    Le Kyoujin n'avait jamais profité de son statut de ravisseur pour tourmenter le jeune homme, et ne pensait pas l'avoir traité aussi durement qu'il aurait pu, qu'il aurait du. Ce prince ne devait pas être bien mature pour jouir ainsi de la souffrance qu'il infligeait. Kaoru savait que lui même n'avait pas à juger Kyo', car dieu seul savait ce que cachait ce regard froid et distant qu'il affichait en permanence. Et pourtant, il ne put que se résoudre au fait que l'attitude du p'tit prince était loin d'être exemplaire. Ce dernier sembla s'en rendre compte, à moins qu'il n'ait juste cessé de jouer les tortionnaires. Il conduisît son nouveau captif vers le phénix, qui s'était apparemment calmé. C'est à ce moment là que Kyohei et l'apparition échangèrent pour la première fois de la soirée quelques mots, un regard.
    Des mots d'ailleurs complètement inintéressants. Sans doute une espèce de parade pour soulager la pression et le malaise qui s'étaient installés dès que leurs yeux s'étaient croisés. Tout cela était plus que louche. Une vieille querelle, une trahison peut être... Kaoru n'essaya pas longtemps de percer ce mystère, préférant attendre d'autres éléments. Malgré la situation, il retint avec peine un sourire en entendant la voix du prince flancher comme s'il avait encore 13 ou 14 ans. Il ne semblait d'ailleurs pas bien vieux, de toute façon. La fille non plus. Ils sortaient à peine de l'adolescence, et se trouvaient déjà embarqués dans des complots visant à anéantir la monarchie. Peut être n'avaient-ils pas eu le choix. Kao, lui, avait choisi cette vie. Il n'avait rien d'autre à faire que d'essayer, par tous les moyens, de satisfaire ceux qui croyaient en lui. Mais eux ? Mais elle ? En tout cas, enlevé par deux gamins, c'était la honte. Heureusement que le piaf lumineux était là pour justifier son échec.

    Le prince s'éloigna bientôt, le laissant en tête à tête avec l'oiseau en question. Kaoru inspira profondément l'air frais de la nuit, un peu trop frais pour les vêtements qu'il portait à l'instant. Il aurait bien aimé faire demi tour pour aller se chercher une veste, mais n'esquissa pas un geste. Il n'avait pas envie de passer pour la chochotte de service, et avait de toute façon d'autres soucis en tête. La première chose qu'il avait faite en sortant avait été de se tourner vers le ciel. Il devina que minuit était passé, mais pas de beaucoup. Il avait environ cinq heures devant lui, pas beaucoup plus. Et il ignorait totalement combien de temps prendrait le retour à Stonefolm - car c'était là qu'il allait, sans aucun doute. A pied, sans doute deux jours. Voire plus. Mais à dos de phénix ?
    Du bruit provenant de la grotte tira Kao' de ses calculs tordus sur la vitesse approximative d'un oiseau mythologique transportant trois personnes. Kyohei sortit de la demeure des Kyoujins les bras chargés d'une sacoche qui contenait vraisemblablement tout les documents concernant son royaume. Plutôt bien pensé. C'est à ce moment que l'ex ravisseur à présent captif prit conscience de la totalité de son échec. Ces livres, ces parchemins que Kyohei trimballait comme un vieux sac de ligne sale étaient le fruit d'années de travail et de recherches. Seiichi avait passé des heures, des jours à noter chaque élément pouvant être exploité dans la lutte contre le pouvoir arbitraire qui régnait sur Pallengad et Stonefolm. Plan des cités, relations entre les hauts placés, horaires des tours de garde, secrets précieux que certains nobles aimeraient éviter de voir s'ébruiter... Tant de patience et d'application dans ces documents, tant d'informations plus que compromettantes. D'autant plus que le leader des Kyoujins avait sans doute élaboré bien d'autres plans visant à détrôner les souverains des deux royaumes. Que de preuves offertes sur un plateau...
    Fixant d'un regard glacial sa majesté et son précieux sac, Kaoru se souvint qu'il avait lui même participé à l'élaboration du plan de Stonefolm. La nuit, perché sur les toits, traçant d'une main sûre le détail des ruelles et de chaque bâtiment. Exaltation et fierté avaient été de la partie, cette nuit là, tout comme l'intense satisfaction d'accomplir son devoir. Tout serait différent, maintenant. Car en imaginant qu'il réussisse à sauver sa peau, il ne parviendrait sans doute pas à récupérer les documents. Comment regarder Seiichi en face après un tel fiasco ? Kao eut l'impression qu'un immense vide enflait en lui, et se força à garder un calme apparent.
    Kyohei et le phénix étaient proches, c'était indéniable. En tout cas, le prince avait une relation nettement plus meilleure avec le piaf qu'avec la demoiselle. Bizarre. Entre un volatile et une jeune fille, Kaoru n'aurait pas longtemps hésité, lui. Mais bon, là encore, il décida d'attendre un peu avant de juger. C'était peut être plus qu'un animal de compagnie, après tout.
    Toi tu bouge pas de là ou tu sais ce qu’il t’attend. Où pouvait-il aller, de toute façon ? Certes, il connaissait bien ces lieux, et pourrait avec un peu de chance trouver un endroit où se planquer. Mais le facteur phénix était toujours problématique. Et puis, entamer un marathon avec les mains liées, c'était du suicide. Il savait qu'il franchirait même pas la barre des vingt mètres avant de se vautrer, risquant au passage de se fracasser la tête sur les pierres qui jonchaient le sol. Vraiment, il n'avait aucune raison d'essayer de se faire la malle.

    Kyohei et sa compagne enfourchèrent le phénix, et Kao se retrouva comme un idiot devant la bestiole. Il ne montait pas, lui ? Était-il censé être trimballé comme un bagage dans les serres de l'oiseau ? Ça risquait de ne pas être drôle du tout, comme voyage. Et la communication serait impossible avec ses ravisseurs. Il fallait qu'il leur dise. Maintenant ou jamais. Car après, il serait trop tard.
    L'oiseau s'éleva dans les airs avec puissance. On ne pouvait nier que l'animal était magnifique. L'éclat de son plumage devait être encore plus majestueux en plein soleil... Kaoru inspira profondément, planta son regard dans celui de Kyohei. C'était à lui qu'il devait s'adresser, car la fille lui obéissait. Il se décala légèrement de sous l'oiseau, afin de l'avoir un peu plus dans son champ de vision. Le phénix le suivit des yeux, visiblement prêt à l'étriper au moindre faux pas. Le Kyoujin n'avait pourtant jamais été moins menaçant qu'en cet instant où il était forcé de passer aux aveux sans pourtant être sûr que cela ait une quelconque influence sur le jugement du prince, dont le regard était chargé de haine et de mépris.

    - Je peux pas...

    L'air lui manquait. Il fallait qu'il garde son calme, ce n'était rien d'autre que quelques bêtes mots. Ce n'était pas un drame, lui même avait déjà accepté cette évidence depuis si longtemps. Mais la peur le gagnait déjà, et il avait toujours du mal à la surmonter lorsqu'il s'agissait de ce léger problème de décalage horaire. Il reprit, d'un ton un peu plus ferme :

    - 'Faut pas que je sois dehors quand il fera jour.

    Voilà, c'était dit. Il aurait fait ce qu'il pouvait pour rester en vie. A présent, il n'avait pas d'autre choix que de laisser son existence dépendre de la bonne volonté de son ennemi. Bonne volonté qui laissait d'ailleurs à désirer depuis qu'ils s'étaient vus pour la première fois. Autant dire qu'il allait crever dans cinq heures.
    Peut être que la fille pourrait le convaincre, peut être qu'elle agirait avec bonté envers lui. Après tout, il aurait pu l'égorger sur place lorsqu'elle était rentrée. Elle pouvait bien faire preuve de reconnaissance. Comme l'autre. Kao regrettait presque de ne pas avoir été cruel envers son prisonnier ; il aurait au moins mérité ce qui lui arriverait.
    Le jeune homme voulut attendre une réponse, un signe quelconque. Il n'en eut pas le temps, Kyohei disparaissant de son champ de vision, masqué par une barrière de plumes flamboyantes. Les serres du phénix impatient le saisirent avec fermeté, et Kaoru ne put retenir un léger grognement de douleur. L'oiseau agissait sans délicatesse, mais ne faisait pas preuve d'une violence excessive à son égard. Génial, un truc positif. Mais lorsque le volatile prit son envol à grands coups d'ailes puissants, le Kyoujin comprit qu'il allait passer une fin de soirée fort peu agréable : il n'avait aucun appui, ce qui était pas du tout du tout agréable. Et, à voir le sol s'éloignait rapidement avant de disparaitre dans l'obscurité de la nuit, il se demanda s'il n'allait pas se sentir mal. 'Manquerait plus qu'il ait le vertige, histoire d'ajouter encore un élément à la liste déjà chargée des trucs qui n'allaient pas.
    De toute façon, il vivait ses dernières heures. Vertige ou pas, ça ne changeait pas grand chose à cet évidence qui le rongeait déjà de l'intérieur.

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Sam 9 Jan - 18:19

[Pas d'inspi du tout T^T *ouiiiin*]

- Faut pas que je sois dehors quand il fera jour

Que répondre à cela sinon « Pas de chance. » ? C’était peut-être une ruse pour échapper à l’enfermement mais la tentative paraissait trop naïve pour être véritable. Il ne plaisantait pas. Malheureusement pour lui Stonefolm ça n’était pas à côté, le Phoenix aurait du mal à franchir une telle distance en si peu de temps et faire une halte d’une journée ne faisait pas partie du programme. Au pire ça pouvait être envisagé mais Kyohei s’y opposerait probablement.
Mais pourquoi pas le jour en fait ? Quelles raisons pouvait-on avoir pour ça ? Akane n’en avait littéralement aucune idée. Mais alors vraiment aucune. Elle doutait très fortement de la théorie du caprice, il fallait être gonflé …
Akane porta son regard sur le prince juste devant elle mais le verdict ne vint pas. Elle ne voyait plus le prisonnier, il était en dessous d’eux à présent.

- On fera une halte, lui adressa-t-elle, incertaine.

À dire vrai, rien n’était moins sûr. D’un battement d’aile, le Phoenix prit son envol et quelques secondes plus tard ils étaient déjà hauts, se laissant guider par les décisions du volatile. La jeune fille faillit basculer en arrière et précipita ses mains sur le dos de Kyohei, s’y agrippant fermement. Après quoi elle se permit de se pencher un peu sur le côté afin de voir le paysage qui se déroulait en dessous. On n’y voyait pas très loin, enfin, il faisait nuit aussi. C’était la demie lune si bien que la pâle lumière qu’elle projetait ne faisait guère plus que donner une vision approximative du milieu qu’ils survolaient. De toute façon ce n’était rien de plus qu'une immense étendue de sable.

Plusieurs heures s’étaient écoulées déjà, le jour approchait et, en dessous d’eux, le désert n’était plus qu’un vaste souvenir des évènements passés.
Épuisée, Akane fut tentée de s’appuyer sur le dos du prince mais déduit rapidement qu’il risquait de le prendre assez mal. C’est pourquoi elle s’efforça de rester droite malgré la fatigue dévorante qui nuisait fortement à son équilibre et qui lui donnait tout le mal du monde à garder les yeux ouverts. Son lit lui manquait, c’était le cas de le dire. Au fur et à mesure elle relâchait son emprise sur le dos de Kyohei et ne se sentit pas lentement glisser en arrière. Rester éveillée lui donnait mal à la tête, elle avait vraiment besoin d’une nuit de sommeil. Elle cligna des paupières mais ces dernières ne se rouvrirent pas. Ca devait arriver à un moment où à un autre, il est difficile de résister à un assoupissement. Mais c'était trop tard maintenant.
Sa tête tomba lentement et se posa sur l’épaule de Kyohei. Et puis les hanches glissèrent, Akane perdit son appui et fut précipitée dans le paysage noir d’encre.
Et puis après le vide. Partout là, le vide. Que ce soit dans son esprit ou autour d’elle, plus rien. Elle se voyait planer au dessus du sol dans un univers vide. Elle s’envolait dans le néant. Ou alors était-ce le contraire … Happée par le vide elle se laissait aller sans opposer le résistance. Y pouvait-elle quelque chose de toute manière ? Probablement pas.

Puis, une voix. Cette voix hurlait son nom. La voix de Kyohei. Pour quelle raison ? C’était là une excellente question dont la réponse demeurait secrète. Il n’était pas sensé connaître ce prénom … Sans doute l’avait-il reconnu. Oui, ça devait être ça. Étrangement elle encaissa l’information avec un calme tout à fait serein, il savait. Dommage.


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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Jeu 14 Jan - 20:09

[*saute d'une falaise*]

Il ne fallait pas... qu'il soit dehors en plein jour. Kyohei ne prit même pas la peine de répondre.
Lorsque Kaoru s'était décalé de sous le volatile enflammé pour apparaître dans son champ de vision, le prince s'attendait déjà à une demande. Peut-être que son prisonnier rechignait à faire le voyage dans les serres de Zeed... mais là, quelques soient ses arguments, il ne changerait pas cette partie du plan. Avait-il eut le choix, lui? Pfff rien que de penser à ce qu'il avait dû endurer, Kyohei hésitait à faire une brochette de rebelle tout de suite... Mais celui-ci ne semblait étonnement pas hostile envers son ravisseur improvisé, il paraissait en quelques sorte être le plus humain des trois habitants de la grotte. Et c'est lui qui endurait le châtiment pour ce qu'ils avaient commis... Peut-être serait-il plus clément que si cela avait été l’un des deux autres. Mais au fond, ce n'était qu'une question de temps avant qu’ils ne payent eux aussi leurs actes, chacun son tour. Lui n’avait pas eu de chance, voilà tout.

