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 Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]

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MessageSujet: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Dim 11 Avr - 23:40

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C’était le nombre de jours qui séparait à présent le prince de sa réapparition. Un miracle ? Une chance, un soulagement, un phénomène inouï ? Non, il était simplement rentré chez lui. Le peuple ne savait rien, on l’avait volontairement aveuglé. On, s’était le Roi. Lui savait. Pourtant il y avait eu des rumeurs, des vagues de murmures soupçonneux qui s’étaient répandues dans le royaume. Sauf que personne ne savait de quoi il en retournait vraiment : l’un disait "il a fuis ses responsabilités", l’autre soufflait "il a fugué", et l’un "on l’a chassé", et l’autre "il est mort"… "on l’a enlevé". Cette dernière conviction incertaine ne l’était pas pour Kyohei. Le souvenir encore très présent de son enlèvement lui paraissait si irréel qu’il avait encore du mal à croire ce qu’il lui était arrivé. Mais il restait assez lucide et mature pour se faire à cette idée : pendant un temps, il avait été prisonnier. Il avait perdu ses quelques jours de liberté à croupir au fond d’une grotte. Et maintenant, plus moyen de tourner le dos…

*pathétique mode ON*
Les seules preuves concrète de ce qui s’était passé étaient sa blessure et Kaoru. Cette blessure lui faisait atrocement mal, © Aka plus encore que lorsqu’il était loin du château. Autant dire qu’avoir les idées occupées par d’autres problèmes avait bien aidé à oublier la souffrance mais une fois posé et tranquillisé il avait été obligé d’encaisser le cri de sa plaie ignorée. Les médecines avaient eu du boulot car elle menaçait de s’infecter au vu de l’insalubrité de l’endroit qu’il avait fréquenté. Mais il avait encaissé la douleur avec classe et froideur © Aka bis. Il faut dire que Kyohei n’était pas du genre à pleurnicher pour rien, ou même pas du tout, et savait rester stoïque pour préserver son image. Un prince se devait de garder la tête haute et le regard assuré quelques soient les circonstances.

Quant à Kaoru… Kyohei s’était une fois retrouvé à défroisser un bout de papier traînant dans sa poche. Le dessin d’Akane par le rebelle. Cela avait provoqué chez lui un rire railleur et il s’était promis de faire un tour aux cachots pour rendre visite au prisonnier. Si tant est qu’il était encore vivant. En effet Kyo’ ne s’était plus intéressé à son sort une fois remis entre les mains des gardes. D’une certaine manière, il s’en fichait. D’un autre côté… il n’avait que rarement vécu des aventures aussi palpitantes et craignait presque qu’elle ne s’efface de sa mémoire. Il voulait connaître le fin mot de l’histoire. Il voulait savoir. Ce n’était pas que le jeune homme était spécialement curieux de nature, mais il était trop tenace pour laisser les soldats s’occuper du sal boulot et fuir dans sa chambre paisible. Ça, jamais. C’est pourquoi il ne négligerait pas d’aller jeter un coup d’œil au détenu. De plus si l’on s’était pris à lui cela risquait de se répéter et il ne pouvait tout simplement pas fermer les yeux. Non, maintenant que son statut était bien établi il ne pouvait plus du tout faire semblant d’être aveugle et tranquillement passer à côté de ce qui était important. Même dans les plus simples futilités de la vie quotidienne, il se devait d’y mettre le nez de prêt pour que rien ne lui échappe. Il avait des responsabilités à présent, et ne devait pas les prendre à la légère. L’enlèvement était un évènement capital. Il était évidement le principal témoin, avec Akane. C’est pourquoi il s’était décidé à enquêter encore un peu…

De son côté, Zeed s’était bien remi. Il avait passé du temps à l’écart de tout. Kyohei aurait bien aimé faire de même mais il dut faire une sorte de rapport détaillé sur ce qui s’était passé. L’espionne avait sûrement été soumise à la même tâche sauf que elle, c’était son métier. Il l’avait recroisé par hasard dans les couloirs, mais n’avait pas spécialement levé les yeux. Rien n’avait changé, au fond. Ou si, ils savaient qu’ils avaient été voisins dans une période assez noire de leur existence. Cette perspective n’arrangeait en rien l’humeur de Kyo’. Celui-ci restait un peu à cran. Il faut dire que ses premières expériences d’Héritier n’étaient pas des plus agréables.

Par un soir venteux, Kyohei se décida à descendre aux cachots pour aller voir son ex-ravisseur. Une flammèche brillait au bout de ses doigts en guise de torche, et il descendit les escaliers glissants en plissant les yeux. Après avoir dévalé les marches en spirales, il déboucha sur un spacieux couloir au plafond voûté. A intervalles régulières, des sentinelles costaudes veillaient, immobiles. L’endroit n’avait rien d’excessivement repoussant. C’était même assez propre, même si le prince savait bien que ce n’était qu’apparence et que derrière leurs portes solides les cellules étaient tout sauf accueillantes. S’il ne venait que rarement ici, cela était surtout dû à la puanteur et l’humidité glaciale qui régnait. Et puis au fond il n’avait d’habitude rien à faire ici. Il y avait juste un touuut petit détail qui le fit grimacer : les gardes avaient de l’eau jusqu’aux genoux.

Il ne faut en effet pas oublier que le château de Stonefolm se situait à proximité de la mer, et que celle-ci était capricieuse. En général, les nobles de la cours n’étaient pas affectés pas ce désagrément mes les cachots étaient légèrement sous terre, c’est pourquoi ils se retrouvaient quelquefois inondés. Evidement les soldats affectés à la surveillance des détenus ne s’en préoccupaient pas, habitués. Par contre on ne se souciait pas le moins du monde du confort des "invités" qui devaient eux subir ces inconforts… mais voilà, Kyohei était un prince. Et il n’appréciait pas spécialement d’être trempé des pieds à la tête. Et puis cela n’était pas forcément une bonne idée de se baigner dans de l’eau sale avec sa blessure qui ne faisait que commencer à se refermer… Ah, et un dernier point : c’était quand même plus pratique de pouvoir utiliser son feu, surtout pour menacer Kaoru.

Un garde manifesta de la surprise en le reconnaissant mais se reprit bien vite, et indiqua une porte éloignée lorsque Kyo’ lui demanda où était celui qu’il venait voir. L’héritier acquiesça doucement en regardant l’eau miroiter sous les flammes des torches. Après une brève hésitation, il releva son regard sur les hommes en armure et ordonna sur un ton qui n’admettait aucune réplique :

- Deux d’entre vous, amenez-le en haut.

Ils n’osèrent pas réagir autrement qu’en obéissant et les plus proches de la cellule de Kaoru se mirent en mouvement immédiatement, marchant lourdement avec leurs mouvements entravés par l’eau. Un trousseau de clef cliqueta, puis il y eut le bruit de l’eau qui s’agite par le courant provoqué du battant massif qu’on ouvrait. Satisfait, Kyohei fit demi tour, soustrayant de sa vue l’eau poisseuse qui le narguait. Alors qu’il grimpait l’escalier étroit, il se demanda une fraction de seconde si c’était un bon choix. Et surtout de quoi il allait bien pouvoir discuter avec un être pareil, vu qu’à leur dernier face à face il n’avait pas trop su quoi dire… Sauf que cette fois, il avait les idées claires. Un mieux pour lui, et pas forcément pour Kaoru.

Il préféra une pièce qui se situait à mi-hauteur de la plus imposante tour au nord. En général, peu de monde venait en arpenter les couloirs, c’était la principale raison de ce choix. Quand à la salle, l’endroit était peu spacieux et plutôt dépouillée au cas où il aurait à tranquilliser son interlocuteur avec un jet de flamme. Il congédia les soldats qui protestèrent, prétextant que ce prisonnier pouvait s’avérer dangereux, mais un regard qui n’avait plus rien d’humain © Kao de Kyo’ les fit changer d’avis. Ils garderaient la porte à l’extérieur. Le prince se tourna vers Kaoru, sans s’attarder sur la saleté boueuse de ses habits, et lui indiqua une chaise.

- Bien. Je ne me doute pas que tu n’es pas ravi-ravi d’avoir à subir un énième interrogatoire mais estime toi au moins heureux d’être au sec.

Son ton était cassant. Il n’avait aucune envie d’être sympathique avec un homme de son espèce. Les pathétiques ne méritaient pas de respect. Le fait que Kyohei n’était pas d’excellente humeur expliquait peut-être aussi son attitude. Il sortit de sa poche le dessin de Kao et le posa sur la table d’un geste brusque.

- Bon, déjà, je te rends ton œuvre d’art, commença-t-il d’un ton ironique. Mais passons aux choses sérieuses. On m’a appris que tu n’avais rien dévoilé de plus intéressant de ce que je savais déjà… Mais ça ne durera pas.

Avec un air menaçant, il continua :

- Je veux savoir. Tout. Et depuis le début. Le pourquoi, le comment, le qui et-

Il releva soudain la tête en fixant la porte. Un bruit de pas provenant du couloir venait de le déranger. Bientôt, se fut des bruits de voix. Apparemment l’intrus avait adressé la parole aux gardiens. Le ton monta vite et la voix bourrues des hommes risquaient de couvrir le son de la sienne. Il soupira, excédé d’être ainsi dérangé et préféra aller régler le problème par lui-même. Seulement voilà, celle qui se tenait derrière la porte n’était autre que Akane. Il fronça les sourcils en la voyant, étonné. Finalement, il recula de quelques pas et lui fit signe d’entrer. C’était une espionne, après tout, et ce qu’elle avait vu pouvait s’avérer utile dans la quête de la vérité. Il eut un regard sombre vers les deux soldats, signifiant son agacement face à leur comportement, et leur claqua la porte au nez.
Le petit groupe se retrouvait une fois de plus. Et pas pour faire la fête.
C’était le nombre de personnes présentes dans la pièce.
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[ *wall*]


Dernière édition par Kyohei Itamura le Lun 10 Mai - 23:20, édité 2 fois
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Akane Shibata
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Dim 18 Avr - 19:30

[Pas pour faire la fête ? >.< Mais qu’est-ce qu’on va faire alors ?]

Akane s’étira en silence. Depuis qu’elle était rentrée à Stonefolm elle s’endormait n’importe où. Mais sur un bord de fenêtre quand même … Une certaine décence veut qu’on évite généralement de piquer du nez dans les couloirs. Il faisait pratiquement nuit, on pouvait donc considérer qu’elle s’était réveillée pour aller dormir, c’eut été dommage de rater ça, pas vrai ? Enfin au moins elle serait dans son lit …

Elle se leva et passa une main distraite sur sa robe. D’ailleurs elle commençait à être à cours de trucs à se mettre. Les habits s’abîment trop vite, surtout quand on vole aux secours des princes en détresses. Elle risquait de prendre la grosse tête avec tout ça …
Des pas se firent entendre au fond du couloir et elle se mit machinalement à l’ombre. Qu’est-ce que tu fous Akane ?! Excellente question tiens. Impossible de trouver une raison de valable de se cacher, à priori les tours n’étaient pas réputées pour la mauvaise fréquentation de ceux qui les arpentaient. Bah, on ne sait pas jamais, prudence est mère de sûreté dit-on. Et trop de prudence est souvent sœur de paranoïa dit-on aussi.

Un homme passa devant elle, avec une allure qui lui était familière, puis un petit groupe de trois. Enfin, petit. Tout dépendait de comment on le prenait. Deux types dans la force de l’âge à la démarche pesante et grave accompagnaient un quatrième individu qui paraissait un peu chétif en telle compagnie. Et sur sa main quelque chose de plus blanc (que blanc) que le reste et qui tranchait un peu avec le décor. Un pansement. Pansement que Akane connaissait bien pour peu d’avoir le même.
Ils s’éloignèrent petit à petit jusqu’à s’arrêter devant une porte puis, plus que des murmures de désaccord et un battant qu’on referme. Et la seconde d’après il n’y avait plus devant la porte que deux gardes pour l’encadrer.
Sortant de son observatoire elle se rapprocha, intriguée. Plutôt bien gardée la porte. Mais ce n’était pas cette porte qui l’intéressait, ni le fait qu’elle soit gardée, c’était ce qu’il se passait derrière.

- Il va être torturé ?

- Ce ne sont pas tes affaires catin !


Ca avait le mérite d’être clair.

- J’attendais juste une réponse par oui ou par non vous savez …

- Dégage !

Diantre, quels garçons charmants.

- Oui ou non, c’est tout, après je vous laisse tranquilles.

L’un d’entre eux s’avança, menaçant. Peut-être n’était-ce que des menaces, peut-être n’en était-ce pas. Toujours est-il que ce pas en avant suffit à faire reculer l’emmerdeuse de service.
Encouragé par cet élan de supériorité il commença d’une voix forte :

- Écoute moi bien.

Cette porte n’avait rien d’exceptionnel, avec un peu de chance elle s’était carrément trompée de personne. Il n’y avait pas que deux personnes dans Eldenia à porter un pansement. Elle aurait du retourner dans sa chambre à savourer son ennui. De toute évidence en vue du rapport de force, du fait qu’ils sois deux et soldats, si jamais il leur venait l’envie de la calmer dans son élan ils y arriveraient probablement. Et avec une seule main.
Elle n’espérait pas vraiment les apaiser juste en leur disant qu’elle était désolée et qu’elle allait se retirer. C’eut été naïf … Mais quand même, ça l’aurait bien arrangé. Et puis la porte s’ouvrit, peut-être une chance pour Akane de ne pas finir avec un nez en galette ou en forme de grosse cloque. Peut-être seulement. Parce que ce fut Kyohei qui ouvrit la porte. Et qui fronça les sourcils en la voyant. En fait … Ca ira, laisse moi m’expliquer avec mes nouveaux copains, veux tu ? Et bien non, il avait fallu qu’il fasse deux pas en arrière avant de l’inciter à entrer. Enfin bon, ça ne se refusait pas. Et puis à la réflexion c’était toujours mieux que de s’embrouiller plus avec ces deux sales types. Elle passa donc de l’autre côté de la porte sans faire remarquer à Kyohei que ses jambes avaient peut-être été plongées dans un liquide grouillant de vermine en putréfaction durant son sommeil – et puis ça puait.
À l’intérieur il y avait … Personne. C’était juste une pièce sombre avec personne dedans. Ah si. Une silhouette qui se détachait légèrement sur une chaise. Ca lui rappelait quelque chose si on enlevait la chaise. Un charmant garçon à qui elle avait laissé un souvenir tout aussi charmant au creux de la main.
Chouette, pour une bonne surprise, c’était une bonne surprise … Ca ressemblait à un interrogatoire. Enfin, bien qu’elle ne comprenne pas tout à fait l’utilité de déplacer le prisonnier pour l’occasion. Un papier blanc trônait fièrement sur la table. Au début intriguée, elle fut tentée d’y jeter un œil mais dans l’obscurité ça ne servait à rien. La porte claqua derrière elle.

- Qu’est-ce que j’ai raté ?

Akane se sentait légèrement de trop dans un interrogatoire, un peu comme mule dans un placard en fait. Elle nota que les rideaux n’avaient pas été tirés, pourtant aucune lumière ne provenait du dehors, les nuages s’amoncelaient et voilaient la lune, il commençait à pleuvoir.

[C'est assez top moiz' et ça avance pas mais je me ménage pour le plan à venir ... >.>]

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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Jeu 22 Avr - 16:24

[On fait pas la fête ? HOOooo *soupir de la foule déçue* mais qu'est ce que j'vais faire de tout cet alcool moi ?]
[ J'ai adopté le gras pour les dialogues, j'ai succombé à votre mauvaise influence ._. ]



    - Toi. Tu viens avec nous.

    Kaoru se tourna vers la porte de sa cellule, qui venait de s'ouvrir. "Toi", c'était son nouveau nom depuis quelques jours. Le jeune homme se leva avec la lassitude qu'offre l'habitude. Décidément, il avait du succès auprès des gardes. Il était déjà sorti tôt ce matin pour un nouvel interrogatoire. Deux dans la même journée, c'était étrange. Il ne protesta pas et marcha vers la sortie, ralenti par l'eau qui s'accumulait au fil des marées.
    Sa cellule avait bien des défauts, le plus contrariant étant bien le fait qu'elle soit légèrement sous le niveau de la mer. Elle se remplissait régulièrement et se vidait difficilement. Kao soupçonnait Kyohei de lui avoir choisi celle-ci par pur sadisme, car certaines geôles étaient bien moins exposées. Heureusement, le prisonnier pouvait sans trop de difficulté éviter de dormir dans la flotte grâce au léger relief de la petite pièce : dans un des coins, il était presque au sec. Quitter sa cellule était ce qui pouvait lui arriver de mieux : il y faisait froid, et l'humidité ambiante n'arrangeait rien. Il rêvait de vêtements frais et propres, ainsi que d'un nouveau bandage. Il avait d'ailleurs eu le malheur d'en demander un à ses gardiens lors de son second jour de captivité, et n'avait récolté que de grands éclats de rire. C'était pourtant pas censé être très drôle, mais bon. En tout cas le message avait été clair : va te faire voir mon mignon, ici on te laissera pourrir jusqu'à ce que tu crèves ♪.

