RPG ~ Manga Médiéval-Fantastique.
 
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 :. Repaire truande... [libre]

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Elowÿn Séfélia

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MessageSujet: :. Repaire truande... [libre]   Dim 14 Mar - 1:35

Watch Out !
.: Le savoir est la plus grande richesse :.




    Imagine... Une forêt, plus maléfique que tu n'oserais imaginer. Plus noire, plus sombre que tu ne songerais y penser. Une forêt qui, lorsque tu la regarde, te demande pourquoi tu es né, pourquoi tu vas mourir, et pourquoi tu la regarde ainsi. Une forêt qui, à chaque pas, te fait regretter d'avoir franchi la lisière. Les premiers arbres semblent inoffensifs. De plus, ils sont calmes, et ne bougent qu'au gré du vent. Malheureusement, dès la première barrière végétale franchie, il ne reste que la peur. Le sentier, trompeur, disparait sous tes pieds. Tu te demandes d'où tu viens, où se trouve le nord, le sud, l'est ou l'ouest, tu te demande ce que tu fais là, ce que tu as bien pu faire pour en arriver à l'extrémité de vouloir entrer dans cette forêt maudite. Mais si la forêt pose des questions, elle n'y répond pas. Elle te regarde juste te débattre avec toi même, regarder les branches qui se balancent alors que seul le silence est présent, que le vent est absent, et que tu ne vois qu'un enchevêtrement de branches et de troncs qui n'aspirent qu'à te barrer le chemin. Lorsque tu as fait quelques pas de plus, le silence part, enfin. Quel soulagement, que d'entendre cette forêt vivre ! Il suffit de tendre l'oreille pour entendre les branches bruisser, rappelant vaguement le bruit que fait un membre chitineux sur une carcasse, pour entendre les troncs murmurer, parler de sacrifices immondes et de créatures horribles, pour entendre les insectes faire vibrer leurs ailes et distiller la peur ancestrale des humains pour les bêtes dans votre esprit... Tu as peur, alors. Tu n'aspire qu'à fuir, qu'à sortir de cette forêt maudite, qui te serre les tripes, te donne envie de t'allonger, de te replier sur toi même, et d'attendre la mort, d'espérer que la mort vienne mettre fin à tes tourments. Alors, là, tu regrettes. Et alors, là, tu découvres que la forêt n'est pas ce qu'elle semble être, qu'elle est... Vivante. Et qu'elle veut t'avaler.

    Elowÿn cracha du sang sur le sol. La bête qui se trouvait devant elle n'avait rien d'humain. Rien d'animal non plus, visiblement. Mais qu'était-ce donc ? Grande, noire, évidemment, musclée, dotée d'une carapace chitineuse dont seuls dépassaient deux paires d'antenne et plusieurs yeux placés de façon assez désaccordée. Elowÿn émit un grondement qui n'était pas plus humain que la créature. Ses yeux verts lançaient des éclairs, et elle montrait les dents d'une façon très... Agressive. Que de féminité ! Sa peau, d'ordinaire assez halée, était là d'une teinte orangée striée de noir. Ses dents étaient bien plus longues que de normal. La bête émit un chuintement à faire hérisser le poil du plus gros des tigres sibériens, et porta un coup de patte à une vitesse vertigineuse, irréelle. Un cimeterre argenté bloqua le coup avec aisance. Le jumeau de cette lame fila, et trancha adroitement la peau de la créature, dans l'interstice entre deux plaques de la carapace, juste au niveau du coup. Mais la peau était dure, et la chose, une sorte d'insecte géant, possédait pas mal de paires de pattes. Lorsque la femme (?) retira ses deux lames, une patte l'atteignit juste sur la hanche gauche. Elle gronda et fut projetée à quelques pas, et tomba lourdement sur le flanc. Sa colère était palpable, ses épaules tremblaient. Elle ferma les yeux et s'obligea à se calmer, à relâcher la tension qui étreignait ses membres. Elle resta ainsi quelques secondes, le temps de reprendre ses esprit. Lorsqu'elle rouvrit ses yeux, ils étaient de leur teinte habituelle, rouges sang. La jeune femme, bien plus sûre d'elle, ramassa ses deux lames, et fit face à la bête, qui avait attendu qu'elle se relève, attendant sa réplique. Prête au défi. elle ne vit même pas le coup arriver. El' se jeta en avant, se jeta sur la côté et agrandit la plaie que la bête avait au cou, d'un large mouvement de bras, puissant, précis et calculé. La jeune femme s'immobilisa, telle une statue. La carotide tranchée, la bête ne survivrait pas. El' regarda d'un œil froid et calculateur le chose s'écrouler, après quelques bruits déplaisants. La jeune femme, alors, lâcha son arme, qui tomba à terre avec un tintement, rejoignant sa sœur jumelle qui gisait au sol. Elowÿn, alors, tomba à genoux, la respiration sifflante, les yeux fermés, la tête tambourinant.

    Ce ne fut que quelques minutes plus tard que la jeune femme se releva, inspira un grand coup, se passa un main sur le front et ramassa ses armes. Au passage, elle attrapa une longue épée à la lame couleur rubis sombre plantée jusqu'à la garde dans un tronc noueux. Elle dut employer toutes ses forces pour retirer l'épée, et la ranger dans son fourreau qui barrait son dos. Les deux cimeterres prirent place dans un fourreau qui pendait à sa ceinture, après avoir été nettoyés. La jeune femme alors sortit quelques plantes de son sac à dos, échoué quelques pas plus loin, et commença à examiner sa peau. Un énorme bleu, mais rien de plus, sur la hanche, ainsi que la mâchoire défoncée mais en bonne forme. Une estiflade courait aussi sur son flanc droit, résultat d'une rencontre malencontreuse avec le bord acéré d'une plaque du monstre. Elle y appliqua une sorte de pommade, pour éviter les infections, puis sourit. A part une petite perte de contrôle au début (là, son sourire vacilla), elle s'en tirait relativement bien. Le monstre insectoïde étai mort, et elle était vivante. Elle remit son sac sur son dos, et reprit son chemin, comme si rien ne s'était passé, essuyant au passage un filet de sang qui coulait de sa lèvre.

    La jeune femme marcha d'un pas assez rapide tout le reste de la journée, bien que le temps n'avait que peu d'emprise sur la forêt qui semblait plus faite de pierre que de bois et de pierre. Elle ne tomba pas sur d'autres bestioles, mais deux gros rats s'enfuirent sur son passage, momentanément attiré par l'odeur du sang. El' arriva en début de soirée au repère. Elle était déjà venue quelque fois, assez pour qu'on ne se pose pas de questions à son arrivée, et qu'on lui foute la paix. Elle poussa la porte de la taverne, d'un mouvement fort, et elle claqua avant de se refermer. Plusieurs personnes tournèrent la tête vers elle. Il y eut quelques remarques sur son allure et ses habits rougis par le sang par endroits, mais les murmures se calmèrent vite. Elle alla s'asseoir à une table, au fond, engloutie par la masse de gens. Tous des racailles, des voleurs, des tueurs, des gnomes, des imbéciles, des soulards, des soudards, et pas mal de putes pour satisfaire tout ce beau monde.

    La soirée était pas mal avancée, lorsqu'une entrée troubla le silence qui entourait la jeune femme, et creva la bulle dans laquelle elle s'était enfermée. Celle qui entra, une jeune femme, en effet, si rares dans ces contrées mauvaises où le sexe masculin dominait, semblait sûre d'elle et bien silencieuse. El' l'observa plusieurs minutes sans qu'elle ne s'en rende compte, le regard absorbé sur la porte, comme si elle attendait quelqu'un. Elle allait questionner un homme qu'elle connaissait de vue sur cette apparition lorsqu'un homme entra, et retint toute son attention. Kaïto Miura, tristement célèbre tortionnaire/conseiller du roi de Stonefolm. El' fronça les sourcils. Cet homme n'avait pas sa place ici. Si lui connaissait cet endroit, alors il ne servait plus à rien. Bien sur, ce n'était pas parce qu'elle ne l'en pensait pas 'digne' : c'était surement la plus grosse crapule dans l'entourage du roi, mais ce repère était celui non pas des deux royaumes mais des profiteurs... Et si Kaïto était un profiteur, son majeur trait de personnalité était le fait qu'il en voulait énormément aux Pallengadois.

    "Hep, vous. Vous n'êtes pas d'ici. Que faites-vous là ?"

    Elowÿn faillit s'étrangler. La fille qui avait pris la parole n'était autre que celle qui était entrée quelques secondes plus tôt. Visiblement une imbécile suicidaire. Dommage, elle avait l'air sympa... El' soupira et passa sa main sur son visage, exaspérée. Le silence se fit, plus ou moins, dans la salle.

    "Enchanté .
    Laissez moi le plaisir de me présenter : Tilan Sayem ."


    Le ton était froid et mauvais, calculateur. Elowÿn frissonna. Cette voie semblait calculée pour inspirer le plus de peur possible. Elle releva la tête, attentive à la réponse de la femme. Celle-ci ne répliquant rien, Elowÿn décida de reprendre la conversation en main. Elle siffla, et les visages se tournèrent vers elle, avachie sur sa table, le capuchon revenu sur le visage. Elle se redressa et dévoila son visage, sa lèvre encore légèrement tuméfiée. Sa voie était douce, simple murmure, mais pleine d'assurance, froide et poignante. Mais surtout horriblement agaçante, mauvaise et... Moqueuse.

    "Sayen... Voyez vous ça ! Que les étoiles veillent sur toi, cher conseiller..."

    Elowÿn, une lueur effrontée dans le regard, se leva, laissant tomber son ample habit, et se dévoilant : grande, de longs cheveux rouges battant son dos, lisses et flottants, deux grands yeux d'un rouge éclatant tels deux rubis, et, surtout, armée. Elle eut un petit rire mauvais. C'était stupide, puéril, de provoquer cet homme puissant, mais El' s'en fichait. Ce n'était qu'un homme. Conseiller du roi, sadique et visiblement imbus de lui-même, mais ce n'était qu'un homme, quoi qu'il se plaise à croire. Paroles... Bénédiction ? Malédiction. Les paroles d'El' n'étaient pas celles d'un soudards, sans insultes purement employées, bien qu'elle manie cet art là des mots aussi, mais elle parlait là plus comme une noble vile et subtile, comme une femme de grande classe et pleine de poison, prête à en assaillir son adversaire. Elle lui proposait un défi littéraire.Tout était mesuré : L'emploi du prénom, déjà insultant, l'apostrophe, puis l'énonciation de la formule de politesse... Les mots sont des armes... Elowÿn savait que ses paroles n'étaient pas assez poussées pour un combat, disons que... C'était juste une introduction. De plus, elle avait un atout : le conseiller était connu. Pas elle. La gloire n'est pas un atout. Pas tout le temps, tout du moins, mais surement pas dans le repaire évanoui.


    [Bon, c'repris d'un RP où personne n'a répondu, donc j'ai juste changé les noms x)
    J'en ai marre d'écrire pour rien...]
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Manako Shiroi
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Lun 28 Juin - 23:10

    Vvoouusshh ! Manako esquiva de justesse une branche qui siffla dans l’air à moins d’un pouce de son visage. Il pouvait même sentir l’appel qui la suivait tant elle était passée proche. Pour la énième fois, l’assassin se maudit intérieurement. Pourquoi fallait-il toujours qu’il finisse dans une forêt hostile ? On pourrait croire que son sens de l’orientation tirait les destinations au hasard, et qu’il les faisait varier en conséquence, mais non, c’était toujours une forêt. Comme si son destin était de se prendre inlassablement les pieds dans des racines traitres ou de recevoir des coups de branche à longueur de journée. Mais, parmi toutes les étendues boisées qu’il lui avait été donné de traverser, aucune ne dégageait un tel sentiment d’angoisse. L’odeur qui volait au gré des rares courants d’air qui filtraient à travers ces bois épais n’était pas inconnue, signe qu’il avait déjà visité l’endroit, mais il ne s’était sans doute pas autant enfoncé la dernière fois. Ici, il avait le sentiment d’être constamment observé, comme si les arbres eux-mêmes composaient une unique entité, prête à l’engloutir sans laisser une seule trace. Tout être sensé rebrousserait sans doute chemin, mais pour aller où ? Manako ne voyait pas, fait qui n’était que souligné par le bandeau de soie sur ses yeux, mais son ouïe lui indiquait très clairement qu’il était cerné par les arbres. Nul doute que la vue ne ferait que montrer des troncs noirs bouchant l’horizon. Pas très utile pour se guider.