A ses mots, le prince pensa tout d’abord une manœuvre assez ridicule de sa part, puis il se souvint à nouveau que Kao ne sortait jamais lorsque la lumière filtrant par l’entrée se faisait plus intense. C’était lui qui le gardait, le jour et… pour qu’il fuit ainsi le règne du soleil, il devait avoir de bonnes raisons. De sérieuses raisons. Mais au fond, qu’est ce qu’il en avait à faire ? Le soleil n’était pas encore là et… Akane daigna répondre, supposant qu’ils allaient faire une halte. A vrai dire, Kyo’ ne savait absolument pas où ils se trouvaient, donc s’ils en auraient besoin, mais il supposait que oui. En effet, quel bandit digne de se nom établirait sa planque à Stonefolm après avoir kidnappé un membre de sa famille royale ? Et puis, après avoir jeté un coup d’œil à l’étendu de sable sous le ciel nocturne, il supposa qu’il se trouvait au Royaume de Sable. C’était le seul endroit où l’on pouvait voir un tel paysage…

Zeed écarta ses doigts griffus pour s’emparer de Kaoru, puis s’éleva vivement dans les airs. Kyohei sentit qu’on s’agrippait soudain à lui et tressailli, loin d’être habitué à ce contact. Akane devait avoir compris que rester en équilibre et sans attaches sur un Phénix filant comme le vent était une assez mauvaise idée… Il ne lui reprocha pas ce réflexe de suivie mais grimaça un peu en sentant la blessure de son dos s’éveiller. Qu’importe, même s’ils volaient des heures ainsi, rien ne lui enlèverait le bonheur d’être à nouveau libre. Rien que de sentir la vitesse que sa monture prenait dans l’air glacial l’enivrait de ravissement. Il aurait pu rester des heures ainsi, à voler sous la clarté lunaire… Ce qu’il fit. Et malgré la célérité de l’oiseau flamboyant, le chemin qui les séparait de leur but (ou de leur fin) était trop long pour le faire d’une traite.

Soudain, alors qu’une fatigue vaporeuse commençait à lui voiler la vue, il sentit les mains qui se tenaient à lui glisser peu à peu. Il ne s’en alarma d’abord pas, peut-être sous le coup de sa lassitude, et fut à peine conscient d’une présence sur son épaule. Puis tout à coup le léger poids disparut. Zeed eut un battement d’ailes en avant pour freiner sa route et fit volte face avec un cri aigu. Kyohei, soudain totalement conscient de ce qui s’était passé, et pris d’un étrange panique, ne put empêcher le nom de l’espionne de s’échapper de ses lèvres :
- Akane !
Le phénix réagit au quart de tour, avant même qu’il ne lui explique ce qu’il devait faire. C’était inutile, le magnifique volatile effectuait déjà un périlleux plongeons dans les ténèbres.

Seulement… Comment la rattraper (si tant est que Zeed arrive à la repérer) ? Oserait-il lâcher le prisonnier pour… non. Et son bec trop aiguisé la couperait en deux. Kyo’ scruta les nues sombres qu’éclairaient et le rougeoyant feu du phénix et le pâleur de la lune. Une furtive silhouette blanche attira son regard. Dans une acrobatie aérienne risquée, l’oiseau réussit à se positionner de façon à ce qu’elle atterrisse sur son dos. Kyo la réceptionna maladroitement, avec une minuscule pensée pour son passager-bagage qui devait avoir mal vécu ce brusque virement. Zeed reprit de la hauteur tandis que le jeune homme, le cœur battant encore à tout rompre, s’apercevait avec étonnement que Akane ne s’était pas réveillée. Il ferma les paupières et soupira. Endormie sûrement, tous ces évènements devaient l’avoir épuisée… Au moins s’en était-elle sortie (presque) indemne.

Kyo’ retint un juron en s’apercevant qu’il lui était impossible de lâcher la jeune fille, auquel cas elle irait tout droit s’écraser quatre-vingt mètres plus bas et leur aventureux sauvetage n’aurait servi à rien… Il la tint donc fermement entre ses bras, se retenant presque de la secouer pour la faire revenir à la réalité. C’est peut-être l’air épuisée qu’il avait déchiffré sur son visage, lorsqu’il avait osé poser les yeux sur celui-ci, qui lui avait enlevé cette idée quelque peu sadique de l’esprit. Kyohei se rendit compte à quel point la situation était étonnante… complexe aussi… dérangeante, si l’on veut… et… mais au fond, qu’importe ? Il n’avait fais que suivre le chemin qu’avait créé l’enchaînement des événements, et tout cela l’avait emmené là. Devait-il s’en plaindre ?

La nuit sembla soudain s’effacer à une allure étonnante. Elle s’éclaircissait à vue d’œil et Kyo’ ne doutait pas que, si être au grand jour pour Kao problème il y avait, alors il devait commencer à s’agiter là en bas. Pris de pitié pour son prisonnier qui devait trouver le temps bien long dans son siège de torture, il fit sentir à Zeed qu’il devait se poser. Celui-ci s’exécuta dans une vallée déjà plus verdoyante que l’étendue désertique qu’ils venaient de traverser, non loin d’un village semi montagnard. L’oiseau lâcha leur sympathique détenu à quelques mètres du sol avant de lui-même s’installer dans l’herbe grasse et replier ses ailes démesurées.

Kyohei sauta à terre, laissant pour l’instant Akane, toujours profondément endormie, sur le dos du volatile. Il lança un regard menaçant à Kao’, histoire de lui faire comprendre de ne pas tenter quoique ce soit sinon-Zeed-se-ferait-un-plaisir-de-le-ramener, puis reprit la jeune espionne. Toujours curieusement incapable de l’obliger à sortir du monde des rêves, il partit à grands pas rejoindre le village ensommeillé en la portant. Zeed gardait leurs arrières, vérifiant que Kao les suivait sagement, puis quitta le bataillon à l’approche du bourg. L’étonnant petit groupe profita de l’absence de vie dans les ruelles obscure pour trouver une auberge sans se faire remarquer. Par chance, celui qui tenait le comptoir était un gros homme apparemment plus très lucide qui ne fit aucun commentaire à leur vue et leur donna deux clefs avec des grognements gutturaux…

Kyo’ ne quittait pas Kaoru des yeux. De toute façon, Zeed faisait des tours autour du bâtiment dans les cieux matinaux le temps que le jeune homme dépose son chargement quelque part et puisse s’occuper de son prisonnier comme il se devait. Il le fit passer devant dans les escaliers, alla mettre la somnolente dans sa chambre et reprit la route vers celle d’en face, toujours sans mot. L’autre n’osait toujours pas protester. Qu’y pouvait-il ? Face à son feu, il ne valait pas grand-chose… Le prince referma la porte à clef derrière eux puis se tourna vers son ancien ravisseur. Une nouvelle flamme naquit dans le creux de sa main droite.
- Bien. Sache que je ne suis pas non plus vraiment ravi de la situation mais…
Il parcourut l’étroite pièce des yeux. Un rideau épais recouvrait la fenêtre, mais on pouvait deviner que l’astre du jour pointait son nez par-delà l’horizon. Dans un coin, un lit rudimentaire, dans un autre une chaise, et… Il reprit sur un ton plus dur :
- C’est tombé sur toi, pas de chance. Maintenant, tu coopères ou…
Pas besoin de préciser. Il ramena son feu sous son nez, pour la forme, puis l’éteignit en refermant son poing. Puis il alla s’asseoir sur le lit puis désigna le coin opposé, sans méprise.
- Installe-toi…

Kyohei n’avait pas vraiment l’intention de dormir. Il était là parce que Aka ne pouvait plus tenir éveillée, après ces jours éprouvants, et parce que son prisonnier l’avait demandé. Et bien voilà, il n’était pas si méchant que ça comme ravisseur… Bon d’accord, Kao’ resterait dans un coin de plancher sous son regard averti mais quoi de plus normal que de le surveiller… Cependant une chose l’intriguait et, tant qu’à faire, autant commencer l’interrogatoire. Il inspira un coup avant de commencer :
- Le jour se lève et tu es à l’intérieur… pour l’instant.
Il laissa planer la menace avant de reprendre, plus doucement :
- Pourquoi cette demande ?


Dernière édition par Kyohei Itamura le Mar 26 Jan - 19:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Dim 24 Jan - 20:06

    En plein baptême de l'air, Kaoru cherchait en vain un adjectif capable de décrire avec précision sa situation. Il aurait fallu un délicat mélange de "inconfortable", "douloureux", avec quelques nuances d'angoisse, de doute, et de honte. D'un autre côté, il fallait l'avouer, voler avait quelque chose de plutôt...intéressant. Pas facile de mixer tout ça en un seul et même mot. Pas facile de ressentir tout ça à la fois.
    Au bout de quelques heures, le jeune homme avait commencé à vraiment trouver le temps long. C'était bien joli cette balade aérienne, mais atterrir lui paraissait maintenant une bonne idée. Il avait mal aux épaules, froid, et sentait bien qu'il avait le cœur au bord des lèvres. 'Faut dire qu'en classe bagage, on est pas très bien installé. Son seul réconfort était de savoir que Kyohei ne devait pas être au top lui non plus, même perché sur son copain l'oiseau mythique. Réconfort bien maigre, c'est vrai, mais réconfort tout de même. Au fil des heures, outre l'angoisse qui enflait en lui à mesure que le temps passait, Kao laissa son esprit divaguer : qu'éprouverait Seiichi à l'annonce de son enlèvement ? Indifférence ? Colère ? ..Et les autres ? Est-ce qu'on viendrait le chercher, comme la fille l'avait fait pour le prince ? Ou bien n'était-il véritablement qu'un pion remplaçable à volonté ? Un peu déprimant, mais le Kyoujin bagage-volant n'avait rien d'autre à faire que se morfondre, alors... Il avait d'abord essayé de repérer l'endroit qu'ils survolaient, sans succès : impossible de regarder vers le bas sans se dévisser le cou et risquer de se faire poinçonner les épaules par le phénix. Parfois un sommet émergeait de la couche nuageuse qui s'était étendue sous eux, mais le jeune homme n'était pas capable de nommer un quelconque endroit pouvant correspondre à ces monts et autres pics qui constituaient l'unique paysage intéressant. Le monde était si différent vu d'en haut...
    Le seul élément important du voyage eut lieu juste après les réflexions portant sur "comment aurai-je bien pu ne pas finir comme ça" : un léger bruissement, un vague mouvement d'air, la couleur blanche d'une étoffe attirant son regard. Quelque chose tombait. Quelqu'un, plus précisément. C'était la demoiselle, bien sûr. Ç'aurait été trop demander que de voir Kyohei se casser la figure du haut de son piaf ? C'était moins drôle si c'était l'autre, la fille. C'était même pas drôle du tout. L'imaginer s'écraser sur le sol après une telle chute était suffisamment atroce pour que Kao décide de tenter quelque chose. Il voulu tendre le bras et rattraper la demoiselle qui jouait les écureuils volants, oubliant au passage qu'il était ligoté et qu'il avait le poignet en compote. Le résultat de cette action admirable fut à l'image de tout ce qu'il avait déjà entrepris cette nuit : pitoyable et inutile.
    Il ne put donc que la regarder sombrer en silence dans la nuit. Il ouvrit la bouche, sans rien dire pour autant: il n'avait rien à dire, de toute façon. Kyohei, lui, sembla plus inspiré et poussa un splendide "Akane". Akane... à moins que le prince aie soudainement perdu le contrôle de ses nerfs et se soit mis à hurler des trucs incompréhensibles, il s'agissait du nom de sa camarade. Akane... sympa, comme nom. Mais Akane allait crever, point barre. On ne survit pas à une telle plongée dans les ténèbres. Sa majesté n'aurait plus personne pour lui sauver la mise, désormais. Et Kao ne put que contempler, impuissant, la pâle silhouette de la jeune fille disparaître comme un rêve.
    Alors que le jeune homme commençait tout juste à se demander comment allait réagir le prince, le phénix effectua un plongeon plutôt suicidaire. Il piqua droit vers la demoiselle, tâchant apparemment de se placer sous elle afin que Kyohei puisse la réceptionner sans dommage. Du moins c'est ce que crut comprendre Kaoru, qui perdit bientôt toute notion d'équilibre. Impossible de savoir où était le haut, le bas et tout autre repère important de ce genre. Le monde n'était plus qu'un énorme tourbillon d'étoiles et de nuit. Un espèce de maelström de tout et de n'importe quoi, avec en option une horrible sensation de chute qui le plongeait dans un état totalement inédit : il avait l'impression d'être entièrement creux, tout en ayant cruellement conscience de son estomac qui lui semblait prêt à se vider à chaque seconde. Lorsque tout sembla se stabiliser, Kao tremblait encore comme une feuille. Il entendait son cœur qui battait à tout rompre, et tenta en vain de se calmer. Cet abruti de pilote suicidaire aurait pu le prévenir avant de jouer aux héros et de faire une chute libre agrémentée de loopings en tout genre.. Mais bon, au moins, cette fantaisie aérienne semblait avoir été fructueuse. Sans quoi sa majesté serait sans doute en train de continuer de hurler des "Akaaanee" lancinants, ce qui n'était pas le cas : le calme était revenu dans le ciel, comme si rien ne s'était jamais passé. Comme si le pauvre Kyoujin n'avait pas fait un tour dans une centrifugeuse géante.