    En arrivant à la hauteur des gardes, Kao reconnut les gardes de la première partie de la nuit. La relève de huit heures, qui venait juste d'arriver à en juger par l'état encore convenable de leurs uniformes. En captivité, on perd rapidement la notion du temps, aussi le jeune homme avait-il pris ses précautions : dès son arrivée à Stonefolm, il avait compté sans relâche le nombre de patrouilles devant sa cellule, repéré l'heure approximative des relèves et le visage de ses geôliers. Un seul regard dans le couloir lui appris donc que la nuit venait de tomber sur la cité, ce qui était un point en sa faveur. Le seul, sans doute...
    A peine sorti de sa nouvelle résidence, les deux montagnes de muscles chargées de l'escorter l'agrippèrent par les épaules et prirent la direction de l'escalier. Kaoru décida de ne pas trop se faire remarquer, ses nouveaux amis le dépassant d'une bonne tête et disposant de biceps gros comme ses cuisses. Les deux soldats trainèrent le jeune homme dans l'eau durant une bonne partie du trajet, et arrivèrent aux premières marches de l'escalier en un temps record. Après avoir gouté aux prémices du ski nautique, le prisonnier eut le droit à l'ascension d'escalier la plus rapide de l'histoire. Ces gardes ne semblaient pas courir ni même presser le pas, et pourtant... de vraies machines. Tachant de suivre le rythme imposé par les deux hommes, Kao remarqua qu'ils étaient bien plus froids qu'à l'ordinaire. Non pas qu'ils aient l'habitude de lui faire la causette, mais généralement les soldats ne manquaient pas une occasion de lui lancer un ou deux commentaires sur le fait qu'il allait crever dans d'atroces souffrances, de se foutre un peu de lui ou même de lui poser des questions sur le prince lorsque leurs supérieurs avaient le dos tournés. Cette fois, c'était différent. Une autre autorité s'exerçait sur ces hommes aux visages fermés et sérieux.
    Les gardes ralentirent en rejoignant une tierce personne, ajustèrent leur pas au sien. Kaoru leva les yeux, distingua sans mal la silhouette familière d'un jeune homme à l'allure arrogante.
    Était-il possible que quelqu'un d'autre se charge de l'interroger ? Comme par exemple sa majesté le pyromane mono maniaque, l'homme qui a une armée de demoiselles psychopathes à sa botte et qui fait copain copain avec les armes de destruction massive ailées ?
    Ouais, c'était sans doute ça. Il allait être interrogé par Kyohei Itamura. Autant dire qu'il était déjà mort.

    Jusqu'ici, ses interrogatoires n'avaient pas été trop violents. Ça avait commencé à chauffer lors du dernier, lorsque le sympathique bonhomme qui posait les questions avait un peu perdu patience. Sans doute n'irait-il pas plus loin avec des "j'en sais rien" ou "je ne parlerai pas". C'était bien joli, mais ça ne durerait pas.
    Au début, ça avait été facile : nom, prénom, âge, lieu de résidence. On l'avait même interrogé sur sa famille. Un vague "j'en ai pas" n'avait pas suffi, et Kaoru avait dû inventer une histoire tragique sur la mort de ses parents dans l'attaque d'un village, une dizaine d'années plus tôt. Il offrit même quelques détails à son geôlier, qui hocha la tête d'un air satisfait. Ce récit énoncé d'une voix neutre où perçait une pointe d'émotion et de haine avait rapidement convaincu le stone chargé de l'interrogatoire. Qu'est ce qu'on fait pas en jouant un peu la comédie... d'autant plus que l'histoire de ce raid meurtrier sur un village civil n'avait rien d'une invention : Kao n'avait fait que s'approprier l'enfance d'Aiji, son frère d'arme orphelin depuis le massacre des siens. Prétendre avoir tout perdu était sans doute le mieux à faire plutôt que de donner l'adresse de ses parents qui se verraient soupçonnés de complot contre la royauté. Non pas qu'il cherche à les protéger mais...il avait rompu tout contact avec ces êtres qui partageaient son sang et ce n'était pas maintenant qu'il allait se tourner vers eux. Ses parents l'avaient prétendu mort, il était logique qu'il fasse de même, non ?
    Accusé d'enlèvement, séquestration et violence contre un membre de la famille royale : son crime était un des plus graves. Mais lui même qu'avait-il fait ? Avait-il prémédité cet enlèvement, avait-il frappé son prisonnier ? Il n'était pas coupable des crimes qu'on lui imputait. Du moins pas directement. Et malgré son amour pour les siens, il se sentait écrasé par cette injustice. Était-il destiné à payer pour ses camarades ? Serait-il sacrifié pour leurs péchés ? C'était peut être une noble façon de périr, disparaître au nom des Kyoujins, au nom d'idéaux de liberté et de paix. Mais même si trahir lui déchirait le cœur, il aimait trop la vie pour y renoncer de cette façon.
    Quelle ironie. Donner sa vie pour celui qui lui avait fait découvrir à quel point vivre était beau... Était-ce vraiment le meilleur choix ? Son destin était-il lié à celui de Seiichi jusqu'à la fin, jusqu'au sang et à la mort ? Il pouvait bien choisir un autre chemin, mais à quel prix ?
    Confusion était le maître mot du moment.

    Suivre Kyohei en silence tira un vague sourire au prisonnier. Un soir il avait marché si longtemps derrière le prince, caché dans l'ombre des bois, qu'il lui semblait pouvoir reconnaître la silhouette de ce dernier partout où il irait. La situation actuelle était tellement différente... Les couloirs étaient vides, froids et silencieux. Difficile de faire plus glauque, en fait.
    Le petit cortège arriva à destination après quelques minutes de marche dans une ambiance digne des circonstances. Les gardes tentèrent de taper l'incruste en usant de moyens plus que douteux : prétexter que le prisonnier pouvait être dangereux était bien la plus mauvaise façon de convaincre Kyohei de les laisser entrer puisqu'aux yeux de sa majesté, un poisson rouge sénile était potentiellement plus dangereux que Kaoru. Les deux hommes furent remis à leur place par un regard acéré de leur souverain, qui éveilla bien des souvenirs au captif. Il y avait goûté, lui aussi, à ce genre de truc. Pas étonnant que les gardes obéissent aussi vite : ce genre de regard ne présageait jamais rien de bon et mieux valait filer droit sans attendre la suite.
    Kao entra dans la pièce sans un mot, préférant laisser au prince l'honneur d'entamer le dialogue. Il détailla rapidement les lieux avant d'aller s'assoir sur la chaise que Kyo lui indiqua d'un geste. Un endroit neutre, au meublement plus que sommaire. L'unique fenêtre de la pièce ne permettait pas de localiser précisément la pièce, mais le prisonnier pensait ne pas se tromper en la situant à une certaine hauteur. Bondir par la fenêtre n'était donc pas un bon échappatoire, puisqu'il en mourrait sans doute. Quoique, ce n'était pas forcément pire que de rester coincé dans cette pièce avec un psychopathe royal plein de rancœur...

    "Ravi-ravi d’avoir à subir un énième interrogatoire" ? Bah oui, super ! Quoi de mieux que de se faire interroger encore et encore, sentir la culpabilité planer au dessus de sa tête lorsqu'on songe enfin à l'unique façon d'en finir...
    Kaoru se força à conserver un visage impassible. Il était devenu plutôt doué pour ça, depuis le temps qu'il essayait de paraître calme et blasé dans sa cellule. Kyohei aussi avait bien préparé son numéro : son ton était dur et cassant, ses gestes brusques et emplis de menaces muettes. C'est donc d'une manière plutôt violente que le prince plaqua une feuille sur la table. "Je te rends ton œuvre d’art." Merci, fallait pas. Kao ne put s'empêcher d'y jeter un coup d'œil, son regard glissant le long de l'esquisse. A quoi avait-il bien pu penser en décidant de jouer les artistes mélo-dramatiques cette nuit-là ? C'était totalement ridicule. Le jeune homme ne toucha pas à la feuille, et reporta son attention sur sa majesté. Il faillit lui conseiller d'accrocher l'œuvre d'art en question dans sa suite royale, mais se retint de justesse. Il avait les nerfs à fleur de peau mais avait intérêt à faire un minimum attention à ce qu'il disait s'il voulait éviter de se faire carboniser.
    Ainsi donc, Kyohei voulait tout savoir. Original. Le prince héritier énumérait le genre de questions auxquelles il aurait à répondre (du genre "le pourquoi du comment avec qui quand et où ?") lorsque du bruit ce fit entendre à l'extérieur. Les gardes avaient l'air de se défouler un peu sur un pauvre domestique ayant eu le malheur de les regarder un peu trop fixement. C'était bien leur genre, ça. Sa majesté Kyohei prit les choses en main et décida d'intervenir. Il se mêlait vraiment de tout, celui-là. Le type de personne incapable de ne pas étendre son influence sur tout, tout le temps. Insupportable.
    Kao risqua un coup d'œil vers la porte, attendant de voir les deux soldats se faire réprimander par un prince furax. Il ne vit qu'Elle. Akane l'espionne, absolue reine de l'incruste. Le prisonnier détourna immédiatement son regard, qui tomba sur le dessin toujours posé sur la table. S'il le fourrait dans sa poche maintenant, c'était grillé. Tant pis, ça resterait là tant que personne n'en voudrait. Après tout, ce n'était qu'un bout de papier...
    "Qu’est-ce que j’ai raté ?" Rien. Rien du tout. Kaoru n'avait même pas encore prononcé un seul mot depuis qu'il était sorti de sa cellule. Mais comme l'avait si bien dit Kyo, ça ne durerait pas. Il allait devoir s'y mettre...

    - J'ai déjà répondu au "pourquoi" et tu dois avoir une petite idée du "comment", t'étais aux premières loges il me semble...

    Bon, ça s'était sorti. Ça le démangeait depuis longtemps, d'autant plus qu'il s'était efforcé de coopérer avec ses ravisseurs dans la chambre de l'auberge. Il lui avait expliqué, Kyohei n'avait qu'à s'en souvenir. Si le prince s'amusait à poser des questions sans écouter les réponses, c'était pas la peine de continuer.
    Le prisonnier adopta un ton détaché pour aborder la suite du problème :

    - A quoi bon parler ? Si je ne le fais pas, vous me tuerez sans doute. Mais si je le fais, qu'adviendra-t-il de moi ? Vous ne me rendrez pas la liberté, ça m'étonnerait. Alors si c'est pour croupir dans ma cellule éternellement, je ne vois pas l'intérêt de coopérer.

    Et là, sa majesté lui ferait un bon p'tit regard bien méchant et répliquerait que c'était lui qui posait les questions avant de lui faire cramer les cheveux. C'était ça la suite du programme, de toute évidence. A moins que Kyohei décide de se montrer civilisé devant la demoiselle... De toute façon Kao avait besoin d'une réponse, et celle-ci n'allait pas venir toute seule sans qu'on pose de question.
    Le silence s'installa un instant, et seul le bruit des gouttes de pluies contre le carreau vint rythmer la quiétude des lieux. L'orage gronda au loin, écho d'une nuit pas si lointaine. Une nuit qui les avait réunis, et qui avait scellé leur destin...

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    ┼ Kaoru Hinoiri

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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Mar 27 Avr - 23:14


Akane était du genre résolue.
Il n’y a pas d’explication à cela. Elle était téméraire, impulsive à de rares occasions, – si seulement elles pouvaient être plus rares encore – et elle pouvait se montrer complètement indifférente au danger.
Ce n’était pourtant pas vraiment une femme de caractère, encore moins une petite fille fragile, tout dépendait des évènements auxquels elle était confrontée. Ce qui peut expliquer en partie le fait qu'elle ai sauté aveuglement dans les emmerdes pour venir en aide à leur majesté opprimée.
À présent la pluie battait le carreau avec acharnement. Personne ne semblait vraiment y porter attention, sauf peut-être l’espionne que la situation mettait on ne peut plus mal à l’aise pour trois raisons : La première déjà, au haut d’une tour dans une pièce studieusement gardée au beau milieu d’un interrogatoire et peut-être même avec séance de torture pour la fin. Qu’est-ce qu’on rigole …
Et un peu plus loin, le ciel enfantait d’une pluie interminable.

- J'ai déjà répondu au "pourquoi" et tu dois avoir une petite idée du "comment", t'étais aux premières loges il me semble...

Ambiance …

- Je ne vois pas l'intérêt de coopérer.

Bien bien bien, c’était un bon début. Seconde raison : La compagnie était des plus plaisantes.
Et dehors la pluie. C’est un détail insignifiant. Mais quand même, ça la poursuivait dans toutes ses réflexions depuis quelques minutes. Elle était en pleine séance d’auto morale quand un éclair déchira le ciel et vint illuminer la pièce. Dans un laps de temps très court bien entendu, juste le temps pour Akane de dresser la tête en direction de la fenêtre et de manquer un battement. Et puis quelques secondes après il y eu ce qu’elle redoutait inconsciemment depuis le début.
Un grondement menaçant, assourdissant et nettement trop long à son goût. L’espace d’un instant elle quittait ce lieu sinistre pour en retrouver un qui l’était encore plus. Elle marchait sur une route, de nuit, il pleuvait des seaux tandis qu’au loin pointait l’imposante silhouette de Myridia. Elle revint dans la tour pour en ressortir presque instantanément suite à un second rugissement du ciel tourmenté. Mais cette fois fut bien pire. Elle ne chercha pas vraiment à comprendre ce qu’elle voyait mais savait qu’elle l’avait déjà vécu. Un brutal mélange de confusion et de sang. Qui lui rappelait un certain enlèvement, un certain soir, dans un certain port avec de certains ravisseurs et une certaine victime. Et elle hurla.
Puis elle revint à la réalité et entreprit de se calmer jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’on lui lançait des regards surpris.

Le spectacle devait être assez spécial : elle était debout et invraisemblablement tendue, raide comme un manche à balai et probablement pâle comme un linge. Et elle était au bord des larmes pour couronner le tout.
Elle avait l’air fin tiens. Au bout de plusieurs minutes interminables de silence mi-ahuri mi-embarrassé dans la salle elle murmura quelques mots du genre « pardon, vous pouvez continuer » et chercha un endroit où se mettre, faisant le tour de la pièce en jetant des coups d’œil furtifs par ci par là. Comme elle ne s’était pas encore assez ridiculisée comme ça un troisième coup de gong de passage lui arracha un cri suraiguë et un sursaut de trente centimètres. Achevée, elle s’affala dans un coin entre une penderie et deux murs, à l’écart de la fenêtre. Ce comportement était anormal, elle n’avait jamais eu peur de l’orage comme ça.
Bah, il faut un début à tout.
Consciencieusement, elle tenta de chasser de son esprit tout ce qui était susceptible de la déranger afin de se concentrer sur la conversation qui avait un peu de mal à redémarrer.

- Nous disions donc.

Oui, vous disiez donc. L'espionne enroula les bras autour de ses genoux et y reposa son front. Reprend toi ma grande. Et au pas de course.
Akane était du genre lamentable. Et pathétique quand l'occasion de présentait.

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Keigo Taasku

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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Mer 28 Avr - 18:56

[Tada! Keigo est de retour ! Pour vous jouer un drôle de tour! Afin de préservez...Oups, trompé de texte... J'm'incruste, j'ai demandé la permission... (J'ai même des docs signés et en règles si vous voulez)]

Tard dans la nuit orageuse, le jeune assassin ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi le prince Kyohei avait besoin de lui et de ses "talents" pour faire avouer quelqu'un. Quant on connaît la réputation du prince pyromane, il aurait bien pu le faire parler tout seul. Il accepta cependant le fait de devoir passer une partie de la nuit pour servir un membre de la famille royale. Ses parents les avaient servi avant lui, c'est a son tour de reprendre le flambeau et l'entreprise familiale.
Descendant les escaliers et traversant les couloirs, Keigo appréciait et même s'étonnait du manque de personne présente dans les couloirs. Il est vrai qu'il est plutôt du genre solitaire mais il aime aussi les expressions des gens qui le croisent. Peu savent qu'il est un tueur, les autres pensent qu'il est juste un inventeur... S’ils savaient... Keigo arriva finalement devant la porte où il devait se rendre. Les gardes présents lui jetaient un regard assez glacial, mais il en avait cure. Des bruits derrière la porte, il y avait déjà du monde. Il resta quelques instants devant, hésitant à sa manière d'entrée.
Pour être franc, il n’en n’avait rien à faire finalement. Keigo donna un coup de pied dans la porte qui s’ouvrit et claqua contre le mur dans un bruit sourd. Dans la pièce se trouvait déjà Kyohei en compagnie d’Akane Shibata assisse dans un coin. Sa présence ne le gênait pas du tout, mais il n’était pas prévenu qu’elle soit là. Il reconnu l’homme assis comme étant un Kyoujin.
Keigo fit un petit signe de la tête vers Akane pour la saluer, il se dirigea ensuite vers le jeune prince et s’inclina légèrement.

-Prince Kyohei, je vous souhaite le bonsoir. J’espère pouvoir vous aider mais je tiens à le rappeler ; je sais tuer les gens, pas leur faire dire ce qu’ils ont sur la conscience .Pour cela, demander a un prêtre. Mais j’essaierais de prendre soin de votre…invité…

Keigo regarda sa future victime. Mais son regard n’exprimait ni haine a cause d’avoir enlevé le prince, ni plaisir sadique du fait qu’il allait bientôt l’avoir entre ses doigts. C’était un regard totalement neutre. Il prit une chaise et s’assis en face du kyoujin.
Le jeune assassin le regarda comme si il était un animal inconnu.