    Une autre odeur planait, lourde, lui prenant la gorge. Nul besoin d’avoir un odorat sur-développé pour ressentir cette effluve s’insinuer en vous, jusqu’au plus profond de votre être, et y reconnaitre le sang, la mort et, pis encore, la chair en putréfaction. Si toutefois l’ambiance de l’endroit, le silence pesant et l’intime conviction d’être perdu à tout jamais ne suffisaient pas à vous accabler d’oppression au point de vouloir retourner vos armes contre vous afin que le cauchemar cesse, ce fumet macabre avait de quoi y parvenir. Et la terreur n’était pas du bon côté. Etait-ce elle ou bien la forêt elle-même, ça Manako ne le savait pas, toutefois il entendait des voix étranges et inquiétantes. Certaines avaient un ton amical, d’autres se voulaient intimidantes… Il y en avait même qui se moquaient de lui. Tout cela sans compter bien sûr que les arbres semblaient s’être ligués contre lui. De manière générale, les branches d’arbre ne bougent pas. On repère une fois leur position grâce à un écho, et puis on se contente de les éviter. En général. Est-il utile que le cas général avait ses propres exceptions, et que cette forêt en était une ? Probablement pas. Manako, lui, aurait bien eu besoin qu’on le lui précise. Il lui avait fallu recevoir deux coups cinglants – le premier lui avait fauché la jambe, et le second avait frappé le dos, à la manière d’un fouet très épais – et plutôt douloureux, avant de comprendre que ce n’était pas en se reposant contre un mur d’écorce qu’il allait pouvoir rester en vie.

    Chose étrange, il n’avait pas senti d’odeur animale. Aucun bruit non plus, si ce n’est le sinistre craquement des arbres, le sifflement des branches, et ses propres pas. Comme si toute la vie que cet endroit avait pu contenir avait été assimilée par le bois et la terre. D’un côté, c’était un soulagement, il n’avait donc pas à se défendre de bêtes sauvages alors même qu’il devait lutter contre les agressions des branches. Mais d’un autre côté, ça ne faisait que rendre l’ambiance plus sinistre et oppressante, si bien que Manako avait l’impression d’avoir une enclume sur les épaules, enclume qui gagnait en poids à chacun de ses pas. Pourtant, il ne faudrait pas flancher. L’assassin se doutait que s’il s’arrêtait, il subirait le même sort que toutes les autres formes de vie étrangères au lieu : broyé, puis assimilé. Fin peu réjouissante en somme. Alors il continua, avançant entre les troncs dont on ne voyait même pas la cime, sans même savoir où il aboutirait. Car l’important n’était pas ce qu’il y avait devant, mais ce qu’il y avait tout autour.

    Et puis vint la brume. Nuage d’eau plaqué au sol, dont la hauteur égalait Manako, et le dépassait même. De l’eau… C’était peut-être une bonne nouvelle, mais Manoko n’y crut pas. Il était plutôt préoccupé par le fait que ce brouillard étouffait les sons, ce qui diminuait la portée de son radar naturel. Et, bien sûr, comme si ça ne suffisait pas, chaque pas l’enfonçait un peu plus dans le nuage, jusqu’à ce qu’il ne puisse même plus entendre ses propres pas. Alors il leva les mains devant lui, procédant à tâtons, et avança jusqu’à rencontrer un mur. Etonné, voire stupéfait, l’aveugle sonda la pierre froide qui s’opposait à sa progression, sentant chaque irrégularité, chaque rainure sous ses doigts expérimentés. Un instant suivant, il s’arrêta sur le bord de la pierre, et en fit le contour. Rectangulaire, jointée, … De toute évidence, il s’agissait là d’une construction d’homme. Toujours à tâtons, il entreprit de faire le tour de l’édifice afin de trouver une porte. La brume stagnante ne l’aidant en rien, Manako trébucha sur un caillou vicieusement long et tenta tant bien que mal de se rétablir contre la paroi. C’est seulement une fois debout qu’il nota la différence de texture. Le mur devant lui n’était pas en pierre, mais en bois massif, et donc c’était… une porte !

    Lentement, il descendit la main, le bout de ses doigts effleurant continuellement le bois, en quête d’une poignée. Et, finalement, il la trouva. Fer forgé, longue et en arabesque, cet objet pourtant si simple n’avait pas été fait par n’importe qui. Il y là la précision et l’art d’un véritable maitre artisan, amoureux de son travail jusqu’à devoir en soigner la moindre imperfection. Le bâtiment qui se dressait devant Manako ne devait pas appartenir à un petit paysan, mais plutôt à un riche entrepreneur, qui devait servir à toute sorte d’activités peu légales au su de son emplacement. Tout de même, installer une telle pièce au beau milieu de cette forêt… Serait-ce une récompense pour féliciter les voyageurs d’être parvenus jusqu’ici ? Ou bien une carotte pour inciter ces mêmes voyageurs à entrer dans un piège plus mortel encore que la forêt qui les entourait ? Manako ne savait pas. Estimant qu’on pouvait difficilement faire pire que ladite forêt, il empoigna la poignée et ouvrit la porte.

    Lorsque l’explosion de bruit qui suivit cet acte lui parvint aux oreilles, l’assassin se dit qu’il allait peut-être rester dehors. Toutefois, une fois bien considérée, l’idée de retourner dans ce brouillard qui inhibait ses sens, puis cette forêt qui n’était qu’oppression, ne l’enchantait guère. Il s’engagea donc dans le brouhaha incessant, conscient de la migraine qui allait poindre une ou deux heures plus tard. A son entrée, les bruissements simultanés indiquèrent que certaines personnes s’étaient tournées vers le nouvel individu. Quelqu’un chuchota même un léger «Regardez ce qui s’amène… Un nouvel oiseau rare… » suivi par quelques ricanements auxquels Manako ne prêta pas d’attention. Hormis ces trois-là, les clients de la taverne, car l’établissement ressemblait fort à ces lieux de beuverie populaire, semblaient absorbés par un début de dispute auquel il n’avait pas du tout envie d’être mêlé.
    Il se dirigea vers le bar, et demanda à boire, avant d’ôter la profonde capuche qui lui assombrissait le visage, dégageant ainsi ses longs cheveux blancs et son bandeau noir sur les yeux. Constatant que pas une table n’était libre, il prit un tabouret et s’installa face au comptoir, sous le regard du patron.

    « Vous ne devriez pas me regarder comme si j’étais à plaindre, vous savez, dit-il à l’attention de ce dernier. Je vis très bien comme je suis. »

    L’homme sursauta, ne s’attendant pas à être pris en flagrant délit de la sorte, et retourna à son travail avec un haussement d’épaule. Dans le fond, ceux qui captaient toute l’attention – hormis celle des trois hommes qui se consacraient à l’étude approfondie du nouvel oiseau rare qui s’avérait être aveugle ! – semblaient être trois personnes, deux jeunes femmes et un homme plus âgé qu’elles. L’une des femmes, plutôt bien armée, semblait être la dernière à avoir répondu, car tout le monde la regardait, dans l’expectative.

_________________
On dit que la mort est noire...
On prétend aussi que le noir est l'absence de lumière...
On peut donc en conclure que je suis mort...

* Manako Shiroi *




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Madara Daïr'Shag

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Jeu 1 Juil - 15:13

La forêt du dragon, un trou a rat, un mouroir, que tout l’monde en générale évite, même les bêtes…il émanait de cet endroit une aura des plus malsaine. Cette forêt puait la mort il fallait le dire.

Seuls quelques rares ignorants ou courageux ainsi que les plus grands prédateurs d’Eldenia osaient s’aventurer là-dedans. Le grand démon était un de ceux-là, cependant il n’en avait pas réellement conscience et puis il n’en avait que faire. Pour lui la Forêt du Dragon était son refuge, le seul endroit où on était susceptible de lui foutre la paix.
Madara était parfaitement dans son élément, il nageait là-dedans comme un poisson dans l’eau.
Les branches, les arbres et les rares bestioles y résidant ne l’incommodaient pas le moins du monde.


Il y progressait avec l’agilité d’une gazelle dans une prairie, se faufilant adroitement entre les troncs épais et serrés, esquivant les branches, grimpant, escaladant…oh bien sur il a bien du se manger deux ou trois trucs mais qu’importe, ça faisait partit du charme des lieux.

Tout de même, comment diable en était-il venu à ermiter ici ? dans l’un des endroits les moins avenants d’Eldenia juste après les Chutes de Throm ? . . excellente question, lui même ne savait pas vraiment, lorsqu’il avait fallu fuir, fuir l’armée, fuir les hommes, fuir la civilisation et tout ce qui en découlait, c’est naturellement et quasi instinctivement qu’il était venu se réfugier ici.
Il y était à l’aise, cette forêt le rassurait en quelque sorte, elle était un peu comme lui, sombre, impressionnante, terrifiante…


Le grand démon ne pouvait s’empêcher de lui trouver un certain charme, une beauté ténébreuse et sauvage que personne ici hormis peut-être lui ne pouvait égaler.

Il était seul reclu dans sa forêt sans personne, sans autre compagnie que les ténèbres et les grands arbres. Mais cela lui convenait. Comme toutes les bestioles normalement constituées de ce monde, Mad’ chassait pour vivre. Et bien que le gibier ne courrait pas ce genre de bois, il y trouvait toujours de quoi ce sustenter, et puis rien ne l’empêchait d’aller voir ailleurs si le manque de nourriture se faisait franchement ressentir.

Actuellement, la bête n’avait pas faim et rôdait sans but à travers la forêt, si grande et complexe qu’il n’en connaissait pas tous les recoins. Une bonne partie lui restait encore inconnue.
Où que l’on aille, elle se ressemblait, un arbre en semblait un autre et vis versa, on s’y perdait vite, très vite, trop vite...
Voilà pourquoi il avait pris l’habitude de lacérer de temps à autre un tronc au passage, histoire de se repérer plus facilement.


Ainsi donc il allait sans but lorsque des bruits dans le lointains vint troubler le silence pesant des lieux.

Les oreilles pointues du démon frémirent et il s’immobilisa, tout ses sens en alerte, scrutant de ses yeux mordoré les alentours, aussi loin que le lui permettait la brume environnante.

Plus rien ne lui parvenait à présent. Résigné, il décida tout de même d’aller jeter un œil, poursuivant sa route dans la direction d’où étaient parvenus les bruits un peu plus tôt.

Toujours aussi à l’aise, il ne mis qu’une demi heure grand maximum à atteindre l’origine du tapage : une cahute paumée au beau milieu de la forêt et dont émanait des éclats de voix.
Lui qui pensait être le seul à vivre ici…bizarre bizarre…l’idée de rebrousser chemin lui effleura l’esprit lorsque les voix à l’intérieur du bâtiment se firent plus dures, plus froides, plus insistantes, plus menaçantes encore.


Y avait du grabuge là-dedans, le ton ne trompait pas. Il y avait des hommes et des femmes…de plus en plus étrange.

Poussé par une certaine curiosité, la bête se surprit a apposer une main griffus sur la poignée, rentré ou s’en allé…telle était la question…cependant, il n’était pas contre un peu d’action, et puis cet endroit pourrait être une source d’information pour ses prochaines traques.

Seulement s’il rentrait ainsi, sans rien sur la couanne, il risquait d’en choquer plus d’un, on allait encore le regarder de travers…mais en même temps, ceux qui était parvenu ici ne devaient sans doute pas être n’importe qui, des horreurs, ils avaient du en voir plus d’une, alors une de plus ou une de moins, qu’importe…

Faisant pression sur la poignée, il ouvrit la porte de bois défraîchis qui grinça sur ses gonds, ameutant toute l’assemblé. Et il n’y a pas que les gonds qui grincèrent, les dents du démon également, agacé d’avoir déjà attiré toute l’attention alors qu’il n’était même pas encore entré.

Plaquant ses larges ailes contre son corps, et baissant la tête afin d’éviter que ses cornes ne se prennent dans l’embrasure, il pénétra dans la pièce, ignorant royalement les autres occupants.

Les mains dans les poches, il se dirigea avec nonchalance jusqu’au bar tout en prenant garde à ne rien renverser sur son passage.

Ses yeux de prédateur croisèrent ceux du barman qui tressaillit de terreur, littéralement cloué sur place.

Mad soupira, ennuyé, chaque fois c’était la même rengaine.

-Calme toi vieux je bouffe personne, sert moi donc un verre d’eau tu veux ? au lieu de me fixer comme ça, chaude si possible l’eau… dit-je alors poliment à son adresse d’une voix calme et veloutée, blasée pour ainsi dire.

A sa demande pour le moins étrange quelques uns pouffèrent de rire, mais la bête ne s’en formalisa pas le moins du monde. Ses oreilles pointues plaquées contre son crâne trahissait son ennuis.

Finalement, ici, c’était comme partout ailleurs.