    Le voyage reprit son cours, toujours aussi inconfortable et monotone. Le prisonnier-bagage commençait à avoir de sérieuses crampes et aurait bien aimé que l'oiseau de feu qui le trimbalait depuis des heures aie la gentillesse de desserrer un peu son étreinte. Mais à mesure que la lune poursuivait sa course, l'angoisse enflait dans le cœur de Kaoru, jusqu'à menacer de le submerger entièrement. Alors, allait-il mourir aujourd'hui ou est-ce que ses ravisseurs allaient décider de jouer le jeu et de faire une pause ? Allait-il agoniser, pendu aux serres d'un phénix ? Ce serait une façon originale de mourir, tiens. Sans doute que Kyohei et sa copine allaient faire une drôle de tête en arrivant à Stone dans la soirée : un pauvre cadavre de pseudo rebelle. Bref, le ciel s'éclaircissait petit à petit et Kao commença à croire qu'on l'avait oublié lorsque l'oiseau sembla perdre de l'altitude. Refusant de céder à cette illusion d'espoir, le jeune homme brida sa joie. Mais en apercevant une vallée verdoyante qui s'approchait, il laissa ce flot de soulagement se déverser en lui.
    Soulagement qui s'atténua bien vite lorsque la question de l'atterrissage se posa : étant donné qu'il était dans les pattes de l'oiseau, comment la bestiole pouvait-elle se poser sans écrabouiller sa cargaison ? La réponse ne se fit pas tarder, et Kaoru s'écrasa dans l'herbe comme une pierre. Trop surpris pour crier, il tomba en silence dans l'herbe heureusement tendre et moelleuse qui avait remplacé le sable du désert. Rappel un peu rude mais nécessaire : Kyohei et Akane n'étaient certes pas excessivement cruels envers lui, mais il n'étaient pas ses amis. Loin de là. D'ailleurs, c'était surtout pour la jeune fille que l'oiseau avait fait une halte. Elle avait sans doute besoin de faire une petite pause après avoir joué aux étoiles filantes.
    Un peu sonné par sa chute, le jeune homme se redressa péniblement. Il manqua d'ailleurs de se manger de nouveau le sol, flageolant sur ses jambes engourdies. Le ciel pâlissait à vue d'œil, et la clarté ambiante, bien que très discutable, commençait sérieusement à filer la migraine au ptit Kyoujin loin de chez lui. Il était plus que pressé de trouver un endroit où s'abriter.
    Kaoru se tourna naturellement vers Kyohei, qui lui adressa un regard noir du genre "mon-copain-l'oiseau-va-te-démonter". Le message fut parfaitement compris, bien que totalement inutile : Kao avait décidé de se montrer exemplaire, du moins pour quelques heures. Après tout, cette halte était tellement bienvenue, et jouer les rebelles mécontents risquait de tout gâcher. Le jeune homme emboita donc le pas à son ravisseur, qui portait "Akane" dans ses bras. Elle...dormait. Comment pouvait-elle dormir dans un moment pareil ? Décidant de laisser ce problème au prince, le Kyoujin se contenta de suivre sagement le chef de file, en silence malgré son irrépressible envie d'accélérer la cadence. Le trio prit la direction du village niché entre deux collines verdoyantes, et se glissa en silence dans les rues étroites. Le phénix les avait quitté une fois s'être assuré que tout se passait bien, et bientôt le petit groupe s'arrêta dans une auberge un peu miteuse. Kao s'y connaissait, en auberge ; combien de journées avait-il passées à se morfondre dans une chambre obscure, en attendant la nuit ? Il avait dû tester tous les établissements de Myridia, ou presque. Sauf peut être celle que lui avait conseillé Kyohei en personne, "le Sept d'Or" et son fameux prix à payer. Un mince sourire éclaira un instant le visage du jeune homme, qui fut rappelé à l'ordre par les borborygmes incompréhensibles de l'aubergiste. Ce n'était pas le moment de ressasser le bon temps, l'époque où c'était lui qui menait la danse. Quoique... au fond, avait-il jamais été un ravisseur compétent ?

    Après avoir déposé la demoiselle qui errait toujours quelque part au pays songes, le prince leur ouvrit une chambre. Pas pour dormir, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Le véritable problème allait commencer, et Kaoru n'avait toujours pas choisi entre balancer ses camarades aux autorités ou mourir. Pas évident, comme choix. Le jeune homme décida donc de slalomer entre être loyal et sauver sa peau, tout en se doutant qu'il devrait rapidement se décider. La porte s'ouvrit avec le grincement caractéristique d'une auberge moyennement entretenue, mais la pièce en elle même était plutôt acceptable. Du genre totalement minimaliste, mais vivable. Et, comble du luxe, avec de grooos rideaux. Le cliquetis discret d'une clé qui tourne dans sa serrure le tira de son examen des lieux.
    Et voilà, Kyohei s'amusait encore avec du feu. Il voulait lui en mettre plein la vue, c'était clair. Pas de raison de faire ça toutes les deux minutes, Kao avait bien compris qu'il allait forcément finir cramé à la fin de l'histoire. "C’est tombé sur toi, pas de chance." Ouais, pas de chance. Mais de toute façon, lui et la chance... Il alla s'installer dans le coin qui lui était désigné, et s'assit avec nonchalance sur le plancher poussiéreux. Nonchalance plutôt feinte, pour tout avouer. Sans doute que le prince n'allait pas le regarder en silence jusqu'au coucher du soleil. L'interrogatoire allait commencer, et il allait falloir assurer. Coopérer, mais pas trop. Juste assez pour passer pour le type confus qui hésite entre balancer tout ce qu'il sait. Pas trop dur, comme jeu d'acteur. La réalité n'en était pas si éloignée...
    Kao recula jusqu'à s'assoir contre le mur, et étendit ses jambes lasses. Son poignet droit affichait résolument une couleur mauve-bleuâtre plutôt surprenante, ses épaules le lançaient douloureusement, et, outre la faim qui commençait à le titiller un peu, il avait mal au crâne à force de se creuser la tête pour trouver des solutions au problème. Sagement, il s'assura d'être le plus à l'abri possible des quelques rayons qui filtraient par les rideaux tout en restant dans le champ de vision de son ravisseur. Prisonnier exemplaire. Il fixait le sol, se demandant vaguement comment on pouvait laisser autant de poussière s'accumuler comme ça sans intervenir. Mais tout son esprit était en réalité concentré sur le silence de Kyohei, qui préparait sans doute sa première question. Silence qui, enfin, se brisa. Et la fameuse question était bien loin de ce à quoi Kaoru s'était attendu.

    Le "Le jour se lève et tu es à l’intérieur… pour l’instant" avait d'abord été très, très inquiétant. Signe que le prince n'hésiterait pas à le balancer dehors s'il ne répondait pas. Mais l'interrogation en elle même n'avait rien de... rien de d'un interrogatoire, en fait. Juste une espèce de curiosité de la part de Kyohei. Or "curieux" n'était pas le premier adjectif qui venait à l'esprit devant l'héritier de Stone. Mais bon, la réponse n'était pas dure à donner.
    Kao prit la parole d'un ton plutôt léger, surpris lui même par le détachement de sa voix.

    - Mon corps ne supporte pas la lumière du jour... Si je reste dehors, je meurs.

    Explication simpliste, mais que dire d'autre ? Ce n'était que la triste vérité. Histoire de se montrer coopératif, il ajouta quelques précisions :

    - C'est de naissance. Ça ne se soigne pas, c'est comme ça...

    Mais il n'avait rien d'autre à dire, en fait. Il n'allait pas non plus disserter sur sa vie personnelle pendant des heures avec son ravisseur. Ses peurs, ses déceptions, ses espoirs et ses hontes, il ne les avaient confiées qu'à un seul homme. Et cet homme était sans doute toujours en train de croire qu'il avait eu raison de tendre la main à ce noctambule paumé qui ne lui servait à rien d'autre qu'à faire du babysitting.
    Un silence flotta dans la chambre durant presque une minute, puis Kaoru s'adressa de lui même à Kyo', tâchant de rester "prisonnier exemplaire" malgré ce qu'il avait à dire.

    - Tu devrais aller voir ton amie, à mon avis. Elle est blessée à la main, ce serait bête que ça s'infecte.

    Et voilà, il faisait la leçon au prince de Stonefolm, jouant les détenus plein de sollicitude envers leurs ennemis. C'était vrai, la demoiselle avait bien la main dans un sale état. Mais surtout, il avait vraiment envie - et besoin - de se trouver seul. Besoin de pouvoir réfléchir tranquillement à ses devoirs, à ses doutes, à ce qu'il pouvait attendre des siens. Et il voulait faire tout ça loin du regard méprisant de Kyohei. Quand on veut se concentrer, un psychopathe pyromane n'est pas la meilleure compagnie. Quoique, il fallait avouer que le prince n'était pas aussi cruel qu'on aurait pu s'y attendre...
    Alors, sa majesté allait-elle s'occuper enfin convenablement de sa sauveuse ? Akane n'était pas beaucoup mieux traité qu'un prisonnier : toujours pas de merci, aux dernières nouvelles. Elle devait vraiment y tenir, à son prince, pour risquer sa peau sans attendre un quelconque signe de remerciement. Elle était peut être en train de crever dans son lit, qui sait. Dormir autant, ça n'était pas normal. Sans toutefois se faire trop d'illusions, Kaoru espérait bien éveiller un minimum de reconnaissance dans le cœur de son ravisseur, et peut être également en apprendre un peu plus sur l'étrange relation qui le liait à la demoiselle, à la fois strictement professionnelle et ancrée dans quelque chose de plus profond, plus douloureux.
    Et puis, il n'avait plus grand chose à perdre, de toute façon. Kyo n'allait quand même pas piquer une crise de nerf juste parce que son prisonnier lui conseillait gentiment d'aller dans la pièce d'à côté, si ?

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    ┼ Kaoru Hinoiri

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Jeu 4 Fév - 0:57

Kyohei avait ramené ses genoux contre lui, dans l’ombre que provoquaient les lourds rideaux, pour écouter son prisonnier en silence. Etonnement, la pièce semblait s’assombrir à mesure que le temps avançait, et les yeux du jeune prince ne faisaient qu’à peine commencer à s’habituer à l’obscurité quand Kao’ daigna débuter sa réponse. Sa voix ne trahissait ni crainte ni colère. Il semblait presque serein, adoptant naturellement le ton de la conversation le plus normalement du monde. C’est ce qui frappa Kyo’, avant même qu’il ne s’intéresse au sens de sa phrase. Dans le très court intervalle qui sépara ces deux temps, celui où il analysait la nuance de la voix et le suivant où c’était la compréhension du texte qui importait, il eut le temps de se trouver chamboulé. L’homme qui s’adressait à lui, assis dans un coin par terre, avait l’air si normal dans sa façon de s’exprimer qu’il doutait presque de la vraisemblance de la situation.

Etait-ce vraiment un de ces monstres tueur de royauté dont on parlait en murmures ? Un cueilleur de tête avide, un assassin assoiffé, un ravisseur mesquin en quête de richesse contre sa peau ? Il était censé l’être mais, plus le temps passait et plus Kyo’ se rendait compte qu’il n’avait rien de cela. Certes, sa petite bande s’était fais un plaisir de manigancer un fourbe stratagème pour enlever l’Héritier, mais lui en particulier, oui, celui qui se retrouvait entre les mains de leurs propres ennemi, quel rôle avait-il joué dans tout cela ? Il avait fais l’appât, s’était fais transpercé la main et en prime son propre prisonnier l’avait enlevé alors qu’il jouait le rôle du gardien. Et comme aucune information n’avait été soutirée au prince… On peut dire que leur petit stratagème avait lamentablement échoué, et voilà où cela aboutissait : l’un des leurs, le moins coupable, payait pour tous. Voilà tout ce qui lui traversa l’esprit, en une vague colossale, lorsqu’il comprit avec étonnement qui était Kaoru. Ou plus tôt ce qu’il n’était pas : quelque il soit, il était loin, bien loin, des représentations qu’on se faisait du méchant de l’histoire. Non, en vérité à ce moment précis c’était Kyohei le moins sympathique des deux.

Il avoua son secret, il dévoila sa maladie, car s’en était bien une apparemment, qui l’empêchait d’avoir un contact avec le soleil au risque de finir carbonisé. Son interlocuteur hocha doucement la tête, assez ravi de l’apprendre. Il était parfaitement persuadé que ce n’était pas un mensonge, au vu de ce qu’il avait observé durant le temps de sa détention, et cela lui donnait un bel avantage sur le rebelle. Ainsi, quoiqu’il arrive, il pourrait toujours retrouver Kao’ un jour alors qu’il était obligé de se terrer. Et même, pour lui s’enfuir dans l’instant était impossible. Kyo’ se détendit imperceptiblement, comme soulagé de ce poids qui s’ôtait un peu de ses épaules. Evidement, il lui était impossible de relâcher complètement la tension qui le rongeait mais, avec l’absence de lumière et de son qui s’était installée, une chape de fatigue le recouvrit peu à peu. Elle alourdissait ses paupières, embrouillait ses sens, et en quelques secondes lui arracha un discret bâillement. Il se sentait à la fois las et cassé, peut-être cette seconde impression étant due à la douleur qui courrait encore dans son dos. Il ne songeait même plus à son semblant d’interrogatoire, ni même au détenu, mais celui-ci le rappela à l’ordre.

Les seuls deux mots qu’il intercepta furent ‘’amie’’ et ‘’blessée’’. Le reste lui parut incroyablement dénué de sens. Secouant un peu la tête pour retourner à la réalité, Kyohei se reprocha lui-même son manque de prudence. Si Kaoru avait été en faite un fourbe acteur, alors il aurait très bien pu profiter de ce temps où il avait baissé sa garde. Le pire c’était que la remarque de ce dernier était tout à fais pertinente. Il failli soupirer, maudissant cette autre imprévu. Le voilà condamné à choisir entre laisser son prisonnier seul, prisonnier qui aurait alors la possibilité de gambader autant qu’il le voulait dans le bâtiment sans pour autant en sortir, ou laisser Akane sans soins alors qu’elle en avait grandement besoin. Il n’avait fais qu’apercevoir sa main mais apparemment c’était pas joli à voir. Elle n’avait pas du prendre le temps de s’en occuper dignement, et cela menaçait de s’infecter…

Kyo’ comprit rapidement que réfléchir commençait à lui être difficile : l’accès à sa raison était de plus en plus limité par son épuisement croissant. Dormir en captivité n’était pas vraiment du pur confort et après ce long voyage, il n’aspirait plus qu’à une longue nuit de sommeil… sans avoir à surveiller à la fois une blessée et un prisonnier. Heureusement celui-ci semblait plutôt sage. Impossible de savoir s’il feignait d’être un enlevé model ou s’il était vraiment décidé à sauver sa peau par le calme, mais en tout cas le prince était presque persuadé qu’il ne tenterait rien ce jour là. Il n’en était pas plus rassuré et restait extrêmement méfiant (enfin, autant qu’il le pouvait), mais cela était déjà une bonne chose. Quand à Akane…

Le jeune homme ne prit pas la peine de répondre à Kaoru, mais détendit ses jambes pour poser ses pieds sur le plancher. Il resta quelques secondes ainsi, à scruter la pénombre en ignorant l’autre personne présente, puis se leva pour se diriger vers la porte à pas légèrement chancelants. S’il fermait la pièce à clef, le rebelle ne pourrait pas s’enfuir. En théorie… en théorie seulement. Devait-il le encore menacer avant de filer ? C’est en ce posant cette question qu’il marqua une pose quand il eut déverrouillé, une main sur la poignée. Après quelques respirations, hésitant, il lança un RQNAPRDH regard sombre à Kao’ puis sortit, cela devrait suffire. Il prit soin de refermer derrière lui à double tours et se rendit dans les escaliers en vitesse.