-C’est incroyable tout de même… Je n’aurais jamais crû si on me disait que les Kyoujins pouvaient être assez habile pour réussir à kidnapper le prince… Oh, j’en oublie la politesse. Je me nomme Keigo. Je sais aussi que tu te nomme Kaoru Hinoiri. Enchanté

Keigo lui fit un sourire, mais il était tout sauf véritable, pour jouer la comédie, ilétait expérimenté. Il voulait juste voir comment il allait réagir. Tous ses anciens « bourreaux » le traité comme un criminel de la pire espèce, Keigo espérait que ce changement d’attitude lui délie la langue et qu’il puisse rapidement retourner dans son lit sans a devoir utiliser la manière forte.
Il lui fallut plusieurs années à apprendre à reconnaitre les gestes et les expressions d’une personne. Des heures de surveillances multiple ; jeune, vieux, homme, femme, enfant. Mais à présent, il pouvait voir toutes les failles chez n’importe quel individu et s’en servir contre lui.
Il s’abaissa pour se rapprocher un peu de Kaoru.

-Dis donc, franchement, j’admire l’opération que vous avez faite, toi et tes amis. Vraiment. C’était d’une précision et réglé comme une horloge. Mais y’a des questions que je me pose… J’ai analysé, revu et retournée votre opération dans tout les sens, j’ai eut quelques thèses mais il n’y en a pas qui me semble bonne…
Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi vous l’avez enlevé. L’idée qui me vient naturellement a l’esprit était que vous vouliez nuire au roi Kyoya. Mais quelque chose me dit que ce n’est pas cela…


Keigo se redressa, sans quitter Kaoru des yeux. Des dizaines de choses traversaient son esprit en même temps, lui aussi voulait savoir, il voulait TOUT savoir. Ils ont réussis à faire un enlèvement d’une précision que même lui n’aurait pas pût faire. En réalité, Keigo était jaloux d’eux et de leur exploit.
Il fallait qu’il donne encore un coup pour savoir et avoir les informations que lui et son prince voulaient.

-Pour ma part, je pense que tu es innocent, un peu d’espoir avant de lâcher la bombe, ça se voit bien que tu n’es vraiment pas assez doué pour préméditer un enlèvement, je pense même que les Kyoujins t’employe pour un travail d’intérieur…

Keigo se leva et fit quelque pas mais ne se taisa certainement pas.

-Franchement, sir, regardez-le, vous pensez réelement qu'il puisse vous servir a grand chose? A par faire perdre du temps bien sur.


[voili voila, on verra bien ce que ça donnera...]
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Lun 3 Mai - 21:06

[Oui alors j'ai ajouté de l'action, de l'intrigue et tout... <= Ironie. Pure.]

Kyohei ne répondit pas à l’interrogation d’Akane à son entrée, préférant écouter les semblants de réponses de son prisonnier. Elles n’avaient rien d’extraordinaires : il jouait au héros en prétendant n’avoir rien à ajouter, et en profitait pour faire son arrogant. Ça ne lui allait pas. Malgré la fière façon qu’il avait de rester impassible, il ne devait pas s’amuser de sa situation. Non, en faite c’est plutôt le prince qui devrait s’en ravir, seulement voilà ; il avait autre chose en tête que penser à s’éclater comme un petit fou de voir Kaoru en si piteuse position. Pourquoi Keigo traînait-il tant ? Il s’était perdu dans les couloirs ? Kyo’ l’avait pourtant fait avertir qu’il allait avoir besoin de son aide, en précisant le lieu du plan B si les cachots étaient inondés, ce qui était le cas. Oh, il ne souhaitait pas achever Kaoru, même si cela aurait pu être évident au vu de la fonction première de l’assassin, mais il fallait dire qu’avoir un allié de sa trempe à ses côtés ne serait sans doute pas de trop. Et il avait apparemment eu raison : notre cher rebelle avait décidé de faire la bouche cousue sur ce que le jeune homme désirait entendre et adoptait un ton supérieur qui risquait fortement de se muer en total quiétude s’il continuait à se prendre pour un héros.

- Alors comme ça, tu ne vois pas l’intérêt de coopérer ? Tu vas vite changer d’avis. Il existe quelque chose entre le stade de l’inconfort d’une cellule et la mort… Et s’il s’avère nécessaire de te la faire connaître pour te faire parler, ce n’est pas un souci. Alors non, nous n’allons pas te tuer. Pas encore. Il nous reste le qui ?

La vérité, c’est que tout cela lui passait au dessus de la tête. La vérité, c’est qu’il avait l’impression d’avoir été embarqué dans quelque chose de trop grave pour lui, et qu’il tentait de s’en dépêtrer. Cet espèce d’interrogatoire n’était d’un prétexte pour graver le point final de cette histoire stupide qui ne voulait pas le lâcher. Un acte égoïste, qui prenait du sens seulement si on se souvenait que des indociles, là-dehors, courraient toujours, et que Kaoru était le seul lien qui pouvait les amener à leur capture. Cela pouvait alors tourner en opération pour le bien de Stonefolm, ou simplement de la famille royal. Oh et puis à quoi bon chercher des excuses sur le pourquoi il se trouvait à faire ce qu’il faisait à l’instant ? Il était prince, il avait ce droit.

Kyohei ne s’était pas rendu compte que la pluie avait commencé à tomber. C’est un énième grondement sourd qui le fit regarder par la fenêtre. Les gouttes glissaient sur la vitre, troublant la vision que l’on pouvait avoir de l’extérieur. Seul le tambourinement incessant de l’averse emplissait à présent le silence de la pièce dans laquelle se tenaient les trois personnes. Peut-être que Kyo’ ne fut-il pas le seul à repenser à ce maudit soir d’orage semblable où s’étaient croisés leurs chemins. Un début qui manquait cruellement de fin. La tempête s’intensifia imperceptiblement, jusqu’à une détonation sévère et… un cri. Tiens donc, les nuages se mettaient à hurler ? Le prince jeta un regard intrigué vers la véritable source de ce soudain vacarme.

Akane était comme pétrifiée, chose que Kyohei n’aurait jamais pu imaginer voir un jour : n’était-elle pas censée être du genre vaillante, intrépide, de la catégorie des personnes qui avaient tant déjà vécu de drames dans leur vie que plus rien ne les impressionne ? Apparemment non. Il s’apprêtait à lui balancer une remarque railleuse au visage quand il se retint, étonné par l’aspect humide des yeux de l’espionne. Soit quelque chose de grave se déroulait sans qu’il en ait conscience, soit elle avait bel et bien peur de l’orage. Humour. Quoiqu’il en soit, ce n’était apparemment pas le moment de l’abattre à coups de moqueries… et puis le pesant silence qui s’installa dû être une assez bonne correction. La pauvre devait être démoralisée. Qu’importe, c’était la seconde fois qu’elle le dérangeait…

Son second éclat de terreur aurait pu définitivement arracher un air amusé à Kyo’ mais celui-ci fut frôlé par une pointe de pitié. Ou d’inquiétude peut-être, face à cet étrange comportement. Il préféra détourner son regard et ignorer les insolites tourments d’Akane pour en revenir aux faits. L’heure n’était pas à sécher les larmes des fillettes apeurées parce-qu’il-fait-tout-noir. Bien. Kaoru, donc. Avec un soupir il se planta devant lui, prêt à recommencer ce qui avait été déjà de maintes fois interrompu.

- Nous disions donc.

Que disait-il, déjà ? Ah, ou- Il n’eut pourtant pas le temps de continuer, et faillit hurler comme un demeuré d’être encore coupé, mais se détendit vite en reconnaissant le nouveau venu. Celui-ci débarqua d’une manière fracassante, ce qui ne plut pas à la porte qui alla s’écraser contre le mur dans un claquement sonore. Une entrée digne de son caractère, pour ce que Kyo’ en connaissait. Il ne l’avait pas fréquenté beaucoup, mais savait à quoi s’attendre et cela lui allait très bien. Keigo avait le côté sadique qu’il manquait au prince pour la tâche qu’ils s’apprêtaient à faire. Quoique…

Il répondit à son déférent salut par un infime mouvement de tête, encore peu habitué à de telles marques de respect, puis observa avec curiosité la suite se dérouler. Apparemment, Keigo prenait les choses en main. Kyohei se contenta alors de faire un geste sec de la main aux gardes qui s’apprêtaient à se ruer à l’intérieur à la suite de l’importun, leur intimant ainsi de rester où ils étaient. Les deux soldats ne posèrent pas de question, bien qu’un étonnement furieux se lisait sur leurs visages, et reprirent leurs positions après avoir refermé le battant. Son regard revint sur la scène qui se déroulait dans la pièce. L’assassin fut étonnement aimable face au Kyoujin. Non, pire que ça : il allait jusqu’à vanter les mérites de leur plan. De l’enlèvement de Kyohei. Celui-ci ne chercha pas à s’imposer dans la conversation mais n’en pensait pas loin, les sourcils froncés. A quoi jouait-il, au juste ?

Il se contenta alors d’être spectateur. Malgré tout un léger rire sournois le secoua à l’évocation d’un travail "d’employé pour un travail d’intérieur". Très bien vu, Keigo… Il semblait avoir longuement feuilleté le dossier du prisonnier. C’était essentiel, soit, mais l’insulte à peine voilée qu’il venait de faire à son interlocuteur le prouvait et démontrait ainsi qu’il était plus subtile qu’il ne paraissait. Kyohei se plaisait même à détailler son manège, lui-même étant adepte des ruses bien que cela ne s’approchait pas autant de la manipulation. Un domaine qu’il irait peut-être visiter… Il répondit à la question de Keigo sur le même ton que le sien :

- Me servir et bien… qui sait ? Il pourra peut-être passer le balais dans les couloirs…

Il s’empara de la feuille qui trônait encore sur la table en la présentant à l’assassin :

- …à moins qu’il ne préfère décorer les mur.

Une flamme s’empara du papier et la dévora en quelques secondes. Son rougeoiement vacillant eut le temps d’éclairer la pièce, dansant sur l’humidité des murs. Si Keigo avait décidé de faire le gentil, lui n’en avait absolument pas l’intention. C’était presque un soulagement de s’en prendre à Kaoru, comme une sublime vengeance. Cruelle, soit, surtout qu’il était sûrement loin d’être l’instigateur du mouvement de rébellion, mais aux yeux de Kyo’ cela n’avait pas son importance. Il lui parla d’ailleurs ensuite, en désignant nonchalamment l’assassin du doigt :

- Ah, au faite. Si tu veux éviter de passer encore des années à mariner dans ta geôle, tu n’auras qu’à t’adresser à lui. Je suis sûr qu’il se fera un plaisir de te sortir de là… à sa manière.

La vérité, c’est qu’il ne savait pas ce qu’il faisait là, et pourquoi il les avait tous rassemblé ici. Mais qu’il se savait très bien capable de faire connaître à Kaoru le même sort que celui de son dessin, quoiqu’en plus lentement. Rien que pour la comprendre, cette foutu vérité.
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Mer 19 Mai - 19:16

    Kaoru décida de fixer son regard quelque part. Ça lui donnerait l'air résolu, avec un peu de chance. Une vieille habitude à lui, ça. Poser les yeux sur quelque chose et oublier le reste. Mais ça ne le sauverait pas. Il ne pouvait plus fuir, désormais.
    Et si c'était à refaire... ?
    Il existe quelque chose entre le stade de l’inconfort d’une cellule et la mort…
    Alors non, nous n’allons pas te tuer.
    Pas encore.


    Ainsi donc Kyohei s'en tenait au « qui ». Rien d'étonnant. C'était justement le truc que Kao se refusait à dire. Il ne vendrait pas Seiichi. Impossible. Même si celui-ci n'aurait sans doute pas hésité à le sacrifier pour ses ambitions...
    Un éclair zébra le ciel d'encre, et la pièce étincela l'espace d'un instant. On aura pas pu faire mieux, question ambiance. Le grand méchant prince machiavélique interrogeant son prisonnier. Si Akane voulait bien jouer le jeu en entamant une marche funèbre autour de lui, on s'approcherait de la perfection. Mais non, elle décida de hurler. Kao sursauta et s'autorisa à lui lançer un regard surpris.
    Elle avait peur, et ça se voyait. Tétanisée par l'orage, apparemment. Un silence un peu gêné plana sur les trois jeunes gens. Kyohei se tourna lui aussi vers sa compagne, qui semblait partagée entre la honte et la peur. Enfin un peu de temps pour réfléchir... ou du moins pour inventer un truc à dire. Car le prince allait quand même s'interroger sur les raisons de la panique de son espionne, non ?
    Non. La demoiselle marmonna quelques vagues excuses en semblant vouloir aller se planquer très, très loin, loin du regard des deux hommes. Kaoru évita le regard de la jeune fille. Habitué à la voir en tant que charcutière royale doublée d'une traqueuse suicidaire, la voir aussi vulnérable avait quelque chose de dérangeant. Elle était enfin ce qu'elle semblait être : une espionne à peine sortie de l'adolescence, plongée dans un conflit qui la dépassait. Comme pour approuver ces pensées, Akane poussa un nouveau cri suraigu, accompagné d'un sursaut assez impressionnant. Le prince ne fit pas de commentaires, et se tourna vers son prisonnier d'un air sombre. De toute évidence, il n'avait pas l'intention de se rapprocher de sa camarade en pleine panique. C'était pas son genre, de toute façon.
    Nous disions donc. Dans la voix calme et assurée de Kyo pointait une exaspération relativement compréhensive. Le connaissant, il devait mal supporter d'être sans cesse interrompu dans son numéro de tortionnaire machiavélique.
    « Le connaissant » ? Non, c'était faux, il ne le connaissait pas, bien sûr. Et pourtant...

    La porte s'ouvrit avec fracas, et un jeune homme entra. Pas besoin de le connaître pour comprendre l'essence de sa personnalité : le nouveau venu était doté d'une confiance en soi débordante et son assurance se teintait d'une pointe de provocation. Kao vit d'un très mauvais œil l'arrivée de l'inconnu : apparemment, il était un familier du prince, et ça ne présageait rien de bon pour lui.
    Le doute planait sur son identité : aux premiers abords, le prisonnier avait cru à un courtisan ou un intendant ; son jeune âge ne lui permettait pas d'avoir accès à de plus hautes fonctions, mais son attitude clamait qu'il était plus qu'un simple domestique. Mais qui donc se permettrait tant de naturel dans cette situation ? Soit il était dérangé, soit vraiment puéril. D'après ses paroles, il savait « tuer des gens »... Un assassin royal ? A moins que sa majesté ne recrute à la sortie des écoles, c'était impossible : aux yeux de Kaoru, un assassin se devait d'avoir un minimum de maturité. Mais bon, admettons. Après tout, cet homme dégageait une aura de violence et de sauvagerie digne d'un tueur...
    Les gardes retournèrent surveiller le couloir, tellement frustrés que ça en devenait presque contagieux. L'inconnu se tourna vers lui, le dévisageant avec curiosité. Le kyoujin soutint son regard, devina qu'il avait face à lui un prédateur. Dangereux. Un prédateur doublé d'un joueur irrévérencieux, qui semblait se réjouir de pouvoir tourmenter un peu sa nouvelle proie.
    Ne pas entrer dans son jeu, surtout pas. Kao détailla une dernière fois le dénommé Keigo, ses manières décontractées, son naturel, son sourire. C'était clair : on ne pouvait pas lui faire confiance.

    Une pluie de compliments s'abattit sur le prisonnier, ce qui était plutôt surprenant. Sans doute une ruse visant à l'amadouer... mais ça marchait. A vrai dire, il aimait bien entendre des choses positives, pour une fois. C'était idiot, mais ça lui faisait plaisir. Un peu.
    Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi vous l’avez enlevé. Et voilà, le retour des questions. Indirectement, bien sûr. Et cet interrogatoire à peine voilé se teinta bientôt de mépris. La phase «compliments» semblait bel et bien terminée.
    Ainsi, il n'était qu'un bon à rien incapable de préméditer quoi que ce soit. Un sous fifre de bas étage, quoi. Kaoru fut bien plus ébranlé par ces mots qu'il ne l'aurait cru. Peut être était-ce parce qu'au fond de lui, il savait qu'ils n'étaient pas faux... « Travaux d'intérieur » ? La coïncidence était trop énorme pour que le prince n'aie pas fourni ces informations à Keigo. Le prisonnier sentit son amour propre en prendre un sacré coup. Et histoire d'en rajouter une couche, Kyo décida d'entrer dans la partie.
    Passer le balais, ha ha haaa quelle bonne idée. On aurait dit deux gamins en plein concours : qui ferait pleurer le prisonnier en premier ? Les paris sont ouveeerts ! Kao évita le regard des deux mômes qui piaillaient pour reporter son attention sur l'extérieur. La nuit s'épaississait, recouvrant le royaume de sa lourde noirceur. Les nuages orageux masquaient la lueur de la lune, et l'univers n'en était que plus sombre. Le bruit délicat de la pluie tambourinant à la fenêtre avait cessé, et seul le grondement du tonnerre se faisait entendre dans la nuit. C'était d'ailleurs apparemment déjà trop pour Akane, qui essayait de se faire oublier dans son coin.
    Occupé à essayer d'ignorer le prince et son ami le psychopathe, Kaoru fut très vite rappelé à l'ordre lorsqu'il aperçut du coin de l'oeil Kyohei s'emparer du dessin posé sur la table. Ce soudain regain d'intérêt pour l'esquisse lui parut inquiétant, et la suite des évènements lui donna raison : la papier s'embrasa, et, en un instant, disparu. Consumé en quelques secondes, comme s'il n'avait jamais existé. Instinctivement, le prisonnier se tourna vers la demoiselle qui avait heureusement cessé de hurler depuis l'arrivée de Keigo. Mine de rien, Kyo venait de cramer un portrait d'elle, niveau tact on faisait difficilement pire.
    Pour finir, le prince l'invita à s'adresser à Keigo si jamais il voulait « éviter de passer encore des années à mariner dans sa geôle ». Plus de doute : ce fameux Keigo était donc versé dans l'art de tuer. Se suicider ? Ça ne faisait pas partie des options. Il en avait presque honte, mais il tenait trop à la vie. Et puis, il ne demanderait jamais les services d'un homme aux allures aussi peu rassurantes...