Se tirant un tabouret, il s’assit face au comptoir auquel il s’accouda nonchalamment, détaillant des yeux la bâtisse exigue dans laquelle il s’était fourré.
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Elowÿn Séfélia

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Jeu 1 Juil - 18:34

    El' attendit pendant quelques secondes la réponse du conseiller, qui la détaillait attentivement. Elle se mordait déjà l'intérieur des joues pour l'avoir provoqué comme ça. Non pas qu'elle avait peur, non !, mais c'était stupide et puéril. Et Elowÿn n'aimait pas être stupide et puérile. Mais ce qui était fait, était fait. Tous les regards avaient convergé vers elle. Faut dire qu'elle avait le style ! Pas de ces paysannes charnues qui passent leur temps à manier la bêche. Non ! On voyait dans la finesse de ses mouvements son habitude des armes fines, comme l'épée ou le cimeterre. Qui pendaient à son dos. Elle se pencha en arrière, les reins appuyés contre le mur, quand elle entendit un bruit de chute, visiblement de dehors. Elle jeta un regard sur la porte du refuge qui s'ouvrit pour laisser place à un homme... Visiblement aveugle. El' ne s'y trompa pas. S'il était aveugle, il était dangereux : n'importe qui n'arrivait pas dans le refuge en comptant les pâquerettes sur le chemin. visiblement, c'était lui qui était à l'origine du bruit de chute, donc il était plutôt handicapé par certains côtés, mais quand il déchiffra sans peine le regard du serveur, elle fut impressionnée. En fait, il devait être plus que dangereux. Restait à espérer que ce n'était pas de ces fous sanguinaires qui chassent par instinct et tuent par nécessite personnelle. Disons, juste fou sanguinaire. Visiblement, non, car il chercha une place des yeux, et finit par aller s'asseoir au bar. El' n'y fit pas vraiment attention, car son 'adversaire' venait de répondre.

    "Et qu'elles illuminent tes pensées, douce inconnue..."

    Ohooh, 'Douce' inconnue ? Okaaai. De toute façon, en fermant cette citation, il désamorçait le combat. El' soupira et recula de quelques pas, puis s'assit sur sa table. Un serveur passa près d'elle, lui demandant ce qu'elle voulait. Elle prit une boisson au hasard, plus pour se fondre dans la masse que parce qu'elle avait soif. Elle allait commencer à filer dans ses pensées, abandonnant son corps à la douce table rugueuse, quand la porte racla le sol. Elle se redressa à demi, légèrement intriguée. Elle se releva complètement lorsqu'elle vit ce qui se profilait.

    C'était... Quelque chose. En tout cas, ce n'était pas humain, ou alors pas complètement. Grand, la première chose que l'on remarquait, c'était les deux énormes ailes d'un noir de jais qui saillaient de ses omoplates. Elles ressemblaient à des ailes de dragon... Ou de démon. En tout cas, rien d'autre n'aurait pu être plus éloigné des ailes d'anges de la famille royale. Deux cornes torsadées pointaient du sommet de sa tête, l'obligeant à se baisser pour ne pas les planter dans la chambranle de la porte. Ses doigts, très longs, se terminaient par des griffes redoutables, et ses jambes étaient assez... Spéciales. Leur articulation tenait plus de l'animal que de l'humain, surtout au niveau des pieds (?). Lorsqu'il passa la porte, El' remarqua qu'une queue de plusieurs mètres suivait. Ça devait être bien pratique pour se battre et devait conférer un équilibre exceptionnel, mais en l'occurrence, ca devait être assez chiant dans une auberge. Toujours faire attention d'où on la laisse trainer... El', qui allait se détourner, remarque justement un chaton tigré roux qui se faufila dans les pattes du... euh... Disons, sans aménité, de la créature, pour se glisser et fureter partout.

    Elowÿn soupira. Elle était fatiguée de toute ces intrigues, de tout ces coups de sang, de ces guerres, de ces horreurs... Pour la première fois depuis très longtemps, El' aspira à un petit havre de paix, où elle déposerait ses armes dans un coin, sa rancœur dans un autre, et accrocherait tout son passé près de la porte. Un endroit où elle pourrait repartir de zéro... Un endroit calme, sans personne pour l'ennuyer, sans personne pour la railler, sans personne pour lui demander des services plus ou moins clean. Un endroit, un chez elle. Pas une baraque sur le bord de la route anonyme et sans intérêt où elle s'arrêtait quelques jours par moi. Elle soupira derechef, la tête dans les nuages, puis fut rapidement ramenée à la réalité. Rapidement et de façon assez douloureuse.

    "Eeeeeehoooh, ca va pas ?!"

    Elle n'avait pas crié pour ne pas attirer l'attention sur elle. Être discret était parfois la mieux pour garder ses organes vitaux en bon état. Elle attrapa vivement le chaton qui venait de lui grimper sur la jambe, plantant ses griffes dans sa cuisse. Elle fronça les sourcils. Ce devait être le chaton qui était entré en même temps que... euh... l'autre. Elle le posa sur la table, où il commença à se balader et fureter. Elle sourit devant la bestiole orange et blanche un peu pataude, tellement innocente dans cet endroit sinistre... Si El' était parfois froide et réfléchie, incroyablement terrifiante, et pouvait couper la gorge d'une personne sans problèmes, elle avait du mal à s'en prendre aux animaux. Ils ne faisaient rien, eux. Pas de guerres. pas de morts inutiles. Un respect de la vie. C'était tellement rafraichissant...

    [quelles idées pourries... J'ai pas trouvé mieux pour introduire ><]


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Manako Shiroi
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Dim 4 Juil - 5:02

    Finalement, l’homme prit la parole, et la tension qui planait autour du trio se dissipa rapidement. Les badauds finirent par retourner à leurs propres discussions, et le brouhaha revint vite. Manako garda un instant son ouïe braquée sur la jeune femme aux épées, puis décida de s’occuper de ses propres affaires. Après tout sa vie ne le concernait pas, elle était bien en droit d’avoir ses propres problèmes. Il secoua légèrement la tête pour chasser ces pensées, puis laissa vagabonder ses sens dans la salle. Il surprit ici et là des bribes de conversations concernant divers contrats, rumeurs, ou autres règlements de compte. Comme il s’en doutait, l’endroit n’abritait pas les individus les plus recommandables du coin.

    Et puis la porte s’ouvrit. L’un des avantages de la cécité native était l’absence du réflexe qui faisait se retourner tout le monde dans l’établissement. L’aveugle se contenta de pivoter légèrement la tête sur le côté afin de mieux capter les sons venant de la porte, et ce que les sons lui rapportèrent le surprit. Des cornes, des ailes, une queue, des membres inférieurs plus proches du canidé que de l’humain, et de manière générale un aspect qui tendait vers le démon. Dans la salle, plusieurs personne tressaillirent, craignant que l’heure de payer pour les péchés était arrivée. Certains se mirent même à prier. Et pourtant, s’ils avaient noté la boule de poils qui était entrée en même temps, ils auraient su que cet être n’était qu’un des leurs, et qu’il était rentré dans le même but que les autres.

    L’homme-démon passa la porte, sans se presser, les mains nonchalamment fourrées au fond des ses poches, ignorant superbement les regards et remarques des clients et du patron, et vint s’assoir à côté de l’assassin, face au comptoir. Mauvaise journée pour le tenancier, il se prit une deuxième « remontrance » pour son regard un peu trop insistant. Manako était intrigué par cet… homme, car malgré son apparence, il ne semblait pas plus agressif que ça, et ne portait aucune odeur montrant qu’il avait des tendances sanguinaires ou autres… Des nobles de Stonefolm sentaient plus la mort que cet être. Comme quoi l’habit ne faisait pas le moine…

    Soudain, une voix douce, pas plus forte qu’un chuchotement lui parvint à l’oreille. Il ne l’aurait pas relevée en temps normal, mais là, dans cette taverne, le ton était tellement déplacé, qu’il ne pouvait faire autrement. Apparemment, il s’agissait de la voix de la jeune femme aux épées, qui semblait aux prises avec la petite boule de poils – et de griffes, semblait-il – qui accompagnait l’homme ailé. Manako n’eut toutefois pas le loisir de continuer à suivre la progression de ce qui s’avérait être un chaton, car deux des hommes qui l’observaient depuis son entrée l’encadraient avec une animosité manifeste.

    « Alors, lança l’un d’eux, qu’est-ce qu’un bigleux dans ton genre peut bien faire par ici ? »

    De toute évidence, ils avaient déjà bu un coup de trop. L’assassin prit le parti d’ignorer la question, et feignit de ne pas les avoir entendus.

    « Oy, on sait qu’tu nous entends, t’es p’t’et’ aveugle mais pas sourd ! »

    « Ah mais j’sais pou’quoi y voit p’us rien ! Faut lui enlever ce truc noir su’ les yeux ! »

    Proposition à laquelle suivirent deux rires gras. Lentement, Manako entendait – puis finit par sentir – les doigts de l’homme à sa droite qui s’approchaient de son bandeau. Un pouce. Un doigt. Un demi-pouce. Ils ne furent bientôt plus qu’à un cheveu de le toucher.
    Le temps autour de l’aveugle sembla d’un coup se déformer et ralentir. Les sons se firent plus graves, et les odeurs moins fortes. D’un coup, Manako se releva de son tabouret et fila dans le dos des ivrognes. Pour eux, l’alcool n’aidant absolument pas leur perception, il devait sans doute avoir soudainement disparu. Mais l’assassin n’était plus calme. Au contraire, une fureur froide l’envahissait, lui donnant cette accélération soudaine. Peu de choses arrivaient à énerver le jeune homme à ce point. Mais dans cette petite liste, le fait que des ivrognes touchent à son bandeau, symbole de sa condition ET souvenir de son père adoptif, n’était pas le moindre. Toujours avec la même vitesse, il se retourna et empoigna deux des hommes par la gorge avant de les plaquer contre le bord du bar. Lentement, reprenant une vitesse normale, il s’approcha de leur visage, et susurra d’une voix glaciale :

    « Je vous défends d’y toucher. Je vous défends de boire une goutte de plus. Et je vous défends de rester dans cet établissement. Est-ce clair ? »

    Une fois fini, il les relâcha, et les écouta partir la queue entre les jambes. Peut-être que les abandonner dans cette forêt était cruel, mais s’ils étaient arrivés jusqu’ici ils devaient bien pouvoir repartir. Finalement la colère de Manako retomba, et il reprit sa place comme si rien n’était. Il pouvait sentir les regards des clients sur son dos, mais seuls l’homme-démon et le patron avaient été assez près pour entendre son murmure, si bien que tout le monde devait se demander quelles paroles terrifiantes il avait prononcées pour faire fuir ainsi trois hommes dans la force de l’âge. Et pourtant, pour ce genre de personne, il suffisait de pas grand chose : un ton propre à l'autorité, et un exemple des possibilités de châtiment au cas où ils ne voudraient pas obtempérer. Rien de plus simple.


[Désolé mais moi un chat je ne vois pas trop quoi en faire XD]

_________________
On dit que la mort est noire...
On prétend aussi que le noir est l'absence de lumière...
On peut donc en conclure que je suis mort...

* Manako Shiroi *




~ ~ ~

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Lun 5 Juil - 15:34

Cet endroit était vraiment petit, un vrai terrier, néanmoins, il y faisait bon, ni trop froid ni trop chaud. C’était un endroit mal famé, il fallait l’avouer, mais quand on avait le mérite d’arriver jusqu’ici vivant, après les dures et mortelles épreuves auxquelles nous confrontait la forêt, une taverne, même mal fréquentée, était la bienvenue…

Le barman, tremblant s’affairait, déjà pressé de bien faire, tellement pressé que le verre faillit lui échapper à plusieurs reprise des mains.

Ayant perçu son malaise, la bête évita de lui imposer de nouveau son regard mais visiblement cela ne suffisait pas, son apparence même l’effrayait, hélas, Madara ne pouvait pas faire autrement.

Inspirant profondément il se mit à pianoter du bout des griffes sur le bois du comptoir, l’air songeur. Sa longue et puissante queue hérissées de pointes vint s’enrouler autour du tabouret, tendis que ses pattes prenaient appuis sur l’un des barreaux transversales joignant les quatre pieds.

Son regard d’or observait sans vraiment le voir le vernis du bois déjà écaillé, rayé en plusieurs endroits par toutes ces années d’intensive utilisation.

Cependant, une exclamation contenue, lâchée à voix basse mais tout d’même audible le tira de ses pensées, ses oreilles pointues frémirent, son regard se posa alors sur une élégante jeune femme qui venait d’attraper Noah, Noah qu’il n’avait d’ailleurs pas vu entrer. Son compagnon, l’avait donc une fois de plus suivit jusque là…Pour Mad, ce n’était guère étonnant, ce chaton le collait comme son ombre, partout où il allait, il était sûr que Noah y serait.