Il les dévala promptement, n’aimant pas rester loin de la chambre trop longtemps. Quand il reviendrait dans la pièce juste en face, il pourrait entendre le fracas en provenant si Kaoru tentait de défoncer l’entrée, mais là en bas… Kyohei se pressa jusqu’au comptoir, ignorant quelques regards de curieux dérangés dans leur jeu de carte de habitués qui s’occupaient dans la salle commune. L’homme qui les avait accueilli, qui n’avait pas encore décuvé, l’accueillit avec un grognement mélodieux. Mais il se calma bien vite au regard noir que lui lança son jeune client. Il obéit diligemment à la demande de celui-ci, allant chercher une bouteille de Vodka. C’était, d’après ce qu’il avait ouïe dire ‘’l’alcool le plus proche de l’alcool’’. Ca ferait l’affaire. Bouteille en main, et après avoir rassuré le maître du lieu en lui promettant de la payer en même temps que la chambre avant de partir, il fit le chemin inverse mais ouvrit cette fois la porte en face de celle qu’il avait fermé quelques instants plus tôt.

Il y régnait un grand silence que Kyo’ n’osa pas briser. Il avisa une bassine d’eau sur la table de nuit et soupira, sachant ce qu’il lui restait à faire : faire bouillir de l’eau avec un bout de tissus, nettoyer la plaie du mieux qu’il pouvait avec l’alcool et… Quoi d’autre ? Ce n’était pas comme s’il avait suivis des cours de secourisme avancé. Il avait un peu appris à faire sur le tas mais à par les techniques grossières de sauvetage… S’occuper d’une infection était assez délicat, il s’en sentait quasiment incapable. Il finit tout de même par faire ce qu’il avait entrepris, prenant le pot de liquide dans ses mains pour le réchauffer après avoir posé la bouteille. Il eut peur que le récipient de supporte pas la chaleur mais il supporta vaillamment, et bientôt des bulles frémissantes se formèrent à sa surface. Il ajouta l’ingrédient en toile, arraché sur le pan de tissus posé lui aussi sur la petite table, devant peut-être servir de serviette. Qu’importe, un tissus était un tissus.

En attendant que le tout s’assainisse, assis sur une chaise bancale et le pot entre les mains, Kyohei daigna enfin poser un regard sur l’endormie. Elle n’avait pas changé de position depuis quelques minutes, paraissait toujours aussi éreintée d’après les traces de son visage, et sa main blessée était posée en évidence sur le matelas. Akane… cela semblait remonter à une éternité. Il n’osait même plus jeter un regard sur ce souvenir enfouis. C’avait été sa farouche voisine, la première à découvrir son feu et à en pâtir au travers d’Oak, puis… une espionne, celle qui l’avait suivis ce soir là, un ordre donné par son père sûrement. Mais qui l’avait obligé à tenter un sauvetage perdu d’avance ? Sa fierté, sa folie ou sa crainte de représailles de la part de son patron ? Toujours est-il que dans la foulée elle était venue à la planque des rebelles. Zeed semblait l’avoir forcé à l’accompagner, cela n’avait pas du être un partie de plaisir, surtout avec sa plaie… Il laissa refroidir un peu le pansement improvisé, n’ayant pas l’intention de lui brûler la peau, tout en continuant de réfléchir.

Lorsque tout fut prêt, il s’approcha, quasiment décidé à la réveiller. Il ne voulait pas qu’elle hurle à la mort si elle ouvrait les yeux tout à coup. Mais à l’instant où il allait poser sa main sur l’épaule afin de la secouer, il se reprit. A quoi bon ? Et puis… il n’osait pas l’interrompre dans ses songes. Kyohei s’accroupit au bord du lit et prit la main blessée. Elle ne réagit pas au contact mais lui en eut une grimace. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas faire, décidément… L’irritation fut sa parade à la gêne, mais il fit tout de même attention à être délicat dans sa tâche. Autant faire ça bien et ne pas aggraver les choses. Appliquant d’abord l’alcool, il finit en enroulement soigneusement le textile désinfecté autour de sa paume. Voilà, c’était fais. Et elle n’avait pas même tressailli. A croire que son sommeil était assez profond pour qu’elle ignorât tout ce qui se passait autour. Devait-il s’en réjouir ou en être peiné ?

Le prince avait rarement connu telle circonstance. Depuis qu’il avait été nommé officiellement Héritier, une pression s’exerçait sur lui nuit et jour. Cela ne faisait pas franchement longtemps, mais le petit temps de liberté qu’on lui avait promis avait été annulé à cause de cette affaire d’enlèvement. Et on ne peut pas dire qu’être séquestré soit le meilleur moyen de retourner au calme… Ensuite, un fantôme tout droit sortis d’un souvenir assez traumatisant de son enfance débarquait et ils repartaient de la grotte avec un rebelle en laisse. Sa surveillance avait d’ailleurs été naturellement attribuée à Kyo’, vu que Akane avait flanchée. Ce qui était compréhensible. Mais non moins embêtant. Il n’avait même pas eu l’occasion de la remercier… non, pas la peine de se leurrer. Il n’y était tout simplement pas arrivé. Déjà qu’il avait eu du mal à savoir comment réagir en comprenant que c’était elle… ce mur entre eux crée par un ‘’hier’’ lointain avait suffit à le dissuader de s’exprimer autrement qu’en Prince à une espionne. Rester professionnel était la meilleure solution, et les réelles explications, accompagnés de remerciements, attendraient que la situation reprenne un cours à peu près normal. Il doutait que ce jour arrive mais de toute façon, l’heure n’était pas à débattre sur des futilités pareilles. Du moins tachait de s’en convaincre. Il se mordit la lèvre inférieure, observant le visage endormi d’Akane.

- Merci… souffla-t-il.

Kyohei sursauta à son propre propos puis secoua là tête. Décidément, il n’avait plus toute sa tête… Il alla fermer les rideaux qui étaient légèrement entrouvertes puis ramassa la vodka, toujours sans un mots, comme agacé par lui même, et sortit de la pièce pour revenir dans celle adjacente. Il rouvrit, referma, et constata avec un soulagement étonnant que Kao’ était encore là. Il posa négligemment la bouteille sur la chaise et se tourna vers le détenu. Bon, il était temps de revenir aux choses sérieuses. Il se rassit sur le lit et prit la parole :

- Je n’ai pas l’intention de procéder à l’interrogatoire moi-même, tu l’as sans doute compris.

Hé oui. Ce n’était pas vraiment son boulot après tout… Il ne se contentait alors que de satisfaire sa curiosité. D’un geste quasi mécanique, il attrapa la Vodka et la porta à ses lèvres. L’odeur le fit grimaçait mais il en prit hasardement une gorgée. C’était dégoûtant. Oui, vraiment répugnant et sa gorge le brûla un bon moment. Mais c’était foutrement bon x) Quoi de meilleur que de noyer son appréhension dans un peu d’alcool ? Kyo’ cligna des yeux plusieurs fois avant de se rendre compte de ce qu’il faisait et reposa l’objet tentateur. Vraiment… lutter pour se tenir éveillé ne semblait pas une brillante idée. S’il commençait à divaguer ainsi, qui sait quelle imprudence qui commettrait dans quelques heures… ‘tiens, Kaoru voulait faire un tour la nuit tombée ? Pourquoi paaaas !’… Non vraiment, c’était carrément prendre un risque. Mais dormir aussi… c’était encore pire. Il jeta un discret regard au détenu, incapable de prendre une décision. Peut-être que quand Akane serait remise sur pied, ils pourraient échanger les rôles et… pour se forcer à garder les yeux ouverts, Kyo’ parla :

- Quand tu seras aux cachots de Stone’, tu auras le droit à de vrais questions et, si tu ne réponds pas, de vrais tortures. Je ne suis pas inhumain au point d’accepter ça sans sourciller, mais c’est utile… au royaume.

Il réprima un bâillement, fronçant les sourcils tant il devait se concentrer pour trouver ses mots :

- Hm… mais toi, tu as une chance. Il te suffit de me dire ce que l’on doit, hum, savoir et… tu y échapperas peut-être…

Kyo’ passa une main dans ses cheveux en abandonnant l’idée de garder les yeux ouverts.

- Qui, quand, hm, où, pourquoi ?… Bref, tout ça. De toute façon,… j’ai la plupart des informations qu’il me faut…. dans les dossiers que j’ai pris, hm, alors… te taire ne servira pas à grand-chose, heuh…

Il s’arrêta tout simplement de parler, conscient d’avoir atteint sa limite de lucidité. Avec un peu de chance, Kao’ répondrait gentiment… et avec encore plus de chance, il arriverait à comprendre ce qu’il dirait. Son regard brumeux s’arrêta sur la poche de ce dernier, d’où dépassait quelque chose de blanc. Il plissa les yeux, curieux de savoir ce que cela pouvait bien être : il avait oublié de vérifier que son prisonnier n’avait aucun objet contondant sur lui ! Encore une imprudence de sa part… Kyo’ descendit du lit à contre cœur, dans un flou total, et sans lui demander son avis lui chipa le bout de papier avant de retourner là où il se trouvait. De toute façon, l’autre n’oserait jamais protester en connaissant l’ardent pouvoir du voleur. Le prince déplia la feuille froissée, se concentrant pour dissiper le brouillard de son esprit. Il s’agissait d’un dessin, avec un assez bon coup de crayon d’ailleurs, qui représentait un visage angélique. Kyohei ne sut si ce fut la stupeur ou l’amusement qui le frappa le premier lorsqu’il reconnu là les traits d’Akane. Il ne fit pourtant aucun commentaire désobligeant, se contentant de lancer un regard railleur à Kaoru en lui demandant si c’était de lui.


Dernière édition par Kyohei Itamura le Mer 3 Mar - 22:19, édité 1 fois
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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Ven 12 Fév - 20:07

    Il avait fini par sortir, enfin. Lentement, sans un mot. Avec comme seule menace un regard glaçant. Apparemment, il s'agissait de son mode d'expression favori. Le jeune prince avait bien entendu verrouillé la porte à double tour derrière lui, et bientôt le bruit de ses pas disparut dans le silence relatif de l'auberge.
    Kaoru n'en revenait pas d'avoir convaincu Kyohei de se rendre au chevet de la demoiselle. Après tout, il ne devait pas être si insensible, malgré ses airs renfermés. Et puis, il paraissait totalement HS, ce qui devait aider un peu à le rendre apte à l'écoute. Peut être pourrait-on en tirer quelque chose, finalement. En admettant bien sûr qu'il cesse de se prendre pour un dieu et de lui rappeler qu'il pouvait le réduire en cendres si l'envie l'en prenait.
    Sitôt son cher camarade envolé, Kao laissa la panique l'envahir. Le masque calme et plein de détachement qu'il s'efforçait de maintenir depuis les dernières heures se fissura de toutes parts. Il était seul, il pouvait réfléchir sérieusement sans faire semblant. Plus besoin d'afficher une mine impassible dans le seul but de croire qu'il s'en fichait pas mal, d'avoir été enlevé par son propre prisonnier. Assis sur le plancher poussièreux de cette auberge de seconde zone, ligoté comme un dangereux criminel, sans aucun moyen de contacter les siens ; c'était pas la joie. Et ça n'allait pas s'améliorer. Dans 24 heures ils auraient sans doute atteint Stonefolm. Le jeune homme imaginait déjà les contreforts de la cité émergeant de la brume, au petit matin. Vision on ne peut plus sinistre.
    Mais ce lieu n'était pas forcément celui de son trépas... S'il donnait les informations qu'on lui demandait, il serait sans doute gracié. Traité comme un traître à la royauté, ennemi du royaume et tout le tralala, mais il resterait en vie. Et ce n'était pas négligeable. Mais pourrait-il vivre en ayant trahi son unique famille ? Pourrait-il se regarder en face après avoir vendu l'homme qui l'avait guidé, compris ? Impossible. Il n'y avait pas de solution à ce qui lui arrivait. L'option intermédiaire était effectivement la pire : être torturé, parler, et se faire exécuter. Ça, ce serait l'échec total. A éviter.
    Kaoru préféra croire qu'il n'avait pas été abandonné et que, tôt ou tard, ses compagnons le tireraient de là. Il tâcha de s'en persuader. Après tout, les Kyoujins avaient un infiltré dans Stonefolm, aux dernières nouvelles. Daiki ne le laisserait pas tomber, c'était impossible. Même si ce dernier n'était pas très fidèle à Seiichi, il fallait espérer qu'il se laisse porter par un bel élan de solidarité. Espérer... Kao posa son front sur ses genoux. Il était condamné à espérer, et se bercer d'illusions ; mais comparé aux objectifs des siens, il n'était rien. Le jeune homme n'était pas assez bête pour croire qu'on souleverait des montagnes pour le sauver. Mais il n'avait rien de mieux à faire.
    La nuit au port, il avait commencé à distinguer une frontière entre « avoir mal » et « souffrir ». Aujourd'hui il découvrait celle qui séparait « avoir des ennuis » et « être dans la merde jusq'au cou ».