    Bon, à lui de parler, apparemment. Keigo aussi était intéressé par le « pourquoi ». Il allait leur en donner, du pourquoi. Il avait des milliers de raisons d'agir comme il le faisait. Autant de raisons que de citoyens opprimés par une guerre sans but et sans aucun profit éventuel à la clé. La monarchie oppresse le peuple, seule l'élite de la nation profite de cela. Et cette élite n'a strictement aucun autre mérite que celui d'être née, tout simplement.
    Il fallait changer tout ça.
    Et ça n'était pas en balançant des tracts que la révolution se mettrait en marche. Les souverains usaient la violence, alors eux aussi. C'était leur droit, se battre pour leurs idéaux.
    Kao trouvait en ces pensées une vérité et une injustice qui le troublaient. Oui, la monarchie était injuste. Mais était-il prêt à tuer pour changer ça ? Seiichi l'était. Donc lui devait l'être, puisqu'il avait juré de le suivre. Etait-il prêt à mourir pour offrir un peu plus de justice ? Non, sans doute pas. Seiichi non plus, d'ailleurs. Leur leader préférait sacrifier ses pions un par un plutôt que de s'exposer en personne. Kaoru le savait, et pensait que le jeu en valait la chandelle. Mais à présent, une vague rancoeur naissait en lui ; l'avait-on réellement abandonné ? N'avait-il été qu'un instrument, lui qui n'agissait que par pur dévouement ?
    Alors, que répondait-il au « pourquoi » qu'on ne cessait de lui demander ? Les raisons de Seiichi.... ou les siennes ? Assumerait-il les idéaux de ses compagnons, avant de payer pour un crime qu'il n'avait commis que par volonté d'être estimé et compris ?
    Dans tous les cas, il devait répondre. Et vite.

    - En fait je..

    Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire. Débiter son discours anti-monarchique ? Pourquoi pas. Après tout, peut être que Akane et Keigo se découvriraient une vocation en l'entendant cracher sur la monarchie. Kyohei, c'était moins sûr. Et c'était lui qui avait les flammes avec lui, donc les autres ne broncheraient pas.
    Des éclats de voix se firent entendre. Interrompu par ce soudain remue-ménage, Kaoru fut forcé d'avouer que c'était vraiment désagréable d'être coupé en plein élan. C'était pas vraiment le moment pour faire la fête dans les couloirs, le prince risquait de perdre patience. A moins que toutes les servantes de la tour n'aient développé elles aussi une peur subite de l'orage, auquel cas peut être Kyo serait-il plus aimable... Un garde entra. Sans frapper. Là, il y allait avoir une tête de garde en brochette, c'était certain. Voir sa majesté étriper l'importun lui serait plutôt plaisant, si on oubliait qu'il risquait à peu près la même chose.
    Mais cette fois, c'était différent. Sur le visage du soldat, on lisait combien il lui était désagréable d'interrompre l'interrogatoire. Mais il n'avait pas le choix.

    - Majesté.... un incendie est déclaré au niveau des forges. Il faut évacuer la tour au plus vite avant que le feu ne se répande...

    Kao s'autorisa un rapide coup d'oeil derrière le garde (pas facile, il était plutôt large, ce qui n'était pas le cas de la porte...). Le couloir vide et silencieux un quart d'heure auparavant était désormais très animé : des domestiques se pressaient ça et là pour sortir à tout prix. Le prisonnier repéra un amas de jeunes servantes effrayées qui semblaient ne pas savoir quelle conduite adopter. Elles poussaient de petits cris de terreur mais ne manquaient pas de tenter d'apercevoir le prince. A croire que Stonefolm était à demi composé de femmes de chambre hystériques...
    Les nouvelles paroles du garde redonnèrent le ton, chassant ces pensées stupides de l'esprit de Kaoru.

    - Ça m'a l'air sérieux, et deux apprentis y sont restés... J'ai pour ordre de faire sortir tout le monde, et vous devez être le premier.

    Normal, on fait passer le prince héritier en premier. Kao esquissa un geste pour se lever, simple réflexe de survie : y'a le feu à côté, on s'en va. Mais le regard que lui lança le garde le dissuada fortement de bouger avant qu'on lui en donne l'ordre.
    Après tout, il était un prisonnier. Sa vie n'avait pas de valeur. Qu'il périsse par le feu de l'incendie, par celui de Kyohei ou par la corde, quelle différence ?
    Le Kyoujin jeta un regard au prince. Il ne pouvait pas le laisser ici... si ?

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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Lun 24 Mai - 12:57

[Le poste qui sert trop à rieeeeeeeeeeen ]

Bon, ce n’était plus l’heure de moisir dans son coin poussiéreux. Akane se releva avec sérieux, oubliant un petit instant pourquoi elle s’était retrouvée là mais on ne tarda pas à le lui rappeler. Le coup de tonnerre suivant la projeta contre le d’en face mur avec une violence et une netteté surprenantes. Bon … Comme ça elle était sûre de ne pas en louper une … Elle s’en décolla précautionneusement en frottant la bosse qui risquait d’apparaître puis se redirigea vers le groupe dont elle s’était détachée. Kaoru s’était levé brutalement, puis stoppé dans son élan – un type grand comme la porte devait y être pour quelque chose – Keigo levait mollement les sourcils, Kyohei resta impassible. L’incendie ne semblait pas attendre tout le monde.
Allez, il fallait se tirer en vitesse maintenant. Le garde effectua un petit pas de côté afin de le laisser sortir. Oui le, pas les, le. Il sortirait le premier, il bénéficierait d’une escorte, il aurait droit à ce que tout le monde s’écarte à son passage, il serait en sécurité avant que les trois autres ne quittent la pièce, il n’aurait aucun soucis à se faire concernant ses jours et il serait celui qui s’en sort les mains dans les poches. Eux, ils seraient de ceux qui doivent jouer des coudes.
Toujours.

Les décisions furent vite mises en pratique. Ces décisions avaient été prisent d’un regard. Le plan n’était pas clair pour tout le monde mais ce n’était pas un problème, Kyohei était déjà dehors. Il portait dans son attitude quelque chose de décontracté et d’arrogant, ce qui devait lui être habituel vu qu’elle ne lui connaissait pas beaucoup plus d’expression. Le garde pointa le menton vers Kaoru puis vers la porte, l’invitant à suivre celui qui le retenait prisonnier, ordre qui fut prestement exécuté. Et puis pour ce qui était des deux restant … Le soldat les dévisagea tour à tour avant de les quitter sans un mot. Il ne leur avait pas fait un signe, rien. Il s’était juste tiré en laissant la porte ouverte. Pourtant il y avait comme un petit mot de laissé du genre « Bye bye bande de gueux, je vous laisse entre vous ». Keigo sembla assez vexé de l’attitude de certains, jetant un regard noir au dehors, serrant les poings. Mais il ne tarda pas plus à pénétrer dans le couloir bondé. Akane fut contrainte de le suivre, elle n’était pas plus à sa place dans une pièce vide que dans les corridors tourmentés de la tour.
Elle ne savait plus où aller. Kyohei était déjà à plusieurs mètres, on se tassait pour le laisser passer, lui. Kaoru devait l’accompagner. Keigo, elle l’avait perdu de vue. Bon, et maintenant ? Il fallait descendre.
D’instinct elle suivit docilement les seules personnes qu’elle reconnaissait dans cette foule. Un parfait petit mouton. Elle n’y pouvait rien, elle était complètement paumée. Elle devait les suivre, sinon c’était sûr qu’elle finirait pas se perdre. Ils avançaient dans le même sens que tout le monde, sauf qu’ils progressaient nettement plus vite. Si elle les perdait de vue … Quoi ? Si elle les perdait de vue alors pas grand chose. Elle pouvait se laisser aller le flot et suivre les instructions, ça serait pareil. Mais il lui fallait quelqu’un à suivre, et ce quelqu’un s’en allait sans l’attendre.
Le temps d’une seconde elle y vit comme en plein jour, les fenêtres s’illuminèrent et les couloirs s’éclaircirent. Une fois cela passé, un grondement passa les cloisons et s’engouffra dans la tour pour durer ne seraient-ce que quelques instants. Mais si l’espionne s’arrêtait ils disparaîtraient au tournant.

Je n’écoute pas, je continue ♪

Les larmes revinrent. Merde, c’était pas le moment !
Il fallait qu’elle s’arrête. C’était plus qu’un besoin, c’était une urgence. Alors elle ouvrit une porte au hasard, et la referma derrière elle avant de s’asseoir. Juste pour se calmer, ça ne prendrait pas bien longtemps.

Allez, une seconde de plus pour reprendre des forces, encore une, encore, allez, laisse les s’en aller. Tu n’as plus rien à faire avec eux. Encore une seconde. Et encore une parce tu es fatiguée.
Encore une parce que j’ai pitié de toi.


Bon, ça suffisait. Elle les avait perdu. Ca devait arriver.
Ce n’était pas grave, elle pouvait se débrouiller sans eux. Elle n’avait besoin de personne pour descendre un escalier.
Peu à peu les couloirs se vidaient d’eux même, bientôt il ne resterait plus qu’elle. Elle se releva lentement, un peu perdue, et balaya la pièce du regard. Une puissante lumière provenant de la fenêtre, filtrant les rideaux tirés, capta son regard au passage. Intriguée elle s’en approcha et les écarta d’un geste ferme. Ses yeux s’écarquillèrent et son souffle de coupa net, peut-être sous le coup de la surprise, peut-être sous le coup de l’effroi, peut-être des deux.
Un rang de flammes léchait tranquillement et avidement la vitre, inondant la chambre d’une inquiétante clarté et d’un éclat menaçant. Le feu avait donc prit une telle ampleur ? Terrorisée elle se rua sur la porte et l’ouvrit grand. Une poutre enflammée tomba à moins d’un mètre d’elle et Akane referma en faisant claquer le battant dans son cadre. Pur réflexe.
Toujours était-il que ça ne s’annonçait pas si bien que ça. Derrière la porte ça crépitait sec, plus question de sortir par là. La fenêtre ce n’était même pas la peine d’y penser. Par chance il restait encore une porte, menant probablement à une chambre de bonne menant elle-même à un couloir. L’espionne se précipita sur la poignée et se démena jusqu’à se rendre à deux évidences près : - C’était fermé à clé
- Elle allait crever
La peur l’aveuglait, elle se remit à malmener le malheureux machin. Puis, elle décida de faire ce qu’elle savait faire de mieux, si ce n’était la seule. Elle savait se calmer, et elle le fit. Elle ne pouvait pas réfléchir sensément en paniquant comme elle le faisait. Mais, maintenant qu’elle avait une vision rationnelle des choses elle ne pouvait pas envisager autre chose que mourir dans des souffrances atroces. Mieux valait ne pas réfléchir. Alors elle se remit à s’affoler et vida tous les tiroirs qu’elle trouvait à la recherche d’une clef providentielle. Elle retourna la chambre en vain, fracassant des boîtes à bijoux contre les murs et se trémoussant par terre pour balayer la poussière sous les étagères. En vain, cette foutue clé restait introuvable. Elle n’avait plus le temps. Elle céda volontairement au pire état de panique qu’elle ait connu, c’était le seul moyen. Elle en vint à se jeter sur la porte à s'en faire mal à l'épaule sans succès.
Alors elle s’empara d’un fauteuil et … Et rien du tout, c’était trop lourd pour elle. Ri-di-cule. Elle partit donc en quête d’un objet aussi encombrant bien que moins difficile à transporter. Elle ne trouva qu’un tabouret planqué derrière les rideaux. C’était suffisant. Prenant une grande inspiration elle s’élança à travers la pièce avant de frapper la serrure avec le peu de force dont elle disposait. Il ne se passa absolument rien. Ah si, le tapis prit feu comme un tas de brindilles. Au fait, la chaleur, parlons en. La température augmentait sans relâche, devenant bien vite à la limite du supportable.
Akane se refusa à abandonner et assena à la porte de violent coups de tabouret. Violents, certes, mais pas très efficaces. Le battant sembla un peu ébranlé par ce déchaînement soudain mais tint bon. Cet équipement de fortune ne fit pas long feu. Waw, voilà, elle détenait le calembour le plus miteux de la soirée. Le tabouret perdit trois de ses pieds un à un et elle du se contenter d’un seul d’entre eux pour persévérer, heurtant le verrou avec une agressivité jusqu’alors inconnue. Ca ne servait à rien. Épuisée, elle tomba à genoux. Les flammes dévoraient les meubles et les murs, la chaleur devenait insupportable. Et merde, comment est-ce qu’elle avait réussi à se mettre là dedans. Elle avait insisté auprès d’un soldat vulgaire. Et voilà où elle se retrouvait.
Elle prit appui sur la porte réticente et y appuya sa tête. Que pouvait-elle faire maintenant ? Rien. Appeler peut-être. Alors elle appela à l’aide. Quand elle hurlait, elle hurlait, c’était bien le diable si personne ne l’entendait. Mais qui viendrait la chercher ? Qui le pourrait à présent ? Qui en aurait la volonté ? Personne.
Personne ne viendrait. Sa seule issue lui résistait. L’orage s’était arrêté, mais l’incendie était là pour le remplacer. Elle n’avait pas la force de faire sauter la serrure alors elle allait périr carbonisée. Ce n’était pas la fin qu’elle voulait.
Dans un élan désespéré elle se saisit du bout de bois qui traînait à sa droite et cogna une dernière fois dans la serrure avec colère. Qui céda.
Un grand sourire s’étira sur ses lèvres. À dire vrai, la chambre qui devait se tenir derrière cette porte n’avait probablement pas échappé aux flammes non plus. Mais maintenant qu’elle l’avait fait … Les yeux pleins d’étoiles et d’espoir elle se releva et tira sur la poignée qui n’opposa aucune résistance. Ses poumons s’emplirent de bonheur.
Et le recrachèrent aussitôt. Pourquoi n’y avait-il aucune lumière là dedans ? Pourquoi n’y avait-il aucune fenêtre ? Pourquoi était-ce si étroit ? Probablement parce que …

Parce que c’était …

Probablement parce que c’était un placard …


Akane en tomba sur les fesses. C’était trop bête pour être vrai … Un placard, un bête placard incrusté dans le mur. Non, c’était pas possible. Pas possible. Dire qu'elle s'était crue sauvée.
Une autre porte fut forcée accompagnée de charmants jurons. On venait la chercher. Elle se retourna et vit un soldat qui piétinait rageusement le parquet, difficile de deviner si il tentait d’éteindre ses chaussures ou si c’était le tapis qui à cet instant s’était retrouvé sous le statut de carpette incandescente qui le dérangeait. Puis son regard se porta sur la jeune fille assise dans un coin visiblement écoeurée.

- Venez !

Elle ne traîna pas. Elle sauta sur ses pieds et contourna le tapis. Monsieur ne dû pas juger suffisant d’ordonner de suivre et empoigna le poignet de la fille qui l’accompagnait avant de l’entraîner dans le couloir, puis dans les escaliers. Tout ce qui les entourait était devenu rouge ardent et menaçait de s’écrouler. Il fallait se casser vite fait.
Par bonheur aucun imprévu dérangeant n’intervint pendant le trajet retour qui dura jusqu’au hall. En descendant les escaliers elle aperçu un petit trio qui lui était familier. Son sauveur ne la lâchait pas et l’emmena avec lui au rapport.



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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Ven 28 Mai - 15:46

(Je pourrais plus repondre apres ça, je suis désolé...)

Ca c'était la meilleur! Il était a 2 doigts d'extriper des informations a Kaoru, et sans lui faire de mal en plus, quand ce fichu garde vint tout gacher !
Keigo n'était pas du genre a s'enerver pour rien, d'accord il y a incendie mais, C'EST PAS UNE EXCUSE ! Retenant sa colere, l'assassin qui jouait au bourreau regarda le prince s'en aller sans rien dire suivit de sa bande de toutou royaux. L'un deux se saisit de Kaoru et l'emmenait dehors. L'envie de meurtre remonta dans sa gorge, on ne l'interrompt pas quand il travaille et on ne lui enleve pas sa victime comme celà sous son nez.

Malheureusement, il ne pouvait rien dire. C'était les gardes du prince, dont du roi. S'il s'en prennait a eux, Keigo aura du mal a garder sa place au chateau. Il ne pouvait que serrer les poings et les regarder faire. Il ne retait plus que lui dans la piece vide... Et Akane. Keigo l'avait presque oublié l'espionne, elle ne s'était pas faiut remarquée jusqu'a présent. il se dirigea a son tour vers la sortie, suivit ensuite par Akane.