Voyant que son petit protégé n’était pas menacé, il se replongea dans sa contemplation du comptoir, ne s’attardant pas sur l’inconnue, qui semblait soudainement attendrie par les mimiques du petit félin, qui une fois déposée sur la table entreprit d’y faire le tour et de glisser ses petites pattes griffues dans les différents interstices que comportait le « meuble » abîmé.

Mais un second événement vint une fois de plus perturbé la tranquillité à peine retrouvée des lieux.

Trois ivrognes, se tenant proche de son « voisin » de comptoir commençait à le titiller. Oh rien de bien méchant jusque-là, l’inconnu à la chevelure immaculé ne releva pas, gardant le silence.

N’ayant pas bougée d’un iota, la bête, elle, écoutait distraitement, ne prêtant que peu d’intérêt à ce qui se passait sur sa gauche.

Mais les choses se gâtèrent, et en deux temps trois mouvements deux des trois gogo se retrouvèrent la tête violemment plaquée sur le rebord du bar par la poigne de fer de l’homme en blanc.
Une gorge dans chaque main, il les tenait, l’étau de son étreinte était si fort qu’ils se mirent tout deux à suffoquer, se débattant tant bien que mal tel des lièvre pris dans un collet.


C’était d’un pitoyable…ces deux là l’avait cherché, la réaction de l’inconnu était compréhensible, voir tout à fait normale.

Le coude droit planté sur le comptoir, la tête appuyée avec nonchalance sur le dos de sa main, ses yeux d’or en fusion brillant sinistrement derrière ses mèches ébènes, Mad observa brièvement la scène, toujours aussi taciturne.
La violence, il en avait tellement soupé que plus rien ne l’impressionnait.


Il n’eut pas à écouter ni à observer l’inconnu bien longtemps pour comprendre les raisons de sa soudaine agitation. Un bandeau sombre contrastant nettement avec sa chevelure argentée barrait son regard. Il était aveugle. Cependant cela ne semblait pas l’handicaper le moins du monde (xD). Il se débrouillait très bien…voir trop bien s’en était intriguant…voir inquiétant pour les autres occupant du bar…

Le diagnostique de Mad ne dura qu’une minute à peine, et son regard dévia rapidement, se posant sur la casserole d’eau fumante.

-Ca ira comme ça dit-il au barman toujours aussi polie et calme

L’homme en question qui observait l’aveugle avec une certaine admiration mêlé de crainte sursauta et laissa tombé pour de bon le verre qu’il tenait dans ses main.
L’objet éclata au sol en mille éclat. Repoussant prestement les lames de verres du pied, le barman confus se hâta d’en sortir un second et s’armant d’un torchant pour ne pas se brûler empoigna la casserole d’une main tremblante afin d’y verser un peu de son contenu.
Ce fut un miracle qu’il ne renversa rien.


Toujours aussi stressé, il déposa timidement la boisson devant le démon, fixant le sol de peur de croiser de nouveau son regard avant de changer rapidement d’activité.

Levant les yeux au plafond Mad s’empara sans se presser du verre, y apposa ses deux mains, savoura longuement son contacte sur sa peau et en bu une petite gorgé.
Un violent frisson parcouru son échine, des cornes à la queue en passant par ses immenses ailes.
Le démon avait une notion inverse des températures, pour lui le chaud était froid et le froid était chaud, ainsi, pour lui l’hiver était été et l’été était hiver. Dehors, il faisait assez frais pour un homme, alors que pour la bête, dehors il faisait assez chaud.


-Merci murmura alors le démon au barman qui tentait par tout les moyen de récupérer une certaine contenance en s’occupant à autre chose. En l’occurrence ramasser les éclat de verre.

Même si son regard de prédateur le mettait toujours aussi mal à l’aise, le léger sourire de la bête sembla le calmer. Il y répondit en souriant maladroitement à son tour tout en s’épongeant le front de son tablier avant de se détourner rapidement.

Noah tout aussi imperturbable que son protecteur n’avait strictement rien suivit, bien trop occupé a examiner la table. Lassé, il descendit et ne sachant que faire, miaula par trois reprise, tournant et virant autour du tabouret de son « maître ». Mais voyant que celui-ci ne lui prêtait aucune attention, il leva sa petite tête, avisant le rebord du comptoir et la distance qui l’en séparait. Enfin il se mit à tasser le parquet de ses pattes arrière se dandinant sur place puis il bondit. Se fut juste, seul ses pattes avant atteignirent leur objectif, mais reste pendait et s’agitait dans les air.
Noah s’agrippait du mieux qu’il pouvait, lacérant le bois de ces petites griffes acérées.
Il allait retomber au sol lorsqu’une des mains du démon pourtant occupé à boire vint le soutenir, empêchant sa chute. L’animal y prit appuis et se hissa gauchement sur le comptoir. Là il huma, gratta, observa puis se dirigea vers l’aveugle, curieux.


Le démon sirotant son verre le suivit un instant des yeux avant de gardant une « oreille » sur lui, une bêtise était si vite arrivée…
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Elowÿn Séfélia

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Lun 5 Juil - 18:16

    [Maaiiieuuh xD
    Ca va être dur, si tout le monde s'ignore... Très dur, même xD
    Je réponds dans la soirée, demain au pire (enfin, j'espère...)]

    Elowÿn regarda le petit monstre roux griffer la table avec application, faisant de petits sillons dans les rondins de bois assemblés. Elle le bouscula, et le chaton cracha en tentant de lui griffer le doigt. El' sourit. Ah, qu'il était... Innocent, oui. Mais, le petit être si 'innocent' bondit de la table avant d'aller tourner dans la taverne. El' le perdit rapidement de vue. Elle reporta vivement son attention sur le reste de la cabane. Faite de pierres brutes assemblées les unes aux autres avec un mortier de fortune, elle était de ces bâtiments qui tiennent des années sans faillir. Les tables, faites de lourds rondins de bois tiendraient au moins autant de temps que le reste de la taverne. Les chaises étaient identiques aux tables, et le comptoir était fait de lourdes planches assemblées. Bref, c'était un bâtiment solide, à l'image de la truanderie dans l'histoire. Elle soupira. Ce bâtiments lui foutait tout à coup le mouron. Elle faillit se lever et partir, d'un coup, mais n'eut pas le cœur à retraverser toute la forêt. Cette dernière était bien plus impressionnante, et elle était déjà fatiguée, et même blessée. D'ailleurs, elle ne devrait pas tarder à changer les bandages, tout du moins le plus important, pour ne pas que les plaies s'infectent. Elle serait dans de beaux draps, et risquerait de crever comme une imbécile au fin fond de cette forêt perdue... Youpi... .__. . Elle reporta vivement son attention sur la salle. Il y avait... Du grabuge.

    L'homme qui était entré quelques minutes plus tôt, accoudé au bar (et cherchant une table de ses yeux aveugles...Rmmml, je m'égare...), échangea quelques mots (enfin, subit plutôt, visiblement) avec plusieurs personnes fin rondes qui l'avaient interpelé, disons... De façon plutôt agressive. El' haussa un sourcil et allait se détourner, après tout, hein, ça arrive partout, à plus forte raison ici. Toute les tavernes ont leur soudards un peu stupides qui tentent de racketter -voir un pu plus, les gens dès qu'ils ont un verre de trop dans le nez. Elowÿn secoua la tête, mais la suite fut bien plus intéressante. L'homme qu'ils agressaient (ouioui, l'aveugle handicapé et dangereux) se révéla vraiment dangereux (voir vraiment très dangereux) : avec une minutie parfaite, il... Disparut. En fait, il était passé à une vitesse ahurissante dans le dos de deux des andouilles, et leur montra de façon très... Sensitive qu'il pouvait les réduire en bouillie très rapidement et de façon très définitive. El' haussa un sourcil, admirative, cette fois. Après tout, il avait réussi en quelques secondes (voir micro-secondes si on supprimait le temps de réaction des deux pochards) à les convaincre de le laisser tranquille. Ses lèvres bougèrent légèrement, mais la jeune femme fut incapable de saisir une parole. En fait, elle doutait que qui que ce soit hors des hommes concernés ait compris ce qu'il avait dit. Peut être l'être qui se trouvait à ses côtés, si son ouïe était fine, voir le tenancier. D'ailleurs, ce dernier faisait une peur bleue au tavernier qui tremblait énormément en suant à grosse gouttes.

    L'aveugle (la première impression d'El' était confirmée par le fin bandeau noir qui lui recouvrait les yeux et qui semblait être le sujet de la dispute) finit par relâcher les deux hommes et les trois concernés filèrent bas. L'image fugitive de trois loups filant la queue entre les jambes jaillit pendant quelques minutes dans l'esprit de la jeune femme, qui la chassa, amusée. Quoi que, à la réflexion, cette histoire de loup collait parfaitement à l'ambiance un peu glauque des lieux. D'ailleurs, en parlant de glauque... Un personne s'approchait d'elle. Méfiante, elle lui lança un regard noir, genre tu t'approches trop, je me servirai de tes entrailles encore fumantes pour tracer quelques signes cabalistiques sur le sol. Négligeant cet avertissement implicite, il tira une chaise à côté d'elle et s'assit lourdement. El' recula sensiblement. Elle n'avait jamais vu cet homme, et il semblait passablement éméché... Donc potentiellement dangereux. Ses doigts nerveux ne semblaient pas tenir en place, et ses yeux furetaient partout. Il était assez grand, massif, genre riche marchand dépossédé par la guerre, des yeux sombres et taciturnes. Des vêtements assez couteux mais très sales. Un air de fouine. Il déplut tout de suite fortement à la jeune femme, qui changea son regard en quelque chose genre raconte moi vite ce que t'as à me dire et file donc voir là bas si j'y suis. Négligeant -encore une fois, les signes envoyés par la jeune femme, l'homme se pencha allègrement en avant, pointant son doigt sous le nez d'El'. Cette dernière gronda doucement, menaçante, reculant de plus belle. Elle détestait être menacée ainsi. L'homme lança quelques borborygmes inintelligibles. Ca faisait un peu... Attendez voir... Ah, oui !

    "Rffflllbll eeeeemmll rrrglllbblleeeeuuh..."


    El' gronda un peu plus fort. Mais de toute façon, la personne devant elle était bien plus que passablement éméchée. En fait, Elowÿn se demandait comment il faisait pour n'avoir pas déjà vomi. Ça aurait été pourtant préférable, il se serait vidé un peu, le pauvre. Et les personnes alentours étaient bien trop loin pour l'entendre dans le chahut ambiant. El' était vraiment dégoutée par l'attitude du soudard. Ce dernier lança sa main et tenta de lui attraper l'épaule. El' l'esquiva vivement, et recula d'un bond, renversant sa chaise qui tomba au sol avec fracas. Ses yeux verts lançaient des éclairs. Verts ? Elle penchait un peu la tête en avant, et tout son être exsudait la menace. Elle recula encore de quelques pas. Que l'importait que les autres la voient d'un mauvais œil ! Toute son attention était focalisée sur le grand homme brun qui la fixait et la suivait d'un pas chancelant. Chancelant ? Son regard acéré la transperçait. Elle comprit. Cet homme n'était pas ivre ! Et elle était en danger. Le temps que cette pensée rejoigne son cerveau, elle tenta de saisir son épée qui pendait dans son dos, mais son compatriote fut plus rapide. Bien plus rapide.

    Il lui attrapa l'épaule, la dénudant partiellement et sourit, jubilant. Un minuscule tatouage en forme de yin-yang venait d'apparaître. El' se demanda fugitivement où avait il bien pu apprendre cela, mais ne put rien se dire de plus, car l'homme l'avait attirée à lui, et qu'un couteau surgissait de sa seconde main. El' fut vive. Très vive, ses mouvements en étaient presque flous : Elle sortit un couteau. Mais elle ne le fut pas assez. Elle n'aurait jamais pu l'être assez. Ce type était comme elle : entrainé à tuer, surement depuis son plus jeune âge, pour survivre, ou peut être même juste pour vivre. Et il était fort.

    Elle allait mourir. Ultime pensée alors qu'elle allait se coller, bien contre son grès, contre l'inconnu. Elle allait mourir. Ici. Elle allait mourir.

    Battement de cœur.
    Œil de tigre.
    Vivre.

    L'homme était confiant. Elle était stupide, si stupide ! et si fragile... Son corps doux et chaud allait le ravir lorsqu'il lui donnerait la mort. Rapide et efficace. Silencieux et mortel. Parfait. Ainsi, lorsqu'il se retrouva avec dans ses bras, à la place de la frêle jeune fille aux cheveux rouges, un tigre de plus de deux cent kilos, il ne comprit pas.
    Et mourut.