    Le temps passa rapidement, et lorsque que Kyohei revint, la situation était toujours la même. Du moins, pour lui. Akane, elle, devait avoir connu quelques améliorations dans sa condition de « sauveuse livrée à elle même ». Le prince avait sans doute profité de l'intimité de la chambre voisine pour la noyer sous des remerciements dégoulinants d'hypocrisie. Ou alors il avait oeuvré en silence, jouant les stars indifférentes et blasées. Ça, il ne le saurait sans doute jamais.
    Kyo avait une bouteille à la main. De l'alcool. Pour désinfecter la plaie de la demoiselle, sans doute. Le prince héritier de stone ne devait pas être du genre à se saouler tous les soirs. Kao n'était pas non plus de ce type d'homme qui dort sur les tables ou le plancher des auberges après avoir passé la nuit à boire en hurlant/pleurant. Il buvait de temps à autre pour faire passer les journées plus rapidement, accompagnait parfois Aiji lors de ses nombreuses virées mêlant boisson et séduction. Mais de toute évidence, Kyohei n'était pas là pour lui offrir un verre.
    Je n’ai pas l’intention de procéder à l’interrogatoire moi-même. Procéder à l'interrogatoire... ça sonnait mal pour lui. Même si, apparemment, il avait droit à un peu de sursis. Cependant, il y avait forcément un « mais ». Kao attendit patiemment la suite de la conversation, haussant légèrement les sourcils lorsque son ravisseur porta la bouteille à ses lèvres. Il avait l'air au bout du rouleau, ce qui était compréhensible. Boire n'était sans doute pas la solution pour autant. Se refusant à jouer les psychologues pour alcooliques royaux, le Kyoujin se contenta d'observer la scène en espérant que le prince se déciderait à prendre un peu de repos. Ainsi avec un peu de chance Kaoru pourrait l'égorger avec le tesson de la bouteille et prendre la fuite en profitant d'une éclispe solaire surprise (en admettant que le phénix qui montait la garde au dehors décide d'entamer une hibernation imprévue).
    Kyohei se lança enfin dans un espèce de monologue plutôt intéressant, où il était question de tortures, de cachots, du bien du royaume... Et du moyen d'éviter de finir dans une des cellules glaciales qui devaient abonder à Stone. Qui, quand, hm, où, pourquoi ? . Extrêmement clair. En gros, un interrogatoire simplifié, où son ravisseur jouerait les gentils pour lui éviter les vrais « méchants ». C'était à prendre en compte. Peut être qu'en jouant finement, il tirerait cela à son avantage sans livrer d'informations capitales. Et puis, comme l'avait si bien dit sa majesté, les dossiers contenaient la plupart des informations dont le royaume avait besoin pour avoir une véritable chance de démanteler le réseau des rebelles. La plupart, pas toutes.
    Seul un idiot aurait rédigé les moindres faits et gestes de son organisation et tout rassemblé au même endroit. Et Seiichi était tout sauf idiot. De toute façon, Kao ignorait beaucoup de choses sur le véritable but de son supérieur. Il n'était qu'un simple subordonné, et sans doute pas le plus utile. Il en savait beaucoup, mais sans doute ne pourrait-il rien ajouter aux documents compromettants. Rester à savoir ce qu'on attendait de lui pour l'instant. Le « Pourquoi » semblait plus simple, pour débuter les aveux. Le prisonnier allait se lancer dans une ébauche d'explication lorsqu'il remarqua que Kyohei le fixait d'un air pas très net.
    Peut être avait-il enfin remarqué que le poignet de Kao avait une couleur intrigante. Il était temps. Desserrer un peu la corde qui lui liait les mains serait sympa, aussi. Mais lorsque Kyo se leva et s'approcha d'un pas un peu hésitant, Kaoru compris qu'il ne s'agissait absolument pas cela. D'un geste plein de naturel, le prince lui déroba un morceau de papier qui se trouvait dans sa poche et retourna s'assoir. Le prisonnier avait retenu son souffle lorsque son ravisseur s'était penché sur lui, et fut soulagé de s'en tirer à si bon compte. Le prince aurait très bien pu décider de le faire flamber un peu, histoire de lui offrir un avant goût des spécialités de Stonefolm en matière de torture. Mais non, sa majesté avait préféré lui voler un bout de papier. Pourqui pas, s'il s'ennuyait à ce point. De toute façon, Kao n'avait rien dans ses poches qui puisse aggraver sa situation. La dernière chose qu'il y avait mise était... un dessin. Le dessin.

    Lamentable. Il avait oublié qu'il avait mis ça là. Ce stupide portrait lui était sorti de la tête, chassé par des évènements plus graves. Jamais il n'aurait imaginé se retrouver dans une telle situation ; c'était à la fois stupide et humiliant. Le regard que lui lança le prince ne fit que renforcer ce sentiment. Mépris, moquerie, raillerie... il ne sut exactement quoi y lire, mais le trouva insupportable. Il prit le temps de se recomposer son ton neutre et détaché avant de répondre à Kyohei.

    - Oui, c'est de moi.

    Du genre « oui, il fait beau ». « Oui, j'ai dessiné la fille qui dort dans la pièce à côté ». Kaoru se détendit légèrement. Faire semblant d'être calme avait curieusement un effet bénéfique sur ses véritables émotions. Et puis, c'était sans doute mieux que ce soit Kyo qui trouve cette esquisse plutôt que la demoiselle qui en avait été l'inspiration...

    - Tu peux en faire ce que tu veux. Le brûler, par exemple ; j'ai cru comprendre que t'aimais bien jouer avec le feu..

    Pure vérité. Il se moquait bien de ce qui arriverait à ce bout de papier. Le mieux était d'ailleurs qu'il flambe, ça ferait un problème de moins. Il n'avait franchement pas envie d'ajouter la mention "fétichiste dangereux" à son dossier. "Insurgé anti-monarchique" et "kidnappeur de prince innocent" y figuraient déjà, inutile d'en remettre une couche.
    Histoire de tirer un trait sur cette histoire, le prisonnier embraya rapidement sur le sujet de conversation initial.

    - Je ne peux rien te dire, tu sais... je ne trahirai pas les miens. Mais je pense que tu peux connaître la raison de ton enlèvement, au cas où elle t'aurait échappé.

    Kao prit une légère inspiration avant de poursuivre, et se força à ne pas se dérober au regard de Kyohei. Il n'avait à avoir peur. Ou alors il ne devait pas le montrer plus que nécessaire.

    - Ta capture constituait un moyen de pression non négligeable sur le pouvoir à Stonefolm. En tant que prince héritier du royaume, t'enlever avait un impact moral sur la population et permettait surtout un éventuel chantage envers Kyoya Matsuda.

    Ce n'était pas très intéressant, niveau révélation. Mais c'était un premier pas, et remettait la conversation sur le ton qui lui était dû. Mieux valait éviter de déraper sur le fait qu'il dessine des espionnes royales durant son temps libre.
    Le jeune homme se redressa légèrement. Exemplaire. Il fallait continuer de bien se conduire, silencieux et immobile. Mais il ne pouvait jouer ce jeu trop longtemps ; le temps filait, et chaque seconde le rapprochait de la potence. Kao y avait souvent pensé, à cette mort qui le guettait depuis qu'il avait suivit le chemin de Seiichi. Sauf que là, c'était cruellement réel. Suffisamment pour qu'il ose s'intéresser à son propre sort en abandonnant temporairement son indifférence feinte :

    - Tu as tous les documents concernant ton royaume... et je ne sais rien de plus. Qu'allez vous faire de moi ?

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Sam 20 Fév - 18:22


Ce cauchemar, toujours le même, tournant en boucle dans sa tête. Ca en devenait usant à force. Elle se revoyait crier. À sa droite il y avait Oak, ce qui en survivait, et devant il y avait Kyohei. Et voilà la marmaille qui rappliquait. Le papa qui la prend par les épaules, qui la pousse cet abruti et la voilà qui mord la main de son voisin.
Puis, d’un geste lent, il lui attrape la main qui s’enflamme aussitôt, lui arrachant un second cri. Une douleur soudaine et dévorante s’empara de sa paume si bien qu’elle se tordit dans tous les sens sans pourtant le lâcher.

Merci

Alors là pour le coup elle ne comprenait plus rien. Merci. Pourquoi merci ? Elle était en train de lui bousiller la main et il la remerciait ?
Un claquement de porte.
Akane ouvrit un œil et parcourut le plafond du regard, encore à moitié endormie. Rassemblant ses forces, elle se dressa et s’adossa au mur derrière elle.

- Où est-ce que je suis ?

Presque paniquée, elle se leva précipitamment et fit le tour de la pièce d’un pas vif, faisant inconsciemment l’inventaire de ce qu’elle avait à sa disposition : Pas grand chose.
Bref, que des trucs utiles en somme. Ca ne ressemblait pas à une prison, plutôt à la chambre d’une auberge, par contre elle n’avait aucun souvenir d’être entrée dans une auberge, et encore moins dans une chambre. Elle passa une des deux portes et découvrit une très petite pièce qui devait faire office de salle de bain.
Mais pas de sortie potentielle. Elle essaya donc l’autre porte, tentant la faire grincer le moins possible et glissant sa tête au dehors.
Un grognement présumé accueillant introduisit un homme de large envergure qui tenait deux trois bouteilles – qui soit dit en passant ne contenaient probablement pas que de l’eau vu la couleur – qui, à la teinte de son visage, n’avait pas dû passer la nuit dans la soif et le désespoir.

- Le mec là … Que’qu’chose pour picoler.

Tiens, il savait parler.

- C’est une auberge ?

Elle reçu en guise de réponse un vague « Mui » suivit de ricanements abrutis.

- Voulez ? ajouta-t-il en agitant son chargement.

Akane repoussa l’idée d’un geste de la main.

- Dans quel royaume sommes nous ?

Pour seule réponse, l’aubergiste déboucha une bouteille d’un geste expert et s’enfila plusieurs généreuses gorgées. Autant dire que toutes les bouteilles n’étaient pas destinées au « mec là ».

Kyohei et son prisonnier ne devaient pas être loin, elle avait elle-même proposé de faire une halte. Elle se souvenait de pas mal de choses et pouvait reconstituer le sauvetage improvisé du prince. Elle était montée sur le Phoenix et ils s’étaient envolés, ils avaient parcourus une bonne distance … Elle s’était refusée à s’appuyer contre Kyohei pour éviter les mauvaises réactions et voilà. Mais quelle galère …


Akane laissa sa tête tomber en arrière avec un soupir, cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas prit son temps en s’accordant un bain. Un bon bain fumant et bouillant à souhait. Habituellement elle se lavait à la vas vite, plus par hygiène que par plaisir, elle avait oublié à quel point il était agréable de s’offrir ce genre de petit plaisir simple. Elle était donc revenue dans sa chambre qui avait le mérite d'avoir une baignoire et avait demandé à ce qu'on y mette de l'eau chaude. La jeune espionne jeta un œil à sa robe, déposée sur une chaise juste à côté, elle était sale. Il n’y avait pas d’autre mot, elle était sale. Encore utilisable, certes, mais sale – et puis l’épaule s’était déchirée quand la jeune fille s’était déshabillée. Elle faillit plonger ses mains dans l’eau chaude quand une douleur perçante lui souleva le cœur. Ah oui … Elle l’avait presque oublié cette plaie. Sans même le regarder elle su que le bandage était parti, mais après tout c’était déjà un miracle qu’il ai pu tenir cinq minutes. La blessure avait dû s’infecter bien sûr ça n’aurait pas été drôle. La laisser sans soins pendant tout ce temps était une mauvaise idée. A vrai dire elle était un peu jalouse du superbe bandage auquel le Kyoujin avait eu droit, lui. Elle s’enfonça encore un peu plus dans la baignoire, immergeant son nez. À faire : Trouver quelque chose d’autre à se mettre ; faire quelque chose pour le morceau de viande sanguinolent qui, hélas, lui servait de main.
Accordant un bref regard détaché à cette même main, elle y revint bien vite et émergea ses épaules de l’eau dans un sursaut. Sa main était superbement bandée dans un tissu immaculé. Superbement, surtout de loin en fait. Ca avait été fait un peu maladroitement et avec précipitation sans doute. Aurait-elle fait mieux de toute façon ? Certainement pas, elle aurait même fait bien pire. Elle n’avait jamais rien su faire de ses mains de toute façon. Maladroite, malhabile. Oui, elle aurait été une piètre épouse, si seulement elle s’était pliée à ses parents et avait accepté d’endosser cette corvée. « Akane, qu’est-ce que c’est que ce truc … Elle est passée trop près de la foudre ta pintade … » C’était vrai, elle avait choisi des couleurs plutôt sombres concernant l’esthétique pour un mois d’Août. Ah ça oui, elle était plutôt charbonneuse cette pintade ... Et ne parlons pas de l’odeur, ça avait pollué la cuisine pendant des mois.
La seule chose qu’elle avait jamais su faire c’était angoisser ses parents avec ses talents bizarres. Passer son temps à épier les honnêtes gens, tu parles d’un avenir.
S’arrachant à ses pensées, à ses bousillages de pintades et à ses dépressions, elle revint à son pansement. Qui l’avait fait ? Un fantôme qui s’était donné du mal pour rien sans doute, à force d’accabler son ange gardien il était temps qu’elle se mette à réfléchir un peu.
Qui l’avait fait donc. Peut-être l’aubergiste, qui sait ? En fait non, il avait du boire toute la nuit, il serait incapable d’effectuer ce travail. Kyohei ? Akane s'accorda quelques secondes pour rire. Non il ne ferait pas ça. Ca pouvait bien être le Père Noël, ça ne serait pas Kyohei. Tout le monde mais pas lui.

Enfin, ce n’était pas tout mais ça ne laissait plus beaucoup de monde tout ça.
S’arrachant à sa toilette, elle posa un pied à terre et s’enroula dans sa serviette avec un frisson.



- Dites-moi, vous n’auriez pas vu deux hommes d’une tête de plus que moi chacun ? Hem, ce n’est pas facile comme question. Il y en a un qui a les cheveux bruns tirant un peu sur le rouge et l’autre … Je ne sais pas. Mais je suis presque sûre qu’ils sont ensemble.

Derrière son comptoir, l’aubergiste fit mine de réfléchir quelques secondes puis secoua la tête, indiquant avec facilité qu’il ne voyait pas de qui il pouvait bien s’agir mais il lui tendit un papier et de quoi écrire. Bien naïf est celui qui pense pouvoir s’en sortir de cette manière avec elle … Akane passa bien dix minutes à se débattre avec son bout de papier avant de l’exposer au tenancier qui l’accueillit avec de grands yeux. Il dévisagea les deux représentations plus qu’approximatives qu’on lui avait fourni en grattant bruyamment son imposante panse, mais abandonna bien vite, assurant qu’il n’avait jamais croisé pareils énergumènes. Ceci dit cela ne prouvait rien, Akane n’avait jamais su dessiner et elle-même n’aurait jamais pu deviner de qui il s’agissait si elle ne l’avait pas su dès le départ.

- Il y a un Phoenix avec eux …

L’hôte avait une vision de plus en plus floue des bestioles qu’elle cherchait – honnêtement, au dessin qu’on lui avait fourni, il pouvait difficilement les classer au dessus de la case « bestiole ». Déjà qu’il ne devait plus avoir toute sa tête …

- Bon, oubliez le dessin, décréta la jeune fille agacée en froissant le morceau de papier et en le jetant de l’autre côté du comptoir, le premier a les cheveux bruns rouges, le second a les cheveux très clairs. Je ne peux rien vous donner de plus.

Pour l’instant elle ne les avait vu que de nuit c’est pourquoi il était compliqué de fournir plus d’indications. Encore, pour Kyohei, elle pouvait se référer aux souvenirs qu’elle en avait étant petit. Mais c’était tellement vague qu’il était inutile d’espérer en tirer quelque chose.

- Et je devais être avec eux quand je suis arrivée.

C’était probable, elle n’en savait fichtrement rien mais c’était probable. Le visage de son interlocuteur s’éclaira d’un coup.