Dehors, c'était le rassemblement générale, tout le monde était sorti de sa douce chambrette pour échapper a l'incendie. Personnellement, Keigo ne prennait pas cet incendie au serieux; sa chambre était de l'autre coté du chateau et Hasaki, son louveteau domestique, était enfermé dans sa chambre. Il put remarquer la silhouette du son captif et des gardes, se frayant un chemin a travers la foule humaine, Keigo fini par arriver aupres d'eux et prit le bras de Kaoru.

-J'en m'en occuppe, dit-il au garde. Il est sous ma responsabilité.

Keigo regarda le prince Kyohei avancer comme si de rien n'était. Sa froideur était l'opposé de la chaleur de ses flammes. L'assassin restait sur ses gardes, Kaoru pouvait profitter du monde pour s'échapper, c'est pourquoi il avait une aiguille recouvert d'un puissant paralysant dans sa manche mais pour le moment, il était tranquille.
Regardant derriere lui, il remarqua qu'Akane avait disparue. Il se tournant ensuite vers le garde a qui il avait volé son prisonnier.

-Voulez vous allez chercher Akane Shibata, je vous prie? Je crois qu'elle s'est perdue.

-Pourquoi je devrais t'écouter? Tu n'es qu'un simple assassin et on n'est pas tes boniches.

Keigo sorti son aiguille et la planta dans l'épaule du garde inamicale. Celui-ci s'appuya contre le mur avec l'autre épaule et tomba sur le sol.Ne bougeant plus. Il n'avait pas envie de l'utiliser maintenant et surtout contre un garde. Gaspiage inutile. Il se tourna ensuite vers le garde derriere lui.

-Il bougera a nouveau dans environ 1h voir 1h30. Pouvez-vous, S'il vous plait, aller chercher l'espionne ?

Cette fois-ci, le garde s'executa apres quelques seconde de reflexion. Il ne restait plus que Kyohei, Kaoru, lui et quelques gardes, l'autre était resté contre le mur. Keigo n'aimait pas faire de maniere et encore moins avec les gardes.
La petite troupe avançait ,sans s'echanger le moindre mots, seuls les voix des servants et des gens du chateau résonnait dans les oreilles de l'assassin. Le trajet lui semblait éternel jusqu'au moment où il arrivent au Hall.

La foule se dissipait ,plus d'espace, apparament, pour circuler. Keigo put voir arriver Akane, accompagné, où plutot accroché, au garde qu'il envoya.
Mais une nouvelle questoin se posait : "Que faire à présent?". Keigo regarda chacun a tour de role puis s'adressa au Prince.

-Seigneur Kyohei, que devons nous faire a présent ? Devons-nous continuer l'interrogatoire ou faisons nous autre chose ? Je pense que j'arriverai a le faire parler par la force, mais je pense que pour le bien de tous ,la maniere douce est a privilégier..
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Dim 13 Juin - 1:15

(je vous autorise à me vénérer)
(je vous autorise aussi à me dire quoi changer parce que là je suis un peu (un peuuuu) parti en flou artistique)
(oui je suis assez fort dans ce domaine, j'admets Cool)
(ah et... la prochaine fois je tenterai d'éviter les dédicaces inutiles...)
(bonne nuit =_=)


Kyohei s’attendait vraiment à ce que lui Kaoru réponde enfin, à ce qu’il dévoile ce qu’il avait encore à dévoiler, soit remis entre ses quatre murs humides et que tout finisse bel et bien là. Erreur. Peut-être avait-il été trop optimiste, sur ce coup là. Il faut dire qu’avec Keigo à ses côtés il ne doutait plus d’arriver à faire cracher le morceau au prisonnier, et avec en plus la menaçante démonstration de son pouvoir qu’il venait de faire, qu’est ce qui aurait pu l’amener à douter ? Probablement le fait que la chance n’était décidément pas de son côté, (Avec 2 en chance aussi…) c’est d’ailleurs ce que lui apprit le raffut qui survint soudain de l’extérieur de la pièce. Enfin, cela fut plutôt comme un grondement sourd qui s’intensifia jusqu’à ce que l’on put nettement percevoir des cris et distinguer des bruits de pas effrénés. Kyohei les ignora d’abord, s’accrochant au début de phrase de Kao qu’il ne finit jamais. Il lui fallut finalement se rendre à l’évidence : quelque chose d’important se tramait là-dehors et il ne lui servirait à rien de faire comme si de rien n’était plus longtemps… surtout que tous ici commençaient à jeter des regards intrigués à la porte.

Celle-ci s’ouvrit avec fracas. Au même moment, le prisonnier sembla vouloir bondir sur ses pieds et Kyo réagit vivement en lui lançant un regard noir. Mais il ne semblait pas chercher à fuir et écouta sagement les paroles du garde qui s’était imposé devant eux. L’homme qui s’apparentait à une armoire à glace semblait ennuyé et anxieux, et son ton même, lorsqu’il expliqua la situation, semblait supplier un quelconque pardon d’interrompre la tâche que faisait le prince. Ce dernier sembla lui accordé d’un signe de tête, gardant une expression neutre malgré l’agacement qui le rongeait dans un nouveau sursaut. Ce qui l’énervait ainsi c’était bien évidement le fait d’être à nouveau stoppé net dans son élan et celui de voir une partie du château partir en fumée mais aussi cette position de supériorité dans laquelle il se trouvait. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il était loin d’être ravi de se voir ainsi mis en priorité. Cela le contraignait à passer pour le pire des arrogants, dédaignant la vie des autres pour prendre la tête de l’étrange cortège de fuite, alors qu’auparavant il pouvait tranquillement rester en retrait. Il lui faudrait sûrement un temps d’adaptation à son nouveau rôle…

Kyohei s’autorisa un regard vers les autres pour s’assurer que personne ne resterait en retrait sans être prévenu. Apparemment pas d’inquiétude de ce côté-là : Akane avait rejoins le groupe et un soldat vint vite se charger du détenu qui semblait une seconde plus tôt se demander s’il allait être jeté au feu ou épargné. Quant à Keigo, il semblait bouillir de l’intérieur mais n’était pas du genre à se perdre ou à se laisser écraser contre les murs. Le prince sortit alors par la mince ouverture que le grand garde créa en faisant un pas sur le côté. Dans le couloir, c’était la cohue générale, une sorte de chaos accompagné d’éclats de voix angoissés et d’une pesante ambiance de folie. Tachant de rester impassible malgré les visages qui se tournèrent vers lui, Kyo accéléra le pas sitôt que la foule se sépara en deux pour lui laisser la place de passer. Encore une nouveauté qu’il accueillit avec tout le calme dont il était capable. Trois pas après, il se dit que cela n’importait peu, au fond, et suivit le flot de domestiques sans plus se poser de questions.

Comme prévu, Keigo rejoignit bien vite l’avant de l’escorte et, du coin de l’œil, Kyo’ l’aperçut reprendre Kaoru sous sa responsabilité. Cela ne l’étonna gère et de toute façon, avec tout les rebondissements auxquels il venait d’avoir affaire, il avait décidé que plus rien ne l’étonnerait. Pour Akane cela devait être une autre histoire : la jeune espionne aurait peut-être du mal à se frayer un chemin parmi la bousculade déchaînée qui s’entendait à l’arrière du grand groupe… surtout que le tonnerre tonnait encore en de grands éclats lumineux. La seconde suivante, l’assassin, qui devait avoir eu la même pensée, s’occupa d’envoyer quelqu’un la retrouver dans la confusion. Il se chargea dans la même foulée d’un garde un peu trop insolent à son goût. Kyo’ ne fit aucune remarque, observant juste qu’il ne faisait pas dans la demi-mesure, mais étant bien trop préoccupé par l’incendie pour s’attarder sur ces futilités.

Ils arrivèrent au grand hall sans embarras, et la masse de personnes put s’étaler plus librement dans l’espace. Kyohei stoppa net sans vraiment savoir ce que lui réservait la suite ni ce qu’il devait décider. Keigo résuma d’ailleurs tout haut cette interrogation. Il n’eut pas le temps de formuler une réponse que déjà le soldat qui avait été envoyé chercher Akane déboula en tenant l’espionne par le bras. Elle semblait ne pas avoir échappé à la fumée car sa peau était par endroit ternie par la suie et sa coiffure échevelée. Après réflexion, il décida de tous les congédier d’un geste de la main :

- Cessons ce petit jeu d’interrogatoire maintenant. Il se passe quelque chose de plus grave en ce moment. Nous reprendrons lorsque l’évènement sera oublié et après un retour au calme.

Il parlait en regardant l’agitation autour de lui, observant les réactions des autres. La plupart continuaient leur route pour sortir à l’air libre tandis que d’autres, plus courageux, se rassemblaient pour se rendre au puit de la cours et créer une chaîne humaine. Un soldat haut gradé l’interpella et il se tourna pour écouter ce qu’il avait à dire. L’homme s’inclina bas avec les formules de politesse habituelles avant de s’exprimer. Son souffle était rapide et ses mots entrecoupés, comme essoufflé après avoir couru.

- Monseigneur… L’incendie s’est déclaré dans les forges dont la moitié est totalement dévastée et l’autre épargné par le vent qui a poussé les flammes à l’opposé. Celles-ci se sont élevées vers les toitures prêtes des fondations de la tour. Les charpentes se sont effondrées mais il n’y avait personne à ce moment là. La plupart des planchés doivent être endommagés par la chute de la voûte centrale et-

-Soit, soit,
l’interrompit Kyohei qui n’avait que faire des détails. Que peut-on faire dans l’immédiat ?

Son interlocuteur sembla totalement pris au dépourvu par sa question mais se revigora bien vite car il se frappa fièrement la poitrine de son poing.

- Vous avez peut-être constaté que mes hommes sont sur le coup : on compte utiliser toute l’eau à notre disposition et ici, ce n’est pas ça qui manque. On compte aussi humidifier le plus possible ce qui sépare la partie dévasté de ce qui encore sur pied. Heureusement l’averse fut vivace et toute la face extérieure du bâtiment extérieure est détrempée. Quelle fortune !

Son semblant de sourire disparut bien vite au regard noir du prince qui, non, ne pensait pas que le hasard c’était clément avec eux. Il ravala des paroles acerbes pour répondre platement :

- Bien. Je vous suggérerais d’aller prendre l’eau qui inonde les cachots plutôt que de vous embêter à faire des allers-retours inutiles jusqu’au puit principal.

Le visage du soldat s’éclaira comme s’il venait d’être frappé par une divine révélation, le remercia respectueusement et s’en alla modifier ses ordres. Le silence se réinstalla une fois de plus sur le petit groupement qui n’avait pas bougé d’un cheveu. Finalement, c’est celui qui tenait (encore) Akane qui exposa son histoire. Cela faisait d’ailleurs un moment qu’il se retenait, craignant peut-être les représailles de Keigo, qui avait fait la démonstrations de ses méthodes peu avant, s’il coupait la parole à Kyohei.

- Altesse, la voici… Elle s’est retrouvée prise au piège des flammes et, malgré le danger, je l’ai bravement secourue comme vous me l’aviez si justement ordonné.

Le prince se retint de justesse de signaler que primo il avait remarqué le retour de l’égarée, depuis le temps, que secundo le sauveteur n’avait pas besoin d’étaler ses exploits comme un héroïque raté en mal de compliments, et que tertio c’était Keigo qui avait donné l’ordre, pas lui. Il se contenta d’hocher la tête et lui demanda assez durement d’arrêter de broyer le bras d’Akane. Celle-ci pouvait à présent retourner dans sa chambre si elle le désirait, aider les domestiques qui s’appliquaient à faire ce qui était en leur pouvoir pour s’occuper des flammes ou simplement aller respirer de l’air frais après toute la fumée qu’elle avait dû inhaler. Après avoir adressé trois mots à quelques soldats qui seraient chargés de surveiller le prisonnier à sa suite, Kyo reprit la direction de la cellule de ce dernier pour l’y remettre, en bien fidèle occupant… mais c’était sans compter sur la file de soldats afférés qui obstruaient totalement l’escalier. Ah, oui. Grognement. Demi-tour. Il n’avait décidément pas fini de balader le rebelle à droite et à gauche. Lui devait d’ailleurs se demander dans quel enfer il était tombé, mais son avis n’avait aucune valeur aux yeux des Stoniens, Kyo le premier.

Ils repassaient devant la partie de bâtiment qu’ils avaient quitté pour échapper aux flammes quand soudain il y eut de l’agitation à l’arrière de la petite troupe. Le prince se retourna prestement pour voir ce qui l’avait provoqué et ses poings se serrèrent avec rage lorsqu’il en prit connaissance. Déjà, les gardes affolés rejetaient la faute sur leurs voisins, leurs visages cramoisis par la honte et la crainte. Aucun n’imaginait même rattraper l’erreur monumentale qui avait été commise. Trop lâches, trop bêtes, qu’importait la raison. La réalité était bien assez terrbiel : Kao avait profité du relâchement général pour assommer celui qui le tenait et filer, tout simplement. Pas fou, le bougre. Les pauvres fautifs tentèrent de s’expliquer, l’un coupant la parole à l’autre qui avait à peine le temps de commencer sa phrase, et en recollant les morceaux on aurait pu formuler : "On pensait qu’il était inoffensif, et de toute façon ce dingue a couru directement vers les salles en feu".

- BANDE D'INCOMPÉTENTS ! (Le 19 serait de rigueur mais avec un 100 ça passe bien aussi)

Kyohei n’avait pas put se retenir, ébahis par la naïveté de ceux à qui il avait confié Kao et la sienne qui l’avait autorisé à quitter le captif des yeux. Cependant cela ne servait à rien de s’apitoyer sur son sort : ce qui s’imposait à présent c’était rattraper le fugitif. Avec un peu de chance (ha-ha), Kyo pourrait le retrouver inconscient dans le couloir qu’il avait emprunté… Il fit de même, délaissant son escorte ahurie pour s’y élancer. De toute façon, il ne craignait pas le feu. Il lui suffirait alors d’essayer de ne pas s’intoxiquer avec la fumée… facile à dire. Heureusement il n’eut pas à s’enfoncer trop loin dans cette partie du château grignotée par l’incendie : il avisa vite une fenêtre qui avait explosé sous la pression de la chaleur (PathéA, toi qui est en S… c’est possible ça ? xD) et qui offrait une issue parfaite pour un fuyard désespéré.

Enfin parfaite… si on omettait le fait qu’elle se trouvait un peu trop haute par rapport à l’étendue gazonnée sur laquelle elle donnait. Kyohei prit le temps de se pencher en bas pour vérifier que son hypothèse était juste, hypothèse qui lui semblait de plus en plus improbable. Il fronça les sourcils en apercevant une tâche blanche filer sous le ciel gris, en direction de la végétation proche. Comment avait-il… ? Décidément, ce gars là lui réservait encore des surprises, et pas que des bonnes.
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Kaoru Hinoiri
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Mer 23 Juin - 15:55

    Et en bonus, une visite guidée du château de Stonefolm en flammes.
    Super.
    La classe "bagage" était de retour, par contre. C'était toujours mieux que de rester cramer dans la tour, certes, mais être trimballé partout comme un paquet un peu trop encombrant de sa Majesté Kyohei n'avait rien d'agréable.
    Au moins, Keigo l'avait lâché. Kao' préférait nettement la compagnie des trois montagnes de muscles qui lui broyaient les épaules à celle du jeune homme rencontré un peu plus tôt. Car Keigo semblait, à lui seul, bien plus dangereux que trois gardes. Il était vicieux. Les trois hommes qui se tenaient près de lui, en revanche, ne l'étaient pas. Ils obéissaient, c'est tout. Les ordres primaient sur leurs initiatives personnelles. C'était triste à voir, mais au moins leur attitude était prévisible ; ils obéiraient, point.

    Passée la crainte d'être abandonné dans la pièce exiguë qui avait servi de lieu d'interrogatoire, le prisonnier avait senti qu'il pourrait tirer parti de cet incendie. Les allers et retours des occupants, civils et militaires, semblaient s'organiser petit à petit. La confusion demeurait cependant grande, et constituait de ce fait un atout non négligeable. Enfin, pour lui uniquement. Car cela n'avait pas vraiment réussi à Akane.
    Elle s'était perdue. Dans l'incendie. Seule. Kao' regretta de ne pas être assez cruel pour souhaiter la mort de son ennemie ; il n'avait pas envie qu'elle meurt ainsi. L'imaginer brûler vive dans sa cachette ou asphyxiée en cherchant la sortie ne lui procurait aucune joie. S'en était d'ailleurs exaspérant : que fallait-il lui faire subir pour qu'il puisse la haïr, Elle et les siens ?
    Un garde dévoué l'avait récupérée avant qu'elle ne finisse en barbecue humain et s'était empressé de venir lécher les bottes de son prince. Bien qu'un peu éprouvée, l'espionne semblait indemne. Kaoru lui jeta un bref regard, s'attardant sur la suie qui tachait sa peau et ses vêtements. Ç'aurait été dommage que son otage favori finisse comme le portrait qui la représentait. Il leva ensuite les yeux vers Kyohei, tâchant d'y lire une pointe de soulagement devant le retour de sa camarade. Mais le prince demeurait imperturbable, faisant preuve d'un sang froid bienvenu dans cette situation. Bien entendu. Comme s'il allait se jeter sur son espionne et la faire tournoyer dans ce hall bondé. Noon, il se contenterait peut être de la regarder un peu moins froidement que le reste du monde.
    Kao poussa un léger soupir.
    Il s'était presque habitué à eux, tiens.