    Un œil de tigre parcourut l'assemblée qui s'affolait et commençait à hurler. Enfin, peut être parlaient ils, ou murmuraient ils, mais à l'ouïe aiguisée du musculeux félin, c'étaient tout autant de hurlements qui l'indisposaient. Il secoua la tête, et laissa échapper un petit rugissement. Ses crocs étincelèrent à la lueur des torches. Il parcourut la salle en deux bonds, et allait s'échapper par la porte qui lui tendait les bras quand plusieurs personnes lui barrèrent la route, sabre au clair. Tsss. Quels imbéciles. Ils étaient faibles, faibles et indisposés par l'alcool. Il allait forcer le barrage si mince, quand la plupart des personnes de l'auberge, légèrement dégrisés par son apparition, se trainèrent tant bien que mal à leur aide. Le tigre mugit, ses yeux d'émeraude désapprobateurs. Les trois quarts ne tenaient pas debout. Il fit le gros dos, ses poils se hérissant. Il était magnifique. Grand, pour un tigre, il arrivait au dessus de la taille de la plupart des hommes (et des femmes, ne soyons pas misogynes), et ses yeux étincelaient. Son poil, orange strié de noir, était étrange. Au lieu de raies passablement parallèles, il avait sur les peau des signes noirs étranges et bien plus jolis, formant des circonvolutions agréables à regarder. Il semblait porter une sorte de masque noir autour des yeux, qui en faisait ressortir la couleur. Sur son épaule droite, un Yin-yang noir...

    Mais de la jeune fille ou de son âme, nulle trace...

    Spoiler:
     
    [FINI ]
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Manako Shiroi
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Mer 7 Juil - 3:02

    « Ca ira comme ça. »

    La voix du démon était surprenante. Etant donné son allure, on se serait plus attendu à un ton guttural, grave, venu du fin fond des âges, mais il n’en était rien. Au contraire, c’était une voix attirante, et en aucun cas hostile. Ce qui n’empêcha pas le tenancier du bar de laisser s’échapper le verre qu’il tenait. Cet homme-là semblait plutôt facilement impressionnable, à en juger par ses attitudes. C’en était d’autant plus étrange qu’il travaillait dans un endroit peu commode, pour ainsi dire. Mais, sachant quel type de clientèle fréquentait l’endroit, il était aisé d’imaginer que l’homme n’avait peut-être pas eu le choix. Peut-être était-ce l’un de ces hommes que l’on avait arraché à son foyer parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Il était clair qu’il portait sur lui l’odeur de la peur, mais était-elle quotidienne, ou provoquée par certains clients hors-normes qu’il n’avait pas l’habitude de voir ? Peut-être les deux.

    Manako ne savait pas où étaient les éclats de verre. L’un des inconvénients d’être aveugle : on ne percevait pas les formes planes et les petits objets, tels des lames issues de l’éclatement au sol d’un objet en silice fondue. Bien sûr, l’individu au comptoir se hâta de les rassembler et de les mettre dans un coin afin qu’ils ne blessent personne, mais même un voyant pouvait ne pas voir certains morceaux, particulièrement petits, dispatchés au hasard sur le bar. Evidemment, il fallu que l’un de ces fragments soit juste en-dessous de l’endroit où l’aveugle posa sa main, et celui-ci fut bon pour une coupure au poignet. Rien de bien sérieux, mais c’était quand même agaçant de se faire avoir de la sorte par un bout de machin aussi dérisoire. Il renifla un instant sa peau à l’endroit touché, vérifia de son autre main que le fragment n’était pas resté, et lécha la goutte de sang qui descendait son bras. Bien sûr, il n’était pas de ceux qui faisaient un scandale pour un simple ongle cassé, aussi il agit silencieusement, sans attirer l’attention. Le tenancier était bien assez stressé comme ça.

    Pendant ce temps, l’homme susnommé entreprit de servir de l’eau bouillante au démon. S’il n’avait pas été atteint de cécité, Manako aurait haussé un sourcil d’étonnement, mais comme on dit, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Détournant son attention de son voisin, il avisa le petit chaton qui trottait et miaulait aux pieds de celui-ci. Souriant devant ce spectacle qui différait tant de l’habituelle violence caractéristique aux hommes, il se focalisa sur la progression de la petite boule de poils jusqu’à son arrivée sur le bar. Là, elle vint devant lui, semblant attendre quelque chose. Manako tendit la main et le caressa du revers de ses doigts. Le chaton ronronna un instant, puis il entreprit d’attraper l’un des appendices au vol. L’aveugle continua de jouer ainsi avec le petit animal quelques temps, puis laissa à nouveau son ouïe et son odorat s’étendre dans toute la salle.

    Les sons ne rapportèrent pas grand-chose, le brouhaha incessant ayant repris de plus belle après sa colère passagère, et ne lui donnèrent guère plus qu’un début de migraine. En revanche, les odeurs étaient bien plus riches de renseignements. Par exemple, il savait maintenant que l’homme assit à la table juste dans son dos avait mangé du ragout de porc avec une poignée de fayot avant de s’envoyer une pleine bouteille de liqueur. Tout ça aurait été très appétissant, si toutefois il n’y avait pas eu ce léger fumet écœurant qu’exhalait la bile, indicateur hautement fiable d’un retournement d’estomac. Manako, dégouté, entreprit d’ignorer ce bouquet millésime, et alla fouiller plus loin dans les effluves de la salle. Alcool, sueur, tabac… Peur, fierté, colère… Tout se mêlait. Lorsque soudain, il y eut un relent d’agressivité, plus intense que les autres. L’assassin remonta lentement l’odeur jusqu’à sa source, qui n’était autre que la jeune femme aux épées. Cette fille semblait décidemment être un aimant à problèmes. Et pourtant, l’odeur que portait l’individu en face d’elle n’était pas des plus rassurantes non plus.

    Il s’apprêtait à se détourner de ces odeurs, comme le chaton mordillait son doigt, ayant réussi à l’attraper, lorsque la situation se gâta. En effet, ce qui pouvait jusqu’alors passer pour une simple tentative vaine d’approche, empirée par l’alcool, était maintenant devenu une agression. Quoi que, l’homme se rendait-il seulement compte de ce qu’il faisait ? Il tenta vainement de l’attraper une fois, la jeune femme entrainant la chute de sa chaise dans son esquive, puis réussit au bout du second essai. Non, il ne s’agissait pas d’un geste d’ivrogne. D’autant que l’individu ne sentait absolument pas l’alcool, mais plutôt la froide minutie d’un horloger devant un mécanisme de montre. Et puis il y eut un bref combat que Manako ne put suivre. En dépit de tous ses efforts, le son restait moins rapide que la lumière, l’empêchant de capter toute l’action de façon fluide, mais plutôt scène par scène. Un autre inconvénient de la cécité. Quoi qu’il en fût, l’individu avait attiré la jeune femme contre lui et en approchait une lame qui semblait même trancher l’air. Une bouffée de désespoir emplit l’air autour de la jeune femme, alors que l’aveugle se disait qu’il fallait faire quelque chose tout en sachant pertinemment qu’il n’en aurait pas le temps, même s’il était en colère.

    Et soudainement (du moins aussi soudainement qu’une odeur puisse le faire), le désespoir se dispersa. A sa place vint une forte poussée de violence pure, animale, bestiale même. Et l’individu cessa d’être menaçant. A la place se trouvait un fauve de bonne taille, qui n’avait strictement rien à voir avec le chaton sur le bar. Manako était sidéré. Il avait été témoin de divers trucs bizarres, le démon n’en était qu’un parmi une foule d’autres, mais jamais, au grand jamais, il n’avait vu d’humain se transformer en fauve. Quoi que, maintenant, il serait prêt à parier que Kitsune, la jeune hybride qu’il avait rencontrée à la Traverse, en était capable. Finalement, il se reprit et continua l’analyse des sons et des odeurs qui lui parvenaient.

    Autour, l’assemblée commença à s’agiter. Manako pouvait les comprendre, d’abord un démon, puis un tigre tueur d’hommes, et surtout l’alcool ! Tous ces évènements sur lesquels ils n’avaient aucun contrôle (il est bien connu que c’est la bouteille qui vient aux lèvres de l’ivrogne, non l’inverse) avaient de quoi les faire paniquer. Toutefois, la manifestation de leur panique était… irrationnelle, tout comme le sentiment qui allait avec. Tout ce qu’ils se contentaient de faire était d’aggraver la situation. Le jeune assassin à la chevelure blanche comme neige soupira.

    « Pourquoi faut-il toujours que les gens se mêlent des affaires des autres uniquement quand ils ne devraient pas ? »

    C’était un trait particulièrement récurent de l’homme moyen : sa curiosité qui apparaissait toujours quand on ne l’attendait pas, et qui était souvent mal placée. Manako se leva en lâchant un autre soupir, et alla vers l’entrée de l’établissement. Inutile que des personnes dont le seul tort était de trop forcer sur la boisson soient victimes d’un fauve déchainé qui cherchait uniquement à s’en aller. Quelque chose lui mordilla le pouce, et il se rendit compte qu’il avait inconsciemment embarqué la petite boule de poils. Confus, il la reposa à terre, puis vint se mettre à côté du tigre qui faisait le gros dos. Sans brusquerie, dans une folle tentative de l’apaiser, il posa légèrement sa main sur l’animal, et s’apprêta à s’adresser à l’assemblée, en constatant qu’elle comportait également deux femmes.

    « Mes… dames, messieurs, je vous demande de vous écarter. Ce fauve serait parfaitement capable de tous vous massacrer, et je ne pense pas qu’il soit dans vos intérêts qu’il le fasse. »

    En temps normal, avec des gens sobres, ça aurait suffit à raisonner n’importe qui. Après tout, on ne plaisante pas avec un matou de cette taille. Toutefois, là, il s’agissait de gens ivres, apeurés, en colère, et dont le raisonnement était plus qu’affecté. Manako maudit son manque d’éloquence, se disant qu’à prendre parti comme ça c’était lui qui allait finir déchiqueté. Toutefois, il ne le laissa pas paraitre. Il fallait réussir à les impressionner, c’était le seul moyen de les sauver.

    Patiemment, il attendit leur réponse.

_________________
On dit que la mort est noire...
On prétend aussi que le noir est l'absence de lumière...
On peut donc en conclure que je suis mort...

* Manako Shiroi *




~ ~ ~

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Ven 9 Juil - 18:41

Le silence retombait enfin sur le repaire. Tout était de nouveau calme et tranquille. Pendant que les autres s’en retournait à leur petites affaires, les uns comme le barman décompressait en s’occupant à autre chose, tendis que les autres comme Mad’ acceuillait ce silence et cette paix retrouvé avec plaisir.

Noah, toujours aussi joueur et insouciant, s’était fait un nouvel ami. L’aveugle s’en donnait décidément à cœur joie, une joie partagée par le petit félin qui s’acharnait sur ses doigts en les mordillant.

La bête, voyant que tout ce passait pour le mieux laissa tomber toute surveillance. Mad’ s’était fixé comme principe que tous ceux qui appréciait Noah et ses jeux intempestifs étaient de bonne personne, digne de confiance, et jusque là, il ne s’était jamais trompé.
Amusé, il contemplait du coin de l’œil cette idylle partagée, un sourire chaleureux quoi que discret illuminant son visage qui jusque-là était resté de marbre.


Les gens comme ça étaient si peu courant, autant dire que cette scène plus qu’attendrissante à ses yeux lui réchauffa le cœur, envahissant tout son être d’une bouffé de joie et de sérénité.

Tout autour, on recommençait à s’empiffrer à se saouler, à rire grassement et gaillardement des dernières bêtises et autres blagues grossières que quelques uns contaient à leur amis ou à leur voisin de table.

La « vie » ou plutôt l’ambiance générale des lieux reprenait tranquillement son cours comme si de rien était. Ce genre d’altercation comme celle ayant eu lieu un peu plus tôt étaient très fréquentes dans ce genre d’endroit, et trois minutes après, on n’en parlait plus, comme si rien, absolument rien ne s’était passé…et en générale trois minute après avoir retrouvé une ambiance correcte, rebelote, ça recommençait…exactement comme, bah maintenant…

La jeune fille du fond était aux prises avec un individu des plus étranges, en effet, tout deux était debout, l’homme la maintenait fermement. Prise de cours, elle se défendit du mieux qu’elle pu, réaction banale devant une situation peu banale.
Mais l’autre était fort, bien plus fort, la jeune fille gaspillait son énergie à se débattre ainsi, c’était inutile, vain et futile. Il la dominait, littéralement en force comme en adresse et en rapidité.


L’écrasant contre lui, il allait l’égorger et lui ravir sa vie, lorsqu’un fauve gigantesque apparut dans l’étau de ses bras, l’enserrant dans une étreinte mortelle, sans que ce pauvre ers n’ai eut le temps de comprendre ni même d’assimiler quoi que ce soit.