- Ahu !

- Vraiment ?!


Le tenancier hocha la tête, heureux. Il se saisit d'un couteau et grava sur le bar ce qui devait être un plan, à demi affalé dessus, tenant son outil d'une main mal-assurée. Il dessinait des carrés en boucle, ou plutôt des losanges, qui représentaient certainement des pièces. Et puis, à l’intérieur d’un carré, il esquissa rapidement un objet non identifié. Et difficilement identifiable d’ailleurs.

- C’est moi ça ?

Une nouvelle fois, l’homme hocha la tête. Dans le carré adjacent il s’occupa de deux autres silhouettes en vague rapport avec la première. Entre les deux, il créa un petit couloir. Puis, il y posa son doigt.

- Merci beaucoup.

Un sourire moqueur s’esquissa sur ses lèves. Akane préféra l’ignorer.


Lorsqu’elle ouvrit la porte elle n’y perçut que quelques taches d’encres éparpillées dans une pièce plongée dans le noir c'est pourquoi elle se demanda si elle avait mal interprété le dessin de l'ivrogne.

- Tu as tous les documents concernant ton royaume... et je ne sais rien de plus. Qu'allez vous faire de moi ?

Non, c'était bien la voix du Kyoujin, ils avaient juste tiré les rideaux pour une raison x ou y.
Elle referma la porte derrière elle et vint s’asseoir sur le lit d’un air las. Kyohei se retourna vers elle avec un sourire sadique à faire peur, d’ailleurs elle aurait pu être plus rassurée. S’il te plaît, un sourire un peu plus chaleureux pour la prochaine fois. Ou peut-être était-il juste au bord du fou rire. Il lui tendit un papier d’un air anormalement réjoui. « C’est de lui » Heureux peut-être pas, mais réjoui. Akane s’empara du papier et passa quelques secondes à le regarder. Il faisait très très sombre, elle n'y voyait rien du tout et elle du s'approcher du mince filet de lumière qui passait les rideaux sur le côté de la fenêtre.

- C’est …

Dur. Ca faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi mal.

- Moi ?

Bien sur que c’était elle, tu devrais commencer à savoir ce à quoi tu ressembles et ce à quoi tu ne ressembles pas. Fichtre, que la vie est compliquée … Elle aurait voulu se mettre à rire mais elle en fut incapable. Elle aurait pu dire que c’était bien fait, et elle l’aurait dit sincèrement, mais il ne devait pas s’intéresser à son avis de toute façon.

- C’est beau, enfin je veux dire pas juste moi, c’est bien dessiné. dit-elle en lançant quelques regards mal à l'aise au Kyoujin.

Ah bah mince, je l’ai dis. Akane, tu es très bête. La prochaine fois tu resteras dans ta chambre au lieu de venir complimenter les captifs. En même temps elle était assez flattée mais bon, ce n'était pas le moment.

- Hem bref, conclu-t-elle en rendant le papier.

Elle préférait passer au sujet suivant, c'est pourquoi elle avait fait vite. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte à quel point Kyohei avait l’air à côté de ses pompes. Son regard était vide et ses yeux cernés.

Merci

- Ca va ? hésita-t-elle

Question idiote. Puis, elle remarqua que Kyohei tenait une bouteille, d'alcool probablement, et à moitié vide/pleine. Alors c'était lui le « mec » là ?

- Tu sais, si tu veux dormir … On peut alterner, tu vas dans ma chambre et je reste là.


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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Dim 21 Fév - 20:15

    Alors que les deux stonefolmiens et le kyoujin capturé parlais tranquillement dans la chambre qu'ils avaient loué, un phénix s'impatientait à l'extérieur. Condamné à rester caché à l'orée d'un bois pour ne pas effrayer les passants et les clients de l'auberge, Zeed, ainsi était-il nommé par son maître, été d'abord partie chasser mais une fois repu, celui-ci attendait impatiemment le retour de Kyohei. Ne sachant que faire, l'oiseau de feu s'agitait énormément et effraya un homme sur le chemin non loin de sa cachette. Le pauvre homme eu sans doute la peur de sa vie, jamais n'avait-il croisé pareille créature, pauvre ignorant. Particulièrement émotif, celui-ci banda un arc qu'il portait en bandouillère, et, tremblant il visa.

    Le coup partit.

    Kyohei ressentait l'impatience de son familier et ne pouvait que le rassurer en lui transmettant qu'il serait bientôt de retour.

    Quand tout à coup...

    Des battements de coeur qui s'accélèrent, un autre qui rate un battement de surprise et d'effroi. Une flèche qui s'enflamme dans un plumage, une autre qui s'élance en direction de lieu de l'incident.

    Kaoru, Akane, l'espace d'une seconde uniquement n'aperçoivent pas les traits soudain crispés de leur 'ami' et le regarde partir sans plus d'explication ...
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Lun 22 Fév - 21:19

Kyohei hocha doucement la tête, cynique, lorsque Kaoru avoua son délit. Le captif ne semblait pas gêné du moins du monde, gardant un air tout à fait impassible. Il semblait même assez effronté pour faire de l’humour, tiens. Mais le prince n’avait aucune intention de brûler le croquis. Non qu’il avait une autre idée mais il était à l’instant totalement incapable de prendre une précision et préféra choisir le sort du bout de papier une fois ses esprits retrouvés. D’ailleurs, il ne se rendit même pas compte que le rebelle reprit leur fil de conversation original pour changer de sujet. Il en oublia quasiment ce qu’il tenait dans ses mains pour mieux arriver à se concentrer sur les paroles de son interlocuteur. Hélas, chaque mot semblait se détacher de la phrase pour avoir une vie autonome. Et encore, tout semblait si décomposé que certains ne l’atteignirent pas. Kyo’ ne retint que les plus frappant, qu’il tenta d’étudier dans sa brume de plus en plus épaisse afin de pouvoir répondre. Le dernier sur lequel il s’attardait lui provoqua une inexplicable angoisse.

Kyoya Matsuda. Ce n’était pas seulement le nom de son père, mais celui d’un Roi, l’incarnation d’un royaume. C’était comme si la réalité qui lui échappait quelque peu depuis un moment s’abattait à nouveau sur lui avec brusquerie. Il secoua la tête. Qu’est-ce qui l’attendait à Stonefolm ? Quelles seraient les rumeurs, les réactions ? Non seulement sa place d’Héritier était toute neuve, mais en plus il s’était fais capturer quelques pitoyables heures après l’annonce. Et son père… impossible de savoir ce qu’il en avait pensé. Il était si lunatique, son fils avait toujours eu du mal à le cerner. L’apparence, l’apparence, sauver l’apparence face au peuple. Kyohei sentait le poids de son rôle devenir plus lourd à mesure qu’ils se rapprochaient de leur but. Il l’assumerait. Le prisonnier redevenait Prince, et c’était l’entre-deux qui était le plus difficile. A moins que… à moins que ce fût la forme de liberté la plus concrète qu’il lui restait.

Kaoru ne sembla pas apte à lui fournir d’autres informations, ou alors il ne le voulait pas. Kyo’ n’eut le temps de chercher quoi dire que la porte s’ouvrit, puis se referma. Il releva immédiatement la tête. Akane s’était éveillée, et vint s’asseoir sur le lit sans mot. Ce visage, ce visage… Il baissa les yeux sur le dessin. Ah, oui. Une envie cruelle le fit tendre le bout de papier à l’espionne. Elle se décala pour voir à la lueur qui filtrait par les étoffes, et sa figure fut à nouveau plongée dans l’ombre. Kyohei dut alors se fier au ton de sa voix pour connaître sa réaction. Etonnement, gêne… elle félicita le rebelle avec hésitation. Le prince secoua la tête de dépit. Oui, bref.
- Ça va ?
Hein, c’était à lui qu’elle parlait ? Elle lui proposa d’échanger les rôles… Il pencha la tête sur le côté, laissant l’idée faire un chemin jusqu’à son cerveau ensommeillé.

Voyons. Réactiver sa raison lui fut difficile mais il y parvint le temps de réfléchir à la question. De toute façon, il était maintenant quasiment inutile. Il n’arrivait même plus à donner la réplique, il n’était que bon à, à… le contact froid du verre lui rappela qu’il était en possession d’une bouteille de vodka bien entamée. Tac, fin des réflexions, tant il fut lui-même pris au dépourvu. Son regard se releva vers Akane, qui l’avait vu. Allait-il passer pour un saoul ?

- Ah ! Ce n’est pas…

Kyo’ secoua la tête avec un sourire dépassé, riant presque de sa propre impuissance à s’exprimer correctement. Il s’éclaircit la gorge en haussant les épaules :

- C’était pour ta plaie.

Bon, ça c’était à peu près clair. Il ne savait d’où venait ce besoin de se justifier. L’apparence, toujours l’apparence. Il imaginait très bien Akane rapporter à son père qu’il était devenu alcoolique entre temps. Car oui, il ne fallait pas oublier que c’était l’objet premier de la présence de l’espionne : faire son boulot. Et qui était le patron ? Ah, le voilà bien. Ce n’était pas tout mais il n’avait pas encore décidé de ce qu’il allait advenir ensuite. Il décela la silhouette de Kaoru dans l’ombre, qui avait refusé de parler.

- Ok. Je t’aurais prévenu.

Ça, c’était dis. Il doutait que cette phrase ait vraiment sa place dans la conversation mais bon. S’il préférait ce taire… Kyo’ n’était pas fou au point de croire que tout était dis dans les documents. Ou alors c’était une organisation d’amateurs. Ce qu’il n’arrivait plus à présumer depuis qu’il s’était fais enlevé, mais qu’il pouvait admettre au vu de la facilité qu’il avait eu à s’enfuir. Bon ok, un phénix comme allié ça aide. Il n’osait imaginer ce que les tortionnaires allaient inventer pour Kao’, sachant sa maladie. Lui faire griller un par un les doigts au soleil, le mettre à l’ombre en attendant que la lumière arrive jusqu’à lui…

Kyohei se passa une main sur le visage, comme pour effacer ces visions cauchemardesques.

- Tu ne te doutes même pas de ce qui t’attend… souffla-t-il d’une voix rauque.

Puis il s’approcha de la bordure du lit, dans le silence tendu et brouillé de la pièce, avant de tourner la tête vers Akane.

- Je vais en face.

A vrai dire, il ne s’était pas rendu compte qu’il avait pris sa décision. Au départ, il ne voulait pas la laisser seule avec lui. Mine de rien, le captid pouvait s’avérer être un bon combattant. Maintenant que Zeed n’était plus avec eux, ils n’étaient pas trop de deux pour le garder. Enfin… une et demi. Mais, si la simple présence de la jeune fille lui ôtait un poids des épaules, il ne pouvait plus tenir et comptait bien somnoler un peu avant de reprendre la route.

- Je compte sur toi pour le surveiller… au moindre signe d’agressivité, tu m’appelles.

Il pointa les rideaux tirés.

- Il ne peut pas avoir de contact avec le soleil. Impossible pour lui de s’enfuir.

Kyo’ se leva lentement passa une main machinale sur tissu épais, regardant Kaoru d’un air menaçant.

- C’est simple, s’il bouge un petit doigt tu n’as qu’à ouvrir les rideaux.

Après cette mauvaise blague, il soupira, espérant profondément que tout se passe sans encombres. Il n’avait pas envie de retrouver son captif grillé, et encore moins Akane agonisante. Il se tourna vers cette dernière :

- Ah oui, au faite. Son nom est Kaoru.

Il avait dis ça comme s’il apprenait à sa voisine le nom du chien qu’elle devrait garder pendant un quelconque voyage. Pourtant, il n’allait pas loin, juste dans la pièce d’à côté. Et puis il ne s’absenterait sûrement pas longtemps. Quoique… Il sentait Zeed, là-bas, s’impatienter. Apparemment il avait finis de se remettre, lui, et attendait le départ avec empressement. Peut-être Kyo’ devrait-il aller faire un tour par là-bas pour le calmer ou…

La suite des évènements semblait déjà toute tracée. Et pourtant, tout bascula à ce moment là.

Kyohei releva soudainement la tête et, sans plus un mot, sortit de la pièce. Passa le couloir. Descendit les escaliers. Quitta l’auberge. Marcha droit devant. Tel un automate.

Zeed !

---------

Le phénix eut un cri perçant lorsque la flèche atteignit son aile. Son chant mélodieux altéré par la souffrance fit reculé de quelques pas l’homme terrifié. L’oiseau le survola en le frôlant de ses plumes écarlates, manquant d’incendier ses cheveux. Un nouveau projectile partit, mais cette fois l’oiseau étai prêt. Il esquiva avec élégance, puis alla faire claquer son immense bec devant le visage du pauvre humain afin de le faire détaler. Il n’était pas du genre à décapiter tout ceux qui le dérangeaient, mais n’avait pas tellement envie de se recevoir d’autres traits. L’homme prit les jambes à son cou. Zeed émit un sifflement satisfait. Mais le petit animal à peau clair ne s’enfuit que pour mieux revenir, accompagné d’une vraie troupe. Tous étaient armés ou d’arcs ou de d’arbalètes et se ruèrent sous le magnifique volatile de feu en hurlant. Pourquoi les chasseurs humains se sentaient-ils toujours obligés de faire tant de boucan ? Dans un puissant coup d’ailes, il s’éleva majestueusement dans les airs pour se mettre hors de portée. Il avait toujours fais ça, cela ne devait pas poser de problème. Mais la douleur qui zébra le long de son plumage le surprit dans son envol et il en fut déséquilibré. Le digne oiseau embrasé n’eut pas le temps de se rétablir que déjà des carreaux filèrent jusqu’à lui et atteindrent son ventre vulnérable. Alors, il appela.

Lorsque Kyohei arriva sur place, essoufflé d’avoir couru comme un fou tout le long du chemin, les traqueurs lui hurlèrent de s’éloigner. Lui hurlèrent que c’était dangereux. Lui hurlèrent que c’était leur proie. Lui hurlèrent que c’était leur gloire.

Puis hurlèrent tout court.