    Passé des mains de Keigo à celles des trois mastodontes, Kao put réfléchir, guetter la moindre occasion de se faire la malle. Mais pas n'importe comment. Hors de question de passer par la porte principale, poursuivi par ses copains les gardes suivis d'un prince à l'humeur massacrante. Il fallait qu'il utilise sa tête. Qu'il se souvienne. Il devait bien y avoir un moyen de sortir d'ici sans passer par la grande porte...
    Le temps lui filait entre les doigts. Chaque pas le rapprochait de son cachot, d'une nouvelle attente avant un interrogatoire auquel il ne pourrait répondre sans sacrifier une partie de son être. C'était maintenant ou jamais qu'il pouvait retrouver sa liberté. Il devait saisir sa chance. Ce n'était pas en restant passif qu'il sauverait sa peau, il devait se prendre en main. Oui, il n'y avait pas d'autre solution s'il voulait s'en sortir.
    Mais il n'avait pas le droit à l'échec.
    Un des gardes le poussa en avant d'un mouvement brusque, et le prisonnier faillit se tauler. Une brutalité gratuite qui n'étonna pas Kaoru. Les murmures qu'il attrapa au vol lui apprirent que les trois militaires ne croyaient pas à un accident dans les forges. Il y avait du Kyoujin là dessous, les gardes en étaient certains. Kao s'amusa de cette peur superstitieuse à l'encontre des siens, ce groupe entouré de mystère dont les membres étaient aussi redoutés qu'insaisissables.
    Enfin presque. Le prisonnier savait qu'il constituait à lui seul la honte du groupe. Enlevé dans sa propre planque par un prince à demi crevé et une demoiselle à peine sortie de l'enfance. bleMinable. Même s'il sortait, il demeurerait marqué à vie par cette disgrâce.
    Mais le temps n'était plus aux lamentations. Il ne l'avait jamais été, d'ailleurs. Comment Kao avait-il pu en douter ? Il n'aurait jamais dû attendre qu'on vienne le sauver. Il aurait s'en souvenir ; on ne l'aidait jamais. Il devait prendre les devants. Il s'agissait de sa vie, à lui de décider s'il voulait la passer dans ce cachot ou à l'extérieur.
    Le choix fut immédiat, la suite des évènements rapide.

    Le jeune homme repéra les nombreux couloirs qui s'ouvraient sur sa gauche. Où menaient-ils ? Il le savait, il devait savoir. D'après lui, s'il empruntait cette voie, il déboucherait vers les jardins. Un bon point. Une fois dans les jardins, il aurait l'avantage. L'obscurité serait sa meilleure alliée, sans compter que l'incendie primait sans doute sur sa capture, question importance.
    Le problème, c'était que ces couloirs étaient dévorés par les flammes.
    Quitte ou double : ou il parvenait à sortir du château, ou il brûlait vif dans sa tentative d'évasion. Le jeu en valait-il la chandelle ? (huhu)
    Pressé par le temps, Kao décida de jouer le tout pour le tout.
    Ses trois amis le considéraient comme un prisonnier peu dangereux, voire carrément inoffensif. C'était vrai. Mais rien n'est plus dangereux qu'un Kaoru poussé dans ses retranchements préparant un plan foireux. Bon si on cherche bien, on peut sans doute trouver plus dangereux, mais bon.... Pour une fois, Kao fut sous estimé. Et oui, tout arrive.
    Sur les trois types chargés de l'encadrer, un seul le tenait réellement. Les autres se contentaient de marcher à ses côtés, marmonnant toujours des malédictions à l'encontre des Kyous, de l'incendie, du prisonnier, et de bien d'autres futilités. Il suffisait d'en frapper un, et d'espérer que la surprise lui fassent gagner suffisamment d'avance. Le jeune homme inspira profondément avant de se lancer.

    Il ne savait pas comment s'y prendre. Alors, pour une fois, il improvisa.
    Son coude percuta le garde au niveau du plexus solaire. La pression sur son épaule se relâcha suffisamment pour qu'il puisse pivoter sur lui même. Rassemblant son courage (…), il balança son poing dans le visage du garde. Si lors du premier coup Kao avait eu l'impression de frapper dans un mur, il sentit clairement le nez de son vis à vis céder lors du choc poing/visage. Le bruit écœurant qui s'en suivit le dégoûta franchement, sans compter qu'il s'était explosé la main en jouant les supers boxers. Maintenant, courir. Ne pas rester se lamenter sur ses phalanges sans doute en petits morceaux, sur le garde qui s'effondrait (sans doute d'avantage sous le coup de la surprise plus que d'autre chose, d'ailleurs) ou sur les flammes qui l'attendaient, comme avides de le voir se débattre dans leur enfer brûlant.
    Courir. Vite et loin.
    Quoi qu'il arrive, il était trop tard pour reculer.

    Kaoru avait légèrement présumé de sa capacité à courir dans le feu, par contre. A peine avait-il parcouru quelques mètres dans le couloir enflammé qu'il sentait déjà la chaleur devenir insupportable et l'air se raréfier.
    Il parcouru une dizaine de mètres sans savoir vraiment où aller, cherchant un escalier. Les jardins étaient plus bas, pas à ce niveau. Il devait y avoir un escalier. Obligé. Il manqua de trébucher sur une poutre qui encombrait le chemin, faillit s'effondrer dans les flammes. Impossible de respirer correctement, non plus. Il devait sortir de cette fournaise au plus vite.
    Faire marche arrière ? Dans la série « je suis pathétique et j'assume », on aurait pas fait mieux. Sauf que, pour une fois, il décida de continuer.
    A moitié aveuglé par la fumée, il repéra enfin une issue potentielle, ou du moins un éventuel sursis. Une fenêtre, brisée, qui offrait au jeune homme le repère dont il avait besoin. En effet, les jardins étaient là, s'étendaient sous les fenêtres du château. Attiré par l'extérieur comme par un aimant, Kao se précipita vers la fenêtre. Il inspira l'air frais de la nuit, et évalua la hauteur qui le séparait de la pelouse providentielle. Trop haut. Pour lui, en tout cas, trop haut. Il allait crever s'il sautait de là, même dans l'herbe. Il lui fallait une porte et un escalier.
    Un rapide regard en arrière lui apprit qu'il ne valait mieux pas compter là dessus : les flammes léchaient les murs, se répandaient sur le sol, bloquaient toutes les autres issues. La fumée et la chaleur devenaient également problématiques, empêchant toute réflexion efficace. Piégé milieu de cet enfer, sans doute poursuivi par ce cher Kyohei, il n’avait plus le temps de douter du bienfait du saut qui l’attendait.
    Ne pas revenir en arrière. Ne pas penser aux conséquences, pour une fois. Se focaliser sur sa survie immédiate.
    Sauter.

    Ce n’est que lorsqu’il se sentit tomber dans le vide que Kaoru se rappela qu’il avait déjà sauté d’une fenêtre, en fait. Quelques années auparavant. Etre happé par l’obscurité, craindre l’atterrissage sans pourtant regretter le premier pas… oui, il connaissait. Il avait déjà fait ça, fuyant un foyer qui n’en était plus un, sans se retourner.
    Cool, il était un expert en défenestration. Pas la peine de paniquer, dans ce cas.

    La chute fut rapide, et Kao eut à peine le temps de penser à la meilleure façon de se réceptionner qu'il était déjà étalé dans l'herbe légèrement humide. Il avait pensé à fléchir les jambes au moment de l'impact, mais avait été incapable de garder son équilibre. Le choc de l'atterrissage traversa tout son corps tel une décharge, et l'apprenti tortue ninja en eut le souffle coupé. Mais il n'avait pas le temps de s'amuser dans l'herbe : l'important à présent qu'il avait survécu à la première partie de son plan d'évasion était de mettre le plus de distance possible entre lui et le château de Stonefolm.
    Le jeune homme se remit sur ses jambes un peu flageolantes, et reprit sa course. Il ne savait pas trop où aller, et continuer tout droit lui apparut donc la meilleure des solutions. De toute façon, il n'était pas en état de zigzaguer dans les jardins pour brouiller les pistes. A moitié intoxiqué par la fumée et encore tout endolori par son saut stylé (...), il n'aspirait qu'à une chose : se poser dans un coin tranquille pour pouvoir faire le point calmement et retrouver un semblant d'énergie.

    Kyohei était derrière lui, c'était certain. Le prince n'était pas du genre à abandonner si facilement. Cette perspective n'avait rien de réjouissant, mais au final Kao n'était pas totalement sans défense. Certes, Kyo connaissait les jardins bien mieux que son prisonnier. Mais le fugitif avait pour lui quelques longueurs d'avance et avait l'habitude de se déplacer de nuit. De plus, le Kyou n'était pas perdu dans ces lieux ; il avait une vague idée de la disposition des jardins, pour avoir déjà étudié Stone' sous différents angles tactiques.
    Ainsi, la situation n'était pas si désespérée. Il avait peut être une chance, malgré tout...
    Son principal handicap pour l'instant résidait dans sa constitution physique. Non pas qu'il soit complètement amorphe et incapable de courir deux cents mètres sans souffler comme un morse asthmatique, mais on ne pouvait décemment pas qualifier Kao d'athlète entraîné. Sa captivité récente n'arrangeait rien, et son évasion héroïque l'avait quelque peu éprouvé. Le mieux pour l'instant était donc de... se planquer. Claaasse.

    Continuer sans se retourner, encore un peu plus loin du château. Kaoru bifurqua vers la gauche, franchit une haie, s'enfonça dans l'obscurité. L'air frais de la nuit lui semblait glacial après le brasier qu'il avait traversé.
    De nuit, les jardins étaient franchement glauques. Les épais buissons projetaient leurs ombres menaçantes sur les allées herbeuses, et la lueur flamboyante de l'incendie donnait aux lieux une allure irréelle.
    On entendait au loin les cris des habitants qui s'unissaient contre le feu, mais tout n'était que silence autour du fugitif. Parfois un léger bruissement indiquait la fuite d'un animal quelconque, un battement d'ailes discret rappelait que la nuit appartenait aux oiseaux nocturnes. Les oiseaux. Kao leva les yeux vers le ciel d'encre, y chercha avec angoisse un éclat de flammes qui aurait donné vie à sa plus grande crainte ; mais le phénix n'était pas de sortie ce soir, ou en tout cas pas de ce côté ci.
    Soulagé et éreinté, le jeune homme se laissa glisser sur le sol en silence. Il avait réussi, il avait échappé à la surveillance de Kyohei et des gardes. Sa liberté, il la touchait enfin. Il fallait juste qu'il récupère un peu, qu'il arrive à remettre ses idées en place. Il avisa un buisson plutôt sympa et s'y glissa.
    Il batailla un peu contre quelques branches récalcitrantes, mais parvint à se dissimuler plutôt efficacement dans sa cachette de verdure. Bon, il avait un peu honte, mais put enfin prendre le temps de souffler un peu et d'étendre ses jambes lasses.
    Un repos plus qu'éphémère, mais un repos quand même.

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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Mar 29 Juin - 11:29

[Bon je suis un peu ingrate avec Kyohei, mais bon, c'est affectueux Pouvant difficilement faire plus long je laisse comme c'est]
- Dites, non pas que vous fassiez mal mais … Enfin, je peux tenir debout toute seule …

Le soldat réprima la remarque en serrant plus fort. Mais à quoi ça pouvait bien servir de la maintenir comme ça ?

- Je suis sérieuse, j’ai vraiment mal !

- Altesse, la voici… Elle s’est retrouvée prise au piège des flammes et, malgré le danger, je l’ai bravement secourue comme vous me l’aviez si justement ordonné.


Ok, tu m’as bravement secouru, m'enfin bon, il y a quand même un peu d'abus. Donc Kyohei avait ordonné qu’on vienne la chercher. C’était aimable de sa part. Un ordre providentiel poussa le soldat à la lâcher. Un instant elle fut tentée de remercier le prince mais le moment était mal choisi. Et puis elle aussi l’avait aidé. Sans un merci, sans un regard gratifiant, rien.

Merci

Rien du tout. C’en était même un peu vexant, elle avait risqué sa vie deux fois pour sauver la sienne. En y repensant la première s’était avérée être critiquement inutile. Coup dur. M’enfin, il y avait la deuxième fois. Elle s’en était pas mal sortie. Avec un Phoenix derrière pour l’assister. Un tout petit bonus ça, elle s’en serait sortie sans … Non, elle ne s’en serait pas sortie. Mais sans armes aussi, où est-ce qu’elle était sensée arriver ? En fait c’était plutôt le Phoenix qui avait fait le boulot, il s’en serait sorti tout seul … Oui mais … Enfin elle avait fait un effort quoi !
C’est difficile d’admettre auprès des autres qu’on ne sert à rien, se l’avouer c’est encore pire.
Ah ! Mais elle avait coupé les cordes ! Et, euh …
Bon arrête Akane, tu t’enfonces.

Mais l’essentiel ça reste de faire de son mieux !

Akane suivit sagement le groupe de domestiques qui sortaient prendre l’air. L’orage s’était calmé. Elle traîna pendant quelques minutes, longeant sagement les murs. Tout ça était d’un ennui … Mais c’était sans doute mieux que de rester plantée à l’intérieur.

- BANDE D'INCOMPÉTENTS !

Ca, c’était Kyohei. Tout son père ce petit là … Bah, le problème devait être moindre, il était à crans et puis voilà.
Elle s’arrêta devant la tour. Il valait mieux ne pas trop s’approcher, ça pouvait s’avérer dangereux. Pendant un petit moment elle resta, gardant quelques distances quand même, à regarder. Les contours d'un homme se dessinèrent à une fenêtre, contours d'un personnage noir d'encre, dos à l'ardente clarté des flammes.
Cette silhouette sembla hésiter, regarder à droite, à gauche, derrière elle ... Elle semblait coincée. Une victime qui avait eu moins de chance qu'elle, sans doute. D'un coup, elle parut résignée à sauter. Et elle sauta. Akane ne vit par la façon dont cette personne s'était réceptionnée, ça ne devait pas être beau à voir. Dans l'obscurité, c'était juste une tâche obscure dans encore plus d'obscurité. Elle s'était peut-être brisée quelque chose, elle n'était peut-être plus de ce monde ci ... Un frisson terrifié parcouru l'espionne qui s'approcha. Que ferait-elle si elle rencontrait un cadavre agonisant ? Que ferait-elle si on implorait son aide ? Rien, elle ne pouvait rien faire.
Et puis sans qu'elle ai le temps de voir quoi que ce soit quelque chose lui passa juste devant, sans faire attention à sa présence, peut-être même sans la voir. À l’endroit de la chute il y avait plus rien, c’était donc cette même personne qui s’était mise à courir, à fuir avec un peu de chance. Son regard fit plusieurs fois le trajet sol- personnage éclairé par les flammes. Il ressemblait dès à présent à un homme, relativement pâle. Mais bon, il était de dos alors … Elle redressa ensuite son attention sur la fenêtre. C’était plutôt haut, il avait de la chance de pouvoir encore courir, ou alors il était surentraîné ou quelque chose comme ça ... Une autre personne fit son apparition dans le cadre. Étant plus près que tout à l’heure et en regardant attentivement, on pouvait aisément deviner de qui il s’agissait. Maintenant la question était : Qui pouvait présenter suffisamment de valeur pour que Kyohei aille en personne chercher ce Qui dans une pièce incendiée. En observant soucieusement la silhouette qui s’éloignait la solution se présentait d’elle-même. Akane resta figée dans l’herbe , à regarder ce petit théâtre dans l’ombre. De toute évidence, à compter d’aujourd’hui elle ne resterait que spectatrice, elle n’avait plus son rôle dans la pièce. Mais rester les bras croisés était peut-être de mauvais goût. Alors elle s’élança à sa suite. Il allait vite, mais elle était peut-être un peu plus entraînée que lui concernant l’art de la fuite, pour peu que cela ne constitue une bonne partie de ce pourquoi elle était payée. Le rattraper ne représentait sans doute pas un problème majeur.

Elle ne le perdait pas de vue, au contraire elle gagnait du terrain. Et même, il paraissait s’essouffler, mais ce n’était sans doute qu’une apparence dans la mesure où il ne ralentissait pas. Quand bien même elle le rattraperait, qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire ? Rien, absolument rien. Elle pourrait le suivre jusqu’à une éventuelle cachette, et là ? Elle serait aussi coincée qu’autre part. Alors, doucement, elle ralenti la cadence et le regarda s’éloigner. Tant pis, une autre fois peut-être, à la prochaine. Un bruit derrière elle capta son attention. Un bruit qui n’avait rien à faire là. Il y avait la voix d’un Kyohei fou de rage, les pas précipités d’une poignée d’une flopé de gardes qui avaient délaissé les flammes, le feu crépitant de l’incendie qui consumait petit à petit la tour et entamait le reste, comme une bête déchaînée, inarrêtable, animée d’une faim inextinguible. Sauf que ce n’était pas ça. Un son continu, ou plutôt plusieurs sons relativement semblables qui se superposaient. Des sons facilement reconnaissables, pour peu qu’on soit déjà sorti de chez soi au moins une fois de sa vie.
Des aboiements. Ils avaient lâché les chiens.
L’espionne se retourna doucement, avec une précipitation mesurée. Là où ils étaient les soldats ne pouvaient pas faire grand chose, les chiens par contre c'était une autre paire de manches. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’ils savaient qui prendre en chasse, elle goûtait très peu ce genre d’attention.