Le grand démon n’avait pour ainsi dire strictement rien suivit de l’action…le début du moins, le brouhaha ambiant l’en avait jusque-là empêché. Néanmoins lorsqu’il perçut l’immobilité de l’aveugle dont les doigts étaient toujours vigoureusement et énergiquement mâchouillés par le petit Noah, il se douta que quelque chose clochait. On ne restait pas ainsi indifférents aux morsures de c’te petite bête, à moins que quelque chose, ou quelqu’un ait réussi à capter votre attention suffisamment pour nier la douleur. Et ça avait l’air d’être son cas…

Quelque peu interloquer, Mad’ alla pour se retourner lorsqu’un rugissement sonore lui pilonna les tympans. Instinctivement, il rentra la tête dans les épaule, ses oreilles pointues se plaquèrent contre son crâne tendis que sa mâchoire se crispait et qu’un sifflement rageur fusa d’entre ses crocs. On n’avait pas idée de faire un tel boucan…
Noah, tout aussi surprit et incommodé se tassa sur lui même ouvrant des yeux grands comme des amphore puis vint se réfugier entre les mains de l’aveugle, apeuré.


Le grand démon lui, avaient les oreilles qui sifflaient. Il alla pour se retourner, un pied en terre, l’autre toujours apposer sur l’un des barreaux transversales du tabouret lorsque des étoiles se mirent à danser devant ses yeux, un coude sur la table, la main sur le front, il respira longuement, chassant non sans difficulté la douleur qui irradiait ses oreilles tremblantes.
Même si son ouïe n’était pas aussi fine que celle des animaux, elle demeurait cependant sensible alors un rugissement dans un si petit endroit où le son ne pouvait espérer s’échapper que part la porte, avait de quoi l’étourdir pendant un p’tit moment.


Deux bonne minutes, voire presque trois lui furent nécessaires pour se remettre approximativement les idées en place.
Ouvrant les yeux, il s’aperçut que le pauvre barman qui frôlait la syncope était à quatre pattes sous son comptoir tremblant de tout ses membres. Quand à l’aveugle et bien…il avait pris ce qu’on appel les devants, et tentait actuellement de raisonner les pochards qui bloquaient le passage.


Un sourcil en l’air, plus qu’agacé par cette agitation…le démon à présent sûr de son équilibre se leva, et marcha d’un pas décidé vers les saoulards.
Les impressionnantes griffes hérissant ses pattes cliquetèrent sur la pierre, sa longues et puissante queue fouetta rageusement l’air, bousculant et parfois brisant plusieurs chaises et tables en passant.
L’or de ses yeux bouillonnait, luisait de colère, une colère toutefois solidement contenue.


Dans ces moments-là, on pouvait brièvement apercevoir Yaksha le véritable démon, celui qui avait régit toute sa jeunesse. Yaksha solidement bridé, enchaîné dans les tréfonds de son âme, il n’était visible que durant ses accès de colère, si peu fréquent d’ordinaire…

Ses lèvres sombres se retroussèrent légèrement laissant entrevoir des crocs impressionnants, et un grondement sourd, ni humain, ni animal mais typiquement démoniaque émergea de sa poitrine.
Certain reculèrent et deux dont il restait sans doute un semblant de raison rengainèrent leur arme avant de s’écarter prestement, mais ça ne faisait que deux contre…huit, huit hommes bourré bien comme il faut et qui avait perdu toute notions.


Il s’arrêta à la hauteur de l’aveugle et du tigre, incendiant ces minables du regard.
Croisant les bras, il pencha lentement la tête de côté jusqu’à ce que l’on entende un craquement sonore et que sa tempe vienne toucher son épaule droite, chose normalement impossible pour un homme.
Une pointe blanche perça sa chaire sur sa gauche. Sa colonne vertébrale pointait hors de son corps.
Satisfait il redressa la tête. Au bout de la colonne ainsi sortie de dix bons centimètres se forma une boule osseuse qui grossit et pris de l’ampleur jusqu’à prendre la forme d’un crâne humain.


Le démon se retrouvait ainsi avec deux tête, tel un cerbère, la sienne et celle d’un squelette, claquant furieusement de la mâchoire. Une pure vision d’horreur pour les misérables ayant osé leur faire face.

Trois s’enfuirent, restait maintenant cinq, effrayés, mais encore hésitant, baragouinant des sons inintelligibles, leur sens encore engourdit par l’alcool.
Mad’ n’en resta pas là, de son torse un second os jaillit, formant le bras et la main gauche du squelette qui tentait vainement de les happer, le membre droit perfora la peau du démon au niveau de la base du cou, du côté de l’épaule droite.


La funeste créature, grinçante et cliquetante qui s’agitait en tout sens semblait animée d’une volonté propre et vouloir s’extraire du corps de la bête, mais en réalité, il n’en était rien, c’était lui même qui était à l’origine de tout ses mouvement exactement comme une marionnette.

Ces deux autres « arguments » auraient pu être convaincants s’il ne fut pas pris d’une crise soudaine.

-Tu leeees, tu leeeeees sussurait la voix en lui.

Mad’ se prit soudainement la tête à deux main, rompent tout lien avec ses os. Ceux si tombèrent à terre sans vie. Ses plaies suintantes quand à elles se refermèrent doucement pour ne laisser qu’une mince et imperceptibles cicatrice légèrement argenté parmi les nombreuses autres parsemant sa peau sombre.

La bête s’appuya contre l’embrasure de la porte attendant que la crise passe, respirant bruyamment.
D’habitude, il fallait vraiment qu’il force pour que l’esprit en lui s’éveille mais là, il fallait croire qu’il avait pris de l’avance.
Son agacement et cette façon peu habituelle qu’il avait eu d’utiliser ses os lui avait demandé visiblement plus d’effort. Ceci justifiait cela…


Il avait réussi à en faire fuir la moitié, cependant, cinq autres plus présomptueux et surtout plus bourrés que les autres barraient toujours le passage, pour combien de temps…

Lui serais hors jeu pendant au moins un bon quart d’heure…qu’adviendrait-il des deux autres…

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Elowÿn Séfélia

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Ven 9 Juil - 19:40

    Le tigre parcourut l'assemblée des yeux. Pour lui, il n'y avait pas huit, ou même vingt personnes. Non, un tigre ne raisonne pas ainsi. Pour lui, il y a juste une troupe de personnes, et ces personnes l'empêchent de passer. Ses griffes scintillèrent à la lueur des flammes. Alors qu'il baissait la tête et grondait dans une technique d'intimidation, une main se posa sur son échine. La personne qui venait de faire ça avait de la chance, beaucoup de chance. Le tigre s'écarta d'un bond effacé, se glissant sur la droite et crachant, tel un très gros chat. Mais il n'attaqua pas. Les animaux sont bien plus sensibles que les hommes aux ondes émises par les êtres vivants. Et, si l'homme avait gardé sa main (et son bras, et le reste du corps par l'occasion), c'était qu'il n'était pas agressif aux yeux du félin. Ce dernier se contenta de le foudroyer du regard et de reculer un peu. Un homme est un homme, et si celui là voulait l'aider, bien lui en fasse. Un tigre ne devait rien à personne. Fut-ce quelqu'un d'amical. Et de son côté.

    Ses yeux parcoururent l'assemblée qui lui faisait face. Il se ramassa sur lui même, prêt à bondir. Ses oreilles couchées sur son crâne, ses pattes musculeuses sous son corps tendu à l'excès, c'était une boule de muscle prête à pulvériser la moindre chose se tenant sur son chemin. Et bien que la dizaine (un peu moins, peut être) d'homme était un peu plus qu'une moindre chose, ils ne verraient certainement pas la différence. Il allait se détendre d'un bond fulgurants, quand toute velléité d'attaque fuit ses muscles. Un grondement avait retenti. Mais pas un gentil grondement félin ou canin (ni même un méchant grondement félin ou canin, en fait), mais un grondement d'une toute autre nature. Le tigre recula encore, car devant lui se dressait quelque chose. C'était grand, et ça avait l'air humain. En tout cas, c'était bipède, et ca avait deux bras et deux jambes. Mais un ours ca a une tête, deux bras et deux jambes, mais ca n'est pas humain pour autant. Et là, du point de vue du tigre, ca n'était surement pas humain. Déjà, les ailes. Ensuite, le grondement. Et, après, le fourmillement qui lui sortait du corps, et ce qu'il se passait à l'intérieur. Un os transperça la peau, se transformant en une tête blanche et épurée, faisant fuir les humains rassemblés. Le tigre baissait les oreilles, et ses crocs se dénudèrent un peu plus. La peur émanait de son corps comme un mauvaise odeur. Il n'avait pas peur des humains. Il n'avait pas peur de ses congénères, il n'avait pas peur des autres bêtes, fussent-elles plus grandes et plus fortes que lui. Mais ça, ça n'était ni humain, ni bestiale. C'était autre. Et c'était mauvais. Si l'être qui lui faisait face l'aidait (ça, il n'était pas fou, il le voyait bien), il était impossible au tigre qu'il était de négliger ce qu'il émanait de lui : faire bouger ses os dans ces directions impossibles était un pouvoir qui n'était pas normal, qui était noir, et qui appelait quelque chose. Il recula de quelques pas encore. Des membres d'os sortirent de la poitrine de l'être. Le tigre aurait voulu s'enfuir. Depuis le début, il voulait s'enfuir, mais il était cerné par les murs, pas les humains, par la peur. Et puis, celui qui l'avait aidé d'une bien étrange façon s'écroula, sonné. Visiblement, il avait mal, et ce n'était pas physique.

    Le tigre gronda. Il ne restait que quelques misérables devant la porte, exhalant une odeur pestilentielle. Peur, horreur, alcool, malignité. La bête se rapprocha. Ça, elle savait comment passer. Le tigre s'approcha encore. Mais quelque chose, en lui, tentait de remonter à la surface. Quelque chose qu'il avait oublié, quelque chose qui devait sortir. Le tigre se demandait ce que c'était. Il ne comprenait pas. Il devait se souvenir de quelque chose, mais n'y arrivait pas. C 'était vital. Mais il n'y arrivait pas. Il tenta de se reprendre, mais c'était dur. Le tigre était déboussolé. Il était fou. Un combat extérieur lui faisait face, et un autre, bien plus terrible ! intérieur le minait. S'il perdait le premier, il mourait. S'il perdait le second, il connaîtrait un sort encore pire. Il gronda. Quelqu'un se dirigeait vers lui d'un pas mal assuré. Il brandissait son arme comme un paysan manie une fourche, mais un coup bien placé lui serait fatal. Le tigre ne fit pas de dentelle, d'un bond puissant et presque nonchalant, il se projeta sur l'inconscient. Il allait l'étêter, quand une voix en lui l'arrêta. L'homme était insignifiant, n'avait plus d'arme, ne pouvait rien lui faire. Mais une voix l'arrêtait. Alors, il s'arrêta pour l'écouter.

    ***

    El' était perdue. Elle ne savait pas où elle était. Elle... Flottait. Dans... Un liquide. Bleu. De l'eau ? Non, elle pouvait respirer. Mais quoi ? Elle ne se souvenait de rien. Elle s'appelait Elowÿn Séfélia. Et elle tuait des gens. Une seconde, cette pensée l'effraya. Puis le trouble passa, elle assimila. Elle tuait des gens, d'accord. Il devait y avoir une bonne raison. Elle n'était pas mauvaise, du moins, pas foncièrement... N'est-ce pas ? Elle regarda autour d'elle. Il n'y avait rien. Tout ce qu'elle voyait, c'était un liquide bleu qui pulsait à l'infini, partout autour d'elle. Était elle... Morte ? Un trouble autour d'elle. Une image. Un homme. Un poignard. Ah. Elle était donc morte. C'était ça, la mort ? Elle allait flotter indéfiniment dans ce bleu infini ? Sur cette pensées, le bleu s'assombrit. El' redressa la tête étonnée. Bleu foncée ? Mais non, tout était redevenu normal. Avait elle rêvé ? Non, elle en était sure... Après tout, elle était morte, alors... Ses pensées devinrent noires, et à leur images, le liquide -liquide ? aussi. Elle comprit que la... Chose qui l'entourait reflétait ses pensées et son état d'esprit. Bien. Ça l'avançait énormément. Mais peut être n'était elle pas morte ? n coin de son esprit la tiraillait affreusement. Elle se frotta les tempes, tentant de chasser le malaise. Mais la sensation persistait. Elle eut mal, alors. ce n'était plus un tiraillement, c'était comme si on lui enfonçait des aiguilles dans le crâne. Mais... Pourquoi ? Le liquide changea de couleur, elle sentit comme une texture sous ses doigts. Douce, chaude. Orange, noire. Tigrée. Puis la fugitive vision disparut, en même temps que la douleur, la laissant atterrée et désespérée.