---------

Lorsque Kyo’ rouvrit les yeux, il plissa le nez à l’odeur de roussi. Il se redressa piteusement, jetant un regard autour de lui sans comprendre ce qu’il venait de lui arriver. Il était dehors, en lisière de forêt, la journée était déjà bien avancée. Il n’y avait plus aucune présence de vie à part Zeed, posé à ses côté, qui souffla sur son visage en guise de salut. Le prince se releva avec un air inquiet. Tout autour de lui était carbonisé. Que c’était-il passé ? Ces chasseurs sans pitié s’en étaient pris à Zeed, il était venu lui porter secours, puis…

Il sursauta en se rappelant, par bribes, des visions de ce qu’il avait momentanément oublié. Les cris… il était fou de rage en arrivant, voyant ce qu’ils avaient osé faire à Zeed. Il leur avait fais goûter de son feu, transformé en démoniaque furieux. Il n’en avait pas tué. Deux ou trois s’en sortiraient avec des brûlures, l’un serait défiguré, et ceux qui avaient réussi à échapper au flamme emporteraient avec eux un souvenir déplaisant. Kyohei caressa doucement le phénix, le regard triste. La douleur que ressentait l’animal, à cause des blessures des projectiles, l’atteignait lui aussi. Bien sûr qu’il guérirait, se régénérant plus vite que la normal comme tout animal magique digne de ce nom, mais serait-il capable de les porter tous jusqu’à Stonefolm… ? L’oiseau, d’habitude si confiant, en doutait lui-même. Kyohei lui envoya une dernière pensée réconfortante avant de le quitter. Il n’avait plus rien à faire là.

Il avait dû perdre connaissance un bon moment car il se sentait moins dans le brouillard. Ses pensées ne s’ordonnaient pas tout à fait correctement mais son esprit était déjà beaucoup plus vif. Il repartit dans le village, parcourrant les rues à la recherche de l’auberge. Malheureusement elle n’était pas indiquée et il erra un bon moment. Parfois on le dévisageait bizarrement. Il faut dire que, dans sa défense furibonde, il s’était cramé les manches et avait roussis le tissu de son habit. Son visage même devait être noir de suie. Il passa par une place où se tenait un assez consistant marchée de nourriture, de textiles, de brique et de broques. La petite cité devait se situer à un croisement de routes assez importantes et commerciales car l’endroit était animé. Un homme se tenait sur une caisse et contait une histoire à la foule avec une gestuelle exagérée. Kyo’ su tout de suite ce qu’il en résultait car une partie des cheveux de l’orateur avait l’air d’être partie en fumée. Profitant de la fascination générale pour ses clameurs, le prince se faufila entre les stands, tête baissée, et dans un rapt discret emporta ce qui lui semblait pouvoir être utile pour la suite. Il alla même jusqu’à s’emparer d’une bourse rebondie d’un marchant de tissus qui ne l’était pas moins.

Kyohei s’enfuit en voleur, le cœur battant. Jamais il n’avait fais une telle chose depuis sa fugue, et l’adrénaline qu’apportait cette fourberie le fit sourire bêtement. Il jeta un coup d’œil à sa principale trouvaille : la petite sacoche de cuir. Il la délaça soigneusement et écarquilla les yeux devant les magnifiques pièces d’or qui brillèrent à la lumière du soleil. Si Zeed n’était pas en état de les porter sur toute la distance qui les séparaient de Stonefolm, des chevaux en seraient bien capable. Et voilà qui ferait l’affaire pour se les procurer… Il demanda au premier passant où il était possible d’acheter ces équidés et, quelques minutes après, il ordonnait à un palefrenier de lui seller trois de ses bêtes les plus endurantes au plus vite, en lui faisant miroiter les reflets dorés des pièces. Kaoru serait bien capable de chevaucher seul, sous le regard perçant de Zeed qui ne le laisserait pas effectuer un seul faux pas. Il fut conclu que les montures attendraient en bas de la taverne.

Bien, ce n’était pas tout mais encore fallait-il retrouver cette maudite bâtisse. Kyohei la décela enfin et y entra les bras chargés, ignorant totalement les regards intrigués des clients et grimpant directement à la chambre qu’avait auparavant occupé Akane. Il déposa les provisions et autres affaires qu’il avait dérobé sur le lit et alla se passer de l’eau sur le visage, prenant celle qu’il n’avait pas eu à utiliser pour nettoyer la blessure de l’espionne. Il fouilla ensuite frénétiquement dans le tas de vêtements qu’il avait piqué et trouva avec soulagement une chemise correcte. Après l’avoir revêtu, il improvisa un baluchon où il fourra la nourriture et prit sous son bras les tenues susceptibles de convenir pour les deux autres qui devaient eux aussi commencer à se couvrir de poussière. Il était temps de partir.

Le prince se demanda soudainement si tout c’était bien passé en son absence. Kaoru ne pouvait de toute façon pas sortir mais il n’était pas vraiment d’humeur à fouiller les moindres recoins du bâtiment à sa recherche si le prisonnier avait eu la bonne idée d’aller se planquer dans un coin, avec les dossiers, en attendant que la nuit tombe. Ce qui n’allait pas tarder.

Kyo’ se rendit dans la pièce d’en face et ouvrit la porte sans frapper. Rien ne semblait avoir bouger, hormis les ombres qui se faisaient plus ténues. Le jeune homme alla directement ramasser la sacoche puis déposa en vrac les habits qu’il avait apporté. Il expliqua rapidement, tout d’un bloc :

- Allez on va partir, le soleil se couche vite derrière les montagnes. Par contre si vous voudriez bien vous changer, on passerait plus inaperçus qu’un groupe de manants crasseux. Des montures nous attendent en bas, on mangera en route.


Dernière édition par Kyohei Itamura le Mar 31 Aoû - 18:56, édité 1 fois
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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Sam 6 Mar - 0:09

    Kyohei semblait avoir de plus en plus de mal à suivre une conversation normale. Soit il était vraiment éreinté, soit il abusait de la vodka. Autant parler à une armoire, ce serait limite plus sympa. La conversation semblait s'effectuer à sens unique alors que Kaoru faisait des efforts pour entamer le dialogue poliment avec son ravisseur. C'était vachement encourageant de se sentir écouté et compris de la sorte. Espérant au moins avoir une réponse à sa question, le jeune homme s'apprêtait à relancer le débat lorsqu'un grincement plutôt sinistre indiqua une nouvelle entrée en scène. Une mince silhouette fit son apparition dans la pénombre ambiante, et Kaoru sentit son sang se glacer. C'était elle. Et cet imbécile de prince avait toujours le dessin en main.
    Songer que Kyo' allait faire preuve de tact était stupide, de toute façon. Il tendit le morceau de papier à sa compagne avec un air plutôt réjoui. Cette expression était d'ailleurs plutôt inquiétante sur son visage. Il ne souriait pas souvent, et le voir afficher un semblant de joie était très inhabituel, même si cette joie semblait teintée de sarcasme et d'un brin de sadisme. Il devait vraiment être crevé pour laisser tomber son masque de prince lugubre et indifférent.
    Akane prit lentement la feuille de papier que lui tendait son compagnon, et le pauvre petit Kao sentit les derniers lambeaux de son assurance partir en fumée lorsqu'il vit les grands yeux vert de la demoiselle se poser sur le dessin. Son dessin. Est-ce qu'il était censé se pendre maintenant ou attendre un peu, histoire de voir si elle hurlerait de rire ou piquerait une crise de nerfs ?
    C'est...moi ? Oui, bien joué. Kao aurait voulu disparaître au fond d'un trou avant tout autre commentaire. Dans l'incapacité évidente de parvenir à ses fins, il se contenta de planter son regard sur le plancher, décidément très poussiéreux. Non pas qu'il soit maniaque de la propreté, mais tout de même... on ne pouvait décemment pas louer une chambre aussi poussiéreuse sans passer un rapide coup de balais ; c'était une affaire de politesse élémentaire.
    C'est beau. L'absence de lumière permit à Kaoru de conserver le peu d'amour propre qui lui restait en dissimulant à peu près le fait qu'il sourit comme un enfant aux paroles de la demoiselle. Mine de rien, il aimait les compliments. Et celui-ci venait même du modèle, ça ajoutait au prestige. Son sourire s'effaça bien vite : ce n'était pas le moment d'avoir une discussion artistique. Néanmoins, il restait plutôt soulagé : Akane semblait ne pas accorder trop d'importance à ce qu'elle venait de découvrir car elle enchaîna rapidement. Kao préféra toutefois éviter son regard. Même si la jeune fille avait la délicatesse de passer ses questions sous silence, le malaise était installé.
    Tu vas dans ma chambre et je reste là. Oui Kyo, va dans sa chambre. Le voir s'éloigner avait évidement quelque chose de rassurant. Son absence éviterait au prisonnier de craindre de se faire remodeler le visage à haute température à chaque instant. Mais sa majesté soigna sa sortie, balançant à tout va des phrases plus inquiétantes les unes que les autres. Bah oui, ouvre donc les rideaux en cas de problèmes, tout sera réglé... Mais ce n'était pas un jeu. Ces gens considéraient-ils son problème avec autant de dédain ? Il ne peut pas avoir de contact avec le soleil. Ces quelques mots ne représentaient donc pour eux qu'un simple avantage tactique ? Il était plus facile à surveiller, bien sûr, il ne pouvait pas se faire la malle en plein jour. Apparemment ils ne saisissaient pas l'ampleur de l'impact que cela avait sur sa vie. Ses parents avaient tenté d'ignorer, ses ennemis allaient l'exploiter. Décidément, il n'était compris que par Seiichi et les autres. Il n'y avait qu'à leur côté qu'il pourrait vivre sans crainte, c'était une certitude.

    Kyohei n'alla pas dans la chambre de sa camarade. Kao l'entendit clairement descendre les escaliers, ce qui n'était pas vraiment le chemin le plus indiqué. Il quittait l'auberge. Le prisonnier lança un bref regard à Akane, qui ne semblait pas en savoir beaucoup plus que lui. Le prince avait peut être décidé de leur fausser compagnie après tout...
    Un silence de plomb s'installa dans la chambre obscure. Silence que Kaoru décida de ne pas briser. Dès l'entrée de la demoiselle, il avait évalué les nouvelles perspectives qui s'ouvrait à lui. Sans se montrer machiste, il avait la certitude de pouvoir se débarrasser de Akane plus facilement que Kyohei (même s'il fallait avouer que la demoiselle savait se servir d'un couteau). Il pourrait sans doute se débrouiller pour sortir, quitte à malmener un peu sa geôlière. Mais...pour aller où ? Quant à taper la discut', non merci ; la jeune fille devait avoir bien trop de questions à lui poser, et si jouer les renfermés pouvait lui éviter d'y répondre, c'était tant mieux.
    L'attente commença alors, dans cette bulle de calme sans défaut. Kaoru se demanda s'il n'allait pas s'endormir sur place, ce qui n'aurait rien eu d'étonnant : il n'avait pas fermé l'œil depuis presque deux jours. Il piquait déjà un peu du nez lorsque Akane se leva, et se dirigea vers lui sans une once d'hésitation. Et la demoiselle termina ce que Kyohei avait déjà entamé : elle lui fit les poches. Elle semblait avoir une idée très précise de ce qu'elle souhaitait y trouver, et parut plutôt satisfaite lorsqu'elle en tira quelques pièces. Kao avait effectivement toujours de quoi se payer une chambre dans une auberge quelconque, au cas où. Il avait oublié qu'il lui restait de la monnaie de sa dernière escale. (Oui, Kaoru a très peu conscience de ce qui se trouve dans ses poches). Akane était sans doute une kleptomane doublée d'une jeune femme cupide qui fouillait les prisonniers pour arrondir ses fins de mois, ça n'avait rien d'inquiétant. Elle n'était peut être pas payée pour voler au secours des princes en détresse, le genre de truc qui n'est pas effectivement pas forcément indiqué sur un contrat de travail. D'ailleurs, à ce propos, il n'avait pas non plus signé pour un enlèvement par son propre prisonnier, lui. Seiichi avait intérêt à palier cette erreur au plus vite à leur prochaine rencontre.
    A sa grande surprise, la jeune fille se dirigea vers la sortie, non sans le prévenir clairement de ce qu'il lui arriverait en cas de rébellion. Elle sortit, verrouilla la porte, et descendit rapidement les marches. Kaoru la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse, attendit que ses pas se soient un peu éloignés, et se leva. Il eut d'ailleurs un peu de mal à se mettre debout, vu qu'il était toujours ligoté. Il était décidé à tenter quelque chose, même si l'issue était plus qu'incertaine. Après tout, à attendre le risque zéro, il risquait d'arriver à Stonefolm sans avoir même essayé d'échapper au destin qui l'attendait.
    Mais être motivé suffisant rarement, Kao se heurta à un obstacle plus que prévisible : la porte. L'auberge était certes de seconde zone, mais leur fabricant de portes savait ce qu'il faisait. Une fois verrouillée, elle était pratiquement impossible à forcer, sans compter qu'avoir les mains liées était un handicap difficile à combler. Et comme Aka savait fermer un verrou correctement, le prisonnier resta un petit moment à essayer en vain d'ouvrir cet obstacle à sa liberté avant d'abandonner. En entendant quelqu'un remonter à l'étage, le jeune homme retourna s'assoir dans son coin, pas plus avancé qu'avant sa tentative d'évasion spectaculaire.

    Akane ne revint pas les mains vides : apparemment, l'argent qu'elle avait récoltée avait servi. Elle déposa une miche de pain sur le lit, et le toisa d'un regard suspicieux où pointait une lueur d'inquiétude. Peut être était-elle aussi à l'aise dans son rôle de geôlière que lui dans celui de prisonnier, ce qui la rendait tout de suite plus sympathique. Elle s'approcha de nouveau de lui, avec quelques hésitations cette fois. Kao retint son souffle en la regardant s'agenouiller près de lui et lui délier les mains. Il ne put retenir un rictus de douleur lorsqu'il bougea son poignet blessé, mais il ne semblait pas cassé. La demoiselle lui offrit un morceau de pain sans un mot, avant de prendre sa part et de se décaler vers les rideaux épais qui masquaient la lueur du jour dans une attitude ne laissant pas de place aux doutes : elle était sur ses gardes, et elle n'hésiterait pas.
    La situation frôlait le ridicule le plus total : «attention, si tu bouges, j'ouvre les rideaux, gwahaha.» Kaoru jeta une rapide coup d'œil à la jeune fille qui le fixait intensément depuis le fond de la pièce, et ne tarda pas à entamer sa part.Il était surpris qu'on prenne la peine de le nourrir, même avec son propre argent. Kyohei n'aurait certainement pas pris le risque de le laisser seul pour aller chercher de quoi satisfaire son appétit, ou en tout cas n'aurait pas partager sa pitance avec son prisonnier. Tâchant d'avoir l'air le moins menaçant possible en mangeant afin d'éviter de heurter les nerfs apparemment fragile de Akane, Kao termina rapidement son déjeuner. Un peu léger, mais le jeune homme avait le ventre vide depuis trop longtemps déjà et ce repas plus que frugal apaisa la faim qui le tenaillait. Il marmonna un vague remerciement, histoire d'avoir la conscience tranquille et ne pas passer pour l'ingrat de service (ça, c'était Kyohei).
    Par la suite, le regard de sa gardienne ne le lâcha plus. Moins oppressant que celui du prince, mais peut être plus pénétrant. Plus humain aussi, aux yeux du prisonnier. Lui même passa un certain temps à détailler son visage sans jamais s'en lasser. La contempler était de loin la chose la plus intéressante à faire dans cette pièce sombre et silencieuse. Mais submergé par la fatigue accumulée, le jeune homme ne tarda pas à s'assoupir, toujours assis contre son mur. [Là, il faut imaginer le mec assis, le front sur ses genoux, avec un nuage qui pleut au dessus de sa tête = pa-thé-tique.]