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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Lun 5 Juil - 23:05

[A relire / réécrire pour la fin, mais demain…]

Ce n’était pas le moment de rester avec un air ahuris en se demandant comment diable son prisonnier avait fais pour se retrouver là en bas, à détaler sans sembler souffrir d’une quelconque blessure. Pourtant Kyohei ne put s’empêcher d’hésiter, immobile, debout devant la fenêtre brisée d’une tour en feu. Il fallait qu’il réagisse et vite, avant de s’étouffer à cause de la fumée presque opaque qui lui bouchait la vue ou perdre tout espoir de rattraper un jour le maudit fuyard qui gambadait plus loin. Pourquoi tout allait si vite dans les moments de panique ? Après tout c’est dans ces instants là que la réflexion est la plus importante, pourtant il se voyait sans cesse obliger d’agir sur un coup de tête à défaut de pouvoir peser le pour et le contre. Il jeta un œil à l’herbe qui s ‘étendait aux pieds de la tour, appréhendant le saut. Si le rebelle avait sans aucun doute un passé de défenestrier professionnel, ce n’était absolument pas le cas du prince. Celui-ci inspira un coup pour se redonner contenance mais, surpris par la lourdeur de l’air enfumé, toussa par à-coups pour se libérer les poumons. Bien, ce n’était plus l’heure de jouer les fines bouches. Il souffla rageusement et s’avança d’un pas sûr sur le rebord du mur. Le vide en dessous de lui ne l’inquiétait pas le moins du monde, il avait l’habitude des hauteurs, mais c’était plus tôt le sol où il s’apprêtait à s’écraser qu’il appréhendait. Et puis après tout, pourquoi s’embêter la vie ? Il vérifia rapidement que les flammes n’étaient pas trop proches et déploya ses ailes.

Prenant garde à ne pas frôler les braises encore crépitantes de ses plumes sombre, bien qu’il ne craignait pas trop le contact avec cet élément, il agita un peu ses ailes engourdies. Après un nouveau regard sur les jardins qui lui appris que son opposant à la course s’était perdu dans la nuit, il se décida enfin à aller à la rencontre du vide. Si sa pensée première avait été d’atterrir directement un peu plus bas, là où le détenu s’était sûrement réceptionné, il changea vite d’avis et reprit de la hauteur en balayant les alentours du regard. Il y avait deux raisons à se changement de programme. Tout d’abord, une évidente : voler était un avantage certain sur celui qui tentait de s’échapper à pied car il aurait moins de difficulté à le retrouver mais aussi à le rattraper. De plus… Kyohei évita tout simplement de s’écraser sur Akane qui était apparue –décidément elle avait le chic de se trouver toujours sur son passage [Ô douce vengeance héhé]- à l’endroit précis où il comptait poser pied à terre.

Au lieu de prendre directement la direction empruntée par Kaoru, il fit vivement demi-tour avec autre chance en tête. Cela lui ferait sûrement perdre un peu de temps mais il gagnerait énormément en efficacité. Le froissement de son envole ne fut sans aucun doute pas perçu par l’espionne qui se tenait trop loin, et car le chaos de l’incendie ainsi que les cris lointains venant de la panique de l’autre côté de l’énorme bâtiment couvraient la plupart des bruits de la nuit. Kyo’ pris le temps d’inhaler de l’air frais pour apaiser ses poumons brûlants. Il s’éloigna ensuite de son chemin logique pour aller donner des ordres à la petite troupe de soldat qui s’évertuait à calmer un groupe de quelques nobles paniqués, sortis par une porte autre que la principale. Il se posa devant eux et n’eut pas besoin interpeller pour capter leur totale attention. Devant son air furieux, le silence que cherchaient à créer les hommes armés chez les habitants du château depuis un bon moment s’installa d’un coup. Kyo’ n’était pas encore tout à fais accoutumé à ces réactions exagérées mais n’allait pas s’en plaindre. En deux mots, il expliqua ce qu’il attendait d’eux à ses hommes.

Kaoru pourrait se cacher tant qu’il pouvait, il lui serait impossible de fuir le flair aiguisé des chiens lâchés à sa suite. Ce n’était pas venu immédiatement à l’esprit du jeune prince mais ses sujets, plus habitués à la chasse aux fuyards, lui avait aussitôt proposé de recourir à cette méthode. C’était assez barbare quand on savait que les bestiaux, qui tenaient plus de la hyène géante et sanguinaire que du simple canidé domestique, étaient dressés pour poursuivre tout humain un peu trop encrassé et imbibé de la puanteur des cachots. Il faut dire que la plupart des prisonniers entraient dans cette catégorie… et c’était le cas pour le pâlot. Ils n’hésitaient pas non plus à s’en prendre –car ce n’était pas des gentils toutous qui ne faisaient que montrer le chemin, loin de là-, à toute personne qui transpirait un peur trop la peur. N’avons-nous pas là la définition d’un homme tout droit sorti d’un honorable séjour dans les cachots, enfuis in extremis d’une tour en feu et galopant dans les jardins avec une flopé de soldats à ses trousses ? Ainsi que des chiens, donc, lancé tout crocs dehors à la recherche d’un malodorant et apeuré.

Kyohei vola au dessus des chiens, allant à leur vitesse car il ne serait à rien d’aller au-devant d’eux sans savoir où trouver Kaoru, et ils délaissèrent les soldats plus lents car alourdis par leurs armes et armures derrière eux. Les 7 molosses réquisitionnés -ou plutôt 6,9 car l’un deux était borgne, mais passons- s’étaient lancés sans hésitations sur les traces olfactives. Ils se dirigèrent vers un coin plus touffu du de l’espace gazonné, ce qui était prévisible. Kao’ ne devait pas être un grand athlète et contait se planquer quelque part sous le couvert protecteur des arbres… Mauvaise pioches : il avait oublier d’inclure les canidés dans son équation. Peut-être que quand il entendrait les grognements au loin il retrouverait miraculeusement assez d’énergie pour parcourir quelques kilomètres en plus, et en sprint s’il vous plaît ! Mais personnellement Kyo’ s’en doutait : l’étang présent un peu plus loin dans cette direction ne manquerait pas de lui bloquer le passage. Et même si, avec son étrange organisation de pseudo rebelles, il connaissait un peu le plan des lieus, il ne s’attendait sûrement pas au gonflement que prenait le petit espace d’eau après de grosses averses. Le sol devenait boueux et il devenait quasi impossible de se déplacer dessus sans s’enfoncer jusqu’aux coudes. Les chiens, eux, malgré leurs grandes tailles, n’étaient tout de même pas assez massifs pour connaître le même sort. En deux mots ? Kaoru n’avait aucune chance.

Et pourtant…

Ils croisèrent Akane en chemin. Les animaux se jetèrent vers elle et l’un deux bondit même avec une telle violence qui faillit la renverser. Par chance il s’enleva bien ses pattes boueuses de son habit clair en couinant, résultat du regard noir qu’elle lui lança. Ce n’était apparemment pas le genre de fille qui se laissait impressionner ainsi… Ah oui, elle avait eu un molosse de la même espèce fut un temps. Kyo resta hors de sa vue au dessus des feuilles, s’efforçant d’effacer le mauvais souvenir qui remontait en lui, soit une confrontation assez catastrophique avec un certain animal hargneux nommé Oak. Bref. Le chiens la laissèrent finalement tranquille et filèrent droit un amas de buissons. Il observa ce petit manège de là où il était en essayant de repérer une silhouette. Soudain, il le vit. Acculé alors qu’il se dissimulait dans l’imposant massif. D’un coup d’aile, Kyohei arriva à sa hauteur, mais une rencontre inattendue avec un chêne l’empêcha d’atterrir immédiatement. Il jura et recula pour enfin rejoindre le sol. Seulement voilà : le fuyard avait de nouveau disparu. Il prit la direction des grognements des chiens d’un pas vif et découvrit avec étonnement qu’ils se tenaient au bord de la berge de l’étang, agités mais sans oser avancer plus loin. Bande d’incompétents !! Ah, c’est vrai que dans ce lui très humides les odeurs de terre mouillée devaient les empêcher d’utiliser efficacement leur flair. Perdu un instant, le prince parcourut la surface marron des yeux. Aurait-il… plongé ? Non, cela lui paraissait totalement improbable.

Akane arriva à son tour, l’air tranquille. Bientôt se furent les soldats qui, éclaboussant à chaque pas, arrivèrent suants et soufflants. Un gaillard demanda de sa voix bourrue pourquoi tout le monde s’était arrêté. Kyohei fut bien tenter de lui répliquer que c’était parce que ces chiens n’étaient que des bons à riens mais dire des idioties sous le coup de la colère n’était pas la solution. Il se contenta de hausser les épaules avec une mine sombre, expliquant que le fuyard devait être planqué non loin dans l’herbe détrempée et leur ordonna donc de fouiller les environs. Akane les stoppa net. Deux mots "empruntes", "étang" et elle convainquis tout le monde que c’était vain. Elle désignait en effet des traces profondes de pas se dirigeant vers l’eau salie par la terre après l’averse. Et disparaissant à l’endroit où les colosses grognaient, impuissants. Bien vu… Kyohei fut tout à coup saisi d’horreur. La seconde d’après, il se maudissait de n’y avoir pas pensé plus tôt. Une nouvelle fois, Kaoru avait agis avec sagesse –et courage, pour se jeter dans cette eau trouble. En effet, cela empêchait tout recherche grâce aux chiens, ou poursuite par les soldats alourdis par leurs armes ou par Kyohei qui devenait vulnérable une fois trempé, et… cet étang débouchait sur la vaste mer. Facile de s’y cacher. Seul point "positif " : vu le vent c’était plutôt du suicide de sa part…

[comment c’est nuuul xDD *dies*]
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Jeu 8 Juil - 20:07

    [ Kyo, dur te classifier, vu que j'me retourne pas toutes les deux minutes pour te voir voler cheveuzovent sous la lune... une prochaine fois, camarade Cool ]
    [ Idem, Aka, on te voit pas des masses. Pas du tout, en fait, je crois ._. ]
    [ J'ai fait ça vite, c'est pas du grand art...... ]


    Kaoru s’était trompé.
    Pas une grande nouvelle, certes, ça lui arrivait souvent. Mais sur ce coup, il n’avait rien vu venir. Il pensait vraiment qu’une fois à l’extérieur, tout s’arrangerait. Que le plus dur était d’échapper à Kyohei et à ses sous fifres. Mais non, apparemment ça ne suffisait pas ; risquer sa peau dans les flammes, sauter des tours incendiées, ça n’était pas assez.
    La preuve, on avait lâché les gardes et les chiens à sa suite, dans ces jardins clair-obscurs.

    Une fois les battements de son cœur revenus à la normale, Kao avait pu tendre l'oreille et guetter l'approche d'un éventuel intrus. S'efforçant de respirer en silence, il avait cru pouvoir rester caché sans trop de problèmes dans sa superbe cachette de feuilles. Après tout, dans le noir, il était dur de repérer un homme dans des jardins si vastes. Oui, il pensait vraiment avoir fait le plus dur, il pensait que son évasion en était à sa phase finale. Etre dehors, c'était un peu « être libre ».
    Bah non, en fait.

    Le calme avait été de bien courte durée. Dès les premiers aboiements audibles, Kaoru avait de nouveau dû prendre ses décisions à la vitesse grand V. L'amplitude du problème le frappa de plein fouet : les gardes avaient lâché la meute, il était traqué à l'odeur. Impossible de se planquer. Le jeune homme s'extirpa de son buisson en un temps record, et reprit sa course sans même savoir où il allait. La simple idée des bêtes lancées à ses trousses lui donna la force de poursuivre cette ridicule tentative de fuite.
    Il ne pouvait pas rester assis dans un arbuste à attendre d'être dévoré par ces monstres. Car il les avait vus, les grands trucs que les gardes appelaient « chiens ». Parfois il y en avait dans les cachots, pour tenir en respect les prisonniers lors des heures de repas. Des animaux grands, épais, boules de muscles et de nerfs. Leurs mâchoires puissantes lui briseraient la nuque comme une brindille, leurs crocs redoutables déchireraient sa chair comme autant de poignards. Non, décidément, l'idée que ces créatures le cherchent, hument son odeur et frémissent d'impatience à l'idée de le réduire en charpies avait quelque chose d'horrifiant.
    Kao n'avait rien contre les chiens, pourtant. N'en ayant pas beaucoup fréquenté, il se contentait souvent de calquer son attitude sur la leur. Chien distant, Kao distant. Chien sympa, Kao sympa. Chien psychopathe spécialiste en charcuterie de fugitif, par contre, y'avait pas de réponse adaptée. Pas encore, en tout cas.
    Fuir, encore et toujours.
    Il ne pouvait lutter contre de tels ennemis. Même s'il avait plus ou moins étalé un garde, les dogues qui le poursuivaient étaient des adversaires d'un tout autre calibre. Sa seule chance était de les distancer, de les semer. Et cela semblait complètement impossible : il n'irait jamais plus vite que ces monstres de vélocité et de bestialité, et savait que ces animaux ne perdaient jamais une piste.
    Mais à tout problème il existait une solution. Il suffisait de la chercher. La chercher en courant pour sauver sa peau.

    Courir la nuit, sous le ciel taché d'étoiles. Encore un truc qui faisait remonter bien des souvenirs dans l'esprit de Kao. Sauf que la dernière fois, il n'entendait pas les aboiements violents d'une meute de chien aux envies meurtrières. Ses pas résonnaient à peine sur le gazon encore humide, et le jeune homme tâchait de se faire silencieux comme une ombre ; néanmoins, il paraissait évident que ses nouveaux amis s'en foutait qu'il sonne le cor de chasse en courant. Seule son odeur leur importait.

    Les cris, les halètements, le bruit de la course précipitée... Ils se rapprochaient. Et vite. Le temps pressait, et pourtant Kao n'arrivait plus à réfléchir. Sa peur le faisait avancer, et non plus sa raison. L'instinct primaire d'une proie qui fuit devant la mort. Or avancer sans but quelconque revenait à rester planqué dans son buisson. La situation de s’améliorait absolument pas, il ne faisait que gagner quelques minutes.
    Tâchant de maintenir un rythme soutenu dans sa course désespérée, il ne faisait que très peu attention à son environnement, ce qui lui valut de manquer d’emboutir un chêne plus qu’imposant. Ce fut ce qui le sauva. Cette rencontre brutale avec une chose aussi concrète qu’un tronc épais le ramena à la réalité : foncer droit devant lui ne le mènerait nulle part. Il devait trouver un moyen de briser la piste olfactive qu’il laissait derrière lui ; il lui fallait une rivière, ou un lac.
    Le jeune homme marqua un arrêt, parcourut les lieux des yeux. Il y avait forcément un plan d’eau dans les jardins royaux. Il n’arrivait pas à se souvenir où, mais il y en avait un. Il fallait juste prier pour qu’il ne l’ait pas déjà dépassé sans s’en rendre compte.
    Un léger bruit de clapotis attira son attention, et Kao reprit sa course. Bientôt, l’odeur caractéristique de la vase et des roseaux l’informa qu’il touchait au but : l’étang des jardins se trouvait là. Sauf qu’il était énorme, opaque, et brunâtre. Pas vraiment le genre idéal pour une baignade. Mais les chiens se rapprochaient inexorablement et Kyohei en personne était sans doute sur ses traces. C’était pas le moment de jouer les baigneuses effarouchées : Kaoru se glissa silencieusement dans l’étang.

    L’eau glacée sembla le broyer comme un étau. Il était dur d’évaluer la profondeur par endroit, et bien vite le fugitif dû nager sous peine de se faire engloutir par les eaux boueuses.
    Contrairement à ce qu’on pourrait songer, Kao était assez à l’aise dans cet étang. Outre la qualité assez douteuse de l’eau et le froid qui le faisait grelotter, il n’avait aucun mal à nager. Cloîtré chez lui durant toute son enfance, il n’avait pas connu quoi que ce soit de plus profond que sa baignoire. Aussi avait-il mis un point d’honneur à découvrir les joies de la natation dès sa liberté retrouvée. Il avait lu tellement de chose sur les profondeurs insondables de l’océan, sur l’eau claire des rivières… Alors oui, Kao savait nager sans trop de problème.
    Nager en silence, par contre, c’était plus dur. Il opta pour une brasse sans trop de remous, mais ne put mettre suffisamment de distance entre lui et ses poursuivants : il les entendait parvenir à la berge, et les gardes ne manqueraient pas de le repérer. Instinctivement, le jeune homme plongea et disparut, ne laissant derrière lui que quelques rides sur la surface sombre de l’étang.
    Tout était sombre et glacial. Incapable de se repérer, Kao nagea droit devant lui, piégé dans cet univers aquatique qui ne voulait pas du lui. Les pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur Stonefolm avaient dû faire sortir le bassin de son lit, car rien ne semblait à sa place. Quelques herbes aquatiques tentèrent de l’emprisonner à jamais et le fugitif heurta même un être vivant. Un être vivant. Cette constatation faillit le pousser à refaire surface pour hurler un bon coup sa terreur, mais il se retint et poursuivit sa nage.
    Sans avoir aucune idée de la distance qu’il avait parcourue, Kao fut bien obligé de s’arrêter pour respirer. Lorsque ses poumons se firent douloureux tant ils réclamaient l’oxygène qui leur était dû, le jeune homme se risqua à remonter prendre une inspiration d’air frais. De peur d’être repéré, il tenta de replonger presque immédiatement ce qui se solda par un échec lamentable : il respira l’eau boueuse de l’étang et se noya à moitié sur place. Préférant encore être aperçu par les gardes que d’étouffer comme un idiot sous l’eau, il fit surface pour reprendre son souffle.
    Les jardins étaient plongés dans une obscurité presque totale, d’épais nuages voilant l’éclat blafard de la lune. Une chance pour lui, qui put ainsi profiter d’une brève accalmie pour cracher le liquide sale et glacée qui squattait encore sa gorge. Mais même si sa vision était un brin plus performante que la normale, il demeurait incapable de se repérer correctement. Il devina juste qu’il s’éloignait de Kyohei et des autres, ce qui ne pouvait être que positif.
    Il ne réalisa que trop tard qu’il se dirigeait vers le large, vers la mer qui semblait gémir d’impatience de l’accueillir en son sein.