    Que lui arrivait il ?

    Elle ne comprenait rien, mais en même temps, elle sentait qu'elle avait involontairement réveillé quelque chose. Quelque chose qui avait toujours été là, mais qu'elle avait toujours ignoré, ou qu'elle avait toujours tenté d'ignorer. Elle s'en serait arraché les cheveux. Elle voulait se souvenir... Mais quoi ? De quoi devait elle se souvenir ? Elle hurla. Aucun son ne sortit de sa bouche, elle n'entendit aucun son. Mais... Si. Elle entendait quelque chose. Des cris, des respirations, des murmures, des frottements. Elle ne comprenait pas. Elle se sentait attirée... Ailleurs. Elle résista. Elle voulait résister, mais elle ne le pouvait pas. Et en même temps, elle souhaitait se laisser emporter. Savoir. Voir. Vivre. Mais comment ? Pourquoi ? Et surtout...

    Le voulait elle vraiment ?

    [Uhuuh, c'est space xD]
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Dim 11 Juil - 14:13

    De toute évidence, son discours avait eu un effet… pour le moins inexistant. Evidemment. Allez dire à un homme ivre que la bête qui est en face de lui est parfaitement capable et sur le point de lui arracher la tête à coup de crocs ou de griffes, et il ne pourra s’empêcher de foncer dessus. Manako supposait qu’il n’y avait plus qu’une solution : mettre hors jeu les dix personnes, en évitant au maximum de les blesser, et surtout de les tuer. Encore que… Vu la localisation de l’endroit, ils ne devaient pas être des enfants de cœur, alors méritaient-ils vraiment d’être épargnés, sans même le vouloir ? C’était là un certain dilemme… Toutefois Manako n’avait pas la prétention de s’autoproclamer juge de ces hommes et ces femmes, surtout en n’ayant aucune connaissance de leurs actes passés, et il décida donc que le procès et le verdict attendraient.

    Et puis il y eut un grondement, et le démon s’approcha à son tour. Il semblait… en colère. Contre qui, l’assassin n’aurait su le dire, mais le sentiment irradiait dans toutes les directions. Deux hommes, légèrement plus sensés que les autres, comprirent que même l’alcool ne leur permettrait pas de battre cette chose. Autant, les fauves déchainés ils connaissaient, certains en avait surement déjà affronté, et peut-être l’un d’eux en avait tué. De même, un pauvre aveugle, désarmé, n’avait aucune chance face à eux, du moins de leur point de vue. Mais un démon… Il ne fallait pas trop forcer la chance, quand même. Aussi, ces deux hommes-là s’écartèrent prudemment du chemin de l’être ailé et retournèrent à leur table en maugréant.

    N’en restaient plus que huit. Six hommes et deux femmes, tous des combattants suffisamment chevronnés pour avoir passé la forêt, tous saouls, tous prêts à laisser libre cours à leur panique agressive dans une cacophonie de coups mal ajustés. Huit… Toutefois c’était sans compter le démon qui avait plus d’une corde à son arc. Lorsque tout commença, une odeur malsaine se répandit autour de lui, et un appendice osseux, prenant peu à peu la forme d’un crane, émergea au niveau de son cou. Décidemment, les gens que Manako soutenait (autant qu’on puisse soutenir un tigre de trois cents kilogrammes et un démon lorsqu’on est qu’un simple humain aveugle, en tout cas) semblaient pleins de surprises. Toutefois, cette… aptitude, pouvoir contrôler ses os à sa guise, ce n’était pas naturel… C’était quelque chose de sinistre, et Manako en eut froid dans le dos, songeant même un instant à se retourner contre le démon. Il l’aurait fait, si le démon s’était avéré être une menace, mais pour le moment c’était plus à considérer comme un acte irréfléchi qu’autre chose, étant donné que le démon ne faisait qu’imposer la peur comme arme.

    Ce qui, en soi, fut pour le moins efficace, trois autres hommes s’en allant, effrayés par l’apparition cauchemardesque. Les deux femmes, et trois autres hommes, étaient toujours là. Elles faisaient honneur à leur sexe, toutefois à ce niveau, ça relevait plus de la bêtise que du courage. Plus que cinq… Constatant que cela ne suffisait pas, le démon avait repris sa « construction », dotant le crane d’une paire de bras, et le faisant s’agiter comme s’il voulait sortir de cette prison charnelle. Ombre au tableau : le responsable finit par perdre le contrôle. Manako ne saisissait pas le pourquoi du comment, mais l’autre s’était pris la tête dans les mains, respirant bruyamment, et ses créations étaient tombées en poussière. Lentement, il alla s’appuyer contre l’embrasure de la porte, et ne bougea plus. Hors jeu.

    Ainsi, ils se retrouvèrent à deux contre cinq. L’assassin ne pouvait pas savoir comment le tigre avait vécu la scène, mais en ce qui concernait les ivrognes, ils étaient agités. La vision d’horreur les avait retournés, mais le fait que le démon soit tombé tout seul leur avait rendu un soupçon de moral. L’un des colosses était tombé, il ne restait plus que le fauve. En pensant aux fauves, Manako sonda la pièce pour retrouver le petit chaton. Apparemment, il était allé vers son maitre, miaulant faiblement. Au moins, il serait un minimum à l’abri auprès du cornu. Retournant à la situation préoccupante, il s’aperçut que le tigre semblait… hésitant. Le démon aurait-il eu un effet durable sur le félin, ou était-ce dû à autre chose ? Manako ne savait pas. Difficile de savoir ce qu’il se passe dans la tête d’un animal autre qu’un humain. Déjà qu’en soi ce n’était pas tâche aisée avec les humains…

    Quoi qu’il en fut, il ne put hésiter longtemps, l’un des hommes s’approchant maladroitement, balançant tout aussi maladroitement son arme dans une espère de caricature de défi. Le tigre ne réfléchit pas plus longtemps. Il attaqua avant d’être attaqué, et fit tomber l’homme sous son poids. Toutefois, au moment de le tuer, il se figea, comme s’il était parti ailleurs, ou bien qu’il écoutait quelque chose que lui seul pouvait entendre. Faiblement, sa victime se débattit, puis sombra dans l’inconscience. Il n’en restait plus que quatre… Mais la situation se gâta. Comme si la chute du premier avait été un signal pour les autres, les deux hommes et les deux femmes encore présents passèrent à l’attaque, brandissant leurs armes dans un style pour le moins décadent. Manako n’avait plus le choix, s’il voulait arranger la situation, il fallait les calmer de force.

    Alors, lentement, il suivit leurs mouvements désordonnés. Leur attaque n’avait absolument rien de comparable avec le petit duel qui avait précédé, il n’y avait rien de professionnel dans la débauche de cris et autres jurons qui déferlait sur eux. Personne ne s’attaqua au démon. Trop de crainte y était encore lié, et ils ne pouvaient oser s’en approcher. Alors trois d’entre eux, dont l’une des femmes, allèrent lâchement s’occuper du tigre immobile. Quant à la deuxième femme, elle vint s’occuper de l’assassin. Manako porta sa main gauche dans son dos, empoignant la poignée d’une de ses dagues croisées cachées par sa tenue, puis y renonça. Il ne voulait pas la blesser. Il n’avait toutefois pas le temps de faire dans la dentelle, n’oubliant pas que le tigre était aussi une personne et qu’il serait regrettable qu’il trépasse.

    Il laissa donc la femme venir sur lui, puis lui abattit un coup du tranchant de la main sur son poignet, lui arrachant un cri de surprise et lui faisant lâcher son arme, et lui faucha la jambe. Une fois son adversaire à terre, il dégaina et courut interposer les lames de ses dagues entre les armes des trois autres et le pelage en arabesques du tigre. Passant derrière les piètres combattants, il assena un coup de pommeau sur la nuque des deux hommes, assez forts pour les désorienter un bon moment, voire les assommer, mais pas assez pour les tuer. Toutefois, il ne put qu’assister, impuissant, au spectacle de la seule femme encore debout qui lançait un coup de taille sur le tigre. Il n’avait pas le temps de venir interposer à nouveau ses dagues. Il n’y avait qu’une seule chose possible à faire.

    Autour de lui, le temps se dilata. La lame qui allait être fatale au tigre semblait avoir perdu de sa vitesse, ce qui était le cas, étant donné que l’aveugle avait accéléré. Il prit son élan, et sauta sous l’arme de la demoiselle en colère, tentant de parer avec sa propre lame. Toutefois, il savait parfaitement que les deux accélérations consécutives l’avaient bien fatigué, et ce à quoi il s’attendait arriva : sous le poids de l’épée, son bras se déroba, et, bien que freinée, la lame vint tout de même entailler ses chairs, de l’épaule à l’aisselle. La douleur surpassant la fatigue, Manako eut une montée d’adrénaline et décocha un revers de sa main droite à la femme, qui s’écroula. Puis il se laissa tomber à genoux, posa ses dagues, et, pressant l’entaille sur son épaule gauche, il espéra que personne ne vienne achever le travail. Ou que le démon ou le fauve se ressaisissent. Ou les deux en même temps, ce serait aussi bien. Tâtant la blessure, il soupira et lâcha un léger « Hm… Que ce soit par un maitre d’armes, comme par un paysan, une arme reste une arme… La différence c’est le nombre de cibles, et si le propriétaire de l’arme est inclus dedans ou pas… Ha ! » sur le ton de la plaisanterie.

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On dit que la mort est noire...
On prétend aussi que le noir est l'absence de lumière...
On peut donc en conclure que je suis mort...

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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Mar 13 Juil - 14:43

Appuyé contre l’embrasure de la porte, Madara tentait par tous les moyens de réguler les pulsions meurtrières qui faisait palpiter son crâne.
Il essaya de se calmer non sans difficultés, respirant longuement et le plus calmement possible, tout en faisant le vide dans sa tête.
Ignorant les appels faussement langoureux et désespérés de Yaksha en lui.


Il le refoula avec peine, reprenant lentement mais sûrement les reines de son esprit.

Juste à côté, dehors, la bataille faisait rage. Les lames teintaient, crissaient, les grognements désapprobateurs fusaient, les bruits de pas précipités raisonnaient.
Même s’il ne pouvait le voir, il pouvait l’entendre : la confrontation, elle, battait son plein.


Il pouvait sentir Noah se frotter contre ses grosses pattes à grand renfort de miaulements inquiets.

Lorsque la bête se remit de sa crise passagère, il se redressa lentement, cligna plusieurs fois des yeux comme s’il s’éveillait, tout en se maintenant toujours à l’encadrement de la porte afin de d’éviter une perte d’équilibre non désiré.

Enfin il balaya la scène du regard. Tous était à terre à l’exception du tigre, immobile, semblant en plein conflit intérieur.
Il chercha l’aveugle des yeux, et le découvris, agenouillé à terre, pressant son épaule droite rouge de sang.


Le démon avait loupé toute l’action, de A à Z. Fort heureusement ses deux « alliés » n’étaient pas les plus touchés. Il y avait eut pire comme en témoignait les corps de certains toujours à terre, assommés, déboussolés…

Le chaton s’appuyait sur sa « jambe » tournait, virait. Mad’ ne s’aperçut de son impatience que lorsque celui-ci lui sauta dessus pour l’escalader maladroitement, agrippant son pantalon.

Le démon l’attrapa doucement dans une de ses mains pour le porter contre lui. Le petit félin se blottit contre son maître, pas rassuré.

Mad voulu ensuite sortir, mais oubliant de se baisser, ses longues cornes torsadées se prirent dans le chambranle de la porte, manquant de le faire trébucher.
S’apercevant que sa tête ne suivait pas le mouvement, la bête se sentit basculer en arrière. Il se rattrapa in extremis au rebord, grogna quelque peu déstabiliser, puis se baissa afin de sortir.


Tranquillement, il marcha jusqu'à l’aveugle qui se trouvait non loin du tigre. Avisant son « ami » mal en point Noah commença à s’agiter dans la main de Mad. Celui-ci le déposa à terre et le petit félin trottina vers lui, sauta sur ses genoux, miaula, le fixant de ses grand yeux vert innocent.

La bête s’arrêta à quelque mètre de là n’osant s’approcher plus. Juste à côt,é un des deux hommes auparavant déboussolé par les coup de pommeau de l’aveugle se relevait avec difficulté, son arme à la main, maugréant des insultes incompréhensibles, la longue queue du démon fusa. Le plat de celle-ci atterris de plein fouet sur la tête de l’homme qui retomba dans les pommes, assommé pour de bon.