    Le réveil fut plutôt brutal : Kaoru n'ouvrit les yeux qu'à l'instant où le prince revenait de son escapade. Un retour plutôt énergique qui tranchait avec la fatigue ambiante de la matinée, signe que cette halte à l'auberge avait été bénéfique à tout le monde, après tout. Kyohei avait apparemment profité de la journée pour faire des emplettes, puisqu'il déposa sur les lits quelques vêtements et semblait transporter de la nourriture. Le prisonnier se leva en douceur, et fit mine d'ignorer le regard intrigué que le jeune héritier posa sur ses mains libérées. De toute évidence, sa libération ne faisait pas l'unanimité, et non sans raison : la nuit tombait, et les projets d'évasion de Kao semblaient bien plus crédibles une fois le soleil disparu...
    Très moyennement motivé à l'idée de se changer, le Kyoujin s'exécuta dans le plus grand silence. Il ne voyait pas l'intérêt de changer d'habit : Kyohei et sa camarade avaient de sérieuses raisons, mais ses vêtements à lui étaient plus que corrects. Mais bon, il commençait à savoir qu'il valait mieux éviter de taquiner sa majesté lorsqu'elle avait une idée en tête. Après une fouille rapide, il dénicha une chemise et une veste susceptibles de lui aller. Il suivit des yeux Akane qui passait dans la pièce d'à côté avant d'enfiler ses nouvelles affaires. Mais «nouvelles» était un grand mot, et le Kaoru se demanda s'il ne ressemblait pas d'avantage à un «manant crasseux» qu'avec ses habits de départ. Une fois habillé, le trio sortit de l'auberge sous le regard soupçonneux de l'aubergiste. Celui-ci ne devait pas être habitué à voir les gens arriver le matin et quitter les lieux au crépuscule. Il ne se permit aucune objection cependant, et leur souhaita une bonne soirée dans un grognement poli.
    Kyohei n'avait pas menti : le soleil disparaissait derrière les pics rocheux qui bordaient le paysage. La nuit tombante projetait ses ombres sur les lueurs rougeoyantes de l'horizon, transformant le ciel en une véritable œuvre d'art. L'heure n'était pas à la contemplation du paysage cependant. Kao tomba nez à nez avec les montures précédemment évoquées, et recula un peu. Il jeta un coup d'œil plutôt réticent aux animaux qui patientaient en humant l'air nocturne. A croire qu'on essayait de réunir tout ce qui risquait de causer sa perte dans des circonstances ridicules. C'était toujours mieux que la classe bagage en Phénix, remarque. Akane passa la première, s'approchant des chevaux d'un pas plutôt assuré, et enfourcha sa monture avec une certaine décontraction. Sentant le regard de son ravisseur n°1 peser sur sa nuque, le Kyoujin prit sur lui et feignit la plus grande nonchalance en escaladant l'équidé le plus proche. Une fois en selle, ça pouvait aller. Il se débrouillerait, il y avait des limites à l'incompétence, tout de même. Le problème majeur, outre le fait que cet animal vicieux allait tout faire pour le faire tuer, était qu'il avait mal aux mains. C'était compréhensible, sa main droite avait été trouée par sa voisine de droite et son poignet gauche dégommé par Kyohei en personne (quel honneur). Celui-ci venait de prendre place sur sa propre monture, avec assurance et suffisance. Apparemment, Kao allait chevaucher (ou du moins c'était le but premier) en compagnie de deux cavaliers plutôt expérimentés... Le destin avait vraiment décidé de le rendre ridicule, ces derniers temps.
    Le petit groupe se dirigea d'un bon pas vers la sortie de la cité. Le ciel ne cessait de s'assombrir, et Kao crut distinguer un éclat de flamme dans l'obscurité. Bien entendu, l'espèce de pigeon de compagnie de sa majesté était de la partie. Décidément, rien ne serait facile, cette nuit...

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MessageSujet: Re: Demain [PV ♪]   Sam 13 Mar - 21:38


Akane, une fois son opinion exposée, laissa son regard se porter machinalement sur la bouteille. Il en avait bu pas mal. Une espionne amnésique, un Kyoujin ramassé dans un coin poussiéreux, il ne manquait plus que le Prince bourré. Mieux encore, un Prince bourré ET un feu de camp ambulant. La poisse, espérons qu’il ait encore le contrôle de ses moyens … Elle s’imaginait bien face à un Kyohei hilare projetant contre les murs des preuves de ses talents visant à incendier tout et n’importe quoi. Elle s’imaginait incapable de le raisonner et encore moins apte à le calmer à coups de poing. Elle les imaginaient tous les trois pris au piège dans une chambre étroite et enflammée. Non, tous les deux, l’un des trois s’en amuserait plus qu’autre chose. Elle s’imaginait brûlée vive, lentement, le temps que le feu progresse avant de l’engloutir totalement.
Devant ces pensées atroces, Akane du se tenir par la peau du cou pour ne pas lui arracher la bouteille des mains en hurlant.

- Ah ! Ce n’est pas…

Merci

De la même façon, elle du s’infliger un bridage sévère pour ne pas s’enfuir en claquant la porte.

- C’était pour ta plaie.

Ah. Sa plaie. Alors c’était lui. Mince, elle s’était fendue la poire dans son bain trois quarts d’heure plus tôt à cette idée. Bien, il fallait avouer qu’elle s’était trompée. L’espionne daigna se détendre un peu, ça augmentait son espérance de vie d’au moins quelques minutes.

- Je vais en face.

Très bien très bien, mais laisse donc la bouteille là, tu veux ? Akane ne pu s’empêcher de sourire, il comptait sur elle. Il risquait d’être déçu le pauvre. Le tout était de garder espoir, hum.

-Tu n’as qu’à ouvrir les rideaux.


En temps normal, elle aurait peut-être eu pitié. Mais là non. Elle ne pouvait pas avoir pitié, elle en avait trop peur pour ça. Peur ? Le mot était peut-être un peu fort, mais l’idée de se retrouver dans la même pièce qu’un criminel même ligoté, dans le noir, lui inspirait la crainte plus que la compassion. Kyohei avait de la chance, il avait son feu lui.
L’idée d’avoir avec elle l’atout du rideau meurtrier était donc plutôt rassurante.


Une fois Kyohei sorti, Akane pu percevoir des pas précipités dans l’escalier. Encore mieux. « Au moindre signe d’agressivité, tu m’appelles. » avait-il dit. Et bien oui, tu n’as qu’à t’égosiller par la fenêtre. Là pour le coup elle était réellement toute seule. Et puis le silence tomba. Un silence lourd et assourdissant. Ce vide déplaisant ne fût brisé que quelques minutes plus tard par un long grondement viscéral émergeant de son ventre vide. Avec tout ça, manger était devenu un peu hors de propos. Elle en avait oublié sa faim et maintenant qu’elle se retrouvait sans rien faire son appétit lui déchirait le ventre tout en se manifestant extérieurement par une multitude de petits gargouillis gutturaux. Et elle n’était probablement pas la seule à être dans ce cas. Aller se procurer quelque chose de comestible lui paraissait une bonne idée puisque visiblement ils allaient rester ici jusqu’à la fin de la journée. Par contre la somme d’argent qu’elle transportait se rapprochait de manière critique à l’inexistence. Elle pouvait toujours voler … Mais à la réflexion ce n’était peut-être pas la peine, en ce qui concernait les moyens financiers elle était moins seule que ce qu’elle voulait bien admettre. Il lui fallu un moment pour se décider à se lever puis faire quelques pas, s’accroupir et plonger sa main dans les poches de Kaoru en retenant son souffle avant d’en ressortir une petite poignée de pièces chatoyantes. Soulagement.
En se relevant elle fit rapidement un compte de ses biens, c’est à dire relativement peu en fait. À présent elle allait devoir le laisser. Saisissant la clé qui traînait sur la table elle prit le chemin menant à la porte et lança un regard supposé menaçant au Kyoujin. Akane ne s’était jamais essayée à la performance qui se solda par un lamentable échec. Tant pis, à l'avenir elle laisserait ce plaisir à Kyohei. Elle verrouilla soigneusement à son passage.


Avec un peu de chance Kyohei était parti pour acheter à manger. Elle ne le voyait que trop bien planté devant la porte, sans les clés, avec des vivres plein les bras. Tant pis, elle avait trop faim pour l’attendre. Et puis, il était sans doute juste sorti prendre l’air.
Déambulant dans les rues, Akane fini par acheter une miche de pain bon marché en échange de la moitié de son butin, le reste pourrait toujours servir par la suite. Elle passa devant d'autre étalages et refusa son regard à une robe propre, tentant de ne pas penser à celle qu’elle portait actuellement.
De retour dans la chambre, elle laissa son pain sur le lit et accorda un coup d’œil aux mains liés du prisonnier. Ouai, il allait avoir du mal à manger. Or ça avait son importance, pour l’instant il pouvait encore se déplacer sans aide, mais si il faisait un malaise … Elle s’approcha doucement, s’agenouilla et le libéra promptement puis se retira d’un saut. Divisant la miche en trois parts approximativement identiques elle en remit prestement une à son captif puis prit ses distances du côté des rideaux. C’était une erreur. Elle venait de commettre une faute monumentale. Si ça se trouvait cette histoire de rideaux c’était juste du flan pour lui donner de l’assurance. Et comme souvent, elle se détesta. Une main sur la fenêtre, elle regarda Kaoru se sustenter brièvement et en silence puis grommeler ce qui devaient être des remerciements.
Il avait du s’endormir. Akane déchira le reste des vivres en deux parts, puis mangea la sienne. Une fois cela fait ses yeux glissèrent sur le dernier morceau de pain ses entrailles se remirent à hurler au martyre. Allons, souffrir forge le caractère dit-on. Youpiii, elle était bien avancée comme ça. Elle était misérable, à baver sur la part de Kyohei comme ça, on dirait que tu n’as rien mangé de ta vie. Allez reprends toi Aka.
Elle se reprit donc, après quelques coups d’œil de regrets, et s’allongea sur le lit et regarda le Kyoujin dormir. Elle se refusa le luxe de s’assoupir à son tour, avec un peu de chance il faisait semblant. Et puis elle l’avait détaché, elle pouvait très bien se faire étrangler pendant son sommeil. Décidément la gaieté était au rendez-vous.


Une porte s’ouvrit en grand et Akane fut réveillée en sursaut. Tu t’es endormie andouille ! Elle jeta plusieurs regards affolés autour d’elle, Kaoru était toujours là, il se réveillait justement. Kyohei était de retour. Avec des vivres plein les bras comme prévu, et des vêtements aussi.
Le problème de la libération du captif se présenta, ce qui lui valu un regard ambigu. Enfin bon, comment était-elle sensée faire de toute façon ? Lui donner son pain à la becquée ? Il pouvait le rattacher si ça l’amusait.
La jeune fille sorti du tas quelque chose susceptible de lui aller puis changea de chambre. Ah, quel bonheur de pouvoir enfin se revêtir d’un accoutrement correct …

De retour au dehors, Akane vit ses souffrances passées balayées du revers de la main. L’air s’était rafraîchit mais, ô Joie, elle n’avait pas froid. Les soirées qu’elle avait passé depuis l’enlèvement, ramassée sur elle même à cause de la froideur mordante se voyaient oubliées en un instant. Bénit soit le jour où l‘homme inventa la pelisse à capuchon. Trois chevaux étaient présents devant l’auberge, elle enfourcha le premier qui lui vint adroitement et un geste plutôt désinvolte, prenant les rennes à deux mains et patientant jusqu’à ce que les deux hommes qui l’accompagnaient se mettent en selle à leur tour. Commença le second voyage. Ils sortirent de la ville sans tarder tandis que le Phoenix les surplombait puis reprirent la route. Akane n’osa pas demander pourquoi ce trajet ci se faisait à cheval alors que le volatile avait tout l’air de se porter comme un charme et le trio vit apparaître une tâche sombre au loin alors que la lune était sur le point de disparaître. Aucun problème notoire, mit à part une chute ou deux de la part de Kaoru qui avait visiblement choisi le seul cheval psychotique à une bonne poignée de kilomètres à la ronde. Ce sont des choses qui arrivent, il fallait juste regarder régulièrement derrière soi. En entrant dans la citadelle, l’espionne eu une pensée pour le dos du prince qui avait un peu sombré dans l’oubli. Sa main pouvait attendre, un couteau dans le dos était autrement plus préoccupant.

- Tu devrais aller voir un médecin.

C’était sorti comme ça pendant qu’ils traversaient la cité. Le soleil n’était plus très loin, c’est pourquoi ils avaient accéléré le pas un petit peu en sentant la pression qui montait du côté de Kaoru l’Opprimé. Tout en attendant sa réponse elle descendit de cheval, projetant de confier confier à Kyohei, après tout c’était le sien, et de retourner vaquer à ses occupations de son côté en laissant princes et captifs entre eux. En vérité c’était plutôt à Akane qu’à Kyohei de garder le prisonnier mais, mais, mais voilà.
Des deux, elle était celle qui avait le plus à craindre. En théorie. Car avait-elle vraiment à craindre de toute façon ?
Bah, sait-on jamais ...

Kyohei emmena le prisonnier au cachot, lieu où l'autre finira surement sa vie (c) Kyo

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