    Un courant froid l’entraîna de l’avant, ce qui n’était pas plus mal. Kao commençait à fatiguer, et n’avait qu’une hâte : trouver un appui, n’importe quoi à quoi s’accrocher. Ce fut la température du dit courant qu’il lui mit cependant la puce à l’oreille : comment pouvait-il être encore plus froid que cet étang de malheur ? Si c’était un étang, par définition, il était fermé, non ? A moins qu’il ne rejoigne une rivière ou… De nouveau, quelque chose frôla le corps du jeune homme. Un poisson ? … C’était possible, ça ?
    L’odeur des embruns, le grondement des vagues sur les rochers, tout se mit en place dans l’esprit un peu embrumé de Kao : il allait se faire emporter et terminer dans l’océan. Et ça, d’après la météo, c’était pas terrible pour lui.
    Un bref regard derrière lui lui apprit qu’il s’éloignait toujours du château enflammé, et donc de ses ravisseurs. Les chiens avaient dû perdre sa piste, mais Kyohei n’était pas assez stupide pour ignorer les plans de son prisonnier. Et il était tenace. Tant que Kaoru serait dans le royaume, le prince ne cesserait de le traquer, sans relâche. Le Kyoujin s’était fait un ennemi bien trop redoutable pour lui.
    La lune éclaira un instant ce qui semblait être la berge opposée de l’étang. Sans hésiter, le prisonnier en pleine évasion décida qu’il s’agissait là de sa dernière chance : soit il regagnait la terre ferme et se dépêchait de se faire la malle, soit il terminait son voyage crevé sur les plages de stone. Rejoindre la berge fut bien plus complexe qu’à première vue : le courant ne cessait de l’attirer vers les vagues qui grondaient au loin, et le jeune homme épuisé eut bien du mal à s’extirper de l’eau glacée.

    Tremblant de froid et de fatigue, il s’étendit un instant sur la berge. L’herbe était trempée et se mêlait à la boue, mais Kao n’en avait cure : il n’était plus à ça près. Il en avait sérieusement marre de devoir jouer au super héros pour pouvoir ne serait-ce que vivre en paix. Les aventures d’action man, très peu pour lui. Il n’avait pas l’étoffe d’un héros. Il voulait simplement que Seiichi soit fier de lui, et se retrouvait à bondir des tours enflammées avant de jouer les nageurs d’élite dans une eau boueuse glacée sans aucune certitude que son leader le laisse un jour revenir vers lui. Sa vie n’était décidemment qu’une suite d’évènements pathétiques mis bout à bout.
    Le jeune homme se leva sans trop de conviction, estimant la distance qui le séparait du château. Il avait parcouru l’étang dans une sorte de diagonale improvisée qui le plaçait relativement loin des gardes. Ces derniers seraient forcés de faire un détour pour le rejoindre, ce qui lui donnait de l’avance. Le véritable problème, comme d’habitude, c’était Kyo. Il pouvait voler, le fourbe. S’il le repérait, il n’aurait qu’à survoler l’étendue d’eau et ce serait la fin de l’Extraordinaire Evasion de Kaoru Hinoiri.
    Ce qui serait dommage, avouez-le.

    Mais sans doute sa majesté pensait-elle que son prisonnier avait gagné la mer, ce qui n'était pas idiot. Après tout, cela avait bien failli se produire.
    Une fois debout, Kao se rendit compte qu'il était vraiment frigorifié. Le vent dans ses vêtements trempés le faisait claquer des dents, et il serait volontiers retourné vers le château et ses flammes si cela n'avait pas signifié sa perte.
    Fuir, encore.
    Les ténèbres avaient envahi les jardins, ce qui ne facilitait pas l'orientation. Le Kyou avisa les hautes murailles entourant les lieux. Les gardes avaient dû rejoindre le château, pour aider à maîtriser l'incendie. Du moins, espérons le.
    Le jeune homme franchit d'une course bien ralentie les cinquantes mètres qui le séparaient des murailles en question. Il avait connu plus de péripéties en quelques jours que dans toute sa vie. Bon, c'était pas dur de faire mieux que les quinze ans passés dans sa chambre, mais tout de même.
    Ecrabouillant sans pitié les jolies fleurs du jardin, Kao parvint au pied du dernier obstacle le séparant de la liberté, ou du moins de ce qui s'en rapprochait le plus. Escalader deux ou trois mètres, ça devrait pas être trop dur. Parvenu en haut de son perchoir, le fugitif lança un dernier regard derrière lui. Il aperçut vaguement des silhouettes s'agiter au bord du sombre étang qui avait retrouvé son aspect lisse et morbide. Pas de temps à perdre, il était encore loin d'être en sécurité.
    C'est avec un air presque blasé que Kao sauta de son mur. Par rapport à la tour, c'était presque ridicule, comme hauteur. Bah comme quoi il faut pas sous estimer les murailles de stone, il atterrit comme une poule sans ailes lancée du cinquième étage. Autant dire d'une manière pas hyper agréable. Le jeune homme se releva avec une grimace de douleur, et contempla un bref instant la lande rase qui s'offrait à lui.
    La réalité s'imposa brutalement à lui : il n'avait nul part où aller. Il était seul, sans argent, sans toit.
    Sans argent ? Kao plongea une main dans une de ses poches, maudissant son imprudence ; mais la bourse était toujours là, niché dans un recoin de tissu trempé. Savoir ses dernières pièces perdues à jamais dans un étang des jardins de Stone aurait été plutôt déprimant. Certes, il ne possédait pas beaucoup, et ça ne l'avançait pas vraiment dans ses problèmes. Mais c'était bon de savoir qu'il avait tout de même de quoi s'acheter un repas chaud ou même, pourquoi pas, de se payer une chambre dans une auberge miteuse dans un coin perdu. Au pire, si on le détroussait, il aurait même quelque chose à donner *wall by Kyo*
    Il refusa de se souvenir de l'origine des pièces qui patientaient tranquillement dans sa poche. Le moment était mal choisi pour ressasser le passé.
    Il était recherché, traqué, et et n'avait personne vers qui se tourner. Et, dans l'immédiat, il était également complètement gelé, avait l'impression d'avoir les jambes en miettes, et sentait bien que se trainer dans la vase n'avait pas fait du bien à la plaie de sa main.
    Pourtant, lorsque Kaoru reprit sa fuite, son pas n'avait rien d'hésitant : il allait survivre, ni Kyohei, ni Akane, ni Stone n'aurait sa peau.



    *se tourne vers Stone en flammes*
    - Je rEviEnDraAaiis ! MouhAhaHaAaA !!!


_________________
    ┼ Kaoru Hinoiri

    *wall*



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Dernière édition par Kaoru Hinoiri le Dim 18 Juil - 1:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Après Demain ♪ [PathéA, Appa25 et Keigo]   Dim 18 Juil - 0:19

[Adieu Désolée, je ne sais pas classifier û_ù]
- Vous avez de quoi passer ?

Akane lui tendit un vieux papier froissé de partout que le garde survola de son œil de bovin malade. Il y passa un certain temps et y dédia un certain intérêt, il ne devait rien avoir d’autre à faire de ses journées le pauvre, mais l’espionne n’avait pas toutes les siennes à lui consacrer. Il fixait continuellement le document d’un air septique. Ca embaumait la pourriture et la putréfaction dans ce trou à rat ! Le soldat examinait son papelard méticuleusement, semblant se délecter du visage de l’espionne qui blêmissait peu à peu. À elle y prenait plaisir la charogne de sous serviteur ! Lui, il y était habitué à cette odeur, ce qui n’était pas son cas à elle. Écoeurée, elle réprima un haut le cœur. Il y passait du temps, la voir dans cet état devait être un délicieux spectacle. Au bout de quelques minutes, elle failli lui arracher le papier des mains, de colère, de dégoût. Ce fut le moment qu’il choisit pour en retirer ses yeux. Il mit ses bras le long du corps, adopta une mine grave et ouvrit la bouche très lentement, d'un timing calculé. D’une manière extrêmement méthodique, il commença à parler.

- Qu’est-ce qui me prouve que ce document n’est pas un faux Mademoiselle ?

- La signature probablement.


Elle n’avait pas vraiment réfléchit. Sa voix était agressive, bien que gardant un sérieux maîtrisé. Il y avait deux endroits où il lui arrivait de se mettre en colère. Les cachots, et les tavernes. Le soldat leva le papier à hauteur de ses yeux et se remit à l’inspecter.

- Là est tout le problème Mademoiselle, je n’en vois pas.

D’un coup, elle perdit tous ses moyens , qu’est-ce qu’il racontait ? Il y avait forcément une signature, elle utilisait la même depuis trois ans. Perdue, elle bégaya.

- M-mais … Si ! C’est …Enfin …

Elle se plaça à son côté pour pouvoir le voir encore. Il devait y avoir une signature quelque part ! Ce n’était pas possible autrement, il y avait une signature ! Elle parcouru le document de haut en bas avec une extrême lenteur jusqu’à apercevoir une signature tout en bas. Derrière elle une flopé de gardes gloussaient silencieusement. Il se moquait d’elle, comme tous ceux qui l’accompagnaient. Ils savaient qu’elle avait besoin de leur jugement pour passer.

- Ah, en effet, je n’avais pas vu.

Elle lui arracha le papier et s’élança, furibonde, dans le couloir glacé et puant. Ses pieds atterrirent dans une marre de vermine. Elle ne pu pas s’empêcher de pousser un cri. Les ricanements reprirent. Ah oui, les inondations régulières des sous-sols. Elle soupira et avança tant bien que mal, de l’eau – ou plutôt « de l’eau » - jusqu’au bas des cuisses. Ca fleurait bon la moisissure dans le coin, autant ne pas traîner. Elle parcouru le couloir, passa devant quelques cellules, jetant de brefs regards à leur occupants. Il n’était nul part. Nul part.
Elle finit par le trouver. Ramassé au fond de sa cellule, dans un coin rehaussé visiblement plus sec que le reste de l’étage.

- Hey !

Cette interpellation lui valu deux trois regards surpris. Elle avait chuchoté pourtant … Au fond, la silhouette releva la tête d’un air fatigué. Elle lui fit signe de s’approcher. Une fois qu’il fut suffisamment près elle avança sa main au travers de la grille, attendant qu’il ouvre ses mains.

- Je te rends ce que je t'ai soutiré.

Soutiré, c’était peut-être un peu gros. Elle plongea sa main dans le sac qui l’accompagnait et en sortit une bourse. Petite, serrée, silencieuse, assez pour qu'on ne la trouve pas, de quoi rendre ce qu’elle avait prit. C’était idiot comme comportement, mais elle ne se servait pas de son argent, elle pouvait bien rendre ce qu’elle prenait.

- Je sais qu’ici ça ne te servira à rien.

Bien vu.

- Mais un jour, si jamais ils te libèrent ...

Ils ne le libèreraient jamais. Elle le savait. Il le savait aussi. Son geste n’avait aucun sens. Un soldat s’approcha, suspiceux.

- He, qu’est-ce que vous lui avez donné ?

- Rien, j’aime le voir ramper dans la boue.


Cette réponse le fit ricaner et il donna un coup de pied dans la grille en souriant.



Et puis elle était partie. Pourquoi ça lui revenait maintenant ?
Dans le coin c’était la fête, elle regardait les chiens se rapprocher. Il devenaient de plus en plus inquiétants à chaque seconde, au fur et à mesure que la distance qui la séparait d’eux se consumait. Ils prenaient un air plus sauvage, plus inquiétant, ils avançaient plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Une fois qu’ils ne furent plus qu’à une demie douzaine de mètres d’elle elle se demanda si rester là était vraiment de toute sécurité et en apercevant la lueur inquiétante qui habitait leur regard elle failli se mettre à courir. Mais ils étaient dressés pour poursuivre ceux qui fuyaient, si elle prenait la tangente elle allait devenir leur cible numéro une. Alors elle resta droite à les attendre. Bien sûr ils ne la contournèrent pas, ils ne savaient même pas qui attraper. Ils se jetèrent sur elle les uns après les autres, l’un d’eux failli la faire basculer. Mais dans la famille on aimait les chiens. Enfin, surtout le patriarche. Qui aimait les grosses bestioles agressives et difficiles à contrôler. Qui aurait aimé avoir un fils pour lui apprendre comment faire avec les plus violents. Pas de bol il était tombé sur une fille, alors il avait tenté d’enseigner ce qu’il savait à son enfant unique. Elle s’en sortait mieux qu’il ne l’avait toujours imaginé, les chiens se retirèrent, visiblement plutôt décontenancés par sa réaction. Puis ils passèrent leur chemin après avoir médaillé ses vêtements de gadoue. Elle les suivit sans se dépêcher plus que ça, juste pour suivre l’action. Derrière elle un groupe d’hommes en armure couraient comme ils pouvaient en faisant cliqueter leur matériel.
Le reflet lumineux de la lune sur la surface luisante et opaque de l’étang la mena vers Kyohei. Elle se plaça à son côté, se contentant d’un silence de rigueur, il n’avait pas l’air très gai. Les chiens couinaient en reniflant l’eau sale tandis qu'une paire d’empruntes qui s’enfonçaient dans la boue couverte de vase retint son attention. Elle failli poser une question, mais ce n’était pas le moment, au mieux elle récolterait un regard haineux. Elle ne prit pas le risque, elle n’aimait pas ces regards là, les siens encore moins. Un troupeau de soldats sonnant et trébuchant et le silence revint. Assourdissant, embarrassant pour certains. L’un d’entre eux demanda pourquoi tout le monde s’était arrêté. Akane eut peur pour lui, Kyohei et son humeur de joyeux luron risquaient de lui en faire voir de toutes les couleurs pour ces propos déplacés. Mais non, il haussa les épaules et donna des ordres, sous le coup du désespoir peut-être. Donc sans doute ne les avait-il pas vu. Elle en fit la remarque et le silence revint, encore. Tous les regards suivirent l’embouchure de l’étang et continuèrent vers les falaises qui s’ouvraient sur l’océan. Ca allait être une chouette fin.
Derrière elle les soldats se balançaient d’un pied sur l’autre. Rester là à ne rien faire n’était d’aucune utilité, ils attendaient des ordres. Des ordres qui ne venaient pas, Kyohei continuait à observer l‘étendue fangeuse qui s’enfonçait dans l’obscurité des jardins.

- Kyohei.

Elle avait à peine murmuré, comme pour le réveiller. Si il n’y avait plus rien à faire autant rentrer, la dizaine de paires de bras qui se tournaient les pouces derrière ne seraient pas de trop pour éteindre les forges. Cette intervention de sa part était probablement inutile, mais autant essayer, après tout au point où ils en étaient ...
Le prince émergea de ses réflexions et parla d’un ton ferme (et stylé).

- Allez le chercher.

Ces mots furent reçus par une envolée de grognements.

- Il doit déjà s’être noyé à l’heure qu’il est, objecta un soldat.

La remarque fut aussitôt approuvée par tous ses camarades sans exception.

- Vous cinq, il est peut-être encore dans le courant ou pas très loin du bord, je le veux demain bien au frais dans sa cellule, c’est clair ?

« Vous cinq » eurent du mal à se départager, chacun s’en éloignait prestement en leur jetant des regards effrayés. Ils s’élancèrent du plus vite que pouvait leur permettre leur chargement tandis que les autres les regardaient s'éloigner dans un silence compatissant et soulagé. Kyohei ne perdit pas de temps, il tourna les talons et se remit en marche vers le château. Dur, inflexible, d'une démarche décidée et transperçant l'horizon d'un regard de fer. Akane ne fut pas la seule à l'observer du coin de l'oeil, tout le monde tentait plus ou moins de deviner ses pensées, regards qu'il balayait du sien à l'occasion avec un air "Qu'est-ce que vous avez tous ?". Personne n’osait ouvrir la bouche et tout le monde passa les portes dans un silence glacé.
La soirée passa, longue, ennuyeuse, peuplée de gens qui criaient que les bras manquaient, avec un détenu manquant à l’appel. Peut-être pour longtemps.




Hélas ...

_________________
Akane Shibata




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