Il observa les autres, étalés au sol, inerte, ou rampant à terre à fin de s’enfuir…quoi qu’il en soit, ils étaient tous hors jeu, calmé pour de bon…l’homme à la chevelure immaculé les avait tous mis KO, mais n’en était pas ressortis indemn…

Le démon reporta son attention sur le tigre, immobile, frémissant mais indemne puis sur l’aveugle blessé, qui venait de parler.
Il esquissa un pas dans sa direction.


-Certe, mais, arme ou pas, cible ou non, la plaie risque de s’infecter si vous restez ainsi…voulez-vous de l’aide ? proposa-t-il alors pour toute réponse d’une voix calme et neutre.

La blessure semblait superficielle, mais même légère, il ne fallait pas la laisser s’infecter sous peine d’attraper la gangrène par exemple. Être dépourvu d’un de ses sens devait être suffisamment embêtant, même si l’on finissait par s’habituer, alors perdre un membre à cause d’une maladie…il n’allait tout de même pas se rendre plus déficient qu’il ne l’est déjà…manquerait plus qu’il devienne manchot ! (xD)
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Ven 16 Juil - 22:52

    Le tigre ne savait plus ce qu'il était. La certitude, ancrée dans son esprit, ancrée dans son sang, ancrée au fond de lui, n'était plus. Un tigre ? Était il un tigre ? Était il... Autre chose ? Mais quoi ? Il savait ce qu'il était. Un fier animal, créé pour vivre n paix, chasser, se reproduire, bref, vivre libre loin de tout. Mais cette certitude s'écroulait lentement, doucement. Quelle était cette voix qui murmurait doucement à son oreille, lui intimant de lâcher l'homme à terre et de ne pas s'en repaître ? Quelle était cette voix pour le forcer à renoncer à un délicieux repas, tout ce qu'était le paquet de viande fraiche devant lui ? Quelle était cette voix pour lui demander d'oublier cette violence, d'oublier tout ce qui faisait ce qu'il était pour devenir autre chose ? Quelque chose de... Différent. De sauvage, mais aussi de douceur, de liberté, aussi. Quelque chose qui l'attirait. Mas qui le révulsait tout autant. Quelque chose qui n'est pas craint rien que par son physique, quelqu'un d'accepté. Mais quelqu'un qui reste en marge, qui ne se mélange pas. Mais que ça ne dérange pas. Le tigre hésita. Pouvait il troquer ce qu'il était par ce qu'il pouvait devenir ainsi ?

    Il resta immobile. Il ne voyait rien. Il n'était rien.
    ***
    Elowÿn Séfélia était toujours perdue dans son immensité bleue. Elle entendait toujours ces murmures à la limite de sa conscience. Et une voix, qui tentait de les réunir. Des les réunir ? Qui ? Elle ? Mais avec qui -avec quoi ? Ses souvenirs fuyaient, loin d'elle. Elle tenta d'en attraper un au passage. Un visage. Dur, en alerte, sur ses gardes. Un mot. Tante. Elle le lâcha, il s'envola. Elle en attrapa un autre. Un paysage, cette fois. Une taverne. Bien plus vive. Repère Évanoui. Elle le lâcha, il s'envola. Elle voulut. Il persista, s'enfonçant en elle, devenant elle. Il se déroula. Quelques secondes où sa vue tangua, passant d'une vue de la taverne sur un ivrogne, et... Plus rien. La souvenirs était là, en elle, mais impossible de l'atteindre. Impossible de l'avoir. Impossible de s'en souvenir. Absurde. Un souvenir dont il est impossible de se souvenir. Non. Pas Absurde. Horrible, tout simplement. El' s'assit. Ou plutôt se laissa tomber dans un coussin d'air en une position vaguement assise. Elle réfléchit, quand les bruits devinrent plus fort. L'aspirèrent.

    ***
    Le tigre vacilla, et manqua de s'écrouler comme une masse. Un puissance déferlait en lui, le noyait... Le noyait dans son propre esprit ! Il rugit doucement, tenta de se reprendre lutta. Mais impossible. Il était submergé... Il dut reculer, pas à pas, vacilla de nouveau, tenta de reprendre la lutte pour son esprit, son intégralité, mais non. Il lâcha prise. Et El' réintégra son esprit. Enfin... Réintégra une partie de son esprit, se réappropriant ses souvenirs, sa mobilité, et surtout, son corps. Elle secoua la tête et tenta de dire quelque chose, mais seul un rugissement lui répondit. Elle gronda de dépit. Comment allait elle sortir de ce foutu corps ? Elle espérait trouver quelque chose... Et vite ! Déjà, elle regarda aux alentours. Visiblement, deux personnes l'avaient aidé -ou plutôt deux personnes avaient aidé le tigre qu'elle avait été. Il y avait l'aveugle et la personne assez étrange. De cette dernière, elle savait qu'elle aurait du savoir quelque chose, mais elle n'avait pas accès au souvenirs du tigre. Tigre qu'elle sentait d'ailleurs bouger à la périphérie de son cerveau, comme un tentacule mauvais qui titille ses défenses. Elle posa ses yeux sur le carnage environnant. Des cadavres -non, des corps plutôt, ils n'étaient pas morts, gisaient au sol. Elle sentit que le tigre n'en avait touché qu'un, celui qui... Elle recula de quelques pas, manquant de s'emmêler les pattes qui, à deux de trop, l'embrouillaient beaucoup. Elle s'assit, enroulant d'un geste très naturel sa queue autour de ses pattes. Ce que son esprit ne savait pas, son corps s'en souvenait. Sous cette forme, elle ne pouvait pas parler, et elle n'avait aucune idée de la façon dont elle pouvait se retransformer, son message fut donc diffus, alors qu'elle regardait tour à tour les deux compagnons -compagnons ?, dont un paraissait blessé au bras.

      Gratitude du fond du cœur.
      Sous forme de mots.
      Merci.


    Elle se releva, et s'avança vers eux. Peut être faisaient ils la différence entre elle et le tigre qui l'habitait avant ? En tout cas, elle ne savait comment les remercier : un tigre pouvait terrasser des dizaines de personnes aussi ivres mortes que ces dernières, mais n'était pas dit qu'elle s'en serait sortie sans blessures. Mais bon, sous cette forme... Elle fit ce qu'elle pouvait : elle se positionna devant les deux personnages. Et s'inclina. Très adroitement, à sa plus grande satisfaction, ce mouvement n'étant pas adapté à la physionomie des tigres. Elle jeta ensuite un coup d'œil à la porte. Elle devait sortir, et se retrouver seule. En forêt, peut être. Mais seule, histoire d'explorer les endroits de son cerveau qui pourraient activer la retransformation, et surtout parce que, elle s'en était déjà rendue compte une fois, cette dernière la... Dénudait. C'était donc assez délicat, et cet endroit était le dernier où elle voulait se retrouver ainsi. Elle se dirigea pourtant vers le fond de la salle, les quelques personnes encore intactes ne prêtant pas attention à elle, et le seul ayant esquissé un geste avait écopé d'un grondement menaçant. Si elle ne comprenait pas exactement comment son corps fonctionnait, elle savait parfaitement quels muscles actionner pour sortir ses griffes et jouer de sa mâchoire.

    Elle saisit trois lames qui gisaient à terre. C'étaient les seules choses qui ne disparaissaient pas lorsqu'elle se transformait ainsi. C'était la première fois qu'elle se transformait intégralement et lâchait la bride, mais ses antécédents étaient suffisamment clairs pour qu'elle en sache un peu. Elle saisit donc l'épée de rubis et les deux lames d'argent qui gisaient à terre dans sa gueule, se moquant des blessures occasionnées, et bondit, tel une flèche rousse et noir, vers la porte. Avant de partir, un dernier coup d'œil.

    Merci, et Désolé, disaient ses yeux d'émeraude.

    Et elle disparut dans la nuit, appuyant tout son poids sur la porte et se glissant dans les ombres.

    [Mmh. Lol xD]
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Manako Shiroi
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MessageSujet: Re: :. Repaire truande... [libre]   Mer 23 Mar - 19:46

    A genoux au sol, attendant que ses deux alliés se relèvent, Manako se demandait comment il en était arrivé là. Pourquoi fallait-il toujours qu’il se mette en situation d’être blessé, et ce uniquement quand il n’avait pas à accomplir son travail d’assassin ? Il effleura lentement le sillon qu’avait tracé la lame de son adversaire, geste qui lui arracha une petite grimace, puis soupira en pensant qu’il lui faudrait à nouveau raccommoder son vêtement. A quand le tissu auto-réparant ? Cette pensée le fit sourire légèrement.

    Tout de même, il s’était conduit en idiot impulsif. Il savait pertinemment que son corps n’était pas habitué à ces changements de vitesse soudains, et que cela le fatiguait énormément, mais s’il s’énervait il ne pouvait s’empêcher de l’utiliser, tant et si bien qu’en cas de besoin il se trouvait exténué. Jamais ces trois ivrognes n’auraient dû le faire sortir de ses gonds ainsi, d’autant qu’il aurait parfaitement su les maitriser sans user de cet atout. Enfin, il était trop tard pour ressasser de toute façon.

    Sondant les alentours de son ouïe, l’assassin s’étonna que personne ne soit venir achever le travail. Après tout, les trois phénomènes n’étaient plus en état de nuire, et ils pouvaient en finir sans problème, alors que là ils n’étaient même plus observés, tout le monde les ignorait, ou du moins feignait de les ignorer. En revanche, l’atmosphère pesait encore de lourds relents de peur, sueurs froides et autres frissons glacés, et il fini par comprendre : le démon n’était plus si inoffensif que ça. Et il lui avait parlé… Qu’avait-il dit déjà ? Ah, oui, une histoire d’aide.

    Mais à peine eut-il le temps de répondre que le félin se ressaisit. Ce qu’il lui était arrivé durant son immobilité, Manako ne savait pas, mais depuis il ne dégageait plus la même odeur, à présent un calme relatif remplaçait l’agressivité difficilement contenue, et il se déplaçait comme s’il était sonné et ne retrouvait pas le contrôle total de ses membres. Quelque chose avait changé en lui. Peut-être avait-il eu un cas de conscience ? Un tigre avec une conscience… Voilà qui aurait de quoi faire débattre tout un tas de prétendus savants… Mais n’oublions pas que ce tigre avait pris la place d’une jeune femme, aussi il était parfaitement plausible qu’il SOIT cette jeune femme. Idée intrigante… Certains religieux s’en seraient sans doute arraché les cheveux… Si tant était qu’ils en avaient encore. Mana, lui, était bien loin de tous ces débats métaphysico-théologiques, il appliquait plutôt la devise « un esprit sain dans un corps sain », car tout le monde sait bien que l’esprit ne peut être clair s’il est embrumé de toute une diatribe de questions toutes plus inutiles les unes que les autres.

    Le tigre, donc, était de retour dans le monde des conscients. Bonne ou mauvaise nouvelle, le démon et l’aveugle allaient le savoir très bientôt. Il s’avança lentement, majestueusement, vers les deux phénomènes de la nature qui l’avaient aidé, et s’inclina. Voilà qui avait de quoi surprendre, de la part d’un tigre, mais le mouvement de tête était reconnaissable entre mille. Manako était assez étonné de cet acte, mais après avoir assisté à la matérialisation du squelette de la part du démon, il y avait de quoi être blasé pour la journée. Le félin s’empara ensuite des armes de la jeune femme qui l’avait précédé – preuve qu’elle était lui ? Probablement – et s’en alla sans plus de cérémonie. L’aveugle sonda la pièce et n’y découvrit que des individus soufflés par le comportement de cet animal sauvage, mais aucun ne se leva pour l’empêcher de sortir, les démonstrations avaient été plus que dissuasives.

    Se recentrant sur sa situation présente, l’assassin découvrit le petit chaton assis devant lui, qui, s’il en croyait la sensation qu’il avait, le regardait avec inquiétude. Doucement, il lui sourit et lui caressa la tête, avant de répondre au démon. « Ca ira, c’est juste superficiel, ne vous inquiétez pas. Je suis juste fatigué. » Péniblement, il se releva, et se dirigea vers le bar. Il se rassit à sa place, ignorant les regards noirs des autres clients et demanda un verre de remontant. Le barman, l’expression pleine de respect, d’admiration et peut-être d’intimidation, alla dans la cuisine et rapporta une bouteille d’eau de vie qu’il réservait sans doute aux occasions et aux clients spéciaux, dont il remplit un verre qu’il tendit à Manako. L’assassin jugea à l’odeur qu’il s’agissait de pomme, et le vida d’un trait. C’était profondément mauvais, désespérément alcoolisé au point de n’en plus sentir le fruit, mais il s’en contenta. Après tout, il ne souhaitait pas vraiment déguster la chose.


[RP is back Razz Désolé pour les huit mois de retard]